Tous les articles par à la page des livres

Le code rose de Kate QUINN

Le résumé des éditions HAUTEVILLE – 17 août 2022 :
Pendant la guerre, Bletchley Park abritait un traître qui vendait des informations. J’ignore son nom mais je sais ce qu’ils ont fait. Vous devez me haïr mais vous avez fait le même serment que moi : protéger Bletchley Park et la Grande-Bretagne. Ce serment nous dépassait tous.
Aidez-moi à démasquer le traître. Vous avez une dette envers moi.
1940. Alors que l’Angleterre se prépare à combattre les nazis, trois femmes très différentes répondent à l’appel d’un mystérieux domaine, Bletchley Park, où les cerveaux les plus brillants de Grande-Bretagne sont formés à casser les codes de l’armée allemande.
La pétulante et belle débutante, Osla ; l’impérieuse et autodidacte Mab, et enfin, la vieille fille du village, Beth. Mais la guerre, le deuil et une sombre trahison sépareront les trois amies désormais ennemies… jusqu’à ce qu’elles soient de nouveau réunies, quelques années plus tard, par une mystérieuse lettre codée. Un traître émerge des ombres de leur passé, forçant les trois jeunes femmes à renouer leur vieille alliance pour casser un dernier code.
Mais chaque pétale qu’elles effeuillent du Code Rose les rapproche du danger et de leur véritable ennemi…

Si je ne devais dire qu’une seule qualité pour ce roman, ce serait la remarquable documentation historique.
Les lieux existent, de ce bâtiment de « fous », à ce point de vue sur le paysage que deux de nos personnages contemplent et savourent… la ville détruite, Londres sous les bombes.
Les personnages ont réellement vécu ; l’auteure met un point d’honneur à les connaître, à nous les présenter et à les faire vivre (à nouveau), sans omettre leur bravoure, leur patriotisme, leur intelligence à décrypter les codes ennemis.
L’Histoire est présente dans ce roman, de l’idylle amoureuse aux événements majeurs (que j’ignorais parfois) qui ponctuent cette guerre d’espionnage.
Ce récit m’offre tout un pan de la 2ème guerre mondiale que j’ignorais. Les livres, aujourd’hui, se succèdent pour nous apporter, à nous lecteurs, de l’authenticité, de la distraction mais aussi du réel, du concret, de vrais combats relatés que la plupart (y compris moi) ne suspecte pas.

Ce roman est un pavé de 700 pages qui nécessite un temps d’accroche et d’apporche pour saisir le contexte, un temps de rencontre avec les personnages (nos trois héroïnes). Je n’ai pas ressenti d’ennui, pas un seul instant. Par contre, il m’a fallu comprendre les rouages de toute cette logique de codes cassés, de machines à décrypter et le rôle de chacun dans cette monumentale traque aux informations.

Parfois, je me demandais où allait me mener cette aventure mais, à chaque moment, je saisissais, à travers les personnages et l’alternance du temps de guerre et ce tout petit moment précédant le mariage royal, que l’auteure savait où me conduire. Kate QUINN ne m’a jamais perdue. Habilement, elle a posé le cadre et a tiré les ficelles de son intrigue pour me les livrer. Quelle explosion de plaisirs lorsque j’ai obtenu les tenants et les aboutissants de l’existence de ce fameux traitre ! La deuxième moitié du livre s’est enchaînée sans que je la lâche, captivée et envoûtée par ces missions et cet acharnement d’hommes et de femmes. L’histoire m’a conduite dans une intrigue que je n’imaginais pas. Je ne m’attendais pas à une telle narration. Elle m’a conduite dans un univers inconnu, différent, intéressant et fascinant.

Les trois héroïnes, Beth, Osla, Mad, sont, chacune à leur manière, attachantes. Quelle que soit la personnalité, elles sont passionnantes de bout en bout. Elles vivent, elles trébuchent et elles se relèvent. Ce fut merveilleux de les suivre, de les rencontrer et de les laisser partir vers leur destinée. Elles m’ont marquée et, là encore, je retrouve tout le talent de cette auteure qui a franchi un nouveau palier de compétences dans son écriture. Chaque récit est une découverte, une aventure incontestable, un univers unique. Je recommande vraiment ses livres… et je ne pourrais snober son prochain roman car j’ai une confiance totale en son imagination et en ses œuvres.

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥ ♥ 

Le fantôme du Vicaire d’Eric FOUASSIER

Comme je vous l’écrivais dans la chronique précédente, j’ai aimé le premier tome du Bureau des affaires occultes d’Eric FOUASSIER. Cette deuxième expérience est toujours aussi agréable mais d’une autre teneur.

C’est le personnage de Valentin VERNE, le policier du XIXème siècle, qui m’a conquise page après page. Ce deuxième tome le met vraiment en avant, davantage que l’intrigue que mène son collaborateur. Je l’ai suivi avidement, chapitre après chapitre, inquiète, savourant les obstacles que l’auteur dresse sur son chemin.

J’ai aussi été comblée par l’antagoniste, le Vicaire, ce religieux immoral et terrible. Il est furtif, insaisissable tel un fantôme. Il permet aux lecteurs de faire le jour sur le passé de notre héros : Valentin n’a pas encore livré tous ses secrets. Entre traques, poursuites et fuites, ce deuxième tome est la promesse de nouvelles révélations : c’est un pari gagné pour l’auteur.

Ce que j’apprécie dans ces séries (bien construites et dont je raffole), c’est ce fil directeur (et personnel ou intime) que l’auteure déroule d’enquêtes en enquêtes, cette promesse de percer le mystère d’un personnage. Je suis vraiment frustrée lorsque les publications ne vont pas jusqu’à leur terme parce qu’il me manque l’indispensable et ce qui me tenait en haleine. Ici, j’ai tout le loisir d’apprécier les révélations sur l’existence de ce policier si particulier : ce livre lui est presque entièrement consacré.

Malgré une nouvelle affaire (enquête autour des sciences occultes et paranormales) qui est donc secondaire, les péripéties et l’atmosphère dans laquelle elles se déroulent me plaisent énormément. J’aime cette ambiance sombre, partir à la découverte des dédales des rues et des souterrains de l’ancien Paris, rencontrer des personnages, ennemis ou amis. principaux ou secondaires. L’auteur dresse des portraits complets, fins et détaillés : une vraie réussite.

Ce deuxième opus m’a convaincue et j’attends avec impatience la suite des aventures de Valentin Verne même si je ne sais dans quelle direction Eric FOUASSIER va pouvoir nous entraîner (et entraîner Valentin). L’auteur a largement fait du tri dans ses personnages (grosses et terribles surprises pour moi). Je suis bien curieuse de découvrir la destinée de ce bureau des affaires occultes. La fin est trop marquante pour imaginer de la douceur dans les prochains tomes. Affaires à suivre, donc…

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥ 1/2 ♥

Le résumé des éditions ALBIN MICHEL – 02 mai 2022 : Valentin Verne, inspecteur en charge du Bureau des Affaires Occultes, doit résoudre une nouvelle affaire : un médium aurait recours au spiritisme et à de mystérieux pouvoirs extralucides pour ramener à la vie de la fille de Ferdinand d’Orval, un noble très fortuné. Tables tournantes, étranges apparitions, incarnations inexplicables… Mystification ou réalité ?

Le bureau des affaires occultes – 1 – d’Eric FOUASSIER

Le résumé des Editions ALBIN MICHEL – 03 mai 2021 : Automne 1830, dans un Paris fiévreux encore sous le choc des Journées révolutionnaires de juillet, le gouvernement de Louis-Philippe, nouveau roi des Français, tente de juguler une opposition divisée mais virulente.
Valentin Verne, jeune inspecteur du service des mœurs, est muté à la brigade de Sûreté fondée quelques années plus tôt par le fameux Vidocq. Il doit élucider une série de morts étranges susceptible de déstabiliser le régime.
Car la science qui progresse, mêlée à l’ésotérisme alors en vogue, inspire un nouveau type de criminalité. Féru de chimie et de médecine, cultivant un goût pour le mystérieux et l’irrationnel, Valentin Verne sait en décrypter les codes. Nommé par le préfet à la tête du « bureau des affaires occultes », un service spécial chargé de traquer ces malfaiteurs modernes, il va donner la preuve de ses extraordinaires compétences.
Mais qui est vraiment ce policier solitaire, obsédé par la traque d’un criminel insaisissable connu sous le seul surnom du Vicaire ?
Qui se cache derrière ce visage angélique où perce parfois une férocité déroutante ?
Qui est le chasseur, qui est le gibier ?

Convaincue par la popularité de cette série, j’ai profité de cette fin d’été pour commencer Le bureau des affaires occultes.

Si les premières pages et les premiers chapitres ne m’ont pas éclairée (ils m’ont même désorientée), j’ai vite été aspirée/inspirée par le personnage de Valentin VERNE et par ses péripéties à travers le vieux Paris.

L’ambiance est celle des Misérables : des ruelles pavées et sombres, des coins d’immeubles coupe-gorges, des individus cachés sous des porches, des prostituées en attente d’un client. Eric FOUASSIER a une écriture précise et agréable, qui sait rendre la noirceur de la capitale et des hommes, qui me permet l’immersion totale dans ce siècle dépassé.

Quant à l’enquête, elle démarre doucement, mettant en scène le policier avec ses ressentis, ses sentiments, ses aspirations et sa quête. Plus j’avance dans le roman, plus je le trouve humain, avec ses qualités et ses faiblesses, attachant et intéressant. C’est un homme qui a des connaissances scientifiques certaines, une intelligence fine, une intuition indispensable. Les relations qu’ils nouent avec les autres personnages sont intéressantes et, mis à part le début, je ne me suis pas ennuyée un seul instant dans ces occultes affaires.

Le roman est construit habilement avec un fil directeur assez particulier : je me suis interrogée sur le lien entre le fameux Damien, le Vicaire et Valentin, suspectant davantage qu’une traque d’un inconnu par un inconnu. Le dénouement est intrigant et donne envie de se plonger dans la suite des aventures.

Cette série est prometteuse. J’ai envie de voir ce personnage s’épanouir, s’ouvrir et se réaliser pleinement. Les bases sont solides pour que l’aventure de lecture se poursuive pour moi.

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥ 1/2 ♥

Là où chantent les écrevisses de Delia OWENS

Avant de visionner le film au cinéma, j’ai voulu me plonger dans ce roman pour ressentir les émotions et vivre les mots de Délia OWENS. L’expérience m’a appris que je suis plus sensible à l’écriture qu’aux adaptations cinématographiques, même si certaines sont de grande qualité. C’est chose faite !

Tant d’éloges m’avaient convaincue qu’un jour, il faudrait que je découvre la vie de la fille du marais : son passé, son expérience, qui elle est vraiment. J’ai été passionnée par l’ambiance et par la trame de l’histoire, par son découpage. Le parallèle entre l’enfance de Kya et les événements qui découlent de cette période de vie est vraiment bien construit… puis vient ensuite le procès : le plaisir est intense chez moi ! J’adore les récits qui décrivent les jurés. J’adore me plonger dans les arguments du procureur et de la défense me bâtissant, moi-même, mon opinion… comme si j’y étais.

Les personnages sont finement décrits. Je n’ai pas pu rester insensible à la galerie de personnages principaux et aux autres, plus secondaires, mais qui ont un vrai rôle dans l’histoire. J’avais lu des commentaires très enthousiastes : ils sont mérités. Là où chantent les écrevisses est un beau roman que j’aurai du mal à oublier.

Le contexte est particulier : les images fourmillent dans mon esprit. Je vois le marais, la lagune, ses langues d’eau à travers la végétation, la cabane sur un ponton de bois, le village et son humeur hostile. Tout est clair dans ma tête. L’auteure a réalisé un beau travail de descriptions sans que celles-ci soient lourdes : elles sont juste pertinentes et participent aisément à l’histoire.

Que dire du travail de Kya ? de ses capacités à être autonome, solitaire aussi ? à son don d’écriture et de dessins ? Kya représente un personnage à multi-facettes que j’ai bien cerné et que j’ai beaucoup aimé.

Quant à l’intrigue et ce décès au pied de la tour… L’auteure nous fait languir… pour un plaisir que j’espère retrouver dans le film.

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥ ♥

Le résumé de l’éditeur LE SEUIL – 02 janvier 2020 : Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur  » la Fille des marais  » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n’est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent.
A l’âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l’abandonne à son tour.
La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie.
Lorsque l’irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même…

Une périlleuse affaire de Deanna RAYBOURN

Le résumé des éditions HAUTEVILLE – 06 juillet 2022 :
Londres, 1887.
Au Curiosity Club, établissement réservé aux femmes intrépides, l’aventurière Veronica Speedwell rencontre lady Sundridge, qui la supplie d’accepter une tâche impossible : sauver de l’exécution le mécène Miles Ramsworth.
Accusé d’avoir sauvagement assassiné sa maîtresse, Ramsforth sera pendu dans une semaine si le vrai coupable n’est pas identifié. Les secrets qui entourent cette affaire sont nombreux, y compris la véritable identité de l’énigmatique lady Sundridge. Avec Stoker, son collègue naturaliste, Veronica se lance donc dans une course contre la montre pour trouver le meurtrier.

Le premier tome des enquêtes de Veronica Speedwell a attiré mon attention : le personnage principal (l’enquêtrice) s’est avéré fort différent et remarquable par rapport aux nombreuses séries Cosy Mistery que je suis.

Cette introduction, Un étrange Prélude tome 1, a forcé ma curiosité car elle fait appel directement et intimement à l’enquêtrice (sa vie, son passé), dans un contexte très anglais, au XIXème siècle.

Cette série semble avoir multiples atouts pour me conquérir et me charmer. De toute évidence, j’ai eu besoin de confirmer mon intérêt pour cette série. J’ai donc commencé dans la foulée du précédent Une périlleuse affaire qui est le 2ème livre.

Lorsque je débute ce nouvel opus, les événements et le fil conducteur sont frais dans ma mémoire. L’auteure, Deanna RAYBOURN, réalise vraiment une suite, je ne pense pas qu’on puisse zapper les aventures du premier tome pour comprendre l’ensemble.

Je retrouve les personnages les plus mémorables et importants : Veronica et Mr Soker que j’ai plaisir à retrouver mais aussi des personnages secondaires comme Lady C et les deux inspecteurs de Scotland Yard. J’ai eu l’impression d’être très vite plongée dans la nouvelle problématique sans avoir affaire à des retours et à des rappels trop longs. Cela m’a semblé être un point positif pour ma fluidité de lecture mais cela risque aussi d’être embêtant lorsque, plus tard, j’aborderai le 3ème tome et les suivants s’ils tardent à être traduits et édités en France (en français).

Le temps est compté dans cette affaire : la vie d’un homme en dépend. Si les preuves de son innocence ne sont pas trouvées en une semaine, Ramsforth sera pendu. Veronica est embarquée dans cette course contre la montre, elle plonge aussi son partenaire dans l’aventure. Tous deux entretiennent une relation agréable et pimentée : tantôt complices, tantôt à couteaux tirés, j’aime la complicité de Mr Stoker et de Miss Speedwell. J’en apprends plus quant à leur passé et ce sont ces mystères qui me tiennent en haleine plus que l’enquête en elle-même. L’évolution des personnages m’intéresse hautement.

Quant à l’investigation propre à ce tome, elle a des hauts et des bas : ce que je garderai en mémoire, ce sont les transformations (je reste vague pour ne rien spoiler…) que nos deux héros subissent, ainsi que leurs sorties nocturnes. J’ai aimé les situations de stress, improbables et parfois à la limite du ridicule pour eux mais très amusantes pour le lecteur. J’ai apprécié aussi les disputes et les réparties de nos deux compères : ils font mouche pour notre plus grand plaisir quant à heurter la sensibilité d’autrui.

Dans l’ensemble, c’est un deuxième tome qui est une bonne continuité avec le premier. Les personnages sont hors du commun, très attachants. J’éprouve une véritable curiosité et un vrai attrait pour eux. J’attends avec impatience la prochaine sortie (en français) des suites des enquêtes de Veronica Speedwell. C’est une série remarquable que j’ai grand plaisir à parcourir. Le moindre détail est important : je me suis faite avoir plusieurs fois parce que je n’étais pas bien attentive… Pour la suite, l’auteure ne m’aura pas !!

Mon évaluation :  ♥ ♥  et 1/2 

La mariée écossaise de Fanny ANDRE

Le résumé des éditions HARLEQUIN -1er août 2022 :
Écosse, 1746
Orpheline et bâtarde, Lorna a appris très jeune que rien n’était gratuit dans la vie. Alors, quand le général Clayton Dee l’achète à son oncle dans le but de l’épouser, elle se doute bien qu’il compte la posséder, dans tous les sens du terme. Fuir ? Mais pour aller où ? Se tourner vers qui ?
Acculée et terrifiée, la jeune femme a pourtant la surprise d’apprendre que Clayton n’attend d’elle qu’une seule chose : qu’elle s’occupe de Matthew, son jeune fils, dont la mère est morte en couches. Les combats font rage autour d’eux, Anglais contre Écossais, mais dans leur château reculé, c’est une autre flamme qui grandit : celle du désir, puissant, impérieux. Cette attirance naissante pourra-t-elle résister aux affrontements sanglants de leurs peuples respectifs ?

Je remercie NetGalley, les éditions HARLEQUIN et l’auteure pour cette lecture romantique. Ce fut un vrai plaisir de découverte.

J’avais déjà découvert la plume de Fanny ANDRE dans une lecture Feel-Good, dans Pour le sourire d’Isabelle. Aujourd’hui, je me passionne pour un récit qui prend son temps, point qui peut être perçu comme négatif mais qui pour moi est un atout. Les descriptions des sentiments prolongent mon plaisir de lecture : les personnages évoluent petit à petit, ils se transforment au fil du temps. Leurs relations se construisent pas à pas. Lorna et Clayton bâtissent des liens tendres et durables, attachement qui m’a énormément plu. J’ai beaucoup aimé cet univers et la sensibilité de Fanny ANDRE.

Le contexte historique est intéressant et appartient à l’intrigue. Lorna est autant écossaise qu’anglaise mais son coeur bat fortement pour la cause écossaise. Quant à Clayton c’est un militaire anglais au temps où la lutte entre les deux peuples est tragique et passionnée. Ces deux êtres ne sont pas faits pour s’entendre, encore moins pour vivre ensemble, et pourtant, les événements et leur tempérament honnête, clairvoyant et bienveillant va permettre cette alchimie merveilleuse entre eux. La problématique d’appartenance à deux camps opposés n’est pas négligée. Je suis embarquée dans de vrais combats émotionnels et psychologiques : dilemmes, réflexions, décisions se débattent au fil du récit. Une large partie de la narration évoque les pensées intimes des personnages que j’ai suivis avec attention et passion.

Des enfants sont au coeur de cette relation : le nouveau-né de Clayton (Mathew, enfant né d’un premier mariage) et les cousins de Lorna (dont la mère/tante est aussi décédée). Souvent, les enfants sont accessoires dans le récit. Ici, je sens tout l’amour, le respect et l’intérêt sincère de l’auteure et des personnages envers ces petits êtres fragiles.

Tout en évoquant différents thèmes et points de vue (la maltraitance, l’amour, le patriotisme, le respect d’autrui, la violence en temps de guerre…), Fanny ANDRE parle d’humanité et de moralité. Discrètement, sous prétexte d’une relation amoureuse entre deux personnes, elle nous sensibilise aux comportements humains. J’ai beaucoup apprécié la profondeur de ses idées dans cette romance historique.

Ce roman est un beau roman d’amour.
Intéressant par le contexte historique et les débats moraux.
Qui prend son temps, qui décrit, qui parle, qui questionne, qui résout des combats internes. Qui joue de paresse et de charme.
Qui dépeint une multitude d’émotions et de sentiments qui peinent à être nommés par les personnages mais qui petit à petit se teintent et s’expriment.
Lorna et Clayton sont des personnages sincères, tout en réflexion et en interrogation d’autrui. J’ai apprécié de les découvrir et d’assister à leur appréhension, à leur compréhension et à leurs accords.

Mon évaluation : ♥ ♥  

Un étrange prélude : Une enquête de Veronica Speedwell (Tome 1) de Deanna RAYBOURN

Cette héroïne a le mérite de marquer les esprits : elle a la répartie rapide, l’esprit vif et la langue acérée. Elle est cultivée, intelligente et perspicace… Pourtant Veronica Speedwell se retrouve dans une situation assez inconfortable : définitivement orpheline et sans attache familiale, faussement mariée, embarquée malgré elle au sein de meurtres, d’enlèvements, de manipulations. La chasse aux papillons est mise de côté, la voilà emportée dans une promenade foraine (et d’autres embuscades) qui est loin d’être de tout repos.

Le résumé des éditions HAUTEVILLE – 06 avril 2022 :
Londres, 1887. Maintenant que sa vieille tante est enterrée, Veronica Speedwell est libre de reprendre ses voyages pour une noble cause : la recherche scientifique, et, occasionnellement, un peu de batifolage amoureux.
Aussi habituée à chasser les papillons qu’à éconduire ses admirateurs, Veronica a l’intention de s’embarquer dans l’aventure d’une vie ! Mais le destin en décide autrement… Veronica doit bientôt se libérer d’une tentative d’enlèvement, avec l’aide inattendue d’un énigmatique baron allemand. Il la confie à l’un de ses amis, un naturaliste reclus et irascible nommé Stoker.
Lorsque le baron est assassiné sans avoir pu révéler ce qu’il savait du complot contre elle, Veronica, poursuivie par un assaillant insaisissable, est contrainte de former une alliance avec Stoker pour découvrir la vérité.

Ce Mystery Cosy commence fort, le ton est donné. La narratrice comme l’héroïne développe un style de parler bien caractérisé : poli, affûté, pertinent. Les dialogues sont piquants. La situation initiale (discussion entre le prêtre, sa femme et Veronica) laisse présager la suite de l’aventure. J’ai affaire à un personnage haut en couleurs, qui connaît les règles et les conventions mais qui en joue.

Veronica Speedwell se dévoile aux lecteurs sans détour. Elle est franche, elle a des objectifs précis, elle est observatrice et ne passe pas par quatre chemins pour dire sa pensée. Elle affronte les situations, les personnages, les obstacles de la même façon : avec obstination, intelligence, raisonnement et détermination. Mais cela ne l’empêchera pas de tomber dans des dispositions fâcheuses que l’auteure nous concocte avec délice. En effet, Deanna RAYBOURN ne ménage pas son imagination et les positions cocasses dans ce premier tome. J’assiste à un tourbillon de péripéties toutes plus inédites les unes que les autres. C’est grisant, étonnant et amusant, sans oublier qu’on se creuse la cervelle pour ne rien laisser échapper de ce prélude.

L’enquête est bien ficelée : Veronica est enquêtrice par la force des circonstances. Elle est faite pour démasquer son poursuivant et pour comprendre ses motivations en même temps que les lecteurs.

A l’origine, l’héroïne est lépidoptériste. Traduction : c’est une amatrice qui capture, collecte et observe les papillons. Elle est aussi fan de la nature humaine qu’elle observe, dissèque et inventorie avec délice. Dans son aventure, elle est accompagnée d’un être aussi extra ordinaire, spécial et inhabituel qu’elle, Monsieur Stoker. Lui est un spécialiste de la taxonomie. Nous voilà embarqués, donc, dans une affaire des plus exceptionnelles et curieuses… avec des compagnons étranges mais non dénués d’intérêt.

Nul répit dans les pages qui se succèdent. Les chapitres défilent et m’offrent un lot de révélations, d’intrigues et de suspense. Plus j’avance dans le livre, plus je me passionne pour ce petit bout de femme qui surprend et détend. Les rencontres sont nombreuses, hors du commun. Je me demande pendant une bonne partie du roman comment les indices de cette enquête sont disséminés et, surtout, comment je vais les mettre bout à bout pour connaître l’identité et l’objectif du poursuivant. L’ensemble s’imbrique subtilement mais il est impossible pour le lecteur de prévoir cette introduction (cet étrange prélude) à la série.

Cette aventure est assez inhabituelle pour moi, pétillante et remarquable surtout pour les personnages caractérisés et cette entrée en la matière. Je me demande ce que le deuxième tome va donner : je suis curieuse de connaître la suite des tribulations de cette héroïne perspicace mais surtout de suivre ce premier fil directeur des investigations de l’héroïne. Comment cette première enquête va pouvoir donner lieu à d’autres dont Une périlleuse affaire? Quels liens vont entretenir Miss Speedwell et Mr Stoker au fil des tomes ?

Enfin, c’est une belle aventure qui me guette. Je vais de ce pas entrer dans la deuxième phase des enquêtes de Veronica Speedwell pour me faire une idée de cette série.

Mon évaluation : ♥ ♥  et 1/2 

Ce qu’elle a laissé derrière elle de Ellen Marie WISEMAN

Le résumé des éditions FAUBOURG MARIGNY – 09 mars 2022 :
1995.
Dix ans auparavant, la mère d’Izzy Stone a tué son mari d’un coup de fusil, alors qu’il dormait. Dévastée par la folie de sa mère, Izzy, qui a maintenant 17 ans, refuse de lui rendre visite en prison. Elle a depuis été accueillie par une famille d’accueil. Ses « parents » travaillent pour le musée local et décident d’inscrire la jeune fille dans leur groupe.
Sa mission : les aider à cataloguer les objets trouvés dans un asile abandonné depuis des années. Et au milieu de monceaux d’affaires, Izzy va découvrir des lettres jamais ouvertes, un vieux journal intime… et une fenêtre vers son propre passé.
1929.
Clara Cartwright a 18 ans. La jeune femme est prise en étau entre ses parents autoritaires et son amour pour un jeune immigrant italien. Furieux qu’elle ait rejeté un mariage arrangé, son père l’envoie dans une chic résidence pour « malades nerveux ».
Mais les Cartwright perdent leur fortune lors du krach boursier qui va suivre. Ne pouvant plus payer les soins de Clara, la jeune femme est transférée à l’asile public…
Même si Izzy fait face aux défis d’un nouveau départ, l’histoire ne cesse de l’entraîner dans le passé. Reconstituer le destin de Clara va obliger à réexaminer ses propres choix, avec des résultats… inattendus.

J’ai passé un moment tout à fait prenant avec cette double narration, la tension et mes émotions montant crescendo au fil des pages.

Ma préférence va vers Clara, cette jeune femme de 18 ans, éperdu d’amour pour Bruno Moretti, homme simple et « de catégorie sociale inférieure ». Les parents de Clara désapprouvent cette union au point d’en prévoir une autre avec James, le fils d’un ami de la famille.

Clara est une rebelle, ce qui signifie, à son époque, dans les années 1930, d’être enfermée dans un hôpital pour malades mentaux : elle refuse d’être guidée et enfermée dans un mariage qu’elle ne désire pas. Petit à petit, sans concession, Clara découvre un monde de reclus et d’exclus, un monde de brimades, de sanctions et de mauvais traitements : les pires remèdes sont inventés. Camisoles, isolements, piqûres par insuline jusqu’au coma, elle n’échappe pas à son dramatique destin. Son aventure nous est contée. J’espérais le meilleur possible pour elle…

En parallèle de ces chapitres terribles, la narration d’Isabelle Stone nous raconte les persécutions, les réflexions intimes et le harcèlement dont est victime cette jeune adolescente.

Pour moi, l’histoire, de son point de vue, est moins palpitante mais certains moments sont forts et m’émeuvent beaucoup. Divers sujets sont abordés par l’auteure, Marie Ellen WISEMAN, tels la folie (est-elle génétique et transmissible ?), la difficulté de comprendre autrui, l’adoption.
La chute de l’histoire (des deux histoires) est importante dans cet univers chaotique. Je l’ai particulièrement appréciée.

Les recherches de l’écrivaine ont dû être intéressantes et passionnantes. A la fin de l’ouvrage, j’ai eu le droit à une mini interview qui m’a ouvert le regard sur les pratiques passées, notamment cette volonté quasi divine de donner lieu à « une race » pure… et lorsque les Etats-Unis sont parties prenantes d’actes terribles, on se demande si le monde n’est pas fou… plus atteint que ces prétendus malades mentaux.

Voici donc un roman qui m’a attirée au premier regard (la couverture est sublime) avec des critiques élogieuses m’ont convaincue de me lancer dans ce double point de vue.

J’ai dévoré l’histoire en quelques heures, intriguée et curieuse de l’évolution des deux personnages. Certains points m’ont paru fort romancés, doux et timides, atténuants la violence des expériences (ce qui est bienvenu dans un tel univers…). Il est ainsi destiné à un public large, des adolescents jusqu’aux plus matures. Il n’est pas sans me rappeler le film « Le bal des folles » qui a été (pour moi) plus percutant et plus traumatisant. J’y retrouve quelques scènes.

Mon évaluation : ♥ ♥  et 1/2

Il n’est jamais trop tard pour libérer les licornes de Mélodie MILLER

Là encore, ce roman faisait partie d’une sélection que j’avais faite avant le début de mes vacances.

Partir pour Ibiza ? La destination était pile poil dans les évasions imaginaires qui m’allaient pour cette saison estivale. Me voilà donc aux côté de Manon.

L’héroïne est pour le moins psychorigide : classement, rigueur, maniaquerie, désir de performances professionnelles sont les atouts/faiblesses de Manon. Ses aspirations sont centrées sur la réussite de la grande et magnifique entreprise (au bord de la faillite), Stella… du moins au début.

Son équilibre est vite perturbé par le nouveau projet qu’on lui impose : à prendre ou à laisser, il en va de son avenir et de l’avenir de l’entreprise familiale. La pression est forte au commencement, elle est beaucoup moins présente au cours des pages. Manon trouve un joli projet citoyen- écologique-collaboratif : c’est une belle idée venant de l’auteure.

Durant son aventure, son attention reste professionnelle mais elle s’autorise à s’ouvrir sur d’autres sujets : son passé, ses ressentis, les battements de son coeur, la colocation qu’on lui impose et les secrets de l’île. Cette ouverture est bienvenue et fait le charme de ce petit roman.

Le roman est surprenant dans son évolution (au moins de mon point de vue…) et les péripéties sont agréablement étonnantes. L’histoire évolue d’une manière assez distrayante et intéressante. Manon se libère, ouvrant son regard sur les autres. L’héroïne se mêle à un monde inconnu (et fêtard, on s’en doutait !). Elle côtoie des personnages aux figures atypiques : Joanna, Mattéo, Arturo, Clarinette… Chacune de ces personnalités apporte mystère et originalité.

La sous-intrigue sur le décès de Stella apporte aussi un peu de piquant. Dommage qu’elle ne soit pas un chouilla plus aboutie (et plus réaliste dans les hypothèses…). Je suis restée sur quelques interrogations mais j’ai survécu 😉 !

D’une manière générale, le roman est plaisant. La romance a son lot de suspense : je n’étais sûre de rien… C’est donc un livre estival à découvrir, agréable et pétillant. Le récit est frais. Il est réussi.
Mon évaluation : ♥ ♥ 

Voici le résumé des éditions Independently published (AUTO-EDITION) – 06 juin 2022 : À 28 ans, Manon, directrice financière d’une agence d’événementiel habite seule à Paris dans un appartement bien ordonné. Ses rêves d’enfant ? Elle les a enfouis et oubliés depuis longtemps. Mais, lorsque sa boss l’envoie en urgence au siège à Ibiza, et qu’elle débarque dans la colocation d’Arturo le ténébreux, Jeanne la fée bohème et Mattéo le séducteur, sa vie prend une tout autre direction.
Manon osera-t-elle enfin lâcher ses dossiers professionnels pour laisser libre cours à sa fantaisie ? Et si ses colocataires l’aidaient à remonter le passé et à l’accepter enfin, cela mettrait-il en péril son avenir ? Ou le redéfinirait-il ?

Demain se dessine aujourd’hui de Véronique MACIEJAK

Demain se dessine aujourd’hui faisait partie de ma sélection de livres que j’avais envie de lire cet été. J’ai profité de mes vacances pour le découvrir.

Ce fut une expérience assez atypique (pas forcément celle que je recherchais en entrant dans ce livre) : à la limite des bons conseils et du coaching (développement personnel) et de la fiction/réalité. Je pense (ce n’est que mon avis) que l’auteure s’est cherchée et a produit une histoire qui donne l’impression d’être autobiographique (ou très inspirée de l’expérience de l’auteure).

Ai-je aimé ? Oui et très légèrement non. Ce roman est une première pour moi : je n’aspire pas à lire des leçons du bonheur. J’aime me décaler de « ma » réalité et de moi pour m’évader dans la peau d’autres personnages.

Or, ce roman est une véritable discussion avec le lecteur. Chloé est le lecteur et Ethan serait notre coach. Le dénouement nous conduit évidemment vers la fiction mais la conclusion nous donne de parfaits conseils pour se gérer (gérer ses émotions, connaître sa personnalité…). C’est une lecture assez ambiguë pour moi. J’aurais aimé avoir une véritable fiction avec une héroïne qui agit davantage. Le discours est assez réflexif : c’est intéressant mais l’ensemble et le rendu sont éloignés de mes attentes de lecture.

Concernant les conseils, je les trouve avisés, cohérents mais je ne les cherchais pas sous cette forme.

Mon évaluation : ♥ ♥ 

Le résumé des éditions EYROLLES – 02 juin 2022 : Chez BricoRémi, le rayon de Chloé est toujours nickel ! Les tournevis par couleur, les rallonges par taille… Tout le monde s’y retrouve, surtout les clients. Que ce soit au travail ou chez elle, Chloé apprécie les étagères bien ordonnées. Personne ne pourrait croire que cette employée modèle cache un secret depuis deux ans. Même l’exubérante Josy, sa collègue et confidente, ne s’est aperçue de rien. Pour s’échapper de son quotidien, Chloé imagine à haute voix la vie des passants. Un jour, un homme ose déranger son rituel en s’asseyant près d’elle au parc. Sur son banc. Il s’appelle Ethan et écoute plus qu’il ne parle. Mais qui est-il réellement ?  Josy a-t-elle raison de conseiller à son amie de s’en méfier ? La vie réservant son lot de surprises, Ethan pourrait bien ne pas être celui qu’il prétend… Un roman plein d’espoir pour se reconnecter à l’essentiel.