Comme un témoignage : de l’horreur à l’impensable. Je me suis tue de Mathieu Ménégaux

Le résumé des éditions GRASSET

Un dîner en ville. Au menu, nourriture bio, affaires et éducation des enfants. Claire s’ennuie et décide de rentrer seule à vélo. Elle ne le sait pas encore mais sa vie vient de basculer. Tour à tour victime puis criminelle, Claire échoue en prison et refuse obstinément de s’expliquer. À la veille de son jugement, elle se décide enfin à sortir de son mutisme…

 

D’une vie commune à la prison… Le destin est sans pitié. Je me demande comment Claire, femme lambda, peut atterrir en prison. Coupable ou innocente ? Innocente de quoi ?

Je suis donc motivée pour découvrir son parcours. Dans les premiers chapitres, Claire s’est tue. C’est frustrant autant que motivant. J’imagine le pire. Le pire est au coin de la rue.

Les vingt chapitres que je lis me laissent perplexe et révoltée. Une femme ne peut pas faire de si mauvais choix. Je n’y crois pas. Ce roman est un témoignage révoltant auquel je n’adhère pas. Est-il possible de se fourvoyer de A à Z, de plonger dans la noirceur ainsi ?

Je pensais que tout allait s’arrêter là. L’emprisonnement, le procès, la condamnation, la solitude, le mutisme…. Peu importe la chronologie des sentiments et le vécu de Claire. Les faits sont établis. Elle récolte la part de ce qu’elle a semée. Quelle défense peut-on mener sur de tels choix ? Inadmissibles.

Le couperet tombe.

Avec ma liseuse, je ne sais pas quand la chute est définitive… Que me reste-t-il à lire ? Une page ou dix ? J’attaque les cinq derniers chapitres. L’instant de vérité arrive. J’ai la bouche bée… Je suis interloquée… Tout prend son sens…. un sens que je ne voulais pas, comme Claire.

Ce témoignage-récit est déstabilisant. C’est une bombe. Elle m’a explosée au visage. De décisions en émotions, je me suis laissée prendre au jeu, manipulée par l’auteur. Ce livre me chamboule, il me laisse perplexe et révoltée.

Mathieux MENEGAUX écrit un livre percutant, qui heurte. D’une situation tout à fait contestable et horrible, il me marque au fer rouge : pourquoi Claire est-elle « si victime » ? C’est impensable et démoniaque ! Cette vérité était une hypothèse… peu crédible… inimaginable… Elle est là. Vraie et réelle.

Des romans comme ça, j’en lis peu, tellement ils me remuent. Je suis à la fois, meurtrie, réticente, convaincue, admirative devant un tel revirement.

Je me tue fera donc partie des histoires que je n’oublierai pas. C’est en cela qu’elle me semble être une réussite : un roman qui questionne, qui remet en cause nos préjugés et nos fonctionnements, qui bouscule.

Bravo à l’auteur. Je reviendrai vers sa plume et ses livres.

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2 commentaires sur “Comme un témoignage : de l’horreur à l’impensable. Je me suis tue de Mathieu Ménégaux

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