Ta seule issue de Giles KRISTIAN : Encore UN COUP de COEUR

Pour finir mon CHALLENGE COLD WINTER 2022, je termine sur un COUP DE COEUR.
Celui-ci était loin d’être acquis : j’avais postulé pour la MASSE CRITIQUE sur BABELIO. Ma candidature n’a pas été sélectionnée… si bien que ce roman a été le dernier de ma liste et celui que j’aurais pu ne pas découvrir. J’ai bien fait de ne pas renoncer !

Ce thriller enneigé est immersif, haletant, palpitant… L’auteur maîtrise l’art et la manière pour me tenir éveillée et faire monter l’adrénaline dans mon corps. Impossible de me séparer des personnages, de penser à autre chose qu’à cette traque jusqu’à la mort. Certains passages sont à couper le souffle, la violence est parfois très présente, les personnages sont malmenés jusqu’à l’extrême… Aucun répit pour le lecteur et cela du 2ème chapitre jusqu’à la chute.

Cela faisait longtemps que je n’avais vécu une telle emprise des mots sur ma vie. Je dois vous avouer que mon pire cauchemar est la traque… dans mes pires délires, je suis poursuivie. L’immersion ici est totale et l’empathie pour ce père et sa fille coule dans mes veines.

Au-delà de l’action, des combats, de la fuite, ce roman est un appel à la réflexion. L’auteur, Giles KRISTIAN, dans sa note, nous parle admirablement des thèmes qu’il développe (filiation, mort, quête d’autonomie), une analyse fine de son œuvre que j’ai fort appréciée.

Moi qui lit peu de romans guerriers et historiques, je serais presque tentée de découvrir sa série sur la guerre de Sécession… ou sur ses Vikings (Sont-ils traduits en français ?). L’écriture de cet auteur m’a beaucoup plu. Sa sensibilité aussi. Ses messages m’ont emportée.

Un roman passionnant de bout en bout. COUP de COEUR.

Le résumé des EDITIONS HARPERCOLLINS – 04 janvier 2023 : Les ténèbres à perte de vue. Une tempête pour tout horizon. La mort qui rôde. Comment en sont-ils arrivés là ? Erik et sa fille avaient pourtant prévu un simple trek dans les montagnes norvégiennes. Un moyen de se retrouver, après le drame qui a brisé leur famille. Mais à cause d’un accident, leur voyage tourne au cauchemar. Alors qu’ils ont trouvé refuge dans une maison isolée, ils sont témoins d’un crime atroce. Le père et la fille doivent fuir à tout prix. Fuir pour survivre. C’est le début d’une traque sans merci à travers des étendues hostiles…

Mon premier COUP de COEUR BD : Un chant de Noël, une histoire de fantômes de MUNUERA José Luis

Le résumé des éditions DARGAUD – 10 novembre 2022 : Londres, 1843. Tous les habitants, les mieux lotis comme les plus démunis, s’apprêtent à fêter Noël. Tous, à l’exception de Scrooge. Aux yeux de cette riche commerçante, insensible au malheur des autres comme à l’atmosphère de liesse qui baigne la cité, seuls le travail et l’argent ont de l’importance. On la dit radine, égoïste et mesquine. Elle préfère considérer qu’elle a l’esprit pratique. Et tandis que les festivités illuminent la ville et le coeur de ses habitants, Scrooge rumine sa misanthropie… Une nuit, des esprits viennent lui rendre visite. Ils l’emmènent avec eux, à la rencontre de la jeune fille qu’elle était, quelques années plus tôt, lorsque la cupidité n’avait pas encore rongé son coeur. Mais aussi à la découverte de celle qu’elle aurait pu devenir si elle avait choisi la voie de la bonté… Après le Bartleby d’Herman Melville, José Luis Munuera adapte librement un autre classique de la littérature anglo-saxonne : Un chant de Noël, de Charles Dickens. Munuera s’empare ainsi d’un des chefs-d’oeuvre de l’écrivain anglais, paru en 1843, et féminise le personnage de Scrooge. Une relecture délicieuse, à savourer pour les fêtes !

Quel magnifique album !

Me voici intriguée par les bandes dessinées et avide de découvrir en images des récits et des aventures. Pour l’instant, je reste dans ma zone de confort : je lis des histoires que je connais…

Celle-ci est découverte dans le cadre du CHALLENGE COLD WINTER : elle s’inscrit dans le menu YULE, au coin du feu (enroulée dans un plaid !).

Quel plaisir de parcourir la version féminine de Scrooge. Je trouve le personnage particulièrement réussi : beau (physiquement), hautain, à la langue aiguisée, intelligent et combatif.

Les bulles sont faciles à suivre, les images sont somptueuses. Les esprits sont admirablement représentés. Je suis vraiment convaincue par cette nouvelle version du conte de Charles DICKENS. L’auteur est brillant et son humour piquant et juste à propos.

Une très belle découverte ! COUP de COEUR       

Nuit du Solstice dans un hiver sombre : La secrétaire de Himmler

Ce roman que j’ai sélectionné dans ma PAL spécialement pour le CHALLENGE COLD WINTER 2022 est une véritable mine d’informations pour les amoureux de cette période historique. Deux éclairages nous sont offert par la voix de Magda, la secrétaire d’Himmler et par la voix de sa petite fille, Nina.

Magda m’apparaît en premier comme une jeune allemande ambitieuse, sensible et hostile au fascisme-nazisme. Elle vit pendant la seconde guerre mondiale. Sa famille défend les valeurs communistes. Elle est, au début du roman, un personnage commun qui acquiert un rôle « privilégié ». puis devient le témoin du machiavélisme des Nazis et plus particulièrement de Himmler.
Chez son premier patron, celui qui la recrute et celui qui décèle en elle sa véritable appartenance, (un chef d’entreprise allemand, sous la coupe apparente du régime nazi) je retrouve la personnalité et le charisme du célèbre M. SCHINDLER (de la liste de Schindler). Cependant, le rôle du personnage altruiste et charitable est moins l’objet de ce roman : c’est à travers les yeux de Magda que nous prenons connaissance des faits et des plans d’extermination des Juifs, communistes et autres populations anéanties par le régime et par Hitler.

Nina, sa petite fille, grandit en RDA (République Démocratique d’Allemagne) à une époque où l’Allemagne n’est pas unifiée et où deux camps s’opposent (deux mondes aussi) : l’Ouest et l’Est, le capitalisme et le communisme.
Pour avoir connu, à l’âge à peu près similaire de Nina, la chute du Mur de Berlin et l’effondrement du communisme, j’avoue que ce regard sur le monde m’a beaucoup intéressée. Certes, le roman est trop court pour que cette vision soit fine et précise mais j’ai rarement lu cette expérience dans les histoires. C’est une période peu évoquée, sans doute encore un peu taboue… Berlin a un tout nouvel attrait pour moi : j’aimerais bien vagabonder dans cette capitale et observer les stigmates de cette séparation et des restes de ces deux mondes si affreusement opposés.

Revenons à Magda et Nina.
Leur histoire est passionnante. L’alternance entre les deux vies donne envie d’en savoir plus et nous oblige à dévorer le roman.
Les destinées des deux jeunes femmes sont assez similaires : j’aurais aimé plus de divergences.
Le contexte est bien retracé et décrit.
Le point de rupture entre Magda et Nina, la maison-Tour, est assez bien trouvé. J’aurais presque aimé que le titre soit davantage centré sur la maison que sur le statut unique de Magda.

L’histoire de Magda a accaparé toute mon attention et mon intérêt tout au long du roman. Celle de Nina m’a paru secondaire et moins palpitante. Les chapitres de ce roman (pas plus de 18 chapitres) sont longs, assez denses. Ils m’ont obligée à prolonger ma lecture pour rester concentrée sur le récit et pour comprendre chaque étape de la vie de la secrétaire. La plupart évoque le passé de Magda. Nina permet de clore l’histoire et de faire la lumière sur les non-dits et le secret d’une période sombre et terrible.

La problématique des responsabilités des crimes contre l’humanité – thème central évoqué par le titre – est habilement détournée. Au cours du roman, Magda est assez vite « blanchie ». Si aux yeux de sa petite-fille, la lumière sur sa vie et ses responsabilités est floue, nous, lecteurs, nous attendons le moment où Magda se déculpabilisera de ses actes et de ses décisions passées.

Le roman se clôture sur un « petit retournement » de situation (que je pressentais…) : une fin romanesque qui adoucit le côté obscur et terrifiant de cette période de guerre et de haine. Les faits historiques m’ont beaucoup plus passionnés que le devenir des personnages (un aboutissement qu’on imagine forcément éthique et positif).

Ce roman est assez remarquable, passionnant, pour les côtés historiques qu’il évoque, pour ces deux périodes qu’il décrit à travers le vécu de Nina et Magda.
Il pourrait être encore plus riche avec davantage de détails sur la police (la Stasi) de RDA, l’espionnage et les complots politiques. L’auteure, Catherine HOKIN, a choisi de traiter l’expérience unique de deux personnages féminins. Le choix est intéressant. J’ai beaucoup aimé ce regard.

Mon évaluation :     1/2

Le résumé de CITY EDITIONS – 22 juin 2022 : La vie de Magda, une jeune secrétaire allemande, bascule le jour où elle entre au service de Himmler, le chef des SS. Les journées s’enchaînent : envoyer des invitations pour des réceptions, demander des devis pour la construction de camps de concentration et obéir à un homme qu’elle méprise. Mais en secret, Magda mène une double vie. Le soir, elle entre dans la clandestinité et travaille pour la Résistance. Un jeu dangereux où la jeune femme risque la mort à chaque instant. Mais c’est le prix à payer pour protéger l’homme qu’elle aime, un résistant qui combat le nazisme… Quarante ans plus tard, sa petite-fille Nina découvre des documents troublants datant de la Seconde Guerre mondiale. Dans les ruines d’un passé que sa grand-mère a tenté d’oublier, elle lève peu à peu le voile sur les mystères de l’histoire familiale. Des secrets qui vont bouleverser sa vie à tout jamais…

BD : Orgueil et préjugés – Tome 1 : Les Cinq Filles de Mrs Bennet

C’est sur le conseil des Papiers de Mrs TURNER que j’ai acquis cette BD.

Le résumé de l’éditeur SOLEIL – 18 septembre 2019 – Illustrée par Aurore : Tout Longbourn est en émoi depuis l’arrivée du fortuné Mr Bingley ! Menacée par un testament laissant toute la fortune de la famille à un lointain cousin, Mrs Bennet espère assurer son avenir en mariant l’une de ses cinq filles à ce riche héritier.

Deux faits extraordinaires dans cette lecture et dans cette acquisition :
1°) En général (C’est l’exception qui confirme la règle… ? ) je ne lis pas de bandes dessinées.
2°) J’ai aussi trouvé plus judicieux d’acheter ce livre « en vrai », je précise : en version papier. Car, depuis une dizaine d’années, je ne lis plus que sur liseuse.

L’impression qui ressort de cette « nouvelle » expérience est inédite : j’ai eu besoin de trouver des moments dans la journée bien adaptés (luminosité et position de lecture) pour pouvoir tourner ces grandes pages colorées. Impossible de lire dans l’obscurité de ma chambre et de me « vautrer » dans mon lit !
Je me suis forcée à m’attacher aux images alors que mes yeux étaient avides de textes… Je m’y suis reprise à deux fois (plusieurs fois, même sur certaines pages) pour lire, comprendre, décrypter, savourer ce début d’histoire que je connaissais.

Le plaisir de lecture n’est pas aussi intense que lorsque j’ai découvert le roman Orgueil et préjugés de Jane AUSTEN mais ces retrouvailles sont agréables. Elles me donnent même envie de me replonger dans le récit de l’auteure (sans les images) et d’investir dans la suite de cette série.

Plus encore, une autre BD m’attire beaucoup : Le chant de Noël, adaptation en images d’une nouvelle (ou d’un conte) de Charles DICKENS que, là encore, Les Papiers de Mrs TURNER m’ont vantée : je suis sûre que cette lecture va m’enchanter.

La lecture de BD est une nouvelle expérience pour moi, sympathique mais pas aussi immersive que lorsque je lis un roman. J’ai papillonné davantage au contact de ces pages aux multiples indices. A en croire les experts de ce genre, il y a beaucoup à découvrir dans une bande dessinée et cet album demande plusieurs lectures… ce qui fera durer mon plaisir !

Il a fallu que je me familiarise avec les traits des personnages, que je les identifie, que je les mémorise. Les dessins sont agréables, pas trop caricaturaux. Ils sont jolis, enfantins : j’imagine qu’Aurore a destiné cette BD aux jeunes filles et aux adolescentes.
L’essentiel de l’histoire originelle, des ressentis des personnages, des actions de ceux-ci est présent. Je retrouve bien les principaux éléments du roman. L’album semble une version simplifiée et adaptée qui est accessible à tous et à toutes. Cela me semble être une réussite pour une première approche de l’œuvre de Jane AUSTEN, le charme de la belle prose en moins.

Mon évaluation :   

HIVER SOMBRE : La victoire d’Emily de Rhys BOWEN

Le résumé des éditions AMAZON CROSSING – 22 novembre 2022 : Pendant la Grande Guerre, Emily Bryce, jeune Anglaise de vingt et un ans, rencontre un beau pilote australien qui la persuade de s’engager. Peu de temps après, elle accepte sa demande en mariage.
Lorsqu’il est renvoyé au front, Emily se porte volontaire comme « Fille de la Terre » dans un domaine du Devonshire. Elle y découvre le journal intime d’une guérisseuse experte dans les herbes médicinales. Ce journal, ainsi qu’un jardin aux pouvoir miraculeux l’aideront à se remettre d’une grande tragédie.
Elle se découvre alors une vocation qui la fera passer près d’un nouveau drame, mais la conduira vers son destin.

Je suis toujours dans le CHALLENGE COLD WINTER 2022 et j’élimine petit à petit tous les livres de ma Pile à Lire. Aujourd’hui, je coche une lecture terminée : La victoire d’Emily de Rhys BOWEN.

Parmi les one-shot de l’auteure, ce roman est peut-être celui qui m’a le moins embarquée et le moins touchée alors que la lecture est convenable et l’ensemble satisfaisant.

J’ai particulièrement aimé L’enfant toscan, Les carnets de Venise, Farleigh Field. L’esprit de ces quatre romans reste similaire et les périodes historiques restent communes : une romance qui surmonte les première et seconde guerres mondiales avec une histoire parallèle qui se déroule dans le passé et qui donne une résonnance particulière au vécu de la principale héroïne.

Cette histoire parallèle dans La victoire d’Emily, une herboriste sorcière au destin dramatique à en croire l’imaginaire du village, n’est pas une intrigue secondaire importante mais au fur et à mesure du roman, elle accapare mon attention pour offrir une chute et un point de conclusion agréables à ce récit.

Emily est une jeune fille de bonne famille qui désire participer à l’effort de guerre. Elle cherche à devenir utile alors que tous les hommes sont partis se battre (et mourir) sur le front et dans les tranchées. Son aventure se déroule dans le Devonshire. Emily est Fille de Terre contre la volonté et les aspirations de ses parents. Elle prend son destin en main, s’exilant loin de l’autorité de sa famille, affrontant les obstacles du quotidien et ses choix personnels.

C’est une histoire assez fleur bleue, assez prévisible, sans réelle tension. J’ai anticipé sans effort chaque étape de son expérience, désirant ardemment être surprise pour finalement être charmée par la fin du roman (et surtout par la chute de la deuxième intrigue).

Ce livre me rappelle un autre déroulé du même genre, le choix d’Agneta – Les héritières de Löwenhof., histoire qui ne m’a pas passionnée mais qui a charmé beaucoup de lectrices. J’éprouve forcément une pointe de déception en lisant ce genre de romans mais inévitablement je les recherche pour découvrir la passion et le plaisir des grandes destinées. Ici, c’est une destinée qui est divertissante mais qui manque d’émotions. Mon coeur n’a pas palpité mais le pouvait-il après l’intensité du livre précédent (On était des loups) ?

Mon évaluation :   . Une lecture agréable qui favorise la détente.

On était des loups de Sandrine COLLETTE : SUPERBE ROMAN

Pour aller dans mon CHALLENGE COLD WINTER, j’ai regretté ne pas avoir inclus On était des loups de Sandrine COLLETTE. Ce livre (couverture, résumé, auteure) m’a fait de l’oeil depuis sa sortie. J’ai trouvé que l’occasion était belle pour le découvrir .

Et QUELLE découverte ! A couper le souffle !

J’ai eu des COUPS de COEUR pour des romans : celui-ci est unique : j’ai rarement lu une histoire aussi passionnante pour le fond et pour la forme.

La narration est somptueuse, atypique, à fleur de peau, honnête, vive, brute.

Le personnage principal est tour à tour désarçonnant par son récit sans barrière : il nous livre ses pensées intimes, aussi bien celles qui pourraient déranger que les plus belles et les plus vraies. Il est aussi autant animal qu’humain. Solitaire que généreux et altruiste.
Il sent l’Autre, il flaire son âme profonde, il débusque l’honnête du menteur, l’ami du tueur.

Ce récit est époustouflant, tellement vivant et prenant que je vais l’offrir à mes proches. Ils n’échapperont pas à mon coeur de coeur.

Dans ces pages, on ne peut qu’aimer la montagne, la nature, la pureté du ciel, de l’eau et de la terre. Tout m’a accaparé (au bon sens du terme) aussi bien l’être chasseur, que le père, que l’environnement.

Quelle relation avec le fils, le petit Aru ! Il est troublant ce lien du sang filial et inévitable et ce lien de l’esprit tout en construction.

Sandrine COLLETTE analyse finement l’être humain. Je lui tire mon chapeau d’avoir pu entrer dans la peau de cet homme aussi finement et aussi intelligemment.

Quant à la fin de ce roman : je vous mets au défit de l’anticiper ! Et oui, je vous pose la question avant que vous ne plongiez dans cette histoire. Après la lecture du résumé, comment imaginez-vous la chute ? Prenez quelques instants pour l’inventer.
La fin met l’uppercut final : celui bien mérité, celui qui reste inoubliable !

Excellent roman ! Merveilleuse écrivaine ! Je reviendrai très rapidement vers Sandrine COLLETTE.

Le résumé des Éditions de l’EPEE – 24 août 2022 : Ce soir-là, quand Liam rentre des forêts montagneuses où il est parti chasser, il devine aussitôt qu’il s’est passé quelque chose.
Son petit garçon de cinq ans, Aru, ne l’attend pas devant la maison. Dans la cour, il découvre les empreintes d’un ours.
À côté, sous le corps inerte de sa femme, il trouve son fils. Vivant. Au milieu de son existence qui s’effondre, Liam a une certitude.
Ce monde sauvage n’est pas fait pour un enfant. Décidé à confier son fils à d’autres que lui, il prépare un long voyage au rythme du pas des chevaux.
Mais dans ces profondeurs, nul ne sait ce qui peut advenir. Encore moins un homme fou de rage et de douleur accompa

HIVER SOMBRE : Les racines des ombres de François RABES

Dans la NUIT DU SOLSTICE, c’est avec « angoisse et horreur » (thèmes de la sous-catégorie d’un des menus du CHALLENGE COLD WINTER) que je me lance dans Les racines des ombres, un roman policier que m’ont gracieusement offert le blog NetGalley, les éditions HUGO POCHE et l’auteur François RABES. Je profite de cette occasion pour sortir le roman de ma longue pile de livres à lire.

Le résumé des éditions HUGO POCHE – 03 février 2022 : Les Vosges.
Une profanation de cercueil réveille la mémoire d’un terrible fait divers survenu quarante ans plus tôt. L’enquête est confiée a Claire, jeune substitut du procureur. Des zones d’ombres apparaissent bientôt et viennent éclairer l’affaire sous un autre jour. Entre un capitaine de gendarmerie hostile et un clan gitan dans le viseur de la justice, ses premiers pas sur le terrain vont s’avérer plus complexes que prévus. Simultanément, un couple et leur petite fille de six ans emménagent dans une vieille maison à rénover. Mais ce qui devait être un nouveau départ pour Michel, fils d’un puissant industriel de la région, sonne bientôt comme une plongée dans les méandres d’un épisode tragique qu’il croyait oublié. Une peur tenace revient le hanter et va le conduire sur les traces de son passé. Et si quelque chose ou quelqu’un reliait les deux évènements ? Et si l’ombre qui plane sur Michel depuis son enfance prenait racine au coeur des investigations menées par Claire ? La vérité les attend. Mais pour l’atteindre, ils devront l’un et l’autre braver leurs propres démons.

Les Racines des ombres est un roman qui tient en haleine. Il entremêle dans chaque chapitre trois points de vue différents : celui du voyou-gitan, un homme, loin du coeur tendre, celui d’une jeune substitut du procureur (rougissante et mal à l’aise) accompagnée d’un gendarme hostile et celui de Michel, fils trop souple et malléable, certainement naïf et trop gentil (c’est du moins l’image que l’auteur nous offre de ce père de famille) celui-ci s’installe dans une vieille habitation à rénover.

A partir de ces trois personnages centraux, l’intrigue s’articule dans une région où, des dizaines d’années plus tôt, un meurtre atroce a été commis. Une jeune fille de 16 ans est morte violée et égorgée. Son cercueil est découvert vide.

Les personnages sont fortement caractérisés : un contexte précis et une atmosphère particulière auréolent chacun d’eux. Démons, passés, spectres accompagnent les personnalités ; formulations, langage, actes et compagnies donnant un cadre et une image précise de ces êtres.

Le roman défile vite. La mise en place des personnages, des lieux et des événements prennent une première petite moitié du livre. Aucun ennui, pour ma part.

Le passé est lourd pour cette communauté atypique. Certains subissent, d’autres manipulent. Entre les méandres de l’esprit, les fantasmes, l’ambition et le pouvoir, les ficelles sont difficiles à démêler. C’est un récit assez imbriqué que nous offre l’auteur. Tous les personnages sont liés les uns aux autres.

Michel a capté toute mon attention. Je me suis questionnée tout au long du roman pour connaître les causes de ses cauchemars et hallucinations. La maison est-elle hantée ? Par qui ? Qui est le fantôme qui le rend si vulnérable ?

Quant à Claire, j’ai fortement apprécié l’espace dans lequel elle évoluait. L’hôtel, la chambre, le restaurant, ses hôtes sont à l’image de son esprit : torturé, hostile, déboussolant.

Bilan de ma lecture : J’ai préféré différer mon entrée dans ce roman qui, lors de ma première tentative (environ 6 mois plus tôt) ne m’a pas permis de l’apprécier. Je n’étais pas prête à entrer dans cette atmosphère. Ce fut une bonne décision car mon deuxième essai est concluant. J’ai même apprécié ma lecture, ce roman, cette rapidité dans les actions et les descriptions des personnages.
Mon évaluation :    1/2

Le bureau d’éclaircissement des destins de Gaëlle NOHANT : COUP de COEUR

J’ai lu La Part des Flammes de Gaëlle NOHANT, un roman qui n’était pas loin de m’évoquer la série Le Bal de la charité.
Le souvenir de cette histoire reste forte et indélébile dans mon esprit et dans mon coeur. Je n’ai pu résister à ce nouveau livre de l’auteure, d’autant plus qu’il parlait des camps de concentration et des objets laissés derrière toutes ces populations décimées par les Nazis, traces qu’il fallait restituer aux descendants.

Le résumé des éditions GRASSET – 04 janvier 2023 : Au cœur de l’Allemagne, l’International Tracing Service est le plus grand centre de documentation sur les persécutions nazies. La jeune Irène y trouve un emploi en 1990 et se découvre une vocation pour le travail d’investigation. Méticuleuse, obsessionnelle, elle se laisse happer par ses dossiers, au regret de son fils qu’elle élève seule depuis son divorce d’avec son mari allemand. 
A l’automne 2016, Irène se voit confier une mission inédite : restituer les milliers d’objets dont le centre a hérité à la libération des camps. Un Pierrot de tissu terni, un médaillon, un mouchoir brodé… Chaque objet, même modeste, renferme ses secrets. Il faut retrouver la trace de son propriétaire déporté, afin de remettre à ses descendants le souvenir de leur parent. Au fil de ses enquêtes, Irène se heurte aux mystères du Centre et à son propre passé. Cherchant les disparus, elle rencontre ses contemporains qui la bouleversent et la guident, de Varsovie à Paris et Berlin, en passant par Thessalonique ou l’Argentine. Au bout du chemin, comment les vivants recevront-ils ces objets hantés ?

Si le titre du roman semble peu aisé à mémoriser du premier coup, il n’en est rien du contenu de cette histoire. L’ensemble est facilement accessible : l’auteure me résume fréquemment l’avancée des recherches d’Irène pour ne pas me perdre.

Irène est le personnage principal au croisement d’intrigues secondaires où, sans le rencontrer, le personnage du passé nous dévoile toute sa force, son charisme, ses actes et son courage. Suivre ces fils narratifs a été une très belle aventure pour moi, très différente des romans sur le même thème, passionnante et émouvante. Ne pas le lire aurait été une pure omission. il est formidable, exceptionnel et fort attachant.

L’écriture est fluide. La plume de l’auteure est remarquable et dès les premiers mots, l’ambiance est là, pesante, angoissante mais réaliste.

Les rencontres d’Irène vont l’aider à donner du sens à son parcours. C’est un superbe roman qui fera longtemps battre mon coeur. et qui a secoué mon esprit.

Ewa, Wita et Lazar sont des victimes du passé qui permettent de revenir sur les crimes des Nazis, sur l’insupportable destinée des populations juives, polonaises ou non aryennes. Ce livre permet de remémorer les horreurs subies mais, fait exceptionnel, me permet de comprendre un contexte après-guerre que je ceranis mal. Entre le désir de mémoire et la volonté de dépasser toutes ces horreurs, les Alliés ont réalisé des choix (politiques, éthiques) qui ne sont pas sans conséquences. J’ai beaucoup appris avec ce roman. Même si les enquêtes d’Irène et les personnages sont fictifs, une part de vérité est présente. Toutes ces nouvelles connaissances que Gaëlle NOHANT m’apporte m’ouvrent un regard neuf sur ce que moi j’ai vécu enfant et jeune adolescente. Mon regard sur le monde actuel ne sera jamais plus identique à celui que j’avais avant. Je pense que je relirai ce livre pour encore mieux mesurer l’impact social et historique de tous ces événements.

Je remercie NetGalley et les éditions GRASSET pour cette exceptionnelle lecture et pour ce roman si remarquable.

Mon évaluation : COUP DE COEUR       

Bilan livresque 2022 – Bonne année 2023 !

Une page se tourne. Nous quittons 2022 pour entrer dans une nouvelle ère : 2023.
L’année sera riche (je l’espère du fond du coeur), au moins de livres et de pages à dévorer. Je vois d’ici les titres notés, ceux à venir… ma PAL qui se remplit et s’enrichit. Je suis impatiente de tout découvrir.

Tous mes voeux :

Je vous souhaite pour cette nouvelle année de passionnantes lectures : qu’elles nous apportent plaisir, émotions et distractions. Qu’elles soient nourrissantes, intéressantes, amusantes, intellectuelles ou délirantes.
Je souhaite une longue vie à vos blogs sur lesquels je me réfugie pour trouver l’inspiration, pour piocher des idées, pour lire des avis qui sont proches ou éloignés des miens (vive la diversité !), pour me détendre…
Je vous souhaite des tas de partages : soyons boulimiques de commentaires, d’idées, d’expériences livresques. Consommons sans modération ce plaisir, ces lectures, ces refuges de l’esprit.
Je vous souhaite d’être riches de rencontres avec des personnages et des lieux qui ne sont parfois accessibles que dans les livres.
Je vous souhaite de vous amuser… de trembler… de rire… de pleurer (aussi). Pressentons comme il sera bon de sentir toutes ces sensations à travers des mots, des lignes et des pages. Je vous souhaite de vibrer avec des livres dans les mains (et pour les autres moments aussi… 😜)

Mon bilan :

J’ai passé une année 2022 moins dense que les précédentes. J’ai l’impression d’avoir réduit mon rythme de lecture avec un passage, en été, en creux : j’ai perdu une certaine motivation, accaparée par des soucis et sans doute quelques surmenages professionnels. J’espère que 2023 m’apportera davantage.

Je n’ai lu qu’une soixantaine de romans (soixante-six, si je compte bien…) même si je reprends, en ce moment (avec le Challenger Cold Winter) un rythme beaucoup plus soutenu et qui me convient mieux.

Mes principaux coups de coeur concernent les romans liés à la seconde guerre mondiale

ou le passé… (les secrets du passé sont toujours mes préférés !)…

ou… forcément… quand les émotions sont intenses et vraies...

Je suis encore une éternelle romantique et rêveuse : j’espère que je trouverai de quoi nourrir mes aspirations.

Je remercie…

J’ai tant de promesses de lectures que je guette chaque sortie et chaque publication : celles de Ruta SEPETYS, de Sophie JOMAIN, de Virginie GRIMALDI, de Kate QUINN, de Julia CHAPMAN, d’Olivier NOREK, de Laurence PEYRIN, de Mathieu MENEGAUX, d’Agnès LEDIG, … et tant d’autres auteurs : je vous remercie Mesdames et Messieurs pour votre travail et pour vos oeuvres.

Je remercie aussi mes partenaires de lecture, notamment NetGalley et tous les éditeurs qui me font confiance en me confiant les services de presse.

Je remercie tous mes alter égo de lecture, aussi diversifiés, différents et fourmillants qu’ils soient : blogueurs, visiteurs, anonymes, ami(e)s, copine(s). Vous m’inspirez et me guidez ! C’est super chouette.

Passez donc une très belle année… A très bientôt.

Bonus CCW : Les perce-neige s’éveillent sous les flocons de Sophie JOMAIN

Ce roman est étonnant par son contenu. Je ne m’attendais pas à lire une sorte de conte de Noël mêlé à des sentiments forts : l’auteure aborde des thèmes poignants liés au handicap à l’acceptation de soi et d’autrui. Ces thèmes me touchent énormément et forcent mon intérêt pour ce livre.

J’ai particulièrement adoré le message de l’écrivaine. J’ai été charmée par ce petit garçon au visage ravagé, à la maîtrise de cette jeune maman, à sa patience, sa bienveillance, sa droiture dans le discours.

J’ai été moins touchée par les aventures de ce Monsieur Nicolas Claus et par les motivations de ce restaurateur atypique même s’il reste amusant de délirer dans cette féérie très à propos en décembre.

Je reconnais l’originalité de cette romance et je la vante parce qu’elle se démarque dans ce paysage romantique de lectures assez cadenassées par les clichés.

Ici, l’auteure nous plonge dans un élevage refuge de rennes (bienvenue à Perce-neige !), dans la souffrance d’un gamin différent (situation particulièrement bien décrite dans le quotidien et dans les relations sociales), dans le combat d’une mère et d’une famille pour s’élever dans le monde ordinaire (quelques péripéties romantiques…). C’est touchant, remarquable. Je suis admirative de l’imagination de Sophie JOMAIN qui sensibilise les lecteurs/lectrices avec sa plume délicate.

Donc, dans un contexte festif, avec l’idée de nous réchauffer le coeur, dans l’esprit de charité et de partage, les perce-neige s’éveillent sous les flocons est une histoire qui se démarque de toutes les petites romances classiques qui inondent notre monde en ce moment. Ce livre n’est pas seulement un condensé de chaleur, de bons sentiments et de guimauve rose bonbon, c’est aussi une lutte contre l’indifférence, un combat contre le rejet de l’autre. On entre forcément en empathie avec les personnages principaux (la mère, le fils, le grand-père… et même le père). Il y a là un message puissant et une volonté de nous amener à changer notre regard sur l’autre.

Pari presque réussi, pour ce qui me concerne.
Cette romance plaît énormément (que d’avis élogieux…). Pourtant, pour ma part, elle s’avère être très éloignée de mes attendus de lecture.
Si j’aime le thème central (la situation de handicap), je reste quelque peu éloignée du côté féérique et conteur du roman. Nicolas Claus est amusant, le restaurateur tellement différent, le grand-père juste bougon, la mère précieuse… mais l’ensemble propose un conte… qui reste un conte légèrement enfantin et facile.

L’entrée dans ce conte est surprenante. la fin est classique. Mon émotion a varié en fonction des personnages touchés. La romance est davantage un prétexte et secondaire, selon mon point de vue. J’aurais souhaité que le côté « handicap » soit plus développé : mais la promesse de l’auteure (de la couverture du livre) n’aurait pas été la même…

Mon évaluation :   

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