Evergreen Island de Heidi PERKS

Le résumé des éditions PRELUDES – 6 octobre 2021 :
Une île. 
Une femme. 
Des secrets enfouis. 
Au large des côtes de l’Angleterre, Evergreen Island abrite une petite communauté qui vit isolée du reste du monde. Lorsqu’un corps est déterré dans le jardin de la maison d’enfance de Stella Harvey, la jeune femme est bouleversée. Surtout que vingt-cinq ans auparavant, un soir de tempête, sa famille a mystérieusement fui les lieux…
Déterminée à découvrir la vérité, Stella retourne sur l’île, mais elle s’aperçoit rapidement que les insulaires ne sont pas aussi accueillants que dans ses souvenirs, et qu’ils sont prêts à tout pour protéger leurs secrets.

Ce roman à suspense est tout à fait à mon goût. Je remercie les éditions PRELUDES pour ce service de presse.

L’alternance des temps, présent et passé, est bien orchestrée. Stella est la voix contemporaine. Le récit est partagée entre différents points de vue qui apportent un éclairage particulier à ce passé trouble.

La coïncidence entre la découverte du cadavre déterré et la fuite de la famille de Stella en pleine tempête, des années auparavant, sème le doute dans l’esprit de la jeune femme comme dans la nôtre.

Ses frère et sœur ont aussi leur part d’ombre : un garçon différent et une aînée qui ne semble n’avoir jamais trouvé sa place dans la famille. Viennent aussi les figures passées/présentes des voisins, témoins muets et inquiets d’évènements difficilement explicables.

S’ajoute le huis clos d’une vie sur l’île d’Evergreen. A la bonne saison, le ferry, conduit par le père de Stella, transporte quelques touristes. Ils ne restent jamais longtemps. Les habitants n’ont pas changé depuis des décennies. Alors quand le corps est découvert, Stella se demande qui est cet(te) inconnu(e) et comment il est possible que personne n’est remarqué son absence… J’ai adoré cette ambiance « petit village » où tout le monde connaît les actes, l’existence des petits secrets de l’autre, sans jamais les révéler aux étrangers.

Stella est aussi mystérieuse que ses anciens compagnons de vie. Le lecteur ne sait quelle vérité elle détient sur l’évènement, sur son frère, sur sa sœur, sur la relation entre ses parents.

Avec adresse et une plume fluide, Heidi PERKS mène la narration comme une experte du suspense. Les récits sont intéressants, amènent leurs lots d’indices, de troubles et de questionnements.

J’ai passé un agréable moment, sans m’ennuyer une seule seconde. Evergreen Island est donc un roman que je recommande pour les adeptes des romans psychologiques à mystère, mêlant secrets enfouis et double temporalité.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ 

Si la lune éclaire nos pas de Nadia HASHIMI

Le résumé des éditions HAUTEVILLE – 21 octobre 2016 : Fereiba sait aller de l’avant, depuis toujours. Elle a appris cela dès sa plus tendre enfance. Elle n’a pas choisi son mari, mais découvre finalement en lui son hamsar, son alter ego. De leur mariage naissent Salim, Samira et Aziz. Hélas, son époux n’assistera pas à la naissance du dernier : les talibans se chargent de faire disparaître cet ingénieur considéré comme un ennemi du régime. Alors que l’étau se resserre autour de sa famille, Fereiba décide de rejoindre sa sœur à Londres. Sans autre ressources que son courage et sa détermination sans faille, elle espère pouvoir compter sur le soutien de ceux qu’elle croisera sur les chemins de l’exil. Mais la route est longue et semée d’embûches avant d’attendre cette Europe qui leur promet des lendemains meilleurs…

Les évènements actuels m’ont amenée à ouvrir ce roman. Enfin ! me direz-vous… il était temps. Cinq ans après sa parution…

La lune éclaire les pas de Fereiba… Nadia HASHIMI éclaire notre vision du monde avec ses romans sur l’Afghanistan et sur l’Orient. Je ne suis jamais sortie tout à fait la même après la Coquille et la perle ( et cliquez encore ici …) ou après ces beaux récits remplis d’espoirs. J’aime les histoires de femmes fortes ou qui s’affirment au gré des évènements. Ce roman appartient à cette catégorie. Nul doute qu’il était fait pour me plaire. Il fallait que j’attende le bon moment pour l’ouvrir.

L’auteure nous présente le tableau de l’existence de Fereiba, en Afghanistan, enfant et jeune fille avant l’arrivée des Talibans au pouvoir. C’est une enfance terrible où les rêves sont encore possibles. A force de persévérance, il semblerait que Fereiba aurait pu être heureuse. Elle aurait pu avoir une vie d’enseignante.

Puis, Nadia HASHIMI nous narre le périple de cette femme pour fuir le joug des Talibans, protégeant ses enfants. Par force et par contrainte, elle quitte son pays natal, traverse multiples pays et épreuves pour atteindre son but : l’Europe. Les épreuves attendent cette famille orpheline d’un père (et d’un mari), séparent mère et fils. Deux points de vue s’imposent alors et rythment la deuxième partie du roman : celui de Fereiba et celle de son fils aîné. Nous accompagnons ces deux voix dans le dur périple de l’immigration et de la clandestinité.

J’ai mis de longs jours à lire cette aventure (le mois de septembre est toujours un mois compliqué pour moi). Soirée après soirée, chapitres après chapitres, accompagnée de l’actualité, j’ai vécu cette inquiétude et cet espoir fou d’un renouveau. La fin me laisse un peu sur ma faim. Il m’a manqué une ouverture sur cette nouvelle vie tant attendue. Dans l’ensemble, ce voyage a été clément. Chaque point de chute a apporté son lot de bienveillance et d’espérance. On espère ne jamais vivre cette solitude et ce rejet.

Mon évaluation : L’enfance de Fereiba (la première partie du livre) m’a vraiment beaucoup plu.
C’est un roman touchant, moins troublant que d’autres (Les hirondelles de KaboulLes cerfs-volants de Kaboul) mais intéressant et d’actualité. A lire, à méditer… ♡ ♡ ♡

Kalliopée : Le dilemme d’une reine (FIN) de Koko NHAN. Bilan de la série.

Le résumé des éditions Cherry Publishing 27 novembre 2020 : TOME 3 : Le dilemme d’une reine. Bien décidée à protéger son futur enfant des projets du roi de Lapisia, Kalliopée se réfugie à Viridia.Cependant, le retour n’est pas aussi facile qu’elle l’aurait imaginé. L’absence de Karel lui pèse. Alors quand se présente une opportunité qu’elle n’aurait jamais crue possible, montrer ce dont elle est capable à son propre peuple, Kalliopée s’en empare. Peut-être pourra-t-elle oublier sa peine en se concentrant sur ce nouvel objectif.Mais parviendra-t-elle à garder ses convictions secrètes dans l’espoir d’être couronnée ou ne pourra-t-elle s’empêcher de prendre la défense des plus faibles avant d’atteindre le pouvoir ?

Je poursuis ma lecture de la série Kalliopée (cliquez ici pour lire mon avis sur le début de cette série).

Le premier tome m’a suffisamment charmée pour que je me lance dans cette histoire. Le deuxième tome m’a fait lever les yeux au ciel tant les sentiments de nos protagonistes sont répétitifs (toujours en colère, aveugles, amoureux malgré tout…) jusqu’à la chute de cet opus, dénouement qui ouvre une nouvelle situation problématique. Ce juste (et intéressant) rebondissement m’a conduite vers le troisième et dernier tome de la série, curieuse de la fin mais aussi inquiète quant à ces sentiments largement décrits dans lesquels l’auteure s’enferme pour ses personnages.

La première moitié de ce dernier tome redonne à l’intrigue du punch et de l’attrait à cette aventure. Kalliopée est face à ses responsabilités. Elle termine son voyage en retrouvant ses terres et les figures de son passé : son père, Malo son amie d’enfance, son peuple, des ennemis aussi. Elle va devoir conquérir son rôle, faire face à toutes les brimades et les injustices qu’elle a vécues jusqu’à définir de nouvelles lois pour ses sujets.

J’ai l’impression que l’auteure dépasse les émotions « primaires » pour aller au plus profond des sentiments. Je ne lis plus la rage et la colère dans chaque page, un panel d’attitudes s’offre à cette future reine. Elle fait face aux complots des siens, ceux de son père, ceux du conseil du roi, ceux de ses amis. Les dilemmes s’imposent. Isolée et trompée, elle doit se surpasser. Elle opère un véritable choix : être reine ou rester l’épouse dans l’ombre de son mari, Kared, le roi du peuple voisin.

Jusqu’à ce moment, Kalliopée a toujours été intéressée et révoltée par la condition féminine, par les « sangs mêlés » (peuple métis non reconnu), par le mariage et ses injustices. Elle doit faire ses preuves (multiples obstacles l’attendent). Elle est mise au pied du mur. Dans ce dernier opus, les ennemis et les alliés ne sont pas tout à fait reconnaissables, Kared change de visage, perd son tempérament froid et brutal pour revêtir davantage de faiblesses et de vulnérabilité. C’est un bon point pour lui puisque sa femme va s’affirmer et s’épanouir au-delà de lui.

Koko NHAN a réussi à varier sa plume et à modifier les traits de ses personnages. Ensemble (écriture et personnages), ils ont évolué pour donner un roman plus attrayant et moins prévisible.

Certains points pourraient être améliorés comme la considération et le poids d’Edana dans le choix de Kalliopée et de Karel. J’aurais aimé davantage d’actions dans les livres, moins de retours sur les pensées des personnages. La double narration n’apporte pas toujours un plus dans l’évolution du récit ; avoir le point de vue des deux protagonistes est un avantage lorsque les complots sont évoqués et dévoilés aux lecteurs/lectrices mais cachés à l’autre. Je remarque quelques erreurs comme des oublis de mots, des mots écrits pour d’autres (clause/close), des erreurs grammaticales ou d’orthographes. Les personnages secondaires prennent de l’importance dans la fin du récit, cela aurait pu être développé dans cette aventure. Dommage que ce développement arrive tardivement.

Bilan : Une série qui se lit correctement avec quelques longueurs et des imperfections. Je suis assez mitigée dans l’ensemble, pas totalement convaincue mais pas déçue non plus. J’ai vécu des moments plaisants et des moments d’ennuis (face aux répétitions des sentiments et à la résolution des problèmes du couple). L’ensemble est satisfaisant et correct malgré tout, adapté à l’insouciance des vacances et la non-prise de tête de ces moments.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡

Kalliopée (3 tomes) de Koko NHAN

Le résumé des éditions Cherry Publishing 27 novembre 2020 : TOME 1 : Le sacrifice d’une princesse. Dans un monde où le mariage signe l’asservissement des femmes, Kalliopée, la princesse de Viridia, est soulagée de se retrouver unie à Karel, son premier amour et le futur roi de Lapisia. Mais la vie est cruelle et la guerre change les hommes. Lorsqu’elle retrouve l’héritier au trône, celui-ci n’a plus rien du garçon qu’elle a connu. Karel est devenu un homme impitoyable, qui dirige son armée d’une main de fer. À ses côtés, l’amour ne semble plus avoir droit de cité. La vie de Kalliopée dans ce nouveau palais s’annonce compliquée, entre complots, vengeances et fiançailles explosives. Son coeur résistera-t-il au sacrifice de sa liberté ?

J’ai commencé cette série, au vu des commentaires enthousiastes sur les différents sites que je fréquente. Etant en vacances, l’envie de lire une série m’a prise pour faire durer le plaisir de lecture, pour être plongée plus longtemps dans l’atmosphère de l’histoire. Ainsi, j’ai débuté KALLIOPEE, le sacrifice d’une princesse.

Le premier tome est, en effet, très prenant. On y découvre la jeune princesse promise à un prince d’un autre royaume. L’alliance entre les deux territoires est fragile puisqu’ils sont en guerre, leur mariage est organisé dans le but d’acquérir la paix. Nous sommes dans une dystopie où complots et trahisons rythment les relations. Kalliopée retrouve son amour de jeunesse mais celui-ci, le prince Karel, a beaucoup changé et vit dans la rage et l’esprit de vengeance. Tout le livre laisse transparaître une tension palpable, la colère, l’amertume, le rejet de tout l’entourage du prince envers Kalliopée qui symbolise l’ennemie. La jeune femme devra vivre les humiliations que son futur époux lui fera subir, la haine de son beau-père, les regards hostiles du peuple qui l’accueille.

C’est un roman sombre, qui maltraite ces personnages principaux jusqu’à leur offrir une belle sortie de secours : le désir de l’autre et peut-être l’amour… Ce premier tome offre une jolie introduction qui m’invite à poursuivre ma lecture. Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ et 1/2 ♡.

Comme prévu, je m’attelle au deuxième tome avec envie et curiosité. Kalliopée garde son statut de princesse. Elle fait le choix de devenir l’épouse de Karel. Sans surprise et sans spoiler, il semblerait que les deux personnages éprouvent une forte attirance. Le désir se mue en amour avec beaucoup de réticences. La confiance n’est pas totale. Autour d’eux, les complots se multiplient, l’entourage les manipule et ne joue pas franc jeu. Le couple est mis à mal.

Le scénario est logique mais un peu plus faible (selon moi). Les événements peinent à me nourrir et à me satisfaire. Les émotions et sentiments de nos deux héros sont redondants. Je note les répétitions au fil des pages, toujours l’importance des regards (ils sont omniprésents), la rage et la colère qui animent (encore et encore) nos amoureux, inlassablement. Ils montent vite en pression mais se pardonnent aussitôt le mal fait.

Cette partie de l’histoire m’a beaucoup moins charmée. Il m’est pourtant impossible de lâcher la série car la chute du deuxième tome reprend en suspense et en intérêt… Le troisième tome s’amorce et promet des intrigues intéressantes. Alors, je ne lâche pas ma lecture.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡

Le résumé des éditions Cherry Publishing 27 novembre 2020 : TOME 2 : Le tribut d’une épouse. Enfin mariée au prince Karel, Kalliopée découvre le rôle cruel d’une épouse. Malgré l’amour du futur roi, les chaînes qui entravent désormais ses poignets sont plus dangereuses qu’elle ne s’y attendait. Et son statut de princesse ne lui épargne aucune souffrance. Utilisée, manipulée, blessée, Kalliopée éprouve les sorts les plus sombres que son monde réserve aux femmes. Néanmoins, des alliés de taille sont prêts à se ranger à ses côtés… Et pour prouver sa loyauté à son nouveau peuple, la princesse ne compte reculer devant rien. Pas même la promesse de la mort. Mais Karel, lui, peut-il vouer la même loyauté à sa femme qu’elle n’en témoigne à son royaume ? Ou l’ombre de son père est-elle encore trop grande ?

La Prisonnière du highlander – L’Appel du highlander

Le résumé des éditions Stone Publishing – 29 juillet 2021 : Alors qu’elle accompagne un voyage scolaire dans les Highlands, Amy MacDougall descend dans les cachots du château d’Inverlochy. Dans les profondeurs des ruines, elle touche un rocher magique et voyage dans le temps jusqu’en 1307.
Infiltrant le château, le highlander Craig Cambel emprisonne Amy. Une MacDougall, elle est l’ennemie jurée de son clan. Mais quand il est forcé d’épouser la beauté fougueuse, il cède au désir. Amy doit retourner au vingt et unième siècle, mais ses sentiments pour Craig deviennent de plus en plus forts. Les siècles les sépareront-ils, ou la destinée parviendra-t-elle à les lier à travers les âges ?

Mariah STONE a écrit une série où les héros (femmes ou hommes) sont projetés dans le temps passé. Cette idée ressemble à celle de Diana GABALDON, dans le célèbre Outlander ou Les cercle de pierre ou le Chardon et le tartan. Nous avons là, le même point de départ d’intrigue, mais un scénario différent. Les aventures de l’héroïne (ou du héros, dans le tome suivant) ne comprennent pas les mêmes obstacles.

Dans la prisonnière du Highlander, Amy MacDougall doit gagner la confiance du chef de clan qui l’a capturée, Craig Cambel. Au XIVème siècle, les deux familles sont des ennemis depuis que Majorie, la sœur de Craig, a subi des violences et depuis que des meurtres ont été commis.

La romance est classique avec une pointe de complot de trahison qui enrichit le déroulé de l’histoire. La chute est telle qu’on l’imagine, avec une fin bienheureuse comme dans tous ces livres à l’eau de rose.

La traduction (anglais vers le français) comporte quelques erreurs de pronoms qui force la relecture mais qui n’entrave pas la compréhension.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡.
Ce fut un moment plaisant et agréable. Par curiosité et pour me distraire, je pourrais facilement me laisser tenter par le deuxième tome, Le Secret de la highlander, qui est centré sur le personnage de Majorie, avec un héros masculin qui traverse le temps. Par contre, pour celles et ceux qui désirent retrouver la fameuse série OUTLANDER, la déception risque de poindre car, je ne connais pas d’auteur(e)s qui peut (peuvent) rivaliser avec le scénario de Diana GADALBON.

Plume fantôme d’Isabel Wolff

Voilà des années que j’ai envie de lire ce roman. C’est chose faite.

J’ai découvert Isabel WOLFF avec un amour vintage que j’avais adoré. J’en garde encore un très bon souvenir. J’ai lu Rose à la rescousse (cliquez ici) et Accroche-toi Anna (et ici, aussi). Celui qui manquait particulièrement à ma liste était ce roman, bien particulier, qui ne ressemble vraiment pas aux autres. Il est rangé dans la catégorie des Chick-lit… je le classerais davantage du côté des historiques.

Deux voix se partagent ce livre : celle de Klara, néerlandaise qui a vécu à Java, durant la deuxième guerre mondiale. S’ouvre l’Histoire et la noirceur des hommes puisque Klara, enfant, est enfermée avec sa mère et son petit frère Peter par les Japonais. Elle raconte ses souvenirs, terribles, au coeur des camps, souffrant des plus lourds sévices. Celle de Jenni, une jeune femme écrivaine et biographe, qui recueille les expériences de Klara. Elle a aussi sa problématique et ses traumatismes.
La rencontre des deux femmes fait ressurgir le passé, chacune affrontant ses démons. La bienveillance et l’écoute sont des appuis qui libèrent la parole. Ainsi libérées, les blessures peuvent cicatriser.

C’est un roman touchant, rempli d’espérances et de confiance en l’avenir (malgré l’horreur décrite). La vie de Klara m’a particulièrement marquée. Elle évoque un pan de l’histoire que je ne connaissais pas. Je ne verrai jamais plus les îles (notamment l’île de Java) de la même manière. Paradisiaques, mon esprit refuse d’y voir l’horreur et l’agonie.

Je suis très heureuse d’avoir régressé dans le temps (sortie en 2015 – 6 ans déjà !), d’être retournée vers ce roman qui attisait ma curiosité. Plume fantôme est une histoire plus grave qu’il n’y paraît, adoucie (en quelque sorte) par l’expérience de Jenni… Je vous laisse découvrir son spectre, son passé et ses douleurs. Bonne lecture !

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ 

Le résumé des éditions JC LATTES – 06 mai 2015 : Jenni est ghostwriter (nègre), qui prête sa « plume fantôme » aux autobiographies de ses clients. Ce travail lui convient parfaitement – toujours hantée par une tragédie de son enfance, elle préfère se réfugier dans les souvenirs d’autrui plutôt que de ressasser les siens.
Klara, petite fille pendant la Seconde Guerre mondiale, a passé plusieurs années dans un camp d’internement à Java, sous l’occupation japonaise. Elle n’a jamais parlé de ce qu’elle y a vécu, mais à l’approche de son quatre-vingtième anniversaire, elle comprend qu’il est temps de partager l’extraordinaire récit de sa survie.
Tout en amenant Klara à raconter son enfance et à dévoiler un épisode méconnu de l’histoire mondiale, Jenni est contrainte de revenir sur son propre passé. Jenni et Klara pourront-elles s’aider l’une l’autre à apaiser leurs fantômes ?

Pour accompagner ma chronique, j’ai choisi ces deux couvertures : La première reflète la personnalité de Jenni qui est prête-plume (plume fantôme) ou ghostwriter.
La deuxième évoque davantage l’expérience de Klara, avec quelques symboles de l’île de Java : palmier, feuille de bananier, hibiscus, nature exubérante. Ma préférence revient aux éditions POCKET. Les deux silhouettes évidées sont touchantes : pleines d’amour, de complicité, de fraternité et de désir de protection. Les deux personnages résisteront-ils à cette guerre immonde ?

Des romans similaires :
– Celui de Ruta SEPETYS : Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre.
– Celui de Teresa MESSINEO, Deux femmes dans la tourmente.

Si la vie te donne des citrons, fais-en une tarte meringuée de Charlotte LEMAN

Le résumé des éditions L’ARCHIPEL – 20 mai 2021 : Clémence chérit l’existence tranquille qu’elle s’est construite : une vie de couple paisible, un fils adorable et un travail d’assistante dont elle connaît tous les rouages. Un si bel équilibre vaut bien quelques concessions. Alors, avec le temps, Clémence a appris à arrondir les angles.
Son petit monde s’effondre le jour où son mari la quitte pour une femme plus jeune. Cerise sur le clafoutis, il lui annonce qu’il reste dans leur appartement tant que celui-ci ne sera pas vendu !
Clémence va devoir choisir : désespérer ou reprendre sa vie en main. Cette épreuve pourrait bien être l’occasion d’une revanche…

Clémence doit faire le deuil de son couple. Antoine a décidé de tirer un trait sur 20 ans de vie commune au profit de son amour pour Lola, une jeune femme de 26 ans.
Avec humour, cette héroïne commente toutes les étapes qui la conduisent à la séparation définitive : le quotidien de sa vie (avant la révélation d’Antoine), la prise de conscience de la trahison de son mari (et oui, elle découvre que son mari la trompe !), la rupture (c’était obligé : Antoine file le parfait amour avec sa nouvelle compagne), la colocation obligée avant la séparation définitive (et là est le piment de l’histoire et le sel sur la plaie…).

La narration est ponctuée de commentaires de Clémence : ses pensées sont tantôt sarcastiques, désabusées, intelligentes, foncièrement absurdes. La femme doit gérer la mort de son couple, la gestion d’une famille protectrice et intrusive, un adolescent de 17 ans, un patron esclavagiste, son amie rigotte et pleine d’esprit, son groupe de pâtisserie… et un nouvel attrait. Les situations sont cocasses. Tous les obstacles sont sur sa route. Le lecteur (la lectrice) peut grincer des dents, fondre de tendresse et éclater de rire. C’est tout le but de Charlotte LEMAN.

Cela fonctionne assez bien sur moi. La lecture est agréable, sans réelle surprise, mais ces quelques heures de plongeon dans les malheurs de Clémence m’ont détendue.
Petit hic : J’ai eu plus de mal avec le dénouement et les révélations « inattendues » (dernier chapitre). Ces dernières (mis à part le déménagement) m’ont paru mesquines. Je n’ai pas validé les actes de la malheureuse. Ils sont immatures, ils sont médiocres. C’est bizarre, je n’ai lu aucun commentaire ou jugement sur ces actions comme si tout le monde les approuvait… vraiment ?

Au final, je ressors mitigée de ce roman. J’ai aimé la plume de l’auteure, incontestablement. L’idée générale est déjà vue mais traitée avec beaucoup d’humour (c’est un bon point). J’aurais aimé que l’histoire se termine différemment et (pourquoi pas ?) que tous ces incidents soient dus au hasard ou à d’autres plutôt que du fait de Clémence… Ce n’est que mon avis…

Mon évaluation : ♡ ♡ et un 1/2 ♡

Échange : Loft londonien contre cottage bucolique de Beth O’LEARY

Je remercie les éditions HUGO ROMAN et NETGALLEY, l’auteure aussi, Beth O’LEARY, pour cette lecture fraîche, romancée et pleine de bonne humeur ! Ce fut une excellente expérience. J’ai adoré.

Le résumé des éditions HUGO ROMAN – 12 mai 2021 : Leena Cotton est épuisée. Ce n’est pas elle qui le pense, c’est son corps qui le lui dit. Son burn-out explosif en plein milieu d’une réunion capitale parle à sa place. Pour la peine, son employeur lui impose deux mois de congés qu’elle ira passer – en traînant les pieds – dans le cottage de sa grand-mère, à la campagne. Elle aurait encore préféré mourir de surmenage que d’ennui…
Eileen Cotton a pris une décision : puisque son époux de toute une vie l’a quittée du jour au lendemain, elle a désormais le droit de vivre pour elle-même. Et pourquoi pas même… vivre une relation charnelle passionnée, à 80 ans ? Mais dans son petit village du Yorkshire, les candidats au poste d’amant ne sont pas légion…
Un problème ? Une solution ! La grand-mère et la petite-fille n’ont qu’à échanger leurs vies. Eileen ira habiter dans la colocation de Leena à Londres, où les beaux messieurs pullulent,
tandis que Leena a pour mission de se reposer à la campagne et… de régler tous les problèmes qu’elle avait tenté jusqu’ici de mettre sous le tapis.
Avec quelques conseils pour apprivoiser la trépidante capitale d’un côté, et un ou deux trucs pour gérer les voisins intrusifs (ou excessivement séduisants) de l’autre, les aventurières devraient s’en sortir… N’est-ce pas ?

Cette lecture est une surprise… une agréable surprise… Je n’en attendais pas tant !
Leena (la petite-fille) et Eileen (la grand-mère) se lancent un défi : changer de vie…

La londonienne prend quelques congés dans le cottage de sa grand-mère, tandis que l’aînée, habitante de la campagne du Yorkshire, réalise son plus grand rêve en s’expatriant dans la capitale. Toutes deux assument les responsabilités de l’autre. Ainsi, Leena découvre qui elle est aujourd’hui, Eileen s’épanouit dans une vie qui n’est pas la sienne. De chaque côté, les deux femmes sont agréablement entourées : les jeunes amis de Leena comme les habitants et vigilants voisins d’un certain âge apportent tout le soutien à nos deux personnalités.

J’ai beaucoup apprécié l’épanouissement de la trentenaire et davantage l’accomplissement de notre septuagénaire qui se permet une renaissance que l’on lit rarement dans les autres romans. Les péripéties qu’on leur impose m’ont données le sourire et la morale (peut-on s’occuper des affaires des autres ?) est très bien trouvée et illustrée. Dans ce roman, l’auteure se permet d’approcher les clichés sans s’en encombrer. L’histoire est bien bâtie, entre les deux points de vue, vivante et gaie. Elle aborde une multitude de petits thèmes bien posés. J’ai trouvé ce livre remarquable… un coup de coeur « roman d’été » à lire absolument !

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡ COUP de COEUR. Encore un joli roman d’été !

Un été à Nantucket d’Elin HILDERBRAND

Le résumé des ESCALES EDITIONS – 03 juin 2021 : Chaque année, les enfants de la famille Levin attendent l’été avec impatience pour retrouver la maison de leur grand-mère sur l’île de Nantucket. Mais en cette année 1969, rien ne se passe comme prévu.
Le seul garçon, Tiger, est appelé pour rejoindre l’armée des États-Unis au Vietnam. Blair, l’aînée, est enceinte de jumeaux et ne peut pas voyager. Recluse à Boston, elle se débat avec ses doutes au sujet son mari. Kirby, la cadette, qui a vécu une année difficile, entre son engagement pour les droits civiques et ses amours compliqués, décide de changer d’air et part travailler sur l’île voisine de Nantucket, Martha’s Vineyard. Jessie, la benjamine, se retrouve seule entre sa grand-mère, figure de la haute société de l’île, qui lui impose ses règles vieux-jeu, et sa mère, en proie au désarroi le plus profond depuis le départ au front de son fils.
Cet été 1969 sera pour toutes ces femmes celui de la résilience et du renouveau.

Tous les romans d’Elin HILDERBRAND se déroulent sur l’île de Nantucket. Celui-ci ne change pas cette règle. A chaque histoire, une famille s’expatrie, le temps d’un été, dans ce petit refuge pour se ressourcer, pour s’interroger, pour trouver le courage de… Il s’agit, la plupart du temps, de récits de femmes, souvent des sœurs, une mère, qui, après s’être perdues, se retrouvent, se réconcilient, s’expliquent, se livrent sans filtres.

Un été à Nantucket est toujours un roman de femmes, sur des femmes, sur une société, une époque, qui traitent principalement des non-dits qui pèsent et détruisent.
Nonny est la grand-mère, stricte, régissant son monde selon ses règles d’éducation d’un autre temps. Elle est le garde-fou d’une société en train de muter.
Kate, sa fille, se débat avec ses secrets, son passé et la mort accidentelle de son époux revenu de la guerre de Corée. Elle est désorientée, triste, solitaire. Son remariage avec David devrait lui apporter le réconfort et la paix. Elle a du mal à trouver sa place, se culpabilise, s’isole. Il y a aussi les filles de Kate…
Blair, enceinte de jumeaux, apprend que son mari est volage.
Kirby, révolutionnaire, féministe et contestataire, est une jeune femme moderne, en avance sur les idées de son temps. Elle décide de s’émanciper, de trouver un travail dans un hôtel, de gagner sa vie…
Jessie, treize ans, découvre la vie, partagée entre les doux rêves de l’enfance et la cruauté de l’entrée dans le monde des adultes.
Toutes vont affronter leurs problèmes, les surmonter et trouver leur nouveau chemin dans la vie.

Ce roman est dense puisque les quatre points vue nous sont offerts.
Il est assez lent et descriptif. Le temps, ici, est tronqué : ce sont les vacances, le contexte apaisé et apaisant des plages, des repas et des verres que l’on s’accorde durant la période estivale avec pour rupture les émotions et sentiments de nos personnages.
Comme toujours, Elin HILDERBRAND joue avec les personnalités, dépeint des portraits psychologiques précis, offre les détails qui leur permettent d’évoluer.

Les problématiques sont réelles. L’auteure traite des difficultés liées à la période telles l’émancipation de la femme, le regard de la société sur les actes d’autrui, le racisme et l’acceptation (ou le rejet) de l’autre, l’amour. Elle choisit les événements historiques qui lui permettent de mettre en valeur cette famille.

Les personnages ont un lien filial fort mais ils m’ont semblé un peu « cloisonné » dans leur vie, sans que leurs comportements et leurs actions aient de réelles conséquences sur les autres membres de ce clan.

Tiger, le frère et l’unique fils, est soldat. Il est parti combattre au Vietnam comme des millions de jeunes. Il reste le fil d’Ariane de ce livre menant avec lui (ses lettres) l’inquiétude permanente de sa perte et de sa mort. Jusqu’à la dernière ligne du roman, je me demandais, tout comme Kate et Jessie, quel sort l’auteure lui réservait. Elin HILDERBRAND évoque aussi le patriotisme. C’est une photographie particulière d’une communauté des années 1969 – 1970.

Le titre, Un été à Nantucket, est à l’image de l’histoire, paresseux et traînant. Il est une rupture et un nouveau départ. Il est idéal pour paresser au soleil… quoiqu’il manque un peu de dynamisme à l’ensemble. Je recommande mon premier roman de cette auteure qui m’a vraiment touchée : Pieds nus.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡

Comme dans un roman d’été d’Emily HENRY : COUP de COEUR « roman été »

Le résumé aux éditions CHERCHE MIDI – 03 juin 2021 : Augustus Everett est un écrivain  » sérieux « , considéré comme le nouveau génie des lettres américaines. January Andrews ne compte plus les bestsellers publiés, mais dans un tout autre registre : la comédie romantique. Si elle multiplie les happy endings, Augustus réserve à ses personnages des destins épouvantables.
Aux antipodes l’un de l’autre, ils vont néanmoins se croiser et se lancer un défi. Elle passera l’été à écrire un grand roman littéraire, lui s’essayera à une comédie sentimentale. Afin de trouver l’inspiration, January organise pour Augustus des excursions romantiques, et lui l’emmène à la rencontre de personnes à l’existence brisée.
Chacun devra achever son roman avant la rentrée et, bien évidemment, aucun des deux n’imagine tomber amoureux. Bien évidemment.

Ni l’illustration de couverture, ni le titre ne m’enchantaient au premier abord. Erreur : ce livre est une trouvaille, une romance qu’il ne faut surtout pas ignorer, cet été. J’ai été agréablement surprise, au point de le noter et de ranger Comme dans un roman d’été parmi mes COUPS de COEUR. Le roman d’Emily HENRY est très plaisant. Je garde son nom dans mes favoris : j’ai hâte de retrouver sa plume dans un prochain récit.

Le défi des deux écrivains m’a aidée à entrer dans le livre. Pas commun ! Inviter Gus à écrire une happy-end et January à rédiger un roman plus « ouvert » sur le monde et ses tragédies, avouez que la difficulté pour ces deux auteurs est majeure ! Augustus Everett est un écrivain sérieux qui cherche à cerner les problèmes des autres, January est plutôt fleur bleue, une grande romantique qui construit sa vie en poursuivant ses idéaux. Seulement, l’un et l’autre trimballent suffisamment de casseroles pour que la mécanique s’enraille. Je ne vais pas vous décrire ces passés qui les rongent, vous les découvrirez par vous-mêmes. C’est un grand plaisir de sonder leurs fantômes et de découvrir ce qui les brise.

Emily HENRY a bien travaillé ses personnages, c’est remarquable dans cette romance que je jugeais, au prime abord, bien trop légère pour que je lui accorde mon intérêt. Mes préjugés avaient tort : January, comme Gus, sont savamment décrits, avec leurs souvenirs (pas trop prégnants dans la narration), leurs émotions (qui ne dépassent pas les actions), leur rencontre (dont les descriptions sont hors de la norme, séductrices et intéressantes). J’ai trouvé cette histoire riche, étoffée et bien orchestrée. Je pense qu’elle mérite qu’on la découvre.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡ COUP de COEUR. Joli roman d’été !

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