La libraire de Dachau de Shari J. RYAN

Impossible de ne pas poursuivre le thème de mes lectures actuelles (l’Holocauste et la 2ème guerre mondiale) et de faire suite à Ce que disent les hirondelles. J’ai voulu entrer dans le roman de Shari J. RYAN, La libraire de Dachau pour deux raisons principales :
– La première est indiquée en introduction : il fallait que j’aille « voir » ce qui se passait en Allemagne vers les années 1941. Henri, le personnage de Ce que disent les hirondelles, a éta témoin de la montée du nazisme. Son fils Fanfan a vécu l’enfer… Dachau est l’une des facettes de cet enfer.
– La deuxième raison est liée au titre. J’étais bien curieuse de découvrir un nouvel univers des livres dans ce lieu, un des premiers camps de concentration mis en place, si synonyme de crimes et de maltraitance.
Je pourrais ajouter que les avis des lecteurs m’ont aussi convaincue que cette lecture devait être découverte.
J’ai beaucoup de craintes à entrer dans cet univers des camps. Je suis passée, souvent, à côté des romans du même genre et du même thème, tels Le violoniste d’Auschwitz, le tatoueur d’Auschwitz, Le magicien d’Auschwitz, la bibliothécaire d’Auschwitz… et j’en manque beaucoup. Pourtant, les titres de ces ouvrages sont notés dans ma PAL…

Le résumé de CITY EDITIONS -23 mars 2022 : Aux États-Unis, à l’aube des années 2020, la vie de Grace bascule lorsqu’on lui annonce qu’elle vient d’hériter d’une librairie à Dachau, en Allemagne. L’endroit lui a été légué par une grand-mère biologique dont elle ignorait complètement l’existence. Grace décide de traverser l’Atlantique et se lance dans une véritable enquête pour combler les silences de l’extraordinaire et douloureuse histoire de Mathilda, sa grand-mère. Une histoire qui débute dans l’Allemagne crépusculaire des années 1940. Hans, l’amour de toujours de Mathilda, est en danger parce qu’il est juif. La jeune femme n’hésite pas une seconde et le cache dans son grenier. Pendant des mois, ils vivent à la lueur des bougies. Jusqu’au jour où Hans est trahi et déporté au camp de Dachau… Dès lors, Mathilda est poussée par la rage de survivre et par une promesse : un jour, ils vivront libres et heureux.

C’est un roman très touchant que je termine. Je me sens nauséeuse, pas très à l’aise avec les atrocités que j’ai côtoyées durant ce récit. J’ai revu nettement les documentaires que j’ai visionnés dans mon passé (Nuit et brouillard, par exemple). Je reste incrédule face à cette barbarie, atterrée face aux actes des hommes. La lecture est difficile dans certains passages mais l’auteure, Sahi J. BRYAN, « l’allège » et encadre nos émotions avec cette double narration. C’est habile et fort utile pour le lecteur.

Grace est la voix du présent. C’est la plus « légère », celle qui nous offre un souffle d’espoir. Mathilda, quant à elle, a vécu l’horreur malgré ses qualités humaines, son amour de l’autre, sa tolérance, sa charité… Hans est son ami d’enfance, son amoureux aussi, celui qui vit toutes ces horreurs. Mathilda ne survit que pour retrouver Hans qu’elle cache, qu’elle suit jusqu’au camp de Dachau pour perdre totalement sa trace.

La narration de Mathilda est tout à fait différente de celle de mes représentations. Je pensais que les livres et la librairie auraient un autre rôle dans l’histoire. Ce décalage entre mes attendus et ma lecture rend cette lecture plus précieuse et plus intrigante. C’est un lieu de recueil et je n’en dirai pas plus pour ne pas « spoiler » toute l’intrigue.

J’ai aimé ce livre pour son réalisme, mais aussi pour cette pointe de magie que seul, l’écrivain, peut écrire. Forcément, la réalité est dépassée pour donner une histoire où les personnages « vont gagner » quelque chose. C’est peu concevable dans ces circonstances ; j’apprécie de pouvoir rêver et de posséder l’espérance malgré tout. J’ai du mal à classer ce roman dans mes COUPS de COEUR car : peut-on aimer lire toute cette tragédie ? Ce que je peux vous dire c’est qu’il a hanté mes jours et mes nuits. Difficile de se détacher de ces évènements…

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥ ♥ 1/2 ♥