Mes attentes de lecture : Ce qui ne nous tue pas…

Je sais qu’en ouvrant ce qui ne nous tue pas… de Carole DECLERCQ je vais lire l’histoire d’un amour fort et passionné entre une résistante française et un soldat de la Wehrmacht, occupant la France. Chacun a ses objectifs, ses démons, ses peurs et son histoire. Cette relation naissance est intrigante car, sans ignorer cette attirance possible entre des ennemis, je suis sûre qu’un homme et une femme peuvent se dévoiler au-delà de leur appartenance nationale et politique, pourvu que le combat reste acceptable et les actions respectueuses de l’humanité.

Voici mes hypothèses de lecture à partir de quelques paragraphes parcourus et à partir de la couverture de ce joli livre…

attentes de lecture

Une première expérience : non concluante. Un nouveau chapitre s’ouvre…

Dans le même thème, j’ai lu Fraulein France de Romain SARDOU (CLIQUEZ ici) mais je n’avais pas apprécié plus que ça l’histoire de séduction, ni l’écriture.

Avec ce roman-là, Ce qui ne nous tue pas…, j’espère être charmée par les personnages, leurs combats, leurs interrogations et leur relation.

Cela commence assez bien en découvrant le premier chapitre. En me plongeant dans cette introduction, il m’a fallu un temps d’immersion : trouver le temps de l’action (passé ou présent ? J’ai eu un doute…), identifier les personnages (ils sont nombreux… Je me demande qui va jouer le rôle du personnage principal…), le contexte.

Trahison douloureuse ?

Les réponses que j’y trouve m’aiguillonnent rapidement vers Sébastien. Il s’agit du petit fils tourmenté et bagarreur de l’héroïne principale de ce livre, celle que je crois distinguer sur la couverture.

Celle-ci est française, très âgée, alors, dans ce premier chapitre, au seuil de la mort… Son mari l’a déjà quittée des années auparavant. Il était allemand. C’était l’ennemi.

Leur union était pourtant forte, leur amour puissant, construit sur des bases fragiles en raison de l’Occupation allemande. La couverture veut nous faire passer ce message.

Le titre est fort. Ce qui ne nous tue pas… La mort menace. Je pense à la Collaboration, aux Ce qui ne nous tue pascamps, à la torture et à la Gestapo. Tant de gens ont trahi l’Autre pour se sauver… Si des Français et des Allemands survivent à ces menaces, ils pourront alors s’affranchir et ils pourront peut-être trouver le bonheur ailleurs, plus tard… Mais la deuxième guerre mondiale est éprouvante, difficile et terriblement meurtrière. Cela sera-t-il possible entre eux ?

… Nous rend plus forts !

Le titre devrait nous interpeller encore : les points de suspension nous invitent à le poursuivre et à anticiper le dénouement, voire la chute de l’histoire. Je le continue donc : … nous rend plus forts.

Le couple est robuste et unique. Il vit encore en elle. On sent l’amour dans cette famille éparpillée, malgré les querelles et les rancunes palpables. Rien n’est encore exprimé explicitement, dans le premier chapitre. Je touche du doigt une sensibilité et une fêlure… Y aurait-il un pan du passé caché ?

Une fois cet éventuel secret du passé divulgué, je pressens que l’équilibre relationnel des membres de cette famille va se rétablir… Que Sébastien va se libérer de sa colère… Que sa mère va comprendre une partie d’elle-même ou un trait de personnalité de sa propre mère, notre héroïne résistante.

Je pense que le livre va nous livrer les fondations de cet amour indestructible. Nous allons être charmés, nous allons frémir et subir cette guerre barbare mais nous allons être témoins de la survie de deux êtres profondément soudés et aimants.

Une plume hypnotisante et touchante.

La vieille dame qui commence son récit est sensible, tourmentée, attentive, amoureuse (toujours et inconditionnellement de l’être qu’elle a perdu). Elle ne me laisse pas indifférente. J’aime sa personnalité douce et prévenante. On sent de la tendresse dans les phrases.

J’aime la tactique qu’elle adopte pour se libérer de ce pan de vie obscure et difficile où la moralité n’est pas la moralité attendue. Dans les expressions et les phrases couchées sur le papier, je la vois clairement, je la sens précisément, je ressens ses émotions… L’écriture de l’auteure est charmante, le style, particulier : il m’invite à plus de lenteur dans ma lecture et il m’incite à la réflexion.

L’élément déclencheur est un petit guéridon supportant plusieurs cadres de photographies anciennes. Cette introduction dans le passé est une image puissante : elle me séduit tout à fait. Faire parler les instants figés sur la pellicule avant de mettre en mots les souvenirs… Libérer les apparences et les gestes immortalisés avant d’enfermer la vérité dans des phrases… Que c’est fin et attrayant !

L’intrigue débute. Je crois que je vais aimer cette lecture car la forme de ce récit semble terriblement poétique et passionné

J’adore les histoires qui remuent, qui émeuvent, qui secouent et qui rétablissent certaines vérités. J’apprécie cette construction de récit qui nous plonge dans le passé pour éclairer une réalité.

Voici le résumé de l’éditeur :

Un jeune homme découvre l’histoire de sa famille à travers les souvenirs de sa grand-mère. Marianne, résistante française de moins de 20 ans en 1944, espionne l’officier allemand Von Wreden avant d’en tomber amoureuse.

Bonne lecture. A bientôt pour mon avis.

A la page des livres.