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Challenge COLD WINTER 2022 : l’heure du bilan

Fin janvier 2023 : je clos mon CHALLENGE COLD WINTER 2022 avec un sentiment de franc succès et de fierté.

J’ai largement rempli mon contrat (passé avec moi-même). C’est même la première fois que j’établis une liste de livres à lire, que je la respecte autant et que cette PAL dictée ne me procure aucun ennui. En temps normal, je déteste « l’obligation de lire » et la contrainte. Souvent, mon intérêt dévie vers d’autres lectures, d’autres horizons, si bien que je finis par abandonner.

Ce challenge m’a permis de lire des livres que je projetais de lire (un jour… lointain… plus tard…) mais qui s’étaient perdus au fin fond des oublis et de ma mémoire.
Entre deux, j’ai même trouvé des lectures nouvelles qui pouvaient être incluses dans les sous-catégories (lectures qui se sont révélées comme des COUPS de COEUR).
Il m’a donné la possibilité de varier les genres (alors que les années précédentes je visais essentiellement des romances autour de la féérie de Noël). Cette variété m’a évité de sombrer dans l’ennui, une fois les fêtes passées et la magie de Noël derrière moi.
J’ai eu des coups de coeur, (plus que je ne les aurais imaginés), des lectures très agréables. J’ai découvert un nouveau genre : la BD. J’ai ouvert une nouvelle catégorie dans le menu de mon blog (Historiques).

J’ai validé tous les menus, toutes les sous-catégories, lisant au moins un livre pour chacun et chacune. Une seule histoire sera différée : La véritable histoire de Noël, peut-être à l’année prochaine…

Voici maintenant tous les romans que j’ai découverts :
MES PREFERES :
+ Le sel de nos larmes de Ruta SEPETYS : COUP DE COEUR …     
+ Au quatre vents d’Amélie ANTOINE : COUP DE COEUR …     
+ On était des loups de Sandrine COLLETTE : COUP DE COEUR …     
+ Ta seule issue de Giles KRISTIAN : COUP DE COEUR …     
+ Oscar et la Dame Rose d’Eric EMMANUEL-SCHMITT : :   
+ Le chant de Noël, conte de Charles DICKENS :   
+ BD : Un chant de Noël, une histoire de fantômes de MUNUERA Luis José : : COUP DE COEUR …     

MES ADORES :
+ T’embrasser sous la neige d’Emily BLAINE :   
+ Fais un vœu de Nicholas SPARKS :   
+ La Malentendue de Yolaine DESTREMAU :   
+ La secrétaire de Himmler de Catherine HOKIN :    1/2
+ Les racines des ombres de François RABES :    1/2 

MES AIMES :
+ Cruels sont les rivages d’Eric LE NABOUR :    1/2 
+ Douze chiens pour Noël de Lizzie SHANE :   
+ La victoire d’Emily de Rhys BOWEN :   
+ Les perce-neiges s’éveillent sous la neige de Sophie JOMAIN :   
+ Juste à côté de moi de Sophie CARQUAIN :   
+ Le pays au-delà des mers de Christina BAKER :   

Pour ce CHALLENGE, en deux mois, j’ai donc lu 18 livres avec motivation, joie et plaisir… Ce qui fait un beau bilan hivernal.
Et vous, quelle est votre évaluation ? Quel est votre prochain défi ou challenge ?

A bientôt.

Ta seule issue de Giles KRISTIAN : Encore UN COUP de COEUR

Pour finir mon CHALLENGE COLD WINTER 2022, je termine sur un COUP DE COEUR.
Celui-ci était loin d’être acquis : j’avais postulé pour la MASSE CRITIQUE sur BABELIO. Ma candidature n’a pas été sélectionnée… si bien que ce roman a été le dernier de ma liste et celui que j’aurais pu ne pas découvrir. J’ai bien fait de ne pas renoncer !

Ce thriller enneigé est immersif, haletant, palpitant… L’auteur maîtrise l’art et la manière pour me tenir éveillée et faire monter l’adrénaline dans mon corps. Impossible de me séparer des personnages, de penser à autre chose qu’à cette traque jusqu’à la mort. Certains passages sont à couper le souffle, la violence est parfois très présente, les personnages sont malmenés jusqu’à l’extrême… Aucun répit pour le lecteur et cela du 2ème chapitre jusqu’à la chute.

Cela faisait longtemps que je n’avais vécu une telle emprise des mots sur ma vie. Je dois vous avouer que mon pire cauchemar est la traque… dans mes pires délires, je suis poursuivie. L’immersion ici est totale et l’empathie pour ce père et sa fille coule dans mes veines.

Au-delà de l’action, des combats, de la fuite, ce roman est un appel à la réflexion. L’auteur, Giles KRISTIAN, dans sa note, nous parle admirablement des thèmes qu’il développe (filiation, mort, quête d’autonomie), une analyse fine de son œuvre que j’ai fort appréciée.

Moi qui lit peu de romans guerriers et historiques, je serais presque tentée de découvrir sa série sur la guerre de Sécession… ou sur ses Vikings (Sont-ils traduits en français ?). L’écriture de cet auteur m’a beaucoup plu. Sa sensibilité aussi. Ses messages m’ont emportée.

Un roman passionnant de bout en bout. COUP de COEUR.

Le résumé des EDITIONS HARPERCOLLINS – 04 janvier 2023 : Les ténèbres à perte de vue. Une tempête pour tout horizon. La mort qui rôde. Comment en sont-ils arrivés là ? Erik et sa fille avaient pourtant prévu un simple trek dans les montagnes norvégiennes. Un moyen de se retrouver, après le drame qui a brisé leur famille. Mais à cause d’un accident, leur voyage tourne au cauchemar. Alors qu’ils ont trouvé refuge dans une maison isolée, ils sont témoins d’un crime atroce. Le père et la fille doivent fuir à tout prix. Fuir pour survivre. C’est le début d’une traque sans merci à travers des étendues hostiles…

Mon premier COUP de COEUR BD : Un chant de Noël, une histoire de fantômes de MUNUERA José Luis

Le résumé des éditions DARGAUD – 10 novembre 2022 : Londres, 1843. Tous les habitants, les mieux lotis comme les plus démunis, s’apprêtent à fêter Noël. Tous, à l’exception de Scrooge. Aux yeux de cette riche commerçante, insensible au malheur des autres comme à l’atmosphère de liesse qui baigne la cité, seuls le travail et l’argent ont de l’importance. On la dit radine, égoïste et mesquine. Elle préfère considérer qu’elle a l’esprit pratique. Et tandis que les festivités illuminent la ville et le coeur de ses habitants, Scrooge rumine sa misanthropie… Une nuit, des esprits viennent lui rendre visite. Ils l’emmènent avec eux, à la rencontre de la jeune fille qu’elle était, quelques années plus tôt, lorsque la cupidité n’avait pas encore rongé son coeur. Mais aussi à la découverte de celle qu’elle aurait pu devenir si elle avait choisi la voie de la bonté… Après le Bartleby d’Herman Melville, José Luis Munuera adapte librement un autre classique de la littérature anglo-saxonne : Un chant de Noël, de Charles Dickens. Munuera s’empare ainsi d’un des chefs-d’oeuvre de l’écrivain anglais, paru en 1843, et féminise le personnage de Scrooge. Une relecture délicieuse, à savourer pour les fêtes !

Quel magnifique album !

Me voici intriguée par les bandes dessinées et avide de découvrir en images des récits et des aventures. Pour l’instant, je reste dans ma zone de confort : je lis des histoires que je connais…

Celle-ci est découverte dans le cadre du CHALLENGE COLD WINTER : elle s’inscrit dans le menu YULE, au coin du feu (enroulée dans un plaid !).

Quel plaisir de parcourir la version féminine de Scrooge. Je trouve le personnage particulièrement réussi : beau (physiquement), hautain, à la langue aiguisée, intelligent et combatif.

Les bulles sont faciles à suivre, les images sont somptueuses. Les esprits sont admirablement représentés. Je suis vraiment convaincue par cette nouvelle version du conte de Charles DICKENS. L’auteur est brillant et son humour piquant et juste à propos.

Une très belle découverte ! COUP de COEUR       

Nuit du Solstice dans un hiver sombre : La secrétaire de Himmler

Ce roman que j’ai sélectionné dans ma PAL spécialement pour le CHALLENGE COLD WINTER 2022 est une véritable mine d’informations pour les amoureux de cette période historique. Deux éclairages nous sont offert par la voix de Magda, la secrétaire d’Himmler et par la voix de sa petite fille, Nina.

Magda m’apparaît en premier comme une jeune allemande ambitieuse, sensible et hostile au fascisme-nazisme. Elle vit pendant la seconde guerre mondiale. Sa famille défend les valeurs communistes. Elle est, au début du roman, un personnage commun qui acquiert un rôle « privilégié ». puis devient le témoin du machiavélisme des Nazis et plus particulièrement de Himmler.
Chez son premier patron, celui qui la recrute et celui qui décèle en elle sa véritable appartenance, (un chef d’entreprise allemand, sous la coupe apparente du régime nazi) je retrouve la personnalité et le charisme du célèbre M. SCHINDLER (de la liste de Schindler). Cependant, le rôle du personnage altruiste et charitable est moins l’objet de ce roman : c’est à travers les yeux de Magda que nous prenons connaissance des faits et des plans d’extermination des Juifs, communistes et autres populations anéanties par le régime et par Hitler.

Nina, sa petite fille, grandit en RDA (République Démocratique d’Allemagne) à une époque où l’Allemagne n’est pas unifiée et où deux camps s’opposent (deux mondes aussi) : l’Ouest et l’Est, le capitalisme et le communisme.
Pour avoir connu, à l’âge à peu près similaire de Nina, la chute du Mur de Berlin et l’effondrement du communisme, j’avoue que ce regard sur le monde m’a beaucoup intéressée. Certes, le roman est trop court pour que cette vision soit fine et précise mais j’ai rarement lu cette expérience dans les histoires. C’est une période peu évoquée, sans doute encore un peu taboue… Berlin a un tout nouvel attrait pour moi : j’aimerais bien vagabonder dans cette capitale et observer les stigmates de cette séparation et des restes de ces deux mondes si affreusement opposés.

Revenons à Magda et Nina.
Leur histoire est passionnante. L’alternance entre les deux vies donne envie d’en savoir plus et nous oblige à dévorer le roman.
Les destinées des deux jeunes femmes sont assez similaires : j’aurais aimé plus de divergences.
Le contexte est bien retracé et décrit.
Le point de rupture entre Magda et Nina, la maison-Tour, est assez bien trouvé. J’aurais presque aimé que le titre soit davantage centré sur la maison que sur le statut unique de Magda.

L’histoire de Magda a accaparé toute mon attention et mon intérêt tout au long du roman. Celle de Nina m’a paru secondaire et moins palpitante. Les chapitres de ce roman (pas plus de 18 chapitres) sont longs, assez denses. Ils m’ont obligée à prolonger ma lecture pour rester concentrée sur le récit et pour comprendre chaque étape de la vie de la secrétaire. La plupart évoque le passé de Magda. Nina permet de clore l’histoire et de faire la lumière sur les non-dits et le secret d’une période sombre et terrible.

La problématique des responsabilités des crimes contre l’humanité – thème central évoqué par le titre – est habilement détournée. Au cours du roman, Magda est assez vite « blanchie ». Si aux yeux de sa petite-fille, la lumière sur sa vie et ses responsabilités est floue, nous, lecteurs, nous attendons le moment où Magda se déculpabilisera de ses actes et de ses décisions passées.

Le roman se clôture sur un « petit retournement » de situation (que je pressentais…) : une fin romanesque qui adoucit le côté obscur et terrifiant de cette période de guerre et de haine. Les faits historiques m’ont beaucoup plus passionnés que le devenir des personnages (un aboutissement qu’on imagine forcément éthique et positif).

Ce roman est assez remarquable, passionnant, pour les côtés historiques qu’il évoque, pour ces deux périodes qu’il décrit à travers le vécu de Nina et Magda.
Il pourrait être encore plus riche avec davantage de détails sur la police (la Stasi) de RDA, l’espionnage et les complots politiques. L’auteure, Catherine HOKIN, a choisi de traiter l’expérience unique de deux personnages féminins. Le choix est intéressant. J’ai beaucoup aimé ce regard.

Mon évaluation :     1/2

Le résumé de CITY EDITIONS – 22 juin 2022 : La vie de Magda, une jeune secrétaire allemande, bascule le jour où elle entre au service de Himmler, le chef des SS. Les journées s’enchaînent : envoyer des invitations pour des réceptions, demander des devis pour la construction de camps de concentration et obéir à un homme qu’elle méprise. Mais en secret, Magda mène une double vie. Le soir, elle entre dans la clandestinité et travaille pour la Résistance. Un jeu dangereux où la jeune femme risque la mort à chaque instant. Mais c’est le prix à payer pour protéger l’homme qu’elle aime, un résistant qui combat le nazisme… Quarante ans plus tard, sa petite-fille Nina découvre des documents troublants datant de la Seconde Guerre mondiale. Dans les ruines d’un passé que sa grand-mère a tenté d’oublier, elle lève peu à peu le voile sur les mystères de l’histoire familiale. Des secrets qui vont bouleverser sa vie à tout jamais…

HIVER SOMBRE : La victoire d’Emily de Rhys BOWEN

Le résumé des éditions AMAZON CROSSING – 22 novembre 2022 : Pendant la Grande Guerre, Emily Bryce, jeune Anglaise de vingt et un ans, rencontre un beau pilote australien qui la persuade de s’engager. Peu de temps après, elle accepte sa demande en mariage.
Lorsqu’il est renvoyé au front, Emily se porte volontaire comme « Fille de la Terre » dans un domaine du Devonshire. Elle y découvre le journal intime d’une guérisseuse experte dans les herbes médicinales. Ce journal, ainsi qu’un jardin aux pouvoir miraculeux l’aideront à se remettre d’une grande tragédie.
Elle se découvre alors une vocation qui la fera passer près d’un nouveau drame, mais la conduira vers son destin.

Je suis toujours dans le CHALLENGE COLD WINTER 2022 et j’élimine petit à petit tous les livres de ma Pile à Lire. Aujourd’hui, je coche une lecture terminée : La victoire d’Emily de Rhys BOWEN.

Parmi les one-shot de l’auteure, ce roman est peut-être celui qui m’a le moins embarquée et le moins touchée alors que la lecture est convenable et l’ensemble satisfaisant.

J’ai particulièrement aimé L’enfant toscan, Les carnets de Venise, Farleigh Field. L’esprit de ces quatre romans reste similaire et les périodes historiques restent communes : une romance qui surmonte les première et seconde guerres mondiales avec une histoire parallèle qui se déroule dans le passé et qui donne une résonnance particulière au vécu de la principale héroïne.

Cette histoire parallèle dans La victoire d’Emily, une herboriste sorcière au destin dramatique à en croire l’imaginaire du village, n’est pas une intrigue secondaire importante mais au fur et à mesure du roman, elle accapare mon attention pour offrir une chute et un point de conclusion agréables à ce récit.

Emily est une jeune fille de bonne famille qui désire participer à l’effort de guerre. Elle cherche à devenir utile alors que tous les hommes sont partis se battre (et mourir) sur le front et dans les tranchées. Son aventure se déroule dans le Devonshire. Emily est Fille de Terre contre la volonté et les aspirations de ses parents. Elle prend son destin en main, s’exilant loin de l’autorité de sa famille, affrontant les obstacles du quotidien et ses choix personnels.

C’est une histoire assez fleur bleue, assez prévisible, sans réelle tension. J’ai anticipé sans effort chaque étape de son expérience, désirant ardemment être surprise pour finalement être charmée par la fin du roman (et surtout par la chute de la deuxième intrigue).

Ce livre me rappelle un autre déroulé du même genre, le choix d’Agneta – Les héritières de Löwenhof., histoire qui ne m’a pas passionnée mais qui a charmé beaucoup de lectrices. J’éprouve forcément une pointe de déception en lisant ce genre de romans mais inévitablement je les recherche pour découvrir la passion et le plaisir des grandes destinées. Ici, c’est une destinée qui est divertissante mais qui manque d’émotions. Mon coeur n’a pas palpité mais le pouvait-il après l’intensité du livre précédent (On était des loups) ?

Mon évaluation :   . Une lecture agréable qui favorise la détente.

On était des loups de Sandrine COLLETTE : SUPERBE ROMAN

Pour aller dans mon CHALLENGE COLD WINTER, j’ai regretté ne pas avoir inclus On était des loups de Sandrine COLLETTE. Ce livre (couverture, résumé, auteure) m’a fait de l’oeil depuis sa sortie. J’ai trouvé que l’occasion était belle pour le découvrir .

Et QUELLE découverte ! A couper le souffle !

J’ai eu des COUPS de COEUR pour des romans : celui-ci est unique : j’ai rarement lu une histoire aussi passionnante pour le fond et pour la forme.

La narration est somptueuse, atypique, à fleur de peau, honnête, vive, brute.

Le personnage principal est tour à tour désarçonnant par son récit sans barrière : il nous livre ses pensées intimes, aussi bien celles qui pourraient déranger que les plus belles et les plus vraies. Il est aussi autant animal qu’humain. Solitaire que généreux et altruiste.
Il sent l’Autre, il flaire son âme profonde, il débusque l’honnête du menteur, l’ami du tueur.

Ce récit est époustouflant, tellement vivant et prenant que je vais l’offrir à mes proches. Ils n’échapperont pas à mon coeur de coeur.

Dans ces pages, on ne peut qu’aimer la montagne, la nature, la pureté du ciel, de l’eau et de la terre. Tout m’a accaparé (au bon sens du terme) aussi bien l’être chasseur, que le père, que l’environnement.

Quelle relation avec le fils, le petit Aru ! Il est troublant ce lien du sang filial et inévitable et ce lien de l’esprit tout en construction.

Sandrine COLLETTE analyse finement l’être humain. Je lui tire mon chapeau d’avoir pu entrer dans la peau de cet homme aussi finement et aussi intelligemment.

Quant à la fin de ce roman : je vous mets au défit de l’anticiper ! Et oui, je vous pose la question avant que vous ne plongiez dans cette histoire. Après la lecture du résumé, comment imaginez-vous la chute ? Prenez quelques instants pour l’inventer.
La fin met l’uppercut final : celui bien mérité, celui qui reste inoubliable !

Excellent roman ! Merveilleuse écrivaine ! Je reviendrai très rapidement vers Sandrine COLLETTE.

Le résumé des Éditions de l’EPEE – 24 août 2022 : Ce soir-là, quand Liam rentre des forêts montagneuses où il est parti chasser, il devine aussitôt qu’il s’est passé quelque chose.
Son petit garçon de cinq ans, Aru, ne l’attend pas devant la maison. Dans la cour, il découvre les empreintes d’un ours.
À côté, sous le corps inerte de sa femme, il trouve son fils. Vivant. Au milieu de son existence qui s’effondre, Liam a une certitude.
Ce monde sauvage n’est pas fait pour un enfant. Décidé à confier son fils à d’autres que lui, il prépare un long voyage au rythme du pas des chevaux.
Mais dans ces profondeurs, nul ne sait ce qui peut advenir. Encore moins un homme fou de rage et de douleur accompa

HIVER SOMBRE : Les racines des ombres de François RABES

Dans la NUIT DU SOLSTICE, c’est avec « angoisse et horreur » (thèmes de la sous-catégorie d’un des menus du CHALLENGE COLD WINTER) que je me lance dans Les racines des ombres, un roman policier que m’ont gracieusement offert le blog NetGalley, les éditions HUGO POCHE et l’auteur François RABES. Je profite de cette occasion pour sortir le roman de ma longue pile de livres à lire.

Le résumé des éditions HUGO POCHE – 03 février 2022 : Les Vosges.
Une profanation de cercueil réveille la mémoire d’un terrible fait divers survenu quarante ans plus tôt. L’enquête est confiée a Claire, jeune substitut du procureur. Des zones d’ombres apparaissent bientôt et viennent éclairer l’affaire sous un autre jour. Entre un capitaine de gendarmerie hostile et un clan gitan dans le viseur de la justice, ses premiers pas sur le terrain vont s’avérer plus complexes que prévus. Simultanément, un couple et leur petite fille de six ans emménagent dans une vieille maison à rénover. Mais ce qui devait être un nouveau départ pour Michel, fils d’un puissant industriel de la région, sonne bientôt comme une plongée dans les méandres d’un épisode tragique qu’il croyait oublié. Une peur tenace revient le hanter et va le conduire sur les traces de son passé. Et si quelque chose ou quelqu’un reliait les deux évènements ? Et si l’ombre qui plane sur Michel depuis son enfance prenait racine au coeur des investigations menées par Claire ? La vérité les attend. Mais pour l’atteindre, ils devront l’un et l’autre braver leurs propres démons.

Les Racines des ombres est un roman qui tient en haleine. Il entremêle dans chaque chapitre trois points de vue différents : celui du voyou-gitan, un homme, loin du coeur tendre, celui d’une jeune substitut du procureur (rougissante et mal à l’aise) accompagnée d’un gendarme hostile et celui de Michel, fils trop souple et malléable, certainement naïf et trop gentil (c’est du moins l’image que l’auteur nous offre de ce père de famille) celui-ci s’installe dans une vieille habitation à rénover.

A partir de ces trois personnages centraux, l’intrigue s’articule dans une région où, des dizaines d’années plus tôt, un meurtre atroce a été commis. Une jeune fille de 16 ans est morte violée et égorgée. Son cercueil est découvert vide.

Les personnages sont fortement caractérisés : un contexte précis et une atmosphère particulière auréolent chacun d’eux. Démons, passés, spectres accompagnent les personnalités ; formulations, langage, actes et compagnies donnant un cadre et une image précise de ces êtres.

Le roman défile vite. La mise en place des personnages, des lieux et des événements prennent une première petite moitié du livre. Aucun ennui, pour ma part.

Le passé est lourd pour cette communauté atypique. Certains subissent, d’autres manipulent. Entre les méandres de l’esprit, les fantasmes, l’ambition et le pouvoir, les ficelles sont difficiles à démêler. C’est un récit assez imbriqué que nous offre l’auteur. Tous les personnages sont liés les uns aux autres.

Michel a capté toute mon attention. Je me suis questionnée tout au long du roman pour connaître les causes de ses cauchemars et hallucinations. La maison est-elle hantée ? Par qui ? Qui est le fantôme qui le rend si vulnérable ?

Quant à Claire, j’ai fortement apprécié l’espace dans lequel elle évoluait. L’hôtel, la chambre, le restaurant, ses hôtes sont à l’image de son esprit : torturé, hostile, déboussolant.

Bilan de ma lecture : J’ai préféré différer mon entrée dans ce roman qui, lors de ma première tentative (environ 6 mois plus tôt) ne m’a pas permis de l’apprécier. Je n’étais pas prête à entrer dans cette atmosphère. Ce fut une bonne décision car mon deuxième essai est concluant. J’ai même apprécié ma lecture, ce roman, cette rapidité dans les actions et les descriptions des personnages.
Mon évaluation :    1/2

Bonus CCW : Les perce-neige s’éveillent sous les flocons de Sophie JOMAIN

Ce roman est étonnant par son contenu. Je ne m’attendais pas à lire une sorte de conte de Noël mêlé à des sentiments forts : l’auteure aborde des thèmes poignants liés au handicap à l’acceptation de soi et d’autrui. Ces thèmes me touchent énormément et forcent mon intérêt pour ce livre.

J’ai particulièrement adoré le message de l’écrivaine. J’ai été charmée par ce petit garçon au visage ravagé, à la maîtrise de cette jeune maman, à sa patience, sa bienveillance, sa droiture dans le discours.

J’ai été moins touchée par les aventures de ce Monsieur Nicolas Claus et par les motivations de ce restaurateur atypique même s’il reste amusant de délirer dans cette féérie très à propos en décembre.

Je reconnais l’originalité de cette romance et je la vante parce qu’elle se démarque dans ce paysage romantique de lectures assez cadenassées par les clichés.

Ici, l’auteure nous plonge dans un élevage refuge de rennes (bienvenue à Perce-neige !), dans la souffrance d’un gamin différent (situation particulièrement bien décrite dans le quotidien et dans les relations sociales), dans le combat d’une mère et d’une famille pour s’élever dans le monde ordinaire (quelques péripéties romantiques…). C’est touchant, remarquable. Je suis admirative de l’imagination de Sophie JOMAIN qui sensibilise les lecteurs/lectrices avec sa plume délicate.

Donc, dans un contexte festif, avec l’idée de nous réchauffer le coeur, dans l’esprit de charité et de partage, les perce-neige s’éveillent sous les flocons est une histoire qui se démarque de toutes les petites romances classiques qui inondent notre monde en ce moment. Ce livre n’est pas seulement un condensé de chaleur, de bons sentiments et de guimauve rose bonbon, c’est aussi une lutte contre l’indifférence, un combat contre le rejet de l’autre. On entre forcément en empathie avec les personnages principaux (la mère, le fils, le grand-père… et même le père). Il y a là un message puissant et une volonté de nous amener à changer notre regard sur l’autre.

Pari presque réussi, pour ce qui me concerne.
Cette romance plaît énormément (que d’avis élogieux…). Pourtant, pour ma part, elle s’avère être très éloignée de mes attendus de lecture.
Si j’aime le thème central (la situation de handicap), je reste quelque peu éloignée du côté féérique et conteur du roman. Nicolas Claus est amusant, le restaurateur tellement différent, le grand-père juste bougon, la mère précieuse… mais l’ensemble propose un conte… qui reste un conte légèrement enfantin et facile.

L’entrée dans ce conte est surprenante. la fin est classique. Mon émotion a varié en fonction des personnages touchés. La romance est davantage un prétexte et secondaire, selon mon point de vue. J’aurais souhaité que le côté « handicap » soit plus développé : mais la promesse de l’auteure (de la couverture du livre) n’aurait pas été la même…

Mon évaluation :   

Magie de Noël : Juste à côté de moi de Sophie CARQUAIN

Le résumé des Editions CHARLESTON – 12 janvier 2022 : Quand Susie Pritt est embauchée par la famille Wagner pour peindre une fresque murale pour leur fils disparu, elle comprend vite qu’il ne s’agit pas d’une banale histoire de fugue ou d’un tragique accident. Niels a disparu dans sa chambre. Depuis un an, il ne sort plus, ne parle plus ni à ses parents ni à sa soeur, ne communique plus par aucun moyen. Il est là, juste à côté, mais il vit en dehors du monde.
Hantée par ses propres démons, Susie se donne pour mission de faire revenir le jeune homme. Alors qu’ils s’apprivoisent mutuellement, ces deux êtres blessés par la vie vont s’accompagner à leur façon sur le chemin de la guérison.

Je termine mon menu MAGIE de NOËL avec le roman de Sophie CARQUAIN que j’avais placé dans ma liste de livres à lire, il y a presque un an.

Ce roman a de nombreuses qualités. Sa couverture est aussi poétique que les mots de l’auteure.

Les personnages sont tout en souffrance, avides de se tirer des griffes de leurs démons. Susie a échappé à la tuerie du Bataclan. L’adolescent est reclus dans sa chambre sans date limite, incapable de se reconnecter au monde. Leur rencontre ouvre un espoir sur leur résilience.

Leur évolution est touchante, chacun accordant sa confiance et sa tendresse à l’autre avec sa propre appréhension de la vie. Le prisme de leurs émotions, de leur compréhension du monde, de leur vécu et de leur possible avenir est dépeint avec justesse et m’a beaucoup touchée.

Sophie CARQUAIN parle de peinture aussi simplement qu’elle décrirait un paysage. Ce fut amusant et passionnant pour moi de chercher les représentations des tableaux des peintres cités sur internet au fil de ma lecture. Tous les passages réflexifs sur les chefs d’œuvre m’ont envoutés. Les descriptions arrivaient avec pertinence dans le récit. L’art, la pensée et les sens sont à l’honneur dans cette histoire.

Si l’ensemble du roman m’a beaucoup plu, je rejoins quelques réticences quant au dénouement final de cette rencontre. J’ai trouvé dommage de donner une place secondaire, voire négligeable, à Milas qui m’a charmée au fil des pages avec ses mets culinaires aux senteurs exceptionnelles mais aussi avec sa bienveillance discrète.

Suzie s’est montrée ambivalente, juste insaisissable à un moment où j’avais besoin de poser un point final à cette histoire et non pas trois points de suspension avec des suppositions floues en tête. En définitive, la fin de ce roman m’a semblé hésitante, indéfinissable, ambigüe.

Dans l’ensemble, c’est une belle lecture que je recommande, un joli texte en prose avec de beaux personnages, un contexte artistiques riches et qui apporte beaucoup à la rencontre.

Mon évaluation :   

Calendrier de l’Avent : Surprise !

Le défi du calendrier de l’Avent ? Ouvrir une fenêtre et s’extasier de la surprise qui est derrière…

Aujourd’hui, en ce jour très spécial, c’est une lecture à l’aveugle qui m’attend : Le pays au-delà des mers, roman de Christina BAKER KLINE dont je ne connais pas le résumé (je ne m’en souviens pas…).

Pourtant, s’il figure dans ma PAL c’est que les blogs me l’ont vanté… et j’ai, un jour, lu la quatrième de couverture. Je prends souvent des indices qui m’orientent le regard et l’esprit et me fait anticiper une direction… Cap donc vers de nouvelles aventures !

En ouvrant la première page : mystère… je ne sais à quoi m’attendre précisément si ce n’est l’aventure de femmes (quatre femmes ?), en exil (je suppose – d’après le titre)… et comme j’ai consulté la table des matières, je cerne quelques grandes lignes :
Evangeline, Mathinna, Hazel, Ruby se partageront la narration (Ruby, est-ce un nom de femme ?), l’une et l’autre en prison, (puis) sur une île d’Australie, un jour, sur le port de Londres, un autre, et à bord du Medea (forcément un navire…) dans les années 1840.

Cette lecture est une jolie narration. Elle est conforme aux attentes que j’en avais. L’auteure s’est documentée et parsème son récit de détails et d’informations concernant cette époque : la condition des femmes conscrites envoyées en Australie, le traitement des populations indigènes recluses sur des îles à part au large des anciennes colonies anglaises.

Quant à l’histoire, elle se partage entre la petite Mathinna, une orpheline aborigène et la jeune anglaise, gouvernante, Evangeline. Deux récits en parallèle qui finissent par se croiser.

Cette romance est douce, conforme à la destinée que j’imaginais, centrée sur la rupture des parcours de vie et le trajet qui les mènent vers un nouveau départ.

Les rencontres sont enrichissantes et donnent à ces destinées un attrait tout particulier.
Olive (l’oubliée de mes hypothèses de lecture et qui pourtant tient un rôle non négligeable dans ces histoires) est d’apparence dure mais bienveillante : elle est bonne conseillère. Elle guide Evangeline et l’aide à affronter la réalité de cette expérience.
Hazel est une toute jeune adolescente que la vie n’a pas épargnée et qui se révèle indispensable par ses dons et ses connaissances pratiques.
Quant à Ruby, elle est en quelque sorte le fruit qui résulte de ce croisement de personnalités.

Je suis surprise de l’évolution du roman et des héroïnes. Je regrette que le récit autour de Mathinna ne soit pas plus développé. J’aurais souhaité que sa destinée soit décrite avec plus de précisions, même si elle est sombre.

Mon évaluation :    
C’est un roman qui se lit rapidement, qui apporte beaucoup sur le contexte historique et humain de cet exil forcé et de cette colonisation dramatique. J’aurais aimé plus de profondeur et un centrage unique sur Mathinna et Evangeline, moins de dispersion vers d’autres héroïnes secondaires mais je respecte les lignes directrices choisies par l’auteure : la filiation et l’héritage du passé.

Le résumé des édtions BELFOND – 08 septembre 2022 : Pour avoir naïvement cru aux promesses d’amour de son employeur, Evangeline, jeune gouvernante anglaise, a été accusée de vol et condamnée à la déportation. Sur le navire qui l’emmène en terre australe, elle pense à ce que sera sa vie dans le  » pays au-delà des mers « , qu’on dit si inhospitalier, peuplé d’indigènes et de renégats. Elle pense aussi à l’enfant qu’elle porte : saura-t-elle le protéger ? Pourra-t-elle s’appuyer sur la débrouillarde Hazel avec qui elle a noué une forte amitié lors de la traversée ?
Au même moment, sur l’île Flinders, au large de l’Australie, Mathinna, une orpheline aborigène, est elle aussi retenue prisonnière. Arrachée à sa tribu, la petite a été adoptée par le gouverneur et son épouse, qui entendent bien la civiliser à tout prix.
Ces trois femmes l’ignorent encore, mais leur sort est inextricablement lié. Sur ces terres soumises à la folie des hommes, elles auront besoin de toutes leurs forces, de tout leur courage pour survivre et se frayer un chemin vers la liberté.