Combat d’amour de Loraline BRADERN

Le résumé des éditions ADA – 22 août 2018 : Alinor est une demoiselle saxonne formée à toutes les tâches domestiques habituellement dévolues aux dames nobles, mais elle est également dotée d’un fort caractère et rompue au maniement des armes, qualités bien peu féminines… Lors de l’invasion normande, elle prend en charge le fief familial pendant que son père et son frère partent au combat pour tenter de repousser les troupes de l’envahisseur.
Gauthier de Fougères, fidèle chevalier de Guillaume de Normandie, a pour tâche de prendre le fief de Thurston au nom de son sire. Il se heurte violemment à Alinor qui ne veut pas baisser les bras devant l’ennemi.
Prise entre sa fierté et ses sentiments, comment Alinor parviendra-t-elle a se sortir de ce piège tout en sauvant ses gens et son coeur ?

J’ai choisi cette romance historique pour ses couvertures. Je les trouve exquises. J’aime aussi le titre de la série Combat d’amour et les titres de chaque tome. Je n’ignore pas la continuité entre chaque livre, de la haine au désir, du désir à la passion, de la passion à l’amour et preuves d’amour. Je ne suis donc pas surprise de lire un roman qui n’est pas terminé, qui s’arrête à un moment charnière où le désir ne suffit plus aux protagonistes. Une nouvelle étape doit être franchie… La construction du scénario est attractif.

Qu’en est-il de la lecture de ce premier opus Combat d’amour, tome 1 : De la haine au désir ? Voici mon avis et mes critiques.

Je suis sensible à l’intitulé du genre « romance historique ». La plume de l’auteure est riche en vocabulaire d’époque : statut des personnages, injures, objets. Cela donne une arène travaillée et intéressante. Les chapitres sont riches en traductions et en notes que je n’ai pas forcément consultées car le contexte donnait des indices de sens. Point positif : ce lexique ancien m’a convenu et n’a pas entravé ma lecture. Il a participé à créer l’ambiance. C’est bien réussi.

J’ai été gênée par les répétitions de l’écrivaine. L’histoire est racontée selon deux points de vue principaux : celui d’Alinor, la Saxonne et celui de Gautier de Fougère, le Normand. Il y a pas mal de redondances d’actions et de pensées dans leur narration. On a affaire à plusieurs fois la même explication pour une manœuvre ou une stratégie. C’est un défaut qui aurait pu être évité mais qui n’est pas une entrave à la lecture. Ces informations doublement reformulées ralentissent l’intrigue et le dynamisme de l’histoire. C’est dommage.

Loraline BRADERN a souhaité nous décrire, dans ce premier opus, la relation de désir entre les deux héros. Pour Alinor, ce sentiment est nouveau. Il se développe au fil de ses actions et de ses coups d’éclats. Cette jeune femme est impulsive et têtue. Elle ignore l’amour et choisit le combat des armes avec détermination. Elle est forte de loyauté pour son camp et son père. Elle s’oppose à l’ennemi de toute son âme. C’est une guerrière aguerrie et volontaire. Elle est troublée par les assauts amoureux du Baron, ignorante et naïve des liens entre un homme et une femme. C’est un peu cliché et fleur bleue mais disons que je m’attends à ce genre de regard dans ce type de lecture. C’est pardonnable (de mon point de vue).

Pour Gautier, la lutte s’effectue en interne, dans son fort intérieur. Ses actes ne sont pas en adéquation avec ses combats moraux. Il est opposé au viol, punit ses alliés pour ces actes barbares mais use des mêmes (débuts de) stratégies auprès de sa belle. D’abord, la force, la contrainte… puis la douceur et la tentation. Ce n’est pas tout à fait ce que j’avais envie de lire. Il ne pousse pas le vice jusqu’à la pénétration mais c’en est tout proche. Pour un avis constructif, en gardant cette idée de désir fulgurant et irraisonné, j’aurais préféré que chaque tentative de rapprochement entre les deux ennemis soit entravée par leurs convictions et leurs motivations. Ils sont trop honnêtes et trop sincères envers le camp opposé. Il me semble qu’il aurait fallu creuser cette faiblesse, travailler les conflits avec des adversaires extérieurs… Pourquoi ne pas introduire un traitre qui les manipule ?

Mon évaluation : ♡ ♡ 1/2 ♡.

En bref : J’ai bien compris la stratégie de l’auteure, mais entre les répétitions des scènes et la double narration, les assauts irraisonnés de ce chevalier honorable, mon plaisir n’a pas été comblé. Je ne pense pas poursuivre la série, à priori, même si mon plaisir de découverte de belles romances historiques me tient à coeur. Je crains que ces défauts ne se répètent.

En prolongement de cette lecture : Quelle est votre opinion ? Avez-vous lu le tome 2 ? Qu’en pensez-vous ? Avez-vous de très belles romances historiques à me soumettre ?

Bien livresquement.