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Le Tournesol suit toujours la lumière du soleil de Martha Hall Kelly

Le résumé des éditions CHARLESTON – 19 mai 2021 : Au printemps 1861, les États-Unis sont au bord de la guerre civile. En ces temps troubles où chacun joue sa liberté dans un pays sur le point de s’effondrer, les destins de trois femmes que tout oppose se croisent et se rejoignent.
À New York, Georgeanna Woolsey va à l’encontre de toutes les attentes de la société mondaine et s’engage comme infirmière sur les champs de bataille.
Jemma, jeune esclave d’une propriété du Maryland, se retrouve face à un choix cruel : saisir l’occasion inespérée de s’échapper ou demeurer auprès des siens.
Quant à Anne-May, qui mène d’une main de fer la plantation familiale depuis que les hommes ont rejoint les troupes confédérées, son ambition dévorante ne tarde pas à l’exposer à un sort terrible…

Honte à moi : je n’ai lu aucun livre de Martha HALL KELLY alors que ces deux précédents me font de l’oeil depuis de longs mois sans que je me décide à entrer dans ces univers.
Pourtant, la seconde guerre mondiale est vraiment un contexte que j’apprécie retrouver. C’est le cas dans son premier roman, Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux. Qu’est-ce que j’attends, alors ?
Partout où je passe, virtuellement ou physiquement, il pleut des éloges sur sa saga  LES FEMMES FERRIDAY : impossible maintenant pour moi d’ignorer ce dernier tome où la guerre de Sécession fait rage. Je me lance dans Le Tournesol suit toujours la lumière du soleil.
Je sais que je vais adorer chacun des trois opus, aussi différents soient-ils. Les couvertures sont magnifiques, j’adore les titres, même s’ils sont longs : ils sont peu classiques… Ce dernier ne fait pas exception.
Au jugé, je pressens une lecture fort appréciable… voire un coup de coeur (très certainement). Alors est-ce la peur d’être déçue qui me tenaille ? Ai-je développé trop d’attentes envers cette auteure ? La barre est haute en effet… Tout se joue rapidement en entrant dans un livre. Je tente celui-ci et je vous donne mon avis et mes impressions.

Je me jette… à l’eau ! Voilà, c’est fait… c’est lu.

Inutile de tourner autour du pot, ce roman me tient en haleine. L’alternance des trois points de vue donne du rythme et accentue le suspense : les chapitres se terminent au moment le plus intense. Impossible de ne pas poursuivre l’aventure.

Nous suivons trois destinées : celle de Mary-Jane, une propriétaire d’esclaves ; celle de Jemma, l’une de ses esclaves et celle de Georgy, une nordiste abolitionniste. Dans la première partie du livre, elles vivent en parallèle. Dans la deuxième partie, deux d’entre elles se rencontrent… Dans la troisième partie, c’est la confrontation !
La trame est bien construite. Je ne me suis pas ennuyée avec ces 750 pages.

Forcément, je retrouve dans ce livre des thèmes et des moments d’Autant en emporte le vent. A l’adolescence, j’ai lu et relu l’histoire de Scarlett, alternant le film avec les deux gros tomes dont je connaissais certains passages par coeur. L’intensité est moindre dans Le Tournesol suit toujours la lumière du soleil. Cependant, les trois points de vue nous offre un regard différent et plus humain.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture. Il faudra vraiment que je trouve le temps pour lire les deux autres livres des LES FEMMES FERRIDAY. J’ai lu que Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux était excellent… Est-ce votre avis ? Parmi les trois, lequel est votre préféré ?
1) Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux
2) Un parfum de rose et d’oubli
3) Le Tournesol suit toujours la lumière du soleil

Merci pour vos commentaires. Bien livresquement.

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥

La toute petite reine d’Agnès LEDIG : un nouveau COUP de COEUR

Le résumé des éditions FLAMMARION – 20 octobre 2021 : Un matin, Adrien, maître-chien, est appelé pour un colis suspect en gare de Strasbourg. Bloom, son chien hypersensible, va sentir le premier que les larmes de Capucine, venue récupérer sa valise oubliée, cachent en réalité une bombe prête à exploser dans son cœur. Hasard ou coup de pouce du destin, ils se retrouvent quelques jours plus tard dans la salle d’attente d’un couple de psychiatres. Dès lors, Adrien n’a de cesse de découvrir l’histoire que porte la jeune femme.
Dénouant les fils de leurs existences, cette rencontre pourrait bien prendre une tournure inattendue et leur permettre de faire la paix avec leurs passés afin d’imaginer à nouveau l’avenir.

Après avoir boudé son dernier roman (j’ai différé ma lecture…), je renoue avec Agnès LEDIG. J’adore cette auteure et j’ai vraiment eu un coup de coeur pour Dans le murmure des feuilles qui dansent et pour son album Le cimetière des mots doux. Je suis ses parutions avec attention. Je ne compte plus le nombre de romans de cette écrivaine que j’ai fortement appréciés. Je les ai presque tous lus… presque.

Lorsque j’ai appris l’édition de la toute petite reine, je l’ai d’office placée dans ma liste d’envie. Me voici donc face à cette nouvelle histoire.

Ce roman est très abouti. Les personnages principaux comme les personnages secondaires ont un message à passer. Ils ont tous leur problématique, chaque thème traité est enrichissant pour le lecteur et émouvant. Ainsi Agnès LEDIG aborde des sujets forts et plus anodins que je vous laisse découvrir.

La narration est aussi très bien construite. Il y a la voix d’Adrien, maître-chien de la gendarmerie qui subit un traumatisme post Mali, suite à une attaque d’hélicoptère, celle de Bertrand, l’oncle un peu paumé et faible, la narration à la troisième personne qui avance sur les pas de Capucine, au bord du burn-out puis celle des psychiatres, un couple qui a aussi son intimité, ses questionnements et ses tracas. Une voix inconnue nous suit tout au long du roman, discrète, qui interroge le lecteur, celle d’un vieil homme, solitaire, qui observe la maison délabrée d’en face et qui guette le moment où elle sera vendue. Son inquiétude ? Trouver des propriétaires dignes du passé de la maison. Un personnage est aussi touchant dans ce récit, c’est Bloom, le chien. Chaque voix nous emmène dans un thème cher à l’auteure. J’ai adoré les suivre.

A la fin de l’histoire de Capucine et d’Adrien, j’ai fermé le livre avec émotion, touchée. Agnès LEDIG a bouclé le roman d’une plume de maître. Chaque acte a trouvé son sens, porté son lot de sentiments, enrichit nos opinions. Le mystère de l’accident est résolu avec brio.

Ce roman n’est pas commun. Il est juste, poétique, questionnant, passionnant et tellement beau… Je le recommande. sincèrement. Il a résonné en moi. Ses multiples facettes prouvent la maîtrise et le grand art d’Agnès LEDIG.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡ COUP de COEUR.

Chercheur d’or de SULIVANE Nathalie

Le résumé des éditions HUGO POCHE – 14 octobre 2021 :
Lorsque Lia monte dans l’avion qui va lui permettre de survoler les montagnes d’Alaska, avec des clients à la recherche d’un site idéal pour leur projet touristique, elle ne se doute pas qu’elle ne rentrera pas à Miami aussitôt après.
Un problème météorologique inattendu entraîne le crash du petit appareil et la laisse, seule et blessée, dans la neige de cette contrée extrême.
Stanford vit reclus dans un chalet perché dans les montagnes, avec pour seule compagnie, Alpha, son loup apprivoisé. Pendant l’été, il est chercheur d’or et il vit coupé du monde le reste de l’année. Il est le seul à pouvoir porter secours à Lia, l’unique survivante de l’accident. Il la recueille chez lui. Pour l’hiver… Car il n’a aucun moyen de contacter les secours ni de reconduire la jeune femme vers la civilisation avant la belle saison. Lia commence sa convalescence, partagée entre le traumatisme de l’accident et la beauté sauvage de la nature qui l’entoure… et va apprendre à connaître cet homme mystérieux, solitaire ainsi que son compagnon, Alpha…

Voici une petite romance sans prétention qui a le mérite de me distraire. Il n’y a pas de surprise dans cette rencontre, tout est convenu : l’agacement de l’héroïne à se trouver piégée au coeur de l’Alaska enneigée, l’embarras de cet homme solitaire, bienveillant et fort agréable, l’isolement et le rapprochement qui s’en suit. Nous suivons les aventures de Lia qui découvre les dangers et les plaisirs de cet isolement forcé.

Pourtant, que ce récit soit classique, j’en redemande… J’apprécie ce moment de paix et d’insouciance qu’il m’offre. La période automnale est propice à ce type de lecture : temps gris et tristounet, froid qui impose le confinement… Bref, un bon téléfilm ou un instant fleur bleue, je suis douillettement installée et prête à accueillir cette histoire romancée.

L’Alaska et ses montagnes rocheuses toutes blanches sont dépeintes sous de multiples facettes. Je visualise les sommets, le ciel bleu, les nuages épais, la neige tourbillonnante, les sapins… le lac gelé. Les images défilent. L’impression générale du cadre est assez bien mêlée à l’action. Ce contexte m’aide à m’immerger dans le récit.

Tantôt Stanislas prend les rênes de la narration, tantôt on découvre le point de vue de Lia. L’ensemble est doux, sans scène érotique. La relation entre nos deux protagonistes reste pudique et respectueuse de l’autre. Un bon point pour ce roman (de mon point de vue).

L’ensemble est distrayant.

Je remercie le blog NetGalley, l’auteure et les éditions HUGO POCHE pour ce service presse.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡

Le coeur des fileuses d’Aurélie HADERLE

Le résumé des éditions PRESSES de la CITE – 14 octobre 2021 :
Le portrait d’une femme de cœur, engagée au début du XXe siècle pour améliorer le sort d’ouvrières de filature de soie dans les Cévennes.
1910, au coeur des Cévennes. Eulalie devient, après le décès de son père, l’unique héritière d’une prospère filature de soie. Désormais patronne, elle découvre que son usine est un véritable bagne féminin. Révoltée par les conditions de travail de ses ouvrières, elle décide, malgré de nombreux détracteurs, de bouleverser l’ordre social.
Bientôt la guerre éclate et le pays se vide de ses hommes. Eulalie réalise alors son vœu le plus cher : transformer son entreprise en communauté de femmes fondée sur l’entraide et la solidarité. Des amitiés se nouent, des amours se tissent. Mais Eulalie saura-t-elle s’affranchir d’un mariage malheureux et affronter les fantômes du passé ?

Ce livre a toutes les caractéristiques de son apparence. Eulalie est une femme bien née, douce, dévouée, respectueuse, naïve. Elle est bonne, elle est bienveillante et bien davantage… Elle est au coeur de l’entreprise familiale puisque son père est décédé. Elle deviendra fileuse… pour elle et un peu malgré elle.

Dans sa prime jeunesse, elle se laisse influencer par ses pairs : son père, les notables du village, la pression sociale. Puis, au fil des pages, elle change son regard sur la vie, sur les conditions d’exploitation des ouvrières, sur ces hommes qui ont soif de pouvoir et qui la manipulent.

Il s’agit bien d’une métamorphose, d’un combat, d’une révolution. Eulalie expérimente différents rôles et statuts pour trouver sa voie et sa voix. Contre son éducation, elle devient patronne, femme mariée et soumise, puis socialiste, révolutionnaire et émancipée. L’auteure, Aurélie HADERLE, et le destin ne sont pas doux avec l’héroïne. Toutes les épreuves l’attendent de l’enfance à cet âge adulte (encore si jeune) où elle ouvre les yeux sur ses proches et les siens. Eulalie, enthousiaste et énergique mène des combats pour acquérir sa place sur la propriété familiale, dans son village, dans ce pays chamboulé par la guerre.

Je reste sur ma faim avec ce roman. J’étais persuadée qu’un second tome allait s’offrir à moi. Certes, l’auteure nous apporte des réponses. Les premiers chapitres interrogent les intentions des parents : pourquoi le père exclue-t-il ses deux filles de sa vie, pourquoi déshérite-t-il sa fille aînée, pourquoi la mère écrit-elle cette lettre qu’elle glisse au coeur de la valise d’Eulalie ? Quel est son message profond ? Quel changement veut-elle initier pour sa fille ?

Aurélie HADERLE remplit son contrat : les réponses sont là… Cependant, je me suis intéressée à la destinée de l’héroïne et j’aurais voulu qu’elle sorte de cette prédestination au malheur. La première guerre mondiale n’est pas terminée, d’autres épreuves attendent cette femme… Eulalie perd ce qu’elle a de plus précieux au monde : va-t-elle survivre dans ce monde où elle n’a plus ses fidèles ami(s) ? Qu’adviendra-t-il d’elle dans les années futures ? La simple dissipation du secret familial peut-il garantir son avenir et peut-il nous satisfaire, nous, lecteurs et lectrices ? On dit que… (je ne vais pas spoiler la fin du roman, non !)… On dit que… J’aurais voulu lire cette suite… jusqu’à sa vraie réussite : personnelle et sociale.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ 1/2 ♡

Je remercie le blog NetGalley, l’auteure et les éditions PRESSES de la CITE pour ce service presse.

Ce que murmure le vent d’Amy HARMON

C’est une magnifique romance que nous offre Amy HARMON. Une porte s’ouvre sur le passé : Anna Gallagher s’y engouffre bien malgré elle. Sa hantise : quitter l’Irlande des années 1921 et tout ceux qu’elle a appris à aimer. Plus l’aventure avance, plus je me demandais quelle serait la chute de cette histoire…

Un Outlander irlandais

Le résumé des éditions CHARLESTON – 21 septembre 2021 :
New York, 2001. Pour respecter les dernières volontés de son grand-père adoré, Anne Gallagher fait le voyage de Brooklyn jusqu’en Irlande afin de disperser les cendres de son aïeul sur sa terre natale. Un voyage qui, au cours d’une étrange nuit, va la ramener quatre-vingt ans en arrière…
Quand la jeune femme se réveille, elle est en 1921, dans le domaine de ses ancêtres. Tous pensent qu’elle est son arrière-grand-mère : Anne, disparue lors de la sanglante Insurrection de 1915. Perdue dans une époque où son grand-père n’est qu’un enfant de six ans, la jeune femme du XXIe siècle doit tout réapprendre.

Un Outlander irlandais ? Ce roman en a toutes les caractéristiques et tous les atouts.

Anna Gallagher tombe malgré elle dans une faille temporelle. Elle se retrouve dans un monde qu’elle a longuement fouillé dans le cadre de ses recherches d’écrivaine : l’Irlande combative des années 1920 bien réelle, un peuple fort d’espoir d’indépendance et de vengeances… Voilà le tableau qui s’offre à elle.

Deux voix se partagent ce roman : le point de vue d’Anna et la voix de Thomas Smith, dans son journal intime. Anna amène le lecteur sur les pas de son aventure fantastique et extraordinaire. Thomas est davantage la voix historique, celle qui suit les terribles évènements qui ont opposé les Irlandais aux Anglais, les Irlandais anti-pacte et ceux qui sont pour le pacte. Petit à petit, le lecteur entre dans la vie intime de Thomas, ses pensées, son amour pour Anna. J’ai beaucoup aimé cette double narration, l’une davantage centré sur le contexte social et politique et l’autre sur le personnel.

Les éléments extraordinaires, voire fantastiques, ont été bien travaillés par l’auteure, Amy HARMON. Nous savons tous que le passé influe sur le présent : si on change les événements, on transforme l’actualité. Anna connaît l’Histoire, elle a le don de prévoyance. La logique causes/conséquences est bien construite et fort séduisante… surtout convaincante.

Son histoire personnelle m’a beaucoup séduite : la relation et l’attachement à son grand-père est émouvante, la réciprocité des sentiments s’explique comme un lien sacré : j’ai adoré, émue et touchée.

Quant à l’écriture de l’auteure… je suis sous le charme. En cours de lecture, je suis partie en quête d’autres livres de l’écrivaine. Je suis certaine de revenir vers elle et vers ses romans, les yeux fermés.

Bilan : Un très bon moment de lecture, passionnant et émouvant.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡

Les fiancés de l’été de Christian LABORIE

Le résumé des éditions PRESSES de la CITE – 21 août 2021 :
Entre la Lozère et Paris. Famille, amour, talent, tout est promesse dans la vie d’Ariane. Mais la guerre puis l’Occupation sonnent le glas des jours heureux et dessinent d’autres lendemains. Du pire… au meilleur…
Eté 1939, en Lozère. Tout sourit à Ariane et Raphaël… Leur jeunesse, l’amour qui les unit, un horizon plein de promesses. Il sera architecte, elle se rêve créatrice de modèles de chaussures dans l’entreprise florissante de son père. Le bonheur est là, à portée de main.
Mais, deux mois après leurs fiançailles, Raphaël apprend sa mobilisation. Des vies suspendues à la guerre. Lui, enrôlé dans la Résistance, est bientôt fait prisonnier. Elle, est prête à tout pour le sauver, en dépit des dangers. Son geste – fou, inconscient, courageux ? – va faire vaciller tout ce en quoi elle croyait. Ariane ne sera plus jamais la même. Son destin non plus… Pour le pire et le meilleur.

La narration de ce roman est classique : troisième personne du singulier, un narrateur qui relate les évènements avec un certain détachement sans entrer trop en avant dans les pensées des personnages. La distance créée est assez surprenante : j’ai pris l’habitude de lire des histoires où l’auteur m’impliquait dans les pensées de son personnage principal, visitant ses intimes réflexions. Il m’a fallu appréhender ce récit. Durant la première moitié du livre, ce ne fut pas des plus agréables pour moi.

Les fiancés de l’été est le premier opus de la vie d’Ariane.

La veille de la deuxième guerre mondiale, elle est une jeune fille de bonne famille. Son père tient une fabrique de chaussures dans laquelle est travaille durant l’occupation allemande. Le conflit éclate alors qu’elle connaît son premier amour avec Raphaël. Les événements chamboulent leur bonheur et pousse le jeune amoureux à devenir soldat. Ils se promettent un amour éternel : c’est sans compter sur le destin et le terrible conflit qui les séparent.

La narration est calquée sur l’Histoire. Le récit n’apporte aucune surprise : les apports historiques sont ceux que l’on apprend au collège, justes mais sans profondeur. L’auteur évoque sans s’appesantir la Résistance, la collaboration, l’extermination des Juifs, oubliant les personnages de son roman pour leur infliger des actions que j’ai lues et relues. Il manque l’émotion de la vie, le suspense des situations, les sentiments tantôt enflammés, tantôt bridés, les dilemmes les plus sournois, les ambiguïtés des rôles, les conflits qui devraient les amener à évoluer. J’avoue n’avoir pris que peu de plaisir à parcourir les pages jusqu’au moment des règlements de compte de la fin de guerre.

A ce moment, Ariane prend son envol, elle est face à des choix, de vraies questions existentielles : elle doit prendre des décisions. Le récit devient moins attendu et froid pour se concentrer sur la nouvelle existence de la jeune femme. La deuxième partie est bien plus intéressante même si elle aurait gagné en intérêt en s’attardant sur des situations et des pensées.

Je me demande ce que vont devenir certains personnages… Le livre n’a pas pris la tournure que j’imaginais. Les rencontres que j’ai faites, au travers d’Ariane, vont-elles ressurgir dans le deuxième tome ? Il faudra attendre la suite pour avoir l’histoire complète d’Ariane et pour que je me prononce sur l’oeuvre entière. A ce stade, mon avis est mitigé, voire un peu négatif mais je laisse une chance à l’auteur pour me conquérir avec la suite des aventures des fiancés de l’été

Mon évaluation : ♡ ♡ 1/2 ♡

Je remercie les éditions PRESSES de la CITE et NEYGALLEY pour ce service de presse. Voilà une belle occasion de découvrir un roman relatant notre passé et une des plus belles régions du centre de la France, quelques événements de notre passé et la découverte du monde de la mode.

Evergreen Island de Heidi PERKS

Le résumé des éditions PRELUDES – 6 octobre 2021 :
Une île. 
Une femme. 
Des secrets enfouis. 
Au large des côtes de l’Angleterre, Evergreen Island abrite une petite communauté qui vit isolée du reste du monde. Lorsqu’un corps est déterré dans le jardin de la maison d’enfance de Stella Harvey, la jeune femme est bouleversée. Surtout que vingt-cinq ans auparavant, un soir de tempête, sa famille a mystérieusement fui les lieux…
Déterminée à découvrir la vérité, Stella retourne sur l’île, mais elle s’aperçoit rapidement que les insulaires ne sont pas aussi accueillants que dans ses souvenirs, et qu’ils sont prêts à tout pour protéger leurs secrets.

Ce roman à suspense est tout à fait à mon goût. Je remercie les éditions PRELUDES pour ce service de presse.

L’alternance des temps, présent et passé, est bien orchestrée. Stella est la voix contemporaine. Le récit est partagée entre différents points de vue qui apportent un éclairage particulier à ce passé trouble.

La coïncidence entre la découverte du cadavre déterré et la fuite de la famille de Stella en pleine tempête, des années auparavant, sème le doute dans l’esprit de la jeune femme comme dans la nôtre.

Ses frère et sœur ont aussi leur part d’ombre : un garçon différent et une aînée qui ne semble n’avoir jamais trouvé sa place dans la famille. Viennent aussi les figures passées/présentes des voisins, témoins muets et inquiets d’évènements difficilement explicables.

S’ajoute le huis clos d’une vie sur l’île d’Evergreen. A la bonne saison, le ferry, conduit par le père de Stella, transporte quelques touristes. Ils ne restent jamais longtemps. Les habitants n’ont pas changé depuis des décennies. Alors quand le corps est découvert, Stella se demande qui est cet(te) inconnu(e) et comment il est possible que personne n’est remarqué son absence… J’ai adoré cette ambiance « petit village » où tout le monde connaît les actes, l’existence des petits secrets de l’autre, sans jamais les révéler aux étrangers.

Stella est aussi mystérieuse que ses anciens compagnons de vie. Le lecteur ne sait quelle vérité elle détient sur l’évènement, sur son frère, sur sa sœur, sur la relation entre ses parents.

Avec adresse et une plume fluide, Heidi PERKS mène la narration comme une experte du suspense. Les récits sont intéressants, amènent leurs lots d’indices, de troubles et de questionnements.

J’ai passé un agréable moment, sans m’ennuyer une seule seconde. Evergreen Island est donc un roman que je recommande pour les adeptes des romans psychologiques à mystère, mêlant secrets enfouis et double temporalité.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ 

Si la lune éclaire nos pas de Nadia HASHIMI

Le résumé des éditions HAUTEVILLE – 21 octobre 2016 : Fereiba sait aller de l’avant, depuis toujours. Elle a appris cela dès sa plus tendre enfance. Elle n’a pas choisi son mari, mais découvre finalement en lui son hamsar, son alter ego. De leur mariage naissent Salim, Samira et Aziz. Hélas, son époux n’assistera pas à la naissance du dernier : les talibans se chargent de faire disparaître cet ingénieur considéré comme un ennemi du régime. Alors que l’étau se resserre autour de sa famille, Fereiba décide de rejoindre sa sœur à Londres. Sans autre ressources que son courage et sa détermination sans faille, elle espère pouvoir compter sur le soutien de ceux qu’elle croisera sur les chemins de l’exil. Mais la route est longue et semée d’embûches avant d’attendre cette Europe qui leur promet des lendemains meilleurs…

Les évènements actuels m’ont amenée à ouvrir ce roman. Enfin ! me direz-vous… il était temps. Cinq ans après sa parution…

La lune éclaire les pas de Fereiba… Nadia HASHIMI éclaire notre vision du monde avec ses romans sur l’Afghanistan et sur l’Orient. Je ne suis jamais sortie tout à fait la même après la Coquille et la perle ( et cliquez encore ici …) ou après ces beaux récits remplis d’espoirs. J’aime les histoires de femmes fortes ou qui s’affirment au gré des évènements. Ce roman appartient à cette catégorie. Nul doute qu’il était fait pour me plaire. Il fallait que j’attende le bon moment pour l’ouvrir.

L’auteure nous présente le tableau de l’existence de Fereiba, en Afghanistan, enfant et jeune fille avant l’arrivée des Talibans au pouvoir. C’est une enfance terrible où les rêves sont encore possibles. A force de persévérance, il semblerait que Fereiba aurait pu être heureuse. Elle aurait pu avoir une vie d’enseignante.

Puis, Nadia HASHIMI nous narre le périple de cette femme pour fuir le joug des Talibans, protégeant ses enfants. Par force et par contrainte, elle quitte son pays natal, traverse multiples pays et épreuves pour atteindre son but : l’Europe. Les épreuves attendent cette famille orpheline d’un père (et d’un mari), séparent mère et fils. Deux points de vue s’imposent alors et rythment la deuxième partie du roman : celui de Fereiba et celle de son fils aîné. Nous accompagnons ces deux voix dans le dur périple de l’immigration et de la clandestinité.

J’ai mis de longs jours à lire cette aventure (le mois de septembre est toujours un mois compliqué pour moi). Soirée après soirée, chapitres après chapitres, accompagnée de l’actualité, j’ai vécu cette inquiétude et cet espoir fou d’un renouveau. La fin me laisse un peu sur ma faim. Il m’a manqué une ouverture sur cette nouvelle vie tant attendue. Dans l’ensemble, ce voyage a été clément. Chaque point de chute a apporté son lot de bienveillance et d’espérance. On espère ne jamais vivre cette solitude et ce rejet.

Mon évaluation : L’enfance de Fereiba (la première partie du livre) m’a vraiment beaucoup plu.
C’est un roman touchant, moins troublant que d’autres (Les hirondelles de KaboulLes cerfs-volants de Kaboul) mais intéressant et d’actualité. A lire, à méditer… ♡ ♡ ♡

Kalliopée : Le dilemme d’une reine (FIN) de Koko NHAN. Bilan de la série.

Le résumé des éditions Cherry Publishing 27 novembre 2020 : TOME 3 : Le dilemme d’une reine. Bien décidée à protéger son futur enfant des projets du roi de Lapisia, Kalliopée se réfugie à Viridia.Cependant, le retour n’est pas aussi facile qu’elle l’aurait imaginé. L’absence de Karel lui pèse. Alors quand se présente une opportunité qu’elle n’aurait jamais crue possible, montrer ce dont elle est capable à son propre peuple, Kalliopée s’en empare. Peut-être pourra-t-elle oublier sa peine en se concentrant sur ce nouvel objectif.Mais parviendra-t-elle à garder ses convictions secrètes dans l’espoir d’être couronnée ou ne pourra-t-elle s’empêcher de prendre la défense des plus faibles avant d’atteindre le pouvoir ?

Je poursuis ma lecture de la série Kalliopée (cliquez ici pour lire mon avis sur le début de cette série).

Le premier tome m’a suffisamment charmée pour que je me lance dans cette histoire. Le deuxième tome m’a fait lever les yeux au ciel tant les sentiments de nos protagonistes sont répétitifs (toujours en colère, aveugles, amoureux malgré tout…) jusqu’à la chute de cet opus, dénouement qui ouvre une nouvelle situation problématique. Ce juste (et intéressant) rebondissement m’a conduite vers le troisième et dernier tome de la série, curieuse de la fin mais aussi inquiète quant à ces sentiments largement décrits dans lesquels l’auteure s’enferme pour ses personnages.

La première moitié de ce dernier tome redonne à l’intrigue du punch et de l’attrait à cette aventure. Kalliopée est face à ses responsabilités. Elle termine son voyage en retrouvant ses terres et les figures de son passé : son père, Malo son amie d’enfance, son peuple, des ennemis aussi. Elle va devoir conquérir son rôle, faire face à toutes les brimades et les injustices qu’elle a vécues jusqu’à définir de nouvelles lois pour ses sujets.

J’ai l’impression que l’auteure dépasse les émotions « primaires » pour aller au plus profond des sentiments. Je ne lis plus la rage et la colère dans chaque page, un panel d’attitudes s’offre à cette future reine. Elle fait face aux complots des siens, ceux de son père, ceux du conseil du roi, ceux de ses amis. Les dilemmes s’imposent. Isolée et trompée, elle doit se surpasser. Elle opère un véritable choix : être reine ou rester l’épouse dans l’ombre de son mari, Kared, le roi du peuple voisin.

Jusqu’à ce moment, Kalliopée a toujours été intéressée et révoltée par la condition féminine, par les « sangs mêlés » (peuple métis non reconnu), par le mariage et ses injustices. Elle doit faire ses preuves (multiples obstacles l’attendent). Elle est mise au pied du mur. Dans ce dernier opus, les ennemis et les alliés ne sont pas tout à fait reconnaissables, Kared change de visage, perd son tempérament froid et brutal pour revêtir davantage de faiblesses et de vulnérabilité. C’est un bon point pour lui puisque sa femme va s’affirmer et s’épanouir au-delà de lui.

Koko NHAN a réussi à varier sa plume et à modifier les traits de ses personnages. Ensemble (écriture et personnages), ils ont évolué pour donner un roman plus attrayant et moins prévisible.

Certains points pourraient être améliorés comme la considération et le poids d’Edana dans le choix de Kalliopée et de Karel. J’aurais aimé davantage d’actions dans les livres, moins de retours sur les pensées des personnages. La double narration n’apporte pas toujours un plus dans l’évolution du récit ; avoir le point de vue des deux protagonistes est un avantage lorsque les complots sont évoqués et dévoilés aux lecteurs/lectrices mais cachés à l’autre. Je remarque quelques erreurs comme des oublis de mots, des mots écrits pour d’autres (clause/close), des erreurs grammaticales ou d’orthographes. Les personnages secondaires prennent de l’importance dans la fin du récit, cela aurait pu être développé dans cette aventure. Dommage que ce développement arrive tardivement.

Bilan : Une série qui se lit correctement avec quelques longueurs et des imperfections. Je suis assez mitigée dans l’ensemble, pas totalement convaincue mais pas déçue non plus. J’ai vécu des moments plaisants et des moments d’ennuis (face aux répétitions des sentiments et à la résolution des problèmes du couple). L’ensemble est satisfaisant et correct malgré tout, adapté à l’insouciance des vacances et la non-prise de tête de ces moments.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡

Kalliopée (3 tomes) de Koko NHAN

Le résumé des éditions Cherry Publishing 27 novembre 2020 : TOME 1 : Le sacrifice d’une princesse. Dans un monde où le mariage signe l’asservissement des femmes, Kalliopée, la princesse de Viridia, est soulagée de se retrouver unie à Karel, son premier amour et le futur roi de Lapisia. Mais la vie est cruelle et la guerre change les hommes. Lorsqu’elle retrouve l’héritier au trône, celui-ci n’a plus rien du garçon qu’elle a connu. Karel est devenu un homme impitoyable, qui dirige son armée d’une main de fer. À ses côtés, l’amour ne semble plus avoir droit de cité. La vie de Kalliopée dans ce nouveau palais s’annonce compliquée, entre complots, vengeances et fiançailles explosives. Son coeur résistera-t-il au sacrifice de sa liberté ?

J’ai commencé cette série, au vu des commentaires enthousiastes sur les différents sites que je fréquente. Etant en vacances, l’envie de lire une série m’a prise pour faire durer le plaisir de lecture, pour être plongée plus longtemps dans l’atmosphère de l’histoire. Ainsi, j’ai débuté KALLIOPEE, le sacrifice d’une princesse.

Le premier tome est, en effet, très prenant. On y découvre la jeune princesse promise à un prince d’un autre royaume. L’alliance entre les deux territoires est fragile puisqu’ils sont en guerre, leur mariage est organisé dans le but d’acquérir la paix. Nous sommes dans une dystopie où complots et trahisons rythment les relations. Kalliopée retrouve son amour de jeunesse mais celui-ci, le prince Karel, a beaucoup changé et vit dans la rage et l’esprit de vengeance. Tout le livre laisse transparaître une tension palpable, la colère, l’amertume, le rejet de tout l’entourage du prince envers Kalliopée qui symbolise l’ennemie. La jeune femme devra vivre les humiliations que son futur époux lui fera subir, la haine de son beau-père, les regards hostiles du peuple qui l’accueille.

C’est un roman sombre, qui maltraite ces personnages principaux jusqu’à leur offrir une belle sortie de secours : le désir de l’autre et peut-être l’amour… Ce premier tome offre une jolie introduction qui m’invite à poursuivre ma lecture. Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ et 1/2 ♡.

Comme prévu, je m’attelle au deuxième tome avec envie et curiosité. Kalliopée garde son statut de princesse. Elle fait le choix de devenir l’épouse de Karel. Sans surprise et sans spoiler, il semblerait que les deux personnages éprouvent une forte attirance. Le désir se mue en amour avec beaucoup de réticences. La confiance n’est pas totale. Autour d’eux, les complots se multiplient, l’entourage les manipule et ne joue pas franc jeu. Le couple est mis à mal.

Le scénario est logique mais un peu plus faible (selon moi). Les événements peinent à me nourrir et à me satisfaire. Les émotions et sentiments de nos deux héros sont redondants. Je note les répétitions au fil des pages, toujours l’importance des regards (ils sont omniprésents), la rage et la colère qui animent (encore et encore) nos amoureux, inlassablement. Ils montent vite en pression mais se pardonnent aussitôt le mal fait.

Cette partie de l’histoire m’a beaucoup moins charmée. Il m’est pourtant impossible de lâcher la série car la chute du deuxième tome reprend en suspense et en intérêt… Le troisième tome s’amorce et promet des intrigues intéressantes. Alors, je ne lâche pas ma lecture.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡

Le résumé des éditions Cherry Publishing 27 novembre 2020 : TOME 2 : Le tribut d’une épouse. Enfin mariée au prince Karel, Kalliopée découvre le rôle cruel d’une épouse. Malgré l’amour du futur roi, les chaînes qui entravent désormais ses poignets sont plus dangereuses qu’elle ne s’y attendait. Et son statut de princesse ne lui épargne aucune souffrance. Utilisée, manipulée, blessée, Kalliopée éprouve les sorts les plus sombres que son monde réserve aux femmes. Néanmoins, des alliés de taille sont prêts à se ranger à ses côtés… Et pour prouver sa loyauté à son nouveau peuple, la princesse ne compte reculer devant rien. Pas même la promesse de la mort. Mais Karel, lui, peut-il vouer la même loyauté à sa femme qu’elle n’en témoigne à son royaume ? Ou l’ombre de son père est-elle encore trop grande ?