À la lumière de nos jours de Clarisse SABARD

Le résumé des éditions CHARLESTON – 20 avril 2021 :
2013. Après de longues années d’absence, Julia débarque dans sa famille paternelle, en plein coeur de la Touraine. Fraîchement renvoyée du célèbre concours de pâtisserie pour lequel elle travaillait, dévastée par le récent décès de sa mère, la jeune femme est complètement perdue.
Mais les dernières volontés de sa mère sont claires : Julia doit renouer avec son père, retrouver ses proches et partir en quête de son héritage.
Accueillie à bras ouverts par sa grand-mère Suzette, qui rêve de la voir reprendre la pâtisserie familiale, la jeune femme se retrouve rapidement plongée au coeur de l’histoire des trois générations de femmes qui l’ont précédée.

Des faubourgs parisiens des années 1920 en passant par les heures les plus sombres de l’Occupation, les secrets d’une famille, mais aussi de tout un village, éclatent l’un après l’autre. Et c’est peut-être à ce prix, une fois les blessures du passé guéries, que Julia pourra avancer dans la lumière.

J’ai un faible pour les doubles narrations. J’aime les romans qui se partagent une voix du passé et une autre du présent.

Je commence ce récit avec l’histoire de Julia : elle a perdu sa mère et son envie de pâtisser. Elle est en quête d’elle-même et doit renouer avec son père et le village de son enfance. Les épreuves sont nombreuses lors de son retour en Touraine : affronter la colère de son cousin, avoir une relation cordiale avec son amour d’enfance… déterrer les secrets familiaux.

Clarisse SABARD nous offre une vision d’une région rurale que je connais peu et que j’ai rarement traversée. J’adore retrouver la France profonde, la nature, l’authenticité d’un village.
Je ne sors pas de quelques clichés : des habitants curieux, bavards, aux aguets… Cependant, j’aime la chaleur des petites communautés, l’entraide et cette tendance à se mêler de tout dans la bienveillance. C’est le monde que Julia retrouve en 2013.

Le passé est représenté par deux voix principales et une voix secondaires : celle d’Eugénie, en 1920. La jeune fille nous relate son expérience difficile dans la « zone » de Malakoff (Paris).
Puis, vient une partie de la vie de Suzette, une jeune chanteuse lyrique au début de la 2ème guerre mondiale et sous l’occupation nazie.
Enfin, pour clore l’histoire familiale et percer à jour tous les mystères, l’auteure choisit de divulguer la fin des secrets par une courte période de vie, celle de Méline, en 1963.

J’ai adoré suivre la destinée de Julia, sa réconciliation avec les figures importantes de son passé. C’est elle qui m’a tirée dans la narration et qui m’a fait tourner les pages. Ses problématiques sont intéressantes. Elle se questionne professionnellement, sur sa famille et le passé, sur sa vie personnelle. Les personnages qui gravitent autour d’elle sont intéressants et ont, eux aussi, des problèmes divers : une relation de couple qui bat de l’aile, un échec professionnel, une addiction à surmonter.

Quant aux voix du passé, j’ai trouvé que les faits étaient racontés, quelque peu survolés. Cela m’a gênée et ne m’a pas permis de m’attacher pleinement aux figures féminines. Il m’a manqué une pointe d’émotion dans les épreuves qu’elles traversent, même si l’ensemble de l’histoire est touchante. L’accumulation des secrets vient entraver l’équilibre d’ensemble. Les épreuves sont si nombreuses que la crédibilité des secrets est légèrement ébranlée.

C’est dans l’ensemble, un roman agréable mais qui ne ma laissera pas un souvenir impérissable. Dans cette tranche historique, j’ai lu des romans plus passionnant.

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥