Le parchemin disparu de maître Richard de Laëtitia BOURGEOIS

Le résumé des éditions PRIVAT – 16 mars 2006 : Au coeur du carême, le notaire de Saint-Clément est découvert chez lui, baignant dans son sang, son coffre à parchemins pillé. Barthélemy, chargé d’élucider le meurtre, se trouve singulièrement démuni devant ce crime commis pour du papier, tandis que les villageois lui opposent une hostilité sourde et un silence opaque. Sans savoir lire, il doit faire parler les écrits du notaire assassiné, afin d’exhumer dans les anciennes chartes les causes de la mort de celui qui tenait la plume. Restée à Marcouls, son épouse, la guérisseuse Ysabellis, affronte seule une situation périlleuse, où toute sa science de la médecine et des poisons sera mise à l’épreuve. Ambiance lourde de mensonges, flambées de colère, disparitions inexpliquées entachent le carême de cette année 1363 teintée d’une violence diffuse dont nul ne sort indemne.

Ce deuxième tome est un peu long à démarrer avec tous ces interrogatoires auprès de ces personnages peu bavards et hostiles… Ysabellis et Barthélémy sont séparés par le Sir Randon. Le sergent est vite placé sur une nouvelle enquête, irrésolue par les professionnels habituels. Il faut dire que le meurtre du notaire est assez brutal même si le jeune paysan n’assiste pas à la scène (et nous non plus).

Et puis, tout à coup, l’action et l’intrigue deviennent prédominantes. Barthélémy est attaqué. Ripostes, stratagèmes et menaces. Le panel des attaques me tient en haleine. Ysabellis n’échappe pas aux adversaires. Chacun ses armes. Au centre de cette intrigue : des actes notariaux, poisons, des ordres et une monture que Bathélémy finit par dompter.

L’ambiance est toujours moyenâgeuse, très à propos et bien caractérisée. Tous les détails sont donnés sur le fonctionnement des notaires, leurs écrits… et quelques indications sur les lois, les dettes, devoirs et droits des individus.

C’est une série intéressante que je lis pour le contexte, pour la relation entre la guérisseuse (et ses secrets) et ce sergent recruté (malgré lui). Je pressens qu’Ysabellis va être mise en cause… Peut-être va-t-elle avoir des démêlés avec l’Inquisition… Elle pourra compter sur l’amour de son cher et tendre mais la partie sera loin d’être gagnée. J’ai très envie de connaître la suite.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡

La chronique de Bridgerton : Anthony de Julia QUINN

J’ai commencé la Chronique des Bridgerton avant d’avoir entendu parler de la série. J’ai découvert Simon… et j’ai abandonné l’histoire. Etonnant, non ?

Le premier tome ne m’a pas passionnée, il n’était pas à mon goût. La problématique de ce personnage ne m’atteignait pas. Aucune émotion qui m’incitait à poursuivre. Je suspectais une déception à la lecture des premiers chapitres… Plutôt que de perdre mon temps dans une lecture que je ne souhaitais pas, plutôt que d’écrire un avis négatif, j’ai reposé le livre. Je me suis donnée un délai supplémentaire. Plus tard… peut-être. Ce timing-là n’était pas le bon.

Puis est venu le temps de la série. Les éloges pleuvaient. Les images me séduisaient. Je me suis dit : « Pourquoi pas avoir un aperçu de l’histoire grâce au cinéma ? » Ni une, ni deux, j’ai dévoré les épisodes en deux jours.

Cette série m’a subjuguée. Les personnages m’ont émue. Plus les épisodes s’enchaînaient, plus je trouvais la relation Simon Daphné émouvante. L’alternance des scènes était magnifique : le stratagème des mères, la chroniqueuse anonyme, la palette de personnages, les intrigues multiples… Bref, j’ai eu un véritable coup de foudre et COUP DE CŒUR ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ pour ce film ! C’était long et palpitant sans être ennuyeux, c’était romantique et sensuel. Magnifique…

Me voici donc convaincue par la Chronique des Bridgerton version cinéma. Ne pouvais-je pas être ensorcelée par les mots et les phrases de Julia QUINN ? J’ai commencé et terminé le tome 2 (cette fois… allons jusqu’au bout de l’expérience !). C’est donc Anthony qui devait me séduire…

Le résumé des éditions J’AI LU – Collection AVENTURES ET PASSION – 03 février 2016 : Les Bridgerton sont stupéfaits : le vicomte Anthony souhaite se marier ! Et il sait ce qu’il veut : une femme dont il ne risque pas de tomber amoureux, car l’amour est secondaire dans un couple. Edwina Sheffield est la reine de la saison, elle fera donc une parfaite épouse. Sauf que la demoiselle a une sœur dont l’influence est considérable. Or Kate Sheffield oppose son veto. Un débauché comme Anthony n’est pas un parti convenable pour Edwina. Le jeune homme est outré. Lui, le célibataire le plus convoité de Londres, indésirable ? Pour qui donc se prend cette péronnelle, qui ne connaît rien à la vie, pour oser le critiquer ? Il va lui prouver qu’il est irrésistible !

Et bien, non… toujours pas. Cette romance historique n’a pas le goût et la saveur de la mise en images. La série me semble beaucoup plus riche et le scénario mieux construit que celui du livre (au moins celui que j’ai lu). Le mystère autour de Lady Whistledown manque dans le récit, les manipulations des mères sont absentes, je n’ai pas ressentie l’ambiance piquante et amusante de la série. Le film est « multidirectionnel » alors que le récit n’a que deux personnages en point de mire : Anthony et Kate. Bien sûr, l’humour de Julia QUINN est présent, les situations cocasses sont intactes… mais le spectre et les fantômes du passé sont moins intenses (il me manque des émotions et une pointe d’empathie envers le vécu des personnages), trop présents aussi (dans la chute du livre). Les intrigues de la série sont prégnantes et addictives, s’entrecroisent et me tiennent en haleine.

Aujourd’hui, je suis quand même curieuse de connaître le destin d’Eloïse, cette jeune rebelle qui aspire à l’émancipation et à la liberté d’action…

J’aimerais voir évoluer Pénélope et sa langue bien pendue.

Cette équipe de rebelles est intéressante et pimente la vie de cette famille parfaite.

Pénélope séduira-t-elle celui qui hante son coeur ? Eloïse trouvera-t-elle cet amour auquel elle ne croit pas et qui semblerait l’enfermer dans ce qu’elle hait ? J’espère connaître la suite de la série… Je vais jeter un oeil sur le tome qui m’intéresse particulièrement… Et je vais lire vos commentaires pour connaître vos avis et vos ressentis.

Bien livresquement ! A bientôt.

La petite bibliothèque du bonheur de Felicity HAYE McCOY

Le résumé des éditions FEMME ACTUELLE – 08 juin 2017 : C’est en Irlande qu’Hannah, l’amoureuse des livres, est bien décidée à reconstruire sa vie ! Hannah Casey menait une vie dorée, à Londres, jusqu’à ce qu’elle surprenne son mari avec une autre femme. Bouleversée, elle rentre chez sa mère, dans son village natal, sur la côte ouest de l’Irlande. Rapidement, elle trouve un poste de bibliothécaire et s’investit pleinement dans ce travail qui la passionne. Cependant, ce nouveau départ, à 51 ans, est loin d’être facile. D’autant que la cohabitation entre Hannah et sa mère tourne rapidement au vinaigre. Hannah songe alors à la maisonnette délabrée, perchée sur la falaise, que lui a léguée sa grand-tante. Elle décide de s’y installer et de rénover la bâtisse, avec l’aide de Fury, un maçon charmant et enjoué qui commence… par lui prêter une chèvre pour tondre sa pelouse ! Grâce à lui, Hannah découvre peu à peu la vie farfelue du village, les personnalités attachantes qui le composent, mais aussi les liens forts unissant ces familles isolées dans la campagne irlandaise. Quand elle apprend que la bibliothèque est menacée de fermeture, Hannah sait qu’elle pourra compter sur ses nouveaux amis pour l’aider à se battre et à surmonter cette épreuve.

La petite bibliothèque du bonheur a des atouts incontestables :

  • le cadre : une petite bourgade sur une péninsule, en Irlande. Le refuge d’Hannah se situe dans la maison de sa mère mais son petit nid qu’elle envisage de rénover est une maisonnette délabrée perchée sur une falaise qui surplombe la mer… Ne cherchez pas le nom du village sur une carte, il n’existe que dans l’esprit de l’auteure, Felicity HAYE-McCOY. Dommage !
  • Les habitants : Comme dans toutes les communautés, notamment celles qui vivent un peu éloignées des grandes agglomérations, la vie est précieuse, les relations comme celles d’une famille. Il y a les aînés, les plus jeunes, les austères et les taiseux, les aidants, les profiteurs, une bibliothécaire Hannah, sa mère Mary (pas très agréable mais très aimante malgré tout), un maçon Fury… Bref, des liens, des oppositions, des mystères et de petits complots. Ici, il est question d’immobilier, d’un nouveau site et de la disparition de la bibliothèque. C’était une bonne base, seulement, le conflit autour de la bibliothèque arrive assez tardivement dans l’histoire. Les combats pour la sauver (entre autres) se situent pendant le dénouement… J’ai l’impression que l’auteure a mis trop de temps à poser les bases de son histoire à mon goût. J’ai un peu décroché (je ne vous le cache pas).
  • Un personnage principal atypique. Hannah est bien différente des femmes que l’on trouve dans ce genre de littérature. Elle a 51 ans, c’est une femme mature qui a vécu, trahie par son mari qui l’a trompée. Durant les chapitres qui s’écoulent sous nos yeux, elle lutte intérieurement contre cet homme qu’elle a aimé et avec qui elle a eu une fille, Jazz. Par moment, je me demandais si l’histoire n’allait pas dériver vers Jazz… et bien non. Il n’y pas pas vraiment de romance dans ce livre, ni de reconstruction active de soi-même mais plutôt un long cheminement de pensées et de petits pas réalisés vers d’autres… La bibliothécaire n’est pas vraiment une femme aimée, souriante et pétillante. Aux yeux de ses compatriotes, elle est austère et fermée… Le seul éclair de joie et de vie apparaît lorsque l’auteur nous offre son point de vue… A ce moment, on l’apprécie vraiment alors qu’au travers du regard des autres, elle me paraît terne et fade.
  • Un autre personnage fort de caractère : il y en a deux précisément. Fury, le maçon, est un homme attachant par ses démarches et ses actions extra ordinaires. Illettré ? Peut-être… habile de ses mains : assurément… Intelligent, je n’en doute pas… Rétro : forcément puisqu’il ne lit, ni n’écrit aucun texto (il n’utilise pas son téléphone !). Drôle d’énergumène qui a du charme et que j’ai eu plaisir à rencontrer dans cette histoire. Il y a aussi Mary, la mère d’Hannah. Elle n’a pas la langue dans sa poche, elle ne mâche pas ses mots, elle est pleine de bon sens où sa fille est perdue et empêtrée dans son passé et ses soucis. Deux personnalités que j’ai aimées suivre.
  • Un rythme inégal qui m’a paru plus passionnant et plus palpitant dans la seconde et dernière partie, avec l’intervention du mentor d’Hannah : la Bonne Sœur. Là encore, son caractère bien trempé, sa vieillesse qui fait illusion, le punch qu’elle apporte à Hannah est intéressant… Un peu d’action, ça fait du bien. La fin du roman est une invitation au suivant mais pour moi, l’aventure va s’arrêter là. Pour l’instant, je ne compte pas lire le tome 2, ni le tome 3. Il n’y aura pas de Petit café du bonheur, ni de Petit jardin du bonheur. Pourtant , les couvertures me plaisent énormément…

En bref : La petite bibliothèque du bonheur n’est pas une lecture déplaisante mais quelques longueurs ont coupé ma lecture. Je lui reproche un manque d’actions mais j’ai aimé une galerie de personnages sympathiques. J’ai moins aimé l’objectif quasiment indéfini (ou trop peu explicite et/ou trop peu concret) de l’héroïne mais j’ai été captivée par le combat de la communauté. j’ai adoré la philosophie de cette religieuse discrète et pertinente. Je déplore un peu le portrait d’Hannah, pas très agréable à première vue, mais finalement attachante et toute mignonne dans son ambition.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡

Alabama 1963 de Ludovic MANCHETTE et Christian NIEMIEC

Le résumé des éditions CHERCHE MIDI – 20 août 2020 : Birmingham, Alabama, 1963. Le corps sans vie d’une fillette noire est retrouvé. La police s’en préoccupe de loin. Mais voilà que d’autres petites filles noires disparaissent…
Bud Larkin, détective privé bougon, alcoolique et raciste, accepte d’enquêter pour le père de la première victime.
Adela Cobb, femme de ménage noire, jeune veuve et mère de famille, s’interroge :  » Les petites filles, ça disparaît pas comme ça…  » Deux êtres que tout oppose. A priori.
Sous des airs de polar américain, Alabama 1963 est avant tout une plongée captivante dans les États-Unis des années 1960, sur fond de ségrégation, de Ku Klux Klan et d’assassinat de Kennedy.

Je n’avais pas identifié les personnages sur la couverture de ce roman policier, retraçant les années 1963, en Alabama. L’homme au chapeau, c’est Bud, un ancien flic qui, après avoir tué son partenaire, tombe dans l’alcool et la déchéance. Il est détective, une profession qui n’existe que de nom puisqu’il n’a pas de clients, pas suffisamment… Elle, c’est Adela, une domestique de couleur, veuve, mère de trois enfants, qui subit chaque jour la ségrégation et la haine des Blancs.

J’ai adoré le contexte, le décor et l’ambiance de ce roman. Par certains éléments du quotidien d’Adela, j’ai retrouvé La couleur des sentiments, un chef d’œuvre mémorable et cher à mon coeur. Avec une pointe de sarcasme, de rébellion et de regards critiques, la trentenaire s’oppose à la bêtise humaine, avec intelligence et finesse. Les conversations qui animent ses deux amies de même condition, ou celles qu’elle entretient avec Gloria ou Dorothy, deux femmes blanches aisées, font sourire et sont pleines de bon sens ou totalement inconcevables, tant la discrimination et le sentiment de supériorité peuvent rendre ridicules et bêtes. Incontestables, les auteurs, Ludovic MANCHETTE et Christian NIEMIEC, ont réussi à nous relater l’une des réalités (une des plus odieuses) des Etats-Unis des années 1960. Quelques faits divers, bien intégrés, quelques références à Kennedy, le Ku Klux Klan : le ton est donné. Il n’y a, selon moi, aucune fausse note dans ce décor. J’en suis même admirative.

Alabama 1963 est, aussi et avant, tout un policier. Des jeunes filles disparaissent sous l’œil indifférent de la société et des autorités blanches. Un corps… un deuxième… sont retrouvés. Viol, étranglement. Crimes horribles et intolérables qui pourtant ne suscitent pas forcément d’émoi dans cette population partagée : Noirs, Blancs, femmes, hommes, le ressenti est variable. Pourtant, c’est l’occasion pour Adela d’aller au-delà d’elle-même et à Bud d’être confronté à son passé et de dépasser ses traumatismes. Leur rencontre est l’occasion de remettre en cause leurs préjugés et d’enquêter, côte à côte.

Jusqu’aux 90 % du livre, j’ai été absorbée par les chapitres, avide de démasquer ce tueur en série. Pour les 10 % restants, j’avoue avoir été déçue par la rapidité de la chute et du dénouement. J’ai été désappointée par le choix des auteurs, la facilité dont ils ont usée pour faire tomber le masque. Je l’ai vécue comme une semi-trahison de leur part, comme s’ils n’avaient pas tenu leur promesse jusqu’à la fin… Impossible pour moi de résoudre cette enquête, d’où ce procédé particulier de faire surgir les pensées du tueur alors qu’il a été muet durant toute la narration… Trop rapide, trop facile, duperie, narration qui perd le suspense et le dynamisme… La fin n’est pas à la hauteur de mes attentes et de la qualité de la presque totalité de cette histoire.

Je recommande, malgré tout, cette histoire pour ce passé lourd et tellement injuste, pour la qualité des relations des personnages, tantôt pleines d’humanité, tantôt dramatiquement terribles, pour l’ambiance, pour ce tableau d’une société qui ne semble pas tout à fait disparue.

En bref : Ce n’est pas un livre qu’il faut lire pour son intrigue policière mais pour l’espoir qu’il offre, l’humanité qu’il promet dans la relation Bud (alcoolique-détective) et Adela (domestique de couleur). Magnifique décor, ambiance superbe, sentiments garantis et sujets sensibles abordés avec un ton sarcastique et une pointe d’humour bien dosée. A découvrir.

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥ 1/2 ♥

Un voyage nommé désir de Frédérique-Sophie BRAIZE

Je remercie les éditions PRESSES de la CITE et l’auteure Frédérique-Sophie BRAIZE pour ce merveilleux voyage au coeur de la France d’Autrefois, dans ces belles montagnes que sont les Alpes. C’est un merveilleux roman que vous m’avez offert. J’ai adoré ma lecture. Ce furent des moments intenses et passionnants.

Le résumé des éditions Presses de la Cité – 21 janvier 2021 : 1917. La venue providentielle d’un soldat italien dans un village haut perché des Alpes va bouleverser, pour le meilleur, le destin de trois femmes. Et semer dans leur esprit un souffle de liberté pour combattre les travers de leur société patriarcale.
Une ode sensuelle et magnifique aux femmes. Tout là-haut, sur l’alpage savoyard où elles doivent rester jusqu’à la fin de l’été, trois femmes font la rencontre de Vincenzo, soldat italien en permission.
La plus âgée, Péroline, mère de famille, est sans nouvelles de son mari depuis trois ans. La pieuse Anne-Céleste n’a reçu qu’une lettre, très sibylline, de son fiancé sur le front. La jolie Rose, en âge de convoler, doit veiller sur sa fratrie orpheline. Toutes trois sont en manque de bras solides pour abattre leur travail le jour et… pour étreindre leur corps la nuit. Dans les Alpes en pleine touffeur d’août se révèle la faim de vivre de cette petite communauté privée d’hommes. L’attitude énigmatique de l’Italien, à la fois aventurier séducteur et âme consolatrice, délivrera le destin des trois amies brimées – qui d’un mari violent, qui d’un prêtre, qui du poids du devoir –, emportées dans les tourmentes de l’Histoire (et du plus rocambolesque des faits divers, le vol de la Joconde au Louvre en 1911 !). Mais aussi au cœur du désir féminin…

Je suis ébahie (rien de moins) devant cette histoire. Elle est sensuelle, réaliste et entraînante.

Le titre nous invite au voyage et au désir. Ce trio de femmes fera l’expérience d’un cheminement long et profond. Des Alpes à la frontière italienne, de leur village aux pâturages, je suis bien transportée dans une ambiance chaudement construite. Il ne manque rien à ce décor montagnard, ni l’ambiance, ni les paysages, ni l’Histoire.

1917. Il reste tant de mois de guerre avant l’armistice de novembre 1918… deux étés. Ces trois montagnardes ont le temps d’évoluer et de se transformer. Dans le carcan de soumission qu’est le début du XXème siècle, dans ce conflit mondial où la femme devient homme mais ne reste pas moins qu’une soumise, Péroline, Anne-Céleste et Rose embarquent dans une aventure frappante pour son originalité sur le fond et dans la poésie du langage.

Vincenzo est un étonnant séducteur dans son uniforme usé et son chapeau à plumes . Il apporte le plaisir dans un lieu où on ne l’attend pas. Il pimente la rencontre avec une pointe de mystère, accompagné d’une conception presque moderne de la gent féminine, d’un respect bienvenu dans ce monde d’hostilités et de préjugés.

L’histoire est bâtie avec minutie, aucun surplus de détails inutiles, une intrigue qui me tient en haleine, un suspense qui monte crescendo. L’écriture rustique de Frédérique-Sophie BRAIZE, typique, adaptée et enchanteresse ne gâche pas mon plaisir : elle l’attise même. J’ai bien envie de vous citer tout un tas d’exemples mais ce serait gâcher votre plaisir de la découverte.

J’ai été soufflée par les personnages (historiques ou non), par le contexte « faits divers », par cette réalité de vie rude dans une époque terrible. Personnages principaux ou secondaires, l’auteure a la maîtrise de cette galerie de portraits. C’est vraiment un récit savoureux et de talent.

Ce livre, issu des éditions PRESSES de LA CITE, de la collection Terre de France, m’attire beaucoup. J’avoue être conquise par ce récit qui se démarque de mes habitudes de lecture.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡

L’impossible pardon de Martine Delomme

Le résumé des éditions PRESSES de la CITE : Force du destin ? Hasard malheureux ? Le monde de Marion vacille avec le retour de celui qu’elle a aimé avec passion huit ans plus tôt. Et dont elle n’a pas pardonné les silences et l’abandon… Marion, femme dans la tourmente qui s’engage aussi, par son métier de journaliste, à faire toute la lumière sur un trafic de vin dans sa région de Montauban. Il y a huit ans, Fabien a disparu sans un mot, laissant derrière lui Marion, son grand amour. Fuyant le trop lourd passé de sa famille, il a tout abandonné. Une longue errance l’a conduit en Italie, où il a changé de nom et est devenu propriétaire d’un vignoble dans le Piémont. Quand, à Montauban, le hasard place sur sa route Marion, et un petit Lucas de sept ans, il comprend rapidement qu’il est le père. Non sans douleur, Marion, elle, a tourné la page : devenue une pugnace journaliste d’investigation, elle est mariée depuis trois ans à Romain, qui travaille également pour la filière viticole, et qui a adopté le petit garçon. Alors que ces retrouvailles viennent troubler son bonheur tranquille, la jeune femme découvre un scandale lié à la communauté vinicole locale. Une affaire de vin frelaté qui, bientôt, expose Marion à de nombreux dangers… Avec la résurgence du passé, sombre et douloureux, Marion et Fabien devront faire face à leurs sentiments exacerbés, et à leur difficulté à trouver le chemin du pardon. Mais existe-t-il seulement un avenir pour eux ?

Romance construite avec une intrigue d’investigation, l’auteure aborde différents thèmes : la shoah, le commerce du vin, les caprices du destin, les décisions d’un couple embarqué dans un passé tumultueux. Ce roman nous emmène dans beaucoup de directions, sans créer chez moi une passion pour l’un ou l’autre des sujets. Je suis restée assez en retrait des dilemmes qui harcèlent Marion.

Le passé a séparé la journaliste de Fabien, le présent leur donne une seconde chance : l’improbable retrouvaille après huit ans d’absence et de croyances jamais étayées. Fabien n’est pas mort, il a changé de vie, troqué son nom, enfoui les secrets de sa famille derrière lui, a tiré un trait sur Marion. Huit ans plus tôt, la femme a donné naissance à leur fils. Agé de sept ans, personne n’ignore de qui il est. Quelle va être la décision de Marion ?

L’auteure, Martine DELOMME et le destin vont orienter Marion vers Fabien. Je m’attendais à des obstacles insurmontables, un Romain combatif, un passé trop lourd à supporter, un adversaire redoutable… Je n’ai pas lu cette dureté imposée à cette femme, au contraire, tout est allé dans le sens d’une réconciliation facile. J’ai donc été plutôt déçue de cette aventure fluide et aisée.

C’est donc une romance douce et sans difficulté qui se lit rapidement, sans émotion particulière. Agréable mais pas mémorable. Les chapitres défilent assez vite. Les personnages secondaires sont bienveillants. Les paysages donnent envie de voyager et de découvrir Bordeaux, Montauban et la Lombardie… Lucas est un lutin mignon et attachant.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡

Je remercie des éditions PRESSES de la CITE, l’auteure et le blog NETGALLEY pour ce service de presse. Merci de votre confiance et pour cette lecture.