Plume fantôme d’Isabel Wolff

Voilà des années que j’ai envie de lire ce roman. C’est chose faite.

J’ai découvert Isabel WOLFF avec un amour vintage que j’avais adoré. J’en garde encore un très bon souvenir. J’ai lu Rose à la rescousse (cliquez ici) et Accroche-toi Anna (et ici, aussi). Celui qui manquait particulièrement à ma liste était ce roman, bien particulier, qui ne ressemble vraiment pas aux autres. Il est rangé dans la catégorie des Chick-lit… je le classerais davantage du côté des historiques.

Deux voix se partagent ce livre : celle de Klara, néerlandaise qui a vécu à Java, durant la deuxième guerre mondiale. S’ouvre l’Histoire et la noirceur des hommes puisque Klara, enfant, est enfermée avec sa mère et son petit frère Peter par les Japonais. Elle raconte ses souvenirs, terribles, au coeur des camps, souffrant des plus lourds sévices. Celle de Jenni, une jeune femme écrivaine et biographe, qui recueille les expériences de Klara. Elle a aussi sa problématique et ses traumatismes.
La rencontre des deux femmes fait ressurgir le passé, chacune affrontant ses démons. La bienveillance et l’écoute sont des appuis qui libèrent la parole. Ainsi libérées, les blessures peuvent cicatriser.

C’est un roman touchant, rempli d’espérances et de confiance en l’avenir (malgré l’horreur décrite). La vie de Klara m’a particulièrement marquée. Elle évoque un pan de l’histoire que je ne connaissais pas. Je ne verrai jamais plus les îles (notamment l’île de Java) de la même manière. Paradisiaques, mon esprit refuse d’y voir l’horreur et l’agonie.

Je suis très heureuse d’avoir régressé dans le temps (sortie en 2015 – 6 ans déjà !), d’être retournée vers ce roman qui attisait ma curiosité. Plume fantôme est une histoire plus grave qu’il n’y paraît, adoucie (en quelque sorte) par l’expérience de Jenni… Je vous laisse découvrir son spectre, son passé et ses douleurs. Bonne lecture !

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ 

Le résumé des éditions JC LATTES – 06 mai 2015 : Jenni est ghostwriter (nègre), qui prête sa « plume fantôme » aux autobiographies de ses clients. Ce travail lui convient parfaitement – toujours hantée par une tragédie de son enfance, elle préfère se réfugier dans les souvenirs d’autrui plutôt que de ressasser les siens.
Klara, petite fille pendant la Seconde Guerre mondiale, a passé plusieurs années dans un camp d’internement à Java, sous l’occupation japonaise. Elle n’a jamais parlé de ce qu’elle y a vécu, mais à l’approche de son quatre-vingtième anniversaire, elle comprend qu’il est temps de partager l’extraordinaire récit de sa survie.
Tout en amenant Klara à raconter son enfance et à dévoiler un épisode méconnu de l’histoire mondiale, Jenni est contrainte de revenir sur son propre passé. Jenni et Klara pourront-elles s’aider l’une l’autre à apaiser leurs fantômes ?

Pour accompagner ma chronique, j’ai choisi ces deux couvertures : La première reflète la personnalité de Jenni qui est prête-plume (plume fantôme) ou ghostwriter.
La deuxième évoque davantage l’expérience de Klara, avec quelques symboles de l’île de Java : palmier, feuille de bananier, hibiscus, nature exubérante. Ma préférence revient aux éditions POCKET. Les deux silhouettes évidées sont touchantes : pleines d’amour, de complicité, de fraternité et de désir de protection. Les deux personnages résisteront-ils à cette guerre immonde ?

Des romans similaires :
– Celui de Ruta SEPETYS : Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre.
– Celui de Teresa MESSINEO, Deux femmes dans la tourmente.