Un été à Nantucket d’Elin HILDERBRAND

Le résumé des ESCALES EDITIONS – 03 juin 2021 : Chaque année, les enfants de la famille Levin attendent l’été avec impatience pour retrouver la maison de leur grand-mère sur l’île de Nantucket. Mais en cette année 1969, rien ne se passe comme prévu.
Le seul garçon, Tiger, est appelé pour rejoindre l’armée des États-Unis au Vietnam. Blair, l’aînée, est enceinte de jumeaux et ne peut pas voyager. Recluse à Boston, elle se débat avec ses doutes au sujet son mari. Kirby, la cadette, qui a vécu une année difficile, entre son engagement pour les droits civiques et ses amours compliqués, décide de changer d’air et part travailler sur l’île voisine de Nantucket, Martha’s Vineyard. Jessie, la benjamine, se retrouve seule entre sa grand-mère, figure de la haute société de l’île, qui lui impose ses règles vieux-jeu, et sa mère, en proie au désarroi le plus profond depuis le départ au front de son fils.
Cet été 1969 sera pour toutes ces femmes celui de la résilience et du renouveau.

Tous les romans d’Elin HILDERBRAND se déroulent sur l’île de Nantucket. Celui-ci ne change pas cette règle. A chaque histoire, une famille s’expatrie, le temps d’un été, dans ce petit refuge pour se ressourcer, pour s’interroger, pour trouver le courage de… Il s’agit, la plupart du temps, de récits de femmes, souvent des sœurs, une mère, qui, après s’être perdues, se retrouvent, se réconcilient, s’expliquent, se livrent sans filtres.

Un été à Nantucket est toujours un roman de femmes, sur des femmes, sur une société, une époque, qui traitent principalement des non-dits qui pèsent et détruisent.
Nonny est la grand-mère, stricte, régissant son monde selon ses règles d’éducation d’un autre temps. Elle est le garde-fou d’une société en train de muter.
Kate, sa fille, se débat avec ses secrets, son passé et la mort accidentelle de son époux revenu de la guerre de Corée. Elle est désorientée, triste, solitaire. Son remariage avec David devrait lui apporter le réconfort et la paix. Elle a du mal à trouver sa place, se culpabilise, s’isole. Il y a aussi les filles de Kate…
Blair, enceinte de jumeaux, apprend que son mari est volage.
Kirby, révolutionnaire, féministe et contestataire, est une jeune femme moderne, en avance sur les idées de son temps. Elle décide de s’émanciper, de trouver un travail dans un hôtel, de gagner sa vie…
Jessie, treize ans, découvre la vie, partagée entre les doux rêves de l’enfance et la cruauté de l’entrée dans le monde des adultes.
Toutes vont affronter leurs problèmes, les surmonter et trouver leur nouveau chemin dans la vie.

Ce roman est dense puisque les quatre points vue nous sont offerts.
Il est assez lent et descriptif. Le temps, ici, est tronqué : ce sont les vacances, le contexte apaisé et apaisant des plages, des repas et des verres que l’on s’accorde durant la période estivale avec pour rupture les émotions et sentiments de nos personnages.
Comme toujours, Elin HILDERBRAND joue avec les personnalités, dépeint des portraits psychologiques précis, offre les détails qui leur permettent d’évoluer.

Les problématiques sont réelles. L’auteure traite des difficultés liées à la période telles l’émancipation de la femme, le regard de la société sur les actes d’autrui, le racisme et l’acceptation (ou le rejet) de l’autre, l’amour. Elle choisit les événements historiques qui lui permettent de mettre en valeur cette famille.

Les personnages ont un lien filial fort mais ils m’ont semblé un peu « cloisonné » dans leur vie, sans que leurs comportements et leurs actions aient de réelles conséquences sur les autres membres de ce clan.

Tiger, le frère et l’unique fils, est soldat. Il est parti combattre au Vietnam comme des millions de jeunes. Il reste le fil d’Ariane de ce livre menant avec lui (ses lettres) l’inquiétude permanente de sa perte et de sa mort. Jusqu’à la dernière ligne du roman, je me demandais, tout comme Kate et Jessie, quel sort l’auteure lui réservait. Elin HILDERBRAND évoque aussi le patriotisme. C’est une photographie particulière d’une communauté des années 1969 – 1970.

Le titre, Un été à Nantucket, est à l’image de l’histoire, paresseux et traînant. Il est une rupture et un nouveau départ. Il est idéal pour paresser au soleil… quoiqu’il manque un peu de dynamisme à l’ensemble. Je recommande mon premier roman de cette auteure qui m’a vraiment touchée : Pieds nus.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡

2 réflexions sur « Un été à Nantucket d’Elin HILDERBRAND »

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