On se reverra… de Lisa JEWELL

Le résumé des éditions HAUTEVILLE – 18 avril 2018 : Qui est cet homme assis sur la plage en pleine tempête, sur le lieu d’un crime commis vingt ans plus tôt  ? Il n’a pas de nom, pas de manteau, et a perdu la mémoire. Alice prend l’inconnu sous son aile et décide de l’héberger, sans savoir qu’il va bouleverser sa vie à jamais.
Au même moment, dans la banlieue de Londres, Lily attend en vain le retour de l’homme qu’elle vient d’épouser et dont la police tarde à signaler la disparition. Parviendra-t-elle à retrouver celui pour qui elle a tout abandonné  ?

C’est parti pour un policier suspense. Je ne crois pas avoir déjà lu de romans de Lisa JEWELL mais celui-ci m’a été conseillé par une amie.

La problématique de cet homme assis sur la plage : il n’a plus aucun souvenir. Il ne parvient pas à comprendre ce qu’il fait là, sur cette plage inconnue, ni qui il est, quel est son passé et d’où vient cette sensation étrange d’avoir fait du mal à quelqu’un. Il rencontre Alice, une mère célibataire de trois enfants qui s’éprend de lui. Alice a le don de toujours faire les mauvais choix mais elle est charmée par cet inconnu qui la touche.

Deux récits se mettent en place : la voix d’un passé (année 1993) et celle du présent de cet homme et d’Alice. Les événements se font échos, amènent rebondissements et questionnements, créent l’intrigue et le mystère. Pourtant, la vérité se lit entre les lignes, foncièrement bon ou terriblement mauvais, Franck (l’inconnu rebaptisé) peut-il être ce que les apparences montrent de lui ?

J’ai toujours aimé les histoires autour de l’amnésie. Elles sont sources de tensions. Celle-ci sort un peu de l’ordinaire. La rencontre entre Alice et Franck donne un éclairage différent. Lisa JEWELL nous donne un récit étoffé et correctement construit. Pas mal !

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡

Ma chérie de Laurence PEYRIN

Le résumé de CALMANN LEVY – 13 mars 2019 : Née dans un village perdu du sud des États-Unis, Gloria était si jolie qu’elle est devenue Miss Floride 1952, et la maîtresse officielle du plus célèbre agent immobilier de Coral Gables, le quartier chic de Miami. Dans les belles villas et les cocktails, on l’appelle « Ma Chérie ». Mais un matin, son amant est arrêté pour escroquerie. Le monde factice de Gloria s’écroule : rien ne lui appartient, ni la maison, ni les bijoux, ni l’amitié de ces gens qui s’amusaient avec elle hier encore. Munie d’une valise et de quelques dollars, elle se résout à rentrer chez ses parents. Dans le car qui l’emmène, il ne reste qu’une place, à côté d’elle.
Un homme lui demande la permission de s’y asseoir. Gloria accepte. Un homme noir à côté d’une femme blanche, dans la Floride conservatrice de 1963…Sans le savoir, Gloria vient de prendre sa première vraie décision et fait ainsi un pas crucial sur le chemin chaotique qui donnera un jour un sens à sa nouvelle vie…

Laurence PEYRIN est l’une de mes écrivaines favorites. A chacune de ses histoires, je suis emportée par les aventures de ses héroïnes, au destin aussi particulier que passionnant. Ma Chérie n’échappe pas à ce plaisir de lecture même si le début de ce roman a été difficile pour moi. L’ambiance et les premières descriptions m’ont semblé lourdes, je suis entrée difficilement dans ces méandres.

Lorsque l’événement déclencheur se met en place et bouleverse la vie de Gloria, son départ précipité m’intrigue. Elle rencontre Marcus, un homme noir qui s’assoit à ses côtés dans le bus et entame une courte discussion attisant ainsi la curiosité et l’intérêt de cette jeune femme blanche. Nous sommes dans les années soixante, aux Etats-Unis.

Dans l’écriture de Laurence Peyrin, j’aime sa capacité à peindre des portraits psychologiques fins et réalistes. J’apprécie la direction que prennent ses histoires, les épreuves que ses personnages surmontent. J’ai particulièrement adoré la construction des couples, notamment les parents de Gloria en miroir avec celui de Ma Chérie, la personnalité de Nora, la sœur de Marcus, et puis ce soldat épargné par la guerre de Corée qui porte des blessures plus insidieuses que les douleurs et blessures physiques.

Gloria évolue tout au long de son aventure. De Sœur Bigleuse, à Miss Floride, à Ma Chérie, elle se métamorphose, devient l’une ou l’autre en fonction de son interlocuteur jusqu’à découvrir celle qu’elle veut être. J’ai été en empathie avec cette femme fragile. Elle cheminera jusqu’à s’affirmer, enfin, s’affrontant à chacune des facettes de son passé. C’est un très beau personnage. Son entourage y est pour beaucoup : il crée son opposition et sa confrontation jusqu’à la révéler.

C’est une chance de lire de si belles histoires. Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡

Il me reste à découvrir Miss Cyclone, La drôle de vie de Zelda Zonk et Hanna, les trois premiers romans de Laurence PEYRIN, dont j’ai entendu le plus grand bien. Je suis impatiente de me plonger dans la vie de ces nouveaux personnages…

Le cerf-volant de Laetitia COLOMBANI

Le résumé des éditions GRASSET – 09 juin 2021 : Après le drame qui a fait basculer sa vie, Léna décide de tout quitter. Elle entreprend un voyage en Inde, au bord du Golfe du Bengale, pour tenter de se reconstruire. Hantée par les fantômes du passé, elle ne connait de répit qu’à l’aube, lorsqu’elle descend nager dans l’océan indien. Sur la plage encore déserte, elle aperçoit chaque matin une petite fille, seule, qui joue au cerf-volant. Un jour, emportée par le courant, Léna manque de se noyer. La voyant sombrer, la fillette donne l’alerte. Léna est miraculeusement secourue par la Red Brigade, un groupe d’autodéfense féminine, qui s’entraînait tout près. Léna veut remercier l’enfant. Elle découvre que la petite travaille sans relâche dans le restaurant d’un cousin, qui l’a recueillie et l’exploite. Elle n’a jamais été à l’école et s’est murée dans un mutisme complet. Que cache donc son silence ? Et quelle est son histoire  ? … Aidée de Preeti, la jeune cheffe de brigade au caractère explosif, Léna va tenter de percer son secret. Jadis enseignante, elle se met en tête de lui apprendre à lire et à écrire. Au cœur de ce monde dont elle ignore tout, commence alors une incroyable aventure où se mêlent l’espoir et la colère, la volonté face aux traditions, et le rêve de changer la vie par l’éducation… La rencontre inoubliable et réparatrice entre une femme, une jeune fille et une enfant au milieu d’une Inde tourmentée.

Je me souviens de l’excellent roman de Laëtitia COLOMBANI, La tresse, de ces destins de femmes, magnifiques et cruels.

Pour Le cerf-volant, l’Inde est de nouveau le décor. J’y retrouve des thèmes qui me sont chers pour les avoir vécus : l’expatriation (où vit-on ?), la découverte de l’Autre (nous sommes tellement différents…), la confrontation des cultures (Pouvons-nous comprendre les autres ?). Ce récit est parsemé d’exemples et de détails que j’ai réellement rencontrés. C’est sans doute pour cette raison que ce livre me plait tant.

Dans ce roman, la narratrice, Léna, a perdu son mari. Elle part, le temps de se retrouver, dans ce vaste pays. Il est un rêve… mais il est aussi une sombre réalité qu’elle peine à se représenter et à accepter. Il peut se dévoiler moderne et dynamique mais aussi traditionnel et baigné de concepts que nous jugeons, nous occidentaux, rétrogrades et dépassés. Lena est confrontée à la pauvreté, à la corruption, aux rêves anéantis avant qu’avoir existé, à la coutume, aux différentes castes et aux limites qu’elles imposent. On se croirait dans un autre temps, tellement éloignés de nos préoccupations. Nombres de pays sont loin de nos repères et de nos vies. Ils existent. Des enfants, des femmes et quelques hommes évoluent et se battent pour acquérir certains droits que nous possédons. Ce roman est dépaysant.

J’aime les messages que l’auteure nous livre, sa noblesse d’esprit à travers son héroïne, ses compagnons de route et ceux contre lesquels elle lutte pour éduquer, instruire, dépasser les traditions. Comme dans La tresse , on retrouve trois portraits féminins, trois destinées, trois problématiques. C’est la rencontre de ces personnages qui rend le roman si puissant.

Laëtitia COLOMBANI a une plume agréable. Elle sait conter les histoires. Elle émeut, elle persuade, elle questionne tout en finesse. C’est un récit réussi.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡ COUP de COEUR

Une toute petite minute de Laurence PEYRIN : COUP de COEUR

Le résumé des éditions de l’EPEE – 21 avril 2021 : C’était une nuit de 1995, elle avait 17 ans et fêtait la nouvelle année. Que s’est-il passé dans cette salle de bains où elle s’était enfermée avec sa meilleure amie ?
Vingt ans après, Madeline sort de prison. Personne n’a jamais su la vérité sur le drame de cette fameuse nuit. Elle a effectué sa peine jusqu’au dernier jour.
Comment reprendre le cours de cette vie interrompue ?
Parler à des gens qui ne savent pas de quoi on est coupable ?
Renouer avec une petite sœur qu’on n’a pas vue devenir adulte ?
Vivre et y trouver un sens ?

Mad va chercher le bon chemin, pas après pas, dans les dunes des Hamptons, dans les jardins des belles maisons qui l’embauchent, dans les précieux gestes d’entraide.
Et grâce à sa mère, au-delà de ses mystères, grâce aussi à Ezra, le cuisinier qui ressemble à un pirate, peut-être Madeline acceptera-t-elle un jour qu’on puisse l’aimer quand mêm
e…

J’ai un véritable COUP de COEUR pour cette auteure et pour ce roman. J’ai lu ces derniers romans : Les jours brûlants, L’aile des Vierges. Tous les deux m’ont touchée à leur manière… vraiment !
Petit aparté : Je m’aperçois en rédigeant cette chronique que j’ai raté Ma chérie…. Oups !

Laurence PEYRIN est une auteure qui sait écrire les histoires, entre passé et présent, avec cette pointe de suspense qui nous emmène jusqu’à la dernière ligne. Ses personnages, principaux comme secondaires, sont bien travaillés. Ce roman, particulièrement, donne cet effet… de finesse, de détails dans la psychologie, de réalisme dans les rencontres et les relations.

Mad, Madeline, est splendide ! Le cadre de cette histoire est la repentance, de la prison aux Hamptons : le transport de la culpabilité, la conscience qui tenaille et la peine (la sanction ou la punition) que le crime impose. A dix-sept ans, Mad a tué sa meilleure amie ; elle se doit de purger 20 années de prison et de traîner cet acte jusqu’au bout de sa vie. Elle y tient, elle ne changera pas de motivation.

Tout au long du roman, une question est posée : pourquoi a-t-elle égorgé Estrella ? Elle est coupable, nous le savons, l’auteure nous le dit, Mad et Madeline ne cessent de se battre pour ne pas minimiser cet acte effroyable.

La lectrice que je suis refuse de tenir ce jugement pour acquis. Je lutte pour trouver dans cette coupable l’espoir qu’elle possède des circonstances atténuantes (c’est mon côté naïf et romantique qui ressort…). Je dévore cette histoire. Elle est magnifique !

Je vous conseille vivement d’entrer dans l’un des livres de Laurence PEYRIN. Choisissez le thème qui vous touche le plus, laissez-vous porter par sa plume, son imagination, son intrigue… Elle va vous enchanter. Du moins, je vous assure qu’elle m’a convaincue de la suivre et de lire ces tragédies de vie.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡ COUP de COEUR.

Notre petit jeu dangereux d’Emily BLAINE

Je remercie les éditions HARLEQUIN, l’auteure, Emily BLAINE, et NetGALLEY pour ce service de presse.

Le résumé des éditions HARLEQUIN – 09 juin 2021 : Il n’y a rien entre elle et Lucas, et il n’y aura jamais rien. C’est ce dont April essaye de se convaincre depuis des années. Si elle s’autorise à fantasmer en secret, elle a toujours pris soin de garder ses distances dans la vraie vie pour la simple et bonne raison que Lucas est le père de sa meilleure amie. Mais, à cause de l’intervention de cette dernière, voilà qu’il va devenir son patron pour les prochaines semaines estivales. Ce qui implique de croiser son corps de rêve tous les jours dans des costumes de P-DG, qui le rendent particulièrement sexy. Si elle veut continuer à tenir ses bonnes résolutions, April va donc devoir mettre au point une nouvelle stratégie, et vite ! Pourtant, quand elle voit l’étincelle de désir dans les yeux de Lucas, elle se demande si le plus grand danger vient d’elle… ou de son nouveau patron.

Ce petit roman se lit rapidement. Quelques chapitres… et je me suis vite retrouvée à la fin de cette romance, plutôt sensuelle. Elle est assez classique. Elle se termine bien. J’y retrouve quelques ingrédients de Cinquante nuances de Grey : un P-DG, son employée… le cadre du bureau et du riche logement… l’attrait des deux personnages… un tout petit jeu d’autorité… et les scènes érotiques.

Toute l’histoire tourne autour de leur désir. La problématique de ce couple est leur différence d’âge et April, qui est la meilleure amie de la fille de Lucas. Un obstacle (l’écart d’âge), qui à notre époque, n’en est plus un (selon moi). Une certaine tolérance est de mise. Dans le roman, cette bienveillance est d’actualité : les barrières tombent assez vite.

Il y a peu d’actions, peu de situations surprenantes. Ce récit est attendu et sans surprise. Il ne m’a pas apporté ce que j’aime lire dans un livre. Il est divertissant. Entre deux lectures plus touchantes, il offre une parenthèse de calme. C’est une bonne idée pour les vacances. Avec un titre aussi explicite et cette couverture, il est tel que je l’imaginais. Emily BLAINE nous offre sa plume et, à travers elle, le seul désir des personnages. Dans Notre petit jeu dangereux, je m’écarte de ses autres romans, ceux qui m’ont tant touchée avec des personnages bien caractérisés, qui possèdent un passé et qui ont une consistance psychologique, qui se rencontrent, qui s’apprivoisent et qui se séduisent davantage par les actes et des paroles que par cette approche des sens.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡

Ma première expérience AUDIO : Les Demoiselles de Anne-Gaëlle HUON

Le résumé des éditions ALBIN-MICHEL – 17 juin 2020 : « Il n’y a que trois règles ici, Rosa. La première : ne jamais tomber amoureuse. La deuxième : ne jamais voler l’homme d’une autre. La dernière : ne boire que du champagne millésimé. » Seule l’une de ces trois règles sera respectée. J’avais quinze ans quand j’ai pris la route ce matin-là, et une seule idée en tête : rejoindre le Pays Basque, devenir couseuse d’espadrilles, et échapper à mon destin. Jusqu’à ce que je rencontre les Demoiselles. Des femmes fantasques et mystérieuses vivant au milieu des livres, des jarretières et des coupes de champagne. Qui étaient-elles ? Quel secret cachaient-elles ? Libres et incandescentes, accompagnées d’un majordome plus grand qu’une cathédrale, d’un chauffeur louche et d’un perroquet grivois, les Demoiselles n’auraient jamais dû croiser ma route. Pourtant, ces femmes ont changé ma vie.

Pourquoi renouveler l’expérience des Demoiselles ?
L’histoire est racontée par Marie-Eve Dufresne, une narration de plus de sept heures. C’est ma première expérience « AUDIOLIB« , sympathique et agréable, d’autant plus que j’avais très envie de retourner dans le passé de Rosa pour savourer pleinement la vie de sa fille, Liz (Ce que les étoiles doivent à la nuit).

J’ai donc écouté sur plusieurs jours cette belle aventure que je connaissais mais dont certains morceaux me manquaient pour reconstituer la saga : en voiture, en promenade, en prenant mon bain... bref, oreilles ouvertes, sans livre dans les mains. J’avoue que, parfois, mon esprit a vagabondé ailleurs. Le fait de ne pas fixer mes yeux sur quelque chose me donnait le loisir de m’évader et de me disperser…

L’histoire des Demoiselles et l’audio : est-ce compatible ?
La voix de la narratrice est tout à fait adaptée au contenu de l’histoire, douce, mélancolique, teintée d’espoirs. Les chapitres courts sont aussi chouettes et parfaits, entrecoupés de pauses silencieuses et de petits extraits de musique, coupures bienvenues lorsque l’écoute se prolonge.
Petit aparté : Je ne sais pas quelle stratégies les narrateurs et éditeurs ont choisies pour les livres dont les chapitres sont denses… (peut-être le même procédé entre… les scènes ?).

J’ai bien aimé cette double expérience : découverte de lecture des Demoiselles puis, quelques mois plus tard, écoute et rappel de cette histoire.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ 1/2 ♡

Partante pour une autre écoute ?
Je me suis demandé : « Et qu’est-ce que ça pourrait donner si je ne connaissais pas l’histoire globalement ? »
Ce qui m’invite à renouveler l’expérience pour tester l’inconnu. Je pense que le genre thriller ou polar devrait captiver mon attention : écoute d’indices, réflexion autour des fausses pistes… Oui, je pense que je serais « obligée » d’être concentrée et à 100 % dans l’intrigue.
Donc, oui, je pense que je renouvellerai l’expérience du livre audio.

Merci à NetGalley, aux éditions AUDIOLIB et à l’auteure pour cette belle expérience.

Les promesses de l’innocence d’Eric Le Nabour

COUP de COEUR pour cette histoire et pour cette découverte ! Je ne connaissais pas l’auteur, maintenant je rêve de parcourir tous ses livres. Merci aux éditions PRESSES de la CITE, à l’auteur et à NetGalley pour ce service de presse.

Le résumé des éditions PRESSES de la CITE – 20 mai 2021 : Alger, 1954. Elles sont trois amies en pleine jeunesse, si différentes, si proches, que la guerre va séparer. A jamais ?
Un roman choral sur la force de l’amitié et les choix courageux de femmes, engagées, pour accomplir leur destin.

Novembre 1954. Sous le soleil intranquille d’Alger, trois amies célèbrent leurs vingt ans le même jour. Dans cette Algérie aux beautés enchanteresses, chacune vit sa jeunesse traversée par des doutes et des espoirs. Entre ses parents et l’officier auquel on veut la marier, Clotilde sent le contrôle de sa vie lui échapper. Naïma a dû renoncer à devenir infirmière pour veiller sur son père malade et ses frères. Judith, étouffant dans le cocon familial traditionnel, vit une passion
secrète avec son amant arabe.
Trois destins que tout, en apparence et dans la précipitation des événements, doit vouer à la rupture sinon à l’affrontement. Et pourtant…
Un roman choral sur la force sacrée de l’amitié et les choix courageux de trois femmes qui ne cesseront de se chercher, de part et d’autre de la Méditerranée.

J’ai tout aimé dans ce livre et je ne note aucun détail qui me tiraillerait dans mon avis.

L’ambiance qui se dégage du livre est en adéquation avec les films qui évoquent cette époque : les senteurs, le soleil, les reflets de la mer, la paresse et les moments de tension liés à la guerre et au stress des attentats.

Les personnages sont très bien caractérisés, de l’apparence, à la psychologie, aux objectifs qu’ils poursuivent. Ils existent pour eux-mêmes avec leur états d’âme et selon des motivations plus existentielles, liées à leur place dans la société. Ainsi, le contexte décrit passe de l’Européenne, Pieds-noirs, à la femme juive riche et adulée par ses parents, à la jeune Algérienne, enfermée dans sa famille entre un père mourant et ses frères rêvant d’indépendance . Secondaires ou principales, je ne décèle aucune faille dans ces personnes. Toutes vivent, évoluent et trouvent leur place dans cet univers.

Les chapitres passent de Clothilde, à Judith, à Naïma, Clothilde étant au coeur de cette aventure, le monde tournant autour d’elle et de ses évolutions. L’intrigue nous plonge en pleine guerre d’Algérie. Elle m’éclaircit un peu sur cette atmosphère terrorisante où les camps ne sont pas toujours définis. L’auteur choisit de nous donner un point de vue où le profit est de mise, l’homme retournant sa veste au gré des échecs et du pouvoir… une crise mal gérée ou ingérable, les narrateurs sont là pour nous l’affirmer. Néanmoins, j’ai apprécié avoir un point de vue (parmi d’autres) et même si celui-ci est « pour » les pieds-noirs, il donne une vision qui a bien existé.

J’ai donc vécu un coup de coeur pour ce roman et un coup de foudre pour cet auteur. Il me tarde de découvrir ses autres récits : Cécile et les Beaujour ou Retour à Glenmoran ou A l’ombre de nos larmes. Je suis ouverte à tous vos conseils et toutes vos suggestions…

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡ COUP de COEUR

Ainsi gèlent les bulles de savon de Marie VAREILLE

Le résumé des éditions CHARLESTON – 19 mai 2021 : « Certains choix nous définissent à tout jamais, celui-ci en fait partie. À partir d’aujourd’hui, je peux bien écrire la neuvième symphonie, sauver le monde d’une troisième guerre mondiale ou inventer le vaccin contre le sida, on ne retiendra de moi que cet acte innommable : j’ai abandonné mon bébé, toi, mon minuscule amour aux joues si douces.
Puisses-tu un jour me pardonner. »

Trois pays, de vibrants portraits de femmes aux destins entrecroisés. Quel est le lien qui les unit ? Quelle est leur véritable histoire ?

Ce sont de vibrantes histoires autour de l’épreuve des premiers temps de la maternité que nous offre Marie VAREILLE. L’émotion est partout, dans chaque témoignage.

Trois femmes se livrent à nous : une inconnue, tout en écriture italique, fragile et anonyme, Claire qui passe de l’euphorie de la vie à la dure réalité des responsabilités maternelles et Océane, une étudiante ultrasensible qui se dépêtre de sa différence…

L’objectif de ce livre est de nous faire découvrir le lien entre ces trois femmes, aux trois coins de la Terre (Indonésie, Nord des Etats-Unis et Paris… Nous avons de quoi voyager… et rêver aussi). La trame de ce roman est bien construite. L’auteure nous livre, comme un savant Petit Poucet, ses indices. Les liens se tissent jusqu’à la révélation. Le mystère se dévoile lentement, jusqu’à nous mettre sur les rails.

Toutes les femmes et les mamans du monde se reconnaîtront dans ce livre : les questionnements, la culpabilité, la solitude, la joie, la fierté et l’amour. Nous sommes toutes confrontées à cet instant magique, mais violent, qu’est la maternité, la confrontation de nos rêves et de notre imaginaire avec la réalité. Marie VAREILLE a posé les mots à l’endroit pile où mon coeur bat fort pour mes petits (devenus grands). Je me souviens de cette période, de ces sentiments contenus, du bonheur et des moments de frustration et d’hésitation.

Dans ce roman, il y a aussi l’idée que l’amour s’apprend, s’appréhende et se construit. J’en suis certaine. Un sujet qui me tient à coeur et qui me résume beaucoup. L’amour d’une maman et de son bébé… l’amour d’un père qui n’a pas été enceinte… l’amour d’un être envers un autre qui n’a pas son sang….

C’est beau. C’est un roman réussi, touchant. Très doux et très joli.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡