Les lendemains de Mélissa DA COSTA

Le résumé des éditions ALBIN-MICHEL – 26 février 2020 : Amande ne pensait pas que l’on pouvait avoir si mal. En se réfugiant dans une maison isolée en Auvergne pour vivre pleinement son chagrin, elle tombe par hasard sur les calendriers horticoles de l’ancienne propriétaire des lieux. Guidée par les annotations manuscrites de Madame Hugues, Amande s’attelle à redonner vie au vieux jardin abandonné. Au fil des saisons, elle va puiser dans ce contact avec la terre la force de renaître et de s’ouvrir à des rencontres uniques. Et chaque lendemain redevient une promesse d’avenir.

Impossible de patienter, après Tout le bleu du ciel, il a fallu que je me lance dans Les lendemains de Mélissa DA COSTA. Je n’ai pas ressenti ce bouleversement du premier roman mais j’ai vécu des émotions fortes avec cette histoire de résilience et de résurrection.

Amande a subi le deuil. Elle est touchée au plus profond de son être. Il va falloir qu’elle sorte le nez de ce gouffre. Elle choisit de s’isoler dans une vieille maison dans la profonde Auvergne. Elle quitte Lyon, sa famille, son emploi, ses repères. Elle en construit des nouveaux aux plus proches de la nature et des saisons.

Mélissa DA COSTA nous livre encore une écriture sensible et touchante. L’histoire n’est pas extraordinaire : il n’y a ni action exceptionnelle, ni intrigue particulière. On assiste à de minuscules petits pas vers une nouvelle existence, vers la vie. On est plongé dans le quotidien et la recherche d’un équilibre précaire. Mais, là où réside tout le talent de l’auteure, est de me subjuguer avec ces petits détails de l’existence, cette contemplation de rien et le bonheur qui petit à petit surgit de pas grand-chose.

J’ai encore adoré. En cette période d’isolement et de confinement, ces histoires tombent à pic pour m’émouvoir et me ramener à l’essentiel. Je rêve aujourd’hui de cette sérénité, de ce petit bout de verdure, de patience et de mélancolie, de plaisirs simples mais merveilleux. D’un coin où je trouverai refuge, un arbre qui pourra m’épauler… Quelle jolie littérature !

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡

Comme un enchantement de Nathalie HUG

Le résumé des éditions CALMANN-LEVY – 26 février 2020 : Eddie, 35 ans, vit seule à Montmartre, dans un minuscule appartement où il lui faut grimper sur une chaise pour tenter d’admirer le dôme du Sacré Coeur Orpheline à seize ans, elle s’est construit une vie de détachement et d’invisibilité, pour
tenir le malheur (et le bonheur) à distance.
Un jour, un notaire au charmant profil d’aigle ébouriffé, lui annonce qu’elle est l’unique légataire d’un très vieil italien et l’héritière d’une ferme en ruines dans la région de Parme, en Emilie Romagne. Alors qu’elle n’y a jamais songé, Eddie ressent soudain l’envie de fuir Paris, sa vie monotone, de découvrir ses racines. Et coup de tête ou coup de poker pour séduire le charmant notaire, elle décide de s’envoler pour l’Italie. En partant à la découverte de ce mystérieux héritage et en plongeant dans cette merveilleuse région italienne, elle n’imagine pas combien le cours de son existence va se trouver chamboulé.

C’est la plume de Nathalie HUG qui m’a le plus charmée dans cette histoire. Son style léger m’a embarquée dans ce conte des temps modernes.

J’ai apprécié cette narration à deux voix, Eddie et un petit gamin des rues amoureux et intrépide. J’ai navigué entre le présent et la reconstruction d’Eddie en Italie, et l’évolution et les péripéties de Djo. Les deux histoires se rejoignent. C’est joli, charmant et magique.

La maison héritée – que dis-je ? – le château hérité est un décor qui cadre parfaitement avec la personnalité de notre héroïne. Un peu branlant, pas très sûr, hanté, à reconstruire… Cette petite romance est parfaite et bien construite.

Le dénouement n’appelle pas d’amples explications… L’auteure n’explicite pas davantage et les confrontations de fin sont laissées à notre imagination. Peut-être aurais-je aimé un dernier retournement… mais ce n’est pas le plus important. J’ai passé un agréable moment.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ 1/2 ♡

Je remercie les éditions CALMANN-LEVY, l’auteure et NETGALLEY pour ce service de presse.

Les nouveaux prophètes d’Asa Larsson

Le résumé des éditions LIVRE DE POCHE – 26 février 2020 : Dans la petite ville minière de Kiruna, en Laponie, Viktor Strandgård, celui que l’on surnomme « le pèlerin du paradis » pour avoir miraculeusement survécu à un grave accident, est retrouvé mort dans le temple de cristal, où il officiait. Qui a pu assassiner, aussi sauvagement et avec un tel acharnement, cet éminent membre de l’Église de la Force originelle ? Sollicitée par son amie d’enfance, Sanna, la sœur de la victime, Rebecka Martinsson, avocate fiscaliste à Stockholm, va mener l’enquête. Menacée par les disciples de la communauté, la jeune femme se met rapidement en danger…

Je relève un atout pour ce roman : sa couverture. L’illustration m’a attirée pour une raison particulière : ce chemin qui mène à cette tour, une vague ressemblance (subjective) de l’entrée du camp d’Auschwitz. Tout ce rouge m’a interpelée. Je me suis dit : « Pourquoi pas ? ». Pour les éloges, elles se terminent dans ce paragraphe.

Je n’aime pas les sectes, les religions lorsqu’elles sont trop présentes dans le récit. Or, dans ce thriller, pour cette communauté, la religion rythme les vies, les dirige et les brime. A la tête de cette église, quatre prophètes. Viktor Strandgård est sauvagement agressé et tué au coeur de l’église. Il est mutilé. Ses globes oculaires sont volés. Toute cette sauvagerie me paraît gratuite pour ameuter le lectorat et pour justifier l’appellation « thriller »..

Plusieurs enquêteurs s’investissent dans l’intrigue : Rebecka Martinsson, avocate fiscaliste, qui « sur un coup de tête » revient sur les traces de son passé pour désinculper son amie de jeunesse, Sanna, qu’elle déteste. Cette démarche n’est pas des plus logiques…

Pour percer ce mystère, trois autres policiers interviennent. Pour ma part, je ne sais plus vraiment à qui revient le premier rôle. Je suppose que dans les tomes suivants on suivra ces personnages pour qui il me manque de la sympathie. En effet, les descriptions sont un peu grossières. La qualification de la femme à « tête de cheval » et « aussi haute que large » n’est pas des plus flatteuses, la policière est pourtant très efficace.

J’ai lutté pour parvenir à la fin du livre. A 52% du livre, il se passe un événement qui retient (enfin) mon attention : une première agression sur Rebecka qui, jusqu’à ce moment, est transparente. C’est pour moi, le début de l’intrigue. L’héroïne, puisqu’elle est nommée de la sorte dans le résumé, interroge chaque figure emblématique de l’Eglise et se penche sur les liens entre épouses, passé, présent, gains financiers, relations de pouvoirs et d’influences entre eux.

L’auteure, Asa LARSSON, mêle à cette affaire le vécu de Rebecka et les causes de sa fuite vers Stockholm. Est-ce une affaire personnelle ou religieuse ? Les deux s’assemblent. La deuxième partie du livre est plus intéressante que la première.

Suis-je convaincue ? Non… pas vraiment. J’imagine que ce policier thriller manque d’actions et de rebondissements. Peut-être que les personnages secondaires et « accessoires » sont trop nombreux. J’ai été déçue par ce livre.

Mon évaluation : ♡ ♡

Je remercie les éditions LIVRE DE POCHE et le site NETGALLEY pour ce SP. Il est dommage que cette lecture soit une déception mais il existe tous les goûts et toutes les envies dans la littérature… Je suis certaine qu’un lecteur sera charmé par cette ambiance glaciale.

A bientôt. Bien livresquement.

Tout le bleu du ciel de Mélissa DA COSTA

Le résumé du LIVRE de POCHE (12 février 2020) : Petitesannonces.fr : Jeune homme de 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.
Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, devant le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme coiffée d’un grand chapeau noir qui a pour seul bagage un sac à dos, et qui ne donne aucune explication sur sa présence.
Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naissent, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

J’ai reçu une grande gifle en pleine figure. Je ne m’y attendais pas. Ca fait très mal !

Je pourrais vous dire que ce livre est le plus gros coup de coeur que j’ai eu dans ma vie de lectrice mais ce roman est tellement poignant et tellement douloureux que cet avis est insuffisant et tellement incomplet face à mon ressenti.

Au vu du résumé de la quatrième de couverture, je sais que Emile est atteint d’un Alzheimer précoce. Je me prépare à sa condamnation. Elle est imminente. Au maximum, les docteurs lui ont donné un pronostic de deux ans. J’ai donc 804 pages pour faire sa connaissance, connaître sa problématique et apprécier sa rencontre avec Joanne. J’ai eu le temps… assez de temps… trop peu de temps… La chute est brutale même si je l’ai anticipée mentalement. Mes tripes se tordent… Ca fait vraiment très mal !

Le récit d’Emile et Joanne est magnifique. Poétique. Romantique dans le sens du courant littéraire du XVIIIème siècle. On découvre en premier ce jeune homme de 26 ans, ses amis, sa famille. Elle l’étouffe bien malgré elle. Emile a peur de perdre leur estime. Il fuit, sans se retourner. Pas un adieu… Il va vivre chaque instant du présent à sa juste valeur et parfois plus intensément avec l’épée Damoclès, dressée au-dessus de sa tête.

Joanne se dévoile à son tour. C’est un petit bout de femme fragile, silencieuse. Son histoire n’est pas moins douloureuse. Elle aussi a quitté son passé et sa Bretagne natale. Elle a quelques mois pour se reconstruire…

Tous deux voyagent. C’est la fin d’un périple mais aussi le début de ballades et de marches sans but réel (autre que le bonheur de vivre) dans les Pyrénées, en bord de mer, dans la nature et auprès de personnes comme jamais on n’en rencontre. Des figures humaines, profondes, loin des clichés, merveilleuses et pleines d’espoirs et de promesses. C’est magique… Les paysages et leurs expériences sont époustouflantes, remplis d’amitiés et de bienveillance. J’ai adoré.

Mais la chute est plus cruelle lorsqu’on a pleinement vécu cette histoire. Jamais un roman ne m’a autant bouleversée. Un hoquet de douleur est sorti de mon coeur lorsque j’ai tourné la dernière page me renvoyant à mes propres incertitudes, mes pauvres angoisses, à ma réalité de mère et à ma vie d’être humain.

Si j’ai attendu aujourd’hui, cette semaine, pour découvrir le monde de Mélissa Da Costa, ce livre est arrivé à un moment charnière de ma vie, un point clé de mon existence. Lui et moi, on se rencontre : Un hasard ? Un clin d’oeil ? Quelqu’un qui m’envoie un signe ? En échange, j’ai des promesses plein la tête, des envies de pleine conscience, des espoirs simples. Quel merveilleux roman !

En bref : un livre de toute beauté. Un très grand COUP de COEUR.

Tous les remerciements aux Editions LIVRE DE POCHE, à l’auteure, via le blog NetGalley, pour cet extraordinaire moment.

Les héritières de Rome de Kate QUINN

Le résumé des éditions POCKET – 9 juillet 2015 : En l’an 69, la splendeur de Rome appartient au passé, et tous se disputent les restes de l’Empire. Surtout chez les Cornelii… 
L’ambitieuse Cornelia s’imagine déjà à sa tête : l’empereur Galba a désigné son époux pour héritier. Et sa sœur, Marcella, passionnée d’histoire, a décidé qu’elle ne s’écrira pas sans elle. Mais un coup d’État meurtrier bouleverse leurs vies et laisse à Lollia, leur cousine, l’occasion de tirer son épingle du jeu – sa petit sœur Diana préférant les courses de char à l’agitation politique. 
L’histoire est lancée au galop et emporte les quatre héritières. À la fin, il n’y aura cependant qu’un empereur… et qu’une seule impératrice… 

Quatre cousines, quatre visions de cette année épouvantable où pas moins de quatre empereurs se sont succédé.

Au centre de cette histoire, complots, trahisons et vengeances, comme dans les autres romans de Kate QUINN. C’est sans doute celui où j’ai eu le plus de mal à me repérer dans les personnages féminins pour, à la finale, distinguer parfaitement leur tempérament et leur destin.

Cornelia, la sage ambitieuse, parfois moralisatrice… Marcella, l’historienne devenue observatrice manipulatrice, quelconque, presque oubliée derrière la flamboyante Lollia, frivole, au coeur tendre… Diane, la téméraire, l’audacieuse sauvageonne qui sacrifie tout pour sa passion des chevaux. Nos quatre cousines sont liées par un statut et une ambition. Elles sont soudées et malmenées. Elles vivent de terribles aventures jusqu’à une stabilité politique bien attendue et méritée.

Ce livre, même s’il n’a pas eu le charme profond des précédents romans que j’ai lus de l’auteure, a été haletant. Passionnant, terriblement bien documenté, riche en descriptions parfaitement à propos, j’ai pris plaisir à compléter les lectures qui me manquaient de Kate QUINN.

Cette écrivaine a un talent indéniable pour les amateurs de romans historiques. Elle y mêle les faits, la tragédie, la romance avec un équilibre savant. Je ne manquerai aucune de ses nouvelles parutions.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ 1/2 ♡

Mon seul manque dans sa bibliographie est L’impératrice des sept collines… il ne serait tardé dans mes chroniques !

La maison d’hôtes : Retour à Cedar Cove de Debbie MACOMBER

Le résumé des éditions CHARLESTON (14 janvier 2020) : Après la mort tragique de son mari, Jo-Marie décide de changer de vie, et reprend une maison d’hôtes dans la petite ville de Cedar Cove : la Villa Rose. Sa première cliente, Abby, a survécu à un accident de voiture, dans lequel sa meilleure amie a trouvé la mort. Elle n’a jamais eu le cœur à retourner dans la ville où elle est née, jusqu’à ce jour, dix ans après l’accident. Josh, le second client doit prendre en charge son beau-père, un vieil homme à présent, avec qui il ne s’est jamais entendu. Derrière les portes de la jolie maison d’hôtes, ces personnages inoubliables trouveront l’amour, le pardon et la possibilité d’un nouveau départ.

Ce livre est le premier tome d’une série. Je tiens à vous le dire, je n’aime pas les séries. Ce roman ne va pas contredire cette opinion puisque j’y retrouve les principaux inconvénients que je reproche aux livres à suites. Le personnage principal n’évolue pas… Il faudra attendre le deuxième tome (et sans doute les suivants) pour aborder « vraiment » sa problématique et pour qu’il la résolve. Les obstacles que le personnage principal rencontre ne sont, à ce stade, pas des obstacles… Les personnages secondaires ne sont qu’accessoires et n’ont pas d’incidences réelles sur l’héroïne.

Plus en détails pour ce roman : Jo-Marie a perdu son mari. Son chagrin est présent, quelques petits événements l’aident à surmonter cette perte énorme. Elle décide, en outre, d’investir dans une maison d’hôtes. Ce nouveau but est comme une bouée de sauvetage. Elle rencontre ses deux premiers clients, l’occasion pour l’auteure, Debbie MACOMBER, de nous narrer deux problématiques. Si pour Josh, j’ai trouvé la situation attrayante et intéressante, je ne peux pas en dire autant pour Abby qui vainc son angoisse du retour dans sa ville natale assez (trop) facilement : accueil chaleureux de ses anciennes amies, rencontre avec un ancien béguin. Bref, sur trois histoires, une seule est satisfaisante.

Les « histoires » d’amour sont vite racontées. La période de séduction est zappée pour Abby. Pour Josh, elle traine en longueur sans véritables rebondissements.

Quels sont les obstacles pour Jo-Marie ? Il y en a aucun. Ce premier tome est la préparation (l’introduction) du suivant. J’aurais imaginé que l’entrepreneur de travaux apporterait un peu de piment… non, il faudra attendre Un printemps à la Villa Rose.

Et le faux-frère de son mari : est-il un ami ou un ennemi ? La réponse au tome suivant.

C’est FRUSTRANT ! Dans la situation actuelle de confinement, j’affirme que le temps ne me manque pas pour lire et pour aller au « bout » de cette série… mais vraiment ! Combien de livres vais-je devoir lire pour être « récompensée » ? Je n’adhère pas à cette politique de lecture.

En bref : je ne suis pas satisfaite de ce temps de lecture. Je n’ai pas très envie de poursuivre l’aventure dans ces conditions.

Mon évaluation : ♡ ♡

Jury des lecteurs Librinova : L'homme du train de Laure GOMBAULT

Le résumé des éditions Librinova (auto-édition) – 20 décembre 2019 : Tania partage sa vie avec Romain et leur petit garçon à Dunkerque. Elle exerce la profession de conseillère conjugale et lutte au quotidien contre les violences faites aux femmes. Chaque jour, elle prend le train pour se rendre à Paris au travail. Depuis quelques temps, dans son wagon, elle est troublée par un homme qui la regarde avec insistance. Alors qu’elle lutte contre la violence de son désir pour lui, elle ne sait pas encore qu’une menace plus inquiétante fragilisera ses idéaux.
Dans ce roman, Laure Gombault nous offre un récit poignant au travers d’une quête où se mêle le combat d’une femme contre un réseau de prostitution et par dessus tout, contre elle-même.

Voici le troisième roman que j’évalue dans le cadre du Jury des lecteurs Libronova.

C’est une agréable découverte. Le résumé est attrayant, la couverture comme le titre sont attractifs. Les premiers pas dans le livre sont prometteurs et je ne suis pas déçue par ma lecture. Une seule journée m’a suffi pour en venir à bout. J’étais bien curieuse de lire la destinée de Tania.

L’héroïne est une jeune femme, mariée et aimante, mère d’un petit garçon Hugo. Elle a construit sa vie après une enfance bouleversée par un père violent envers son épouse, sa maman. Afin de protéger la gente féminine, Tania se dévoue au « sexe faible » et aide ses prochaines à s’affranchir de la maltraitance conjugale.

Elle rencontre l’homme du train, un homme mystérieux qui lui glisse des œillades aguichantes et prometteuses auxquelles Tania succombe aveuglément. A partir de cet instant, sa vie est déséquilibrée. Pire, elle succombe au magnétisme et à l’autorité de cet inconnu, glissant dans la peau de la femme victime.

Laure GOMBAULT a une plume efficace. Aucun chapitre ne cloisonne les évènements. Je passe d’une scène à l’autre grâce à des sauts de ligne. Cela ne m’a pas dérangée.

Le personnage de Tania est assez bien caractérisé. Celui de Romain, personnage secondaire, est aussi esquissé avec efficacité. Quant à l’homme du train, le premier abord est séduisant mais il cache son vrai visage… Au cours de l’aventure, il se dévoile. J’aurais aimé plus de nuances et un parcours moins connu. Ce personnage, nous l’avons tous déjà rencontré avec ses spectres classiques. J’imagine que l’auteure aurait pu le rendre unique avec des actes et des actions au coeur même du roman. J’ai eu l’impression qu’il subissait son passé et que le présent lui était fatal.

Sarah M. est un personnage ambivalent, de part sa situation familiale et sa vie de couple. Elle est victime de son mari violent. Elle évolue et devient forte et conquérante. Par contre, je l’ai trouvé non aboutie dans son désir, en tant que femme, surtout dans la dernière partie de l’histoire. Ses motivations se sont un peu floutées. Son compagnon (et ami) a échappé à ma compréhension : si l’histoire se poursuivait, quel choix aurait-il effectué concernant Sarah ? Qu’attendait Sarah de lui sur le long terme ?

La chute du roman est la continuité attendue, positive pour ces femmes. Un dernier retournement aurait-il été possible pour notre plus grand plaisir de lecture l’histoire de nous surprendre ?

Conclusion : Ce roman est intrigant et intéressant. Il est abouti. L’auteure mène efficacement ses personnages là où elle le souhaite. L’homme du train mérite d’être remarqué pour être amélioré, encore, sur de petits détails, aboutissement qui pourrait le propulser vers un lectorat plus convaincu et plus nombreux.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡

Les murmures du lac de Karine LEBERT

Le résumé des éditions PRESSES DE LA CITE – 12 mars 2020 : En Vendée. Jusqu’où Isaure est-elle prête à aller pour endosser la vie presque rêvée et l’identité de sa jumelle décédée, celle à qui tout a réussi jusqu’alors ?
Cette sœur qu’elle a tant jalousée depuis l’enfance ?
Un suspense entre passé et présent autour de jumelles que tout sépare… Plus aucune réconciliation ne sera possible entre Isaure et Lucille, vraies jumelles que tout sépare. Après avoir surmonté le choc de l’accident mortel de sa sœur – dont elle est l’unique témoin –, Isaure prend une folle décision : endosser l’identité de la défunte le temps de récupérer sa fortune. Le destin n’a pas toujours été tendre avec la jeune femme, qui s’est exilée vingt ans durant loin de tous. Lui offrirait-il enfin une seconde chance ? Entre les îles d’Yeu et de Noirmoutier, le danger d’être démasquée est là, permanent, notamment face au séduisant Matthias. Comment être crédible dans la peau de celle qui était son exact contraire ? Une femme sûre d’elle, aimantant les hommes, à qui tout réussissait. Avec sa part d’ombre aussi…
D’autant que, dans la jolie maison familiale, une surprise de taille attend Isaure : un bébé, Noé.

Il fut un temps où les histoires de jumelles me passionnaient. Curieuse, j’ai voulu renouveler l’expérience avec les murmures du Lac de Karine LEBERT.

Je ne connaissais pas l’écriture de cette auteure. J’ai dans l’idée de découvrir Les amants de l’été 44, un projet de lecture motivé par la période historique et par cette invitation à la romance.

Ce récit ne m’a pas satisfaite, ni sur la forme, ni dans le fond. Pourtant la couverture et le titre m’ont tout de suite séduite.

L’émotion et la tension n’ont pas été au rendez-vous. L’héroïne, malgré tout le stress et l’angoisse qu’elle vit, n’a provoqué ni empathie ni sympathie chez moi. Plus la lecture avançait, plus elle m’échappait. Son aventure s’est déroulée sans pic de sentiments.

Elle agit en élaborant diverses stratégies financières mais aucune de ses actions n’a de portée. Elle n’atteint pas ses objectifs et laisse de côté ses priorités. Isaure s’invente des scénarios assez tordus, elle s’en rend compte, elle nous l’affirme, elle s’en contente. Elle commet des bourdes qui la discréditent et la perdent. Finalement, sa vie ne change pas vraiment.

Je ne suis pas certaine que le personnage principal évolue. Elle n’apprend pas grand-chose de cette nouvelle vie, si ce n’est le rôle de mère. Côté relations amoureuses, elle est passive et renoue avec l’existence chaotique (mais idéale ?) de sa sœur.

Ce livre est découpé en différentes parties de vie. Entre ces périodes (parfois quelques mois ou quelques années de séparation), il se passe des événements qui sont relatés mais qui échappent à la narration. On saute ainsi d’une situation à une autre. On découvre de nouveaux contextes : un nouvel amour, un déménagement… Je me sens exclue de tous ces événements.

Je pense que la voix principale de ce roman est celle de la jumelle, Isaure. Son point de vue prime. Il est celui qui nous guide et nous illusionne, nous manipule et nous ouvre une fenêtre sur une vérité. D’autres points de vue interviennent et, selon moi, parasitent la narration : je pense à celle de Diane, « l’amie », à Matthias puis au gendarme. Certains personnages arrivent trop tardivement dans le récit. Ce décalage ne me semble pas judicieux comme si on coupait le lecteur des outils pour bien comprendre le personnage. Qui sont ces jumelles ? Qui est manipulatrice, bonne ou mauvaise ? En terminant ce roman, je ne peux porter de réels jugements. Je suis dans l’expectative, convaincue de peu de choses.

Vous l’avez compris, ce n’est pas une lecture qui m’a conquise.

Mon évaluation : ♡ ♡

Je remercie le site NetGalley, les éditions PRESSES de la CITE pour ce service de Presse. Je regrette de ne pas avoir apprécié ce roman qui, néanmoins, a le mérite d’exister et d’être apprécié par d’autres. J’ai trouvé quelques mots pour expliquer ce qui m’a dérangé. J’espère que l’auteure comprendra ces arguments.