Le coeur des fileuses d’Aurélie HADERLE

Le résumé des éditions PRESSES de la CITE – 14 octobre 2021 :
Le portrait d’une femme de cœur, engagée au début du XXe siècle pour améliorer le sort d’ouvrières de filature de soie dans les Cévennes.
1910, au coeur des Cévennes. Eulalie devient, après le décès de son père, l’unique héritière d’une prospère filature de soie. Désormais patronne, elle découvre que son usine est un véritable bagne féminin. Révoltée par les conditions de travail de ses ouvrières, elle décide, malgré de nombreux détracteurs, de bouleverser l’ordre social.
Bientôt la guerre éclate et le pays se vide de ses hommes. Eulalie réalise alors son vœu le plus cher : transformer son entreprise en communauté de femmes fondée sur l’entraide et la solidarité. Des amitiés se nouent, des amours se tissent. Mais Eulalie saura-t-elle s’affranchir d’un mariage malheureux et affronter les fantômes du passé ?

Ce livre a toutes les caractéristiques de son apparence. Eulalie est une femme bien née, douce, dévouée, respectueuse, naïve. Elle est bonne, elle est bienveillante et bien davantage… Elle est au coeur de l’entreprise familiale puisque son père est décédé. Elle deviendra fileuse… pour elle et un peu malgré elle.

Dans sa prime jeunesse, elle se laisse influencer par ses pairs : son père, les notables du village, la pression sociale. Puis, au fil des pages, elle change son regard sur la vie, sur les conditions d’exploitation des ouvrières, sur ces hommes qui ont soif de pouvoir et qui la manipulent.

Il s’agit bien d’une métamorphose, d’un combat, d’une révolution. Eulalie expérimente différents rôles et statuts pour trouver sa voie et sa voix. Contre son éducation, elle devient patronne, femme mariée et soumise, puis socialiste, révolutionnaire et émancipée. L’auteure, Aurélie HADERLE, et le destin ne sont pas doux avec l’héroïne. Toutes les épreuves l’attendent de l’enfance à cet âge adulte (encore si jeune) où elle ouvre les yeux sur ses proches et les siens. Eulalie, enthousiaste et énergique mène des combats pour acquérir sa place sur la propriété familiale, dans son village, dans ce pays chamboulé par la guerre.

Je reste sur ma faim avec ce roman. J’étais persuadée qu’un second tome allait s’offrir à moi. Certes, l’auteure nous apporte des réponses. Les premiers chapitres interrogent les intentions des parents : pourquoi le père exclue-t-il ses deux filles de sa vie, pourquoi déshérite-t-il sa fille aînée, pourquoi la mère écrit-elle cette lettre qu’elle glisse au coeur de la valise d’Eulalie ? Quel est son message profond ? Quel changement veut-elle initier pour sa fille ?

Aurélie HADERLE remplit son contrat : les réponses sont là… Cependant, je me suis intéressée à la destinée de l’héroïne et j’aurais voulu qu’elle sorte de cette prédestination au malheur. La première guerre mondiale n’est pas terminée, d’autres épreuves attendent cette femme… Eulalie perd ce qu’elle a de plus précieux au monde : va-t-elle survivre dans ce monde où elle n’a plus ses fidèles ami(s) ? Qu’adviendra-t-il d’elle dans les années futures ? La simple dissipation du secret familial peut-il garantir son avenir et peut-il nous satisfaire, nous, lecteurs et lectrices ? On dit que… (je ne vais pas spoiler la fin du roman, non !)… On dit que… J’aurais voulu lire cette suite… jusqu’à sa vraie réussite : personnelle et sociale.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ 1/2 ♡

Je remercie le blog NetGalley, l’auteure et les éditions PRESSES de la CITE pour ce service presse.