Elles(s) de Bruno Colin : atypique

Bruno COLIN fait fort avec ce roman. Ce thriller est assez atypique. A moi de vous faire découvrir ce qui a rendu ce livre étonnant et intéressant…

Un enquêteur alcoolique et aveugle : bluffant ?

On sait tous que les inspecteurs, commissaires et personnages centraux des enquêtes policières ont des passés difficiles et qu’ils sont « borderline ». Celui de Elle(s) n’échappent pas à la règle. Il a perdu sa femme, il est handicapé visuel et il boit trop. Jouland est solitaire. Il vit reclus dans son logement. Il reçoit que la visite d’une voisine curieuse et bienveillante; et de sa fille, Sarah.

Il va partir sur les traces d’un réseau complexe. Cette quête s’effectue un peu malgré lui. Ce sont ses sens qui vont le guider. Bruno COLIN use d’une écriture fort bien adaptée à sa situation.

Qui est « elle(s) ?

On imagine que « elle(s) » sont les fillettes enlevées. Un peu, oui… Mais pour l’auteur, Bruno COLIN, c’est un peu différent. Elle(s) sont des objets de regard, tellement personnalisées, que ces objets deviennent des compagnes de survie et de vie. Cela paraît un peu compliqué à décrire dans une chronique mais, dans le livre, l’idée est plutôt bonne et originale.

Un roman à plusieurs voix : elle, elle et eux..

La narration est composée de plusieurs point de vues qui se croisent. La principale voix est celle de l’inspecteur Jouland. Mais, il y en a beaucoup d’autres, masculines, féminines, enfantines… Ces différents regards se compilent, nous éclaircissent, nous conduisent dans les méandres de ce labyrinthe. Un labyrinthe ? Oui… Le scénario est multi directionnel à la manière d’Inception, en un peu moins complexe. Je suis conquise parce qu’à la finale, c’est irréel, fictionnel mais logique.

Lorsque les temps de la narration embrouillent la réalité

Voici le point central de ce thriller : le temps. Présent, futur ? L’auteur nous envoie d’une époque à une autre avec une certaine agilité qui est déstabilisante par les questions qu’elle nous pose. Finalement, c’est rondement construit et abouti.

En bref

Je pense que les enquêtes de Jouland ne sont pas terminées. Bruno COLIN nous offre une première (introduction ou aventure ?) mais il nous réserve d’autres romans, certainement pour nous éclairer sur ce monde atypique qu’il façonne. Est-ce un nouveau concept ? Une approche originale comme le roman de Haruki Murakami 1Q84 ? Dans tous les cas, ce thriller est atypique. Il m’a plu.

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥ et 1/2 ♥

Le résumé de l’éditeur LIBRINOVA

L’inspecteur de Police Jouland vit au fond d’une mer de whisky depuis qu’une descente dans un squat a mal tourné. Devenu aveugle, le noir des profondeurs lui tient compagnie ainsi elle(s).jpgque la musique de Beethoven et cela lui suffit. Mais sa voisine sourde veille au grain et tente de le maintenir à flot en le nourrissant de force. Entre éclopés…

Pendant ce temps, des jeunes filles disparaissent sur le chemin de l’école. Aucune trace, revendication ou demande de rançon. Rien, nada, pas la moindre piste.

Cerise sur le gâteau, le cadavre d’une jeune femme est découvert un matin dans une poubelle du quartier. Proprement découpé en morceaux, bien emballé dans des sacs congélation. Seule la tête manque à l’appel.

Jouland, exaspéré par les appels de sa fille et de sa voisine, remonte temporairement à la surface leur donner un coup de main.

La réponse est-elle entre les mains de Gabriel et son dernier jeu vidéo interactif ? Quel secret se cache dans le pavillon a priori bien tranquille de Monsieur et Madame ?

Voici les premiers personnages d’un puzzle multidimensionnel qui emportera le lecteur dans un labyrinthe improbable, sur un scénario qui ne se dévoile totalement qu’au point final. Rêve ou réalité ?

Un roman qui gratte, qui se boit et se hume, qui s’écoute. Et surtout qui se vit. Sur fond de polar, ELLE(s) est également une réflexion sur la vie et la polarité que nous portons tous en nous. Chacun y construira sa propre histoire…

Je remercie les éditions Librinova et l’auteur Bruno COLIN pour cette proposition de lecture. Le résumé m’a intéressée rapidement. L’intrusion de la science-fiction dans ce thriller est justement dosée. Je suis curieuse de découvrir la suite des aventures de Jouland.

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5 commentaires sur “Elles(s) de Bruno Colin : atypique

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  1. Il y a quelques jours vous avez lui et commenté ELLE(s),ce dont je vous remercie. Aujourd’hui que j’en comprends mieux le sens (et oui) je me permets de revenir vers vous.
    Je suis un « bébé » écrivain, aussi il est normal que personne ne me connaisse sous cette casquette, ma vie d’avant était radicalement différente. Mais les dizaines de témoignages reçus après la lecture de ce livre m’ont fait réfléchir, et il me semblait pertinent d’échanger là-dessus avec vous.
    Tout d’abord je me rends compte que l’étiquette « thriller » qui y est associée n’est pas forcément la bonne. Il en fallait bien une, et il est vrai que le style narratif de ELLE(s) y emprunte pas mal de codes. Mais pas que. J’aurais tout aussi bien pu ranger ce roman dans Anticipation, Société, voire Essai Philosophique. Précision également importante, ELLE(s) est le premier tome d’un triptyque que j’ai nommé « Parallèle(s) », le deuxième tome est en cours d’écriture et s’appellera Courant(s). Il y a des « s » partout vous me direz, et c’est normal.
    Simplement parce qu’il n’y a pas une vie, un état de fait, une situation que l’on traverse tous un jour, mais une multitude de chemins justement parallèles qui combinés construisent notre univers, notre écosystème, notre mode de pensée et d’action, notre référentiel d’humain.
    Le labyrinthe de ce roman est construit pour que chacun y projette sa propre expérience en utilisant son prisme personnel. Certains y ont vu un polar, il est vrai que l’on tremble pour les héros. D’autres ont été particulièrement sensibles à la résilience des personnages, ou à la bipolarité que nous avons tous en nous, ou aux hasards de la vie qui ne sont pas finalement pas si hasard que cela. Certains ont apprécié les pièges tendus, les poupées russes imbriquées qui déconstruisent le temps en même temps que l’espace. vous avez même évoqué Murakami et 1Q84. Finalement dans quel univers vivons-nous ? ELLE(s) a un début, et la fin ouverte pose d’autres questions, auxquelles le tome II apportera de possibles réponses.
    Mon écriture est instinctive, colorée, musicale, parfois trash, ou plus douce. Cette histoire ne m’appartient pas, j’ai le sentiment d’avoir été simplement le canal, le média de distribution d’un message que je me devais de vous restituer. Cela peut vous sembler un peu fou, mais la folie fait également partie de nous et il ne faut pas la rejeter. Loin de moi l’idée d’avoir la grosse tête, je reste humble par rapport à cette aventure qui m’arrive et que je souhaitais partager avec vous.
    Je vous la livre telle quelle.

    Aimé par 1 personne

    1. Je n’y vois absolument pas de folie. J’aime votre façon d’expliquer votre œuvre bien différente.
      Je vous remercie d’avoir partagé avec moi. Je suis sûre que votre commentaire apporte un plus à ma chronique qui est succincte.
      Votre roman, je le vois aujourd’hui comme les poupées russes, comme l’emboîtement de destinées, celles-ci seraient fortement liées aux autres.
      Il faudra me prévenir de la sortie de votre deuxième roman (et des autres, bien sûr !). Je suis bien curieuse d’y lire toute la logique… de votre univers.
      Bien respectueusement.

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