Paris-Briançon de Philippe BESSON

Le résumé des éditions JULLIARD – 06 janvier 2022 : Le temps d’une nuit à bord d’un train-couchettes, une dizaine de passagers, qui n’auraient jamais dû se rencontrer, font connaissance, sans se douter que certains n’arriveront jamais à destination. Un roman aussi captivant qu’émouvant, qui dit l’importance de l’instant et la fragilité de nos vies.
Rien ne relie les passagers montés à bord du train de nuit no 5789. À la faveur d’un huis clos imposé, tandis qu’ils sillonnent des territoires endormis, ils sont une dizaine à nouer des liens, laissant l’intimité et la confiance naître, les mots s’échanger, et les secrets aussi. Derrière les apparences se révèlent des êtres vulnérables, victimes de maux ordinaires ou de la violence de l’époque, des voyageurs tentant d’échapper à leur solitude, leur routine ou leurs mensonges. Ils l’ignorent encore, mais à l’aube, certains auront trouvé la mort.

L’auteur, dès le premier chapitre, nous prévient d’un drame qui interrompra certaine vie de ce groupe de passagers. Lesquels seront les victimes ? Quel terrible évènement évoque l’auteur ?

En prenant son temps, chapitre après chapitre, Philippe BESSON nous dépeint chaque voyageur, d’abord isolément, avec son passé et son présent, sa valise ou son sac sur l’épaule, son gamin à la main ou sa solitude en bandoulière. Chacun ses fardeaux. Puis en interaction avec les autres. Les liens se tissent. Il nous ouvre la porte de chaque esprit, dans ses émotions et ses tripes. J’avoue que ces personnalités avaient toutes un attrait particulier. Ce n’est pas un personnage principal que nous suivons mais une dizaine, chacun ayant son importance et son unicité.
Le livre est intéressant pour ces multiples personnalités que nous rencontrons, sans avoir à subir ce terrible événement.

Plus le train avance, plus le cortège quitte Paris et sa banlieue, plus nous approchons de Briançon, plus l’indifférence s’efface. Nous sommes alertés avant le moindre chamboulement qu’un évènement effroyable va anéantir ce groupe éphémère. Fait divers ou acte prémédité ? Accident ? Attentat ? Meurtre comme dans l’Orient-Express ? Folie ou perte de contrôle ? Intrinsèque ou extérieur ? L’essentiel est dit : la mort est proche.

Est-ce que cette promesse du drame est efficace ? Certes… C’est un mode opératoire qui, en littérature, est attrayant, voire curieusement puissant.
Cette promesse du drame est-elle un pari gagné ?

Je referme le livre avec le sentiment que l’auteur a gagné : la tension monte dans le dernier quart. Il a joué avec mes nerfs, il a chahuté ma curiosité. Ne dit-on pas que la curiosité est un vilain défaut ? Vaine promesse ou terrible prémonition… le voyage secoue pas mal (mais je n’en dirais pas plus…). Les paysages défilent, comme les pages. La tension grimpe petit à petit mais sûrement. Certains dépeignent un voyage (voir la chronique de Yvan de Sin City, cliquez ici) moi, j’y vois une lente montée vers les montagnes russes : la descente est un enfer. Bravo Monsieur Philippe BESSON !

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥ 1/2 ♥