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Ceci n’est pas un fait divers de Philippe BESSON : UPPERCUTANT !

Le résumé des éditions JULLIARD – 05 janvier 2023 : ​Ils sont frère et sœur. Quand l’histoire commence, ils ont dix-neuf et treize ans.
Cette histoire tient en quelques mots, ceux que la cadette, témoin malgré elle, prononce en tremblant :  » Papa vient de tuer maman. « 
Passé la sidération, ces enfants brisés vont devoir se débrouiller avec le chagrin, la colère, la culpabilité. Et remonter le cours du temps pour tenter de comprendre la redoutable mécanique qui a conduit à cet acte.
Avec pudeur et sobriété, ce roman, inspiré de faits réels, raconte, au-delà d’un sujet de société, le long combat de deux victimes invisibles pour réapprendre à vivre.

Malheureusement oui… cette histoire est tirée d’un fait divers… un horrible drame dont on ne sait si on se relèverait, nous-mêmes. « Papa a tué maman » : quelle situation plus terrifiante peut-on imaginer pour ces deux jeunes enfants (treize ans et dix-neuf ans) ?

Philippe BESSON nous livre une réalité pour laquelle on pourrait rougir de honte. Il décortique un couple, ausculte une famille dans ses plus sombres retranchements, observe une société inerte et impuissante.

Cette histoire m’a mise à terre : uppercut en plein coeur. J’ai du mal à écrire que j’ai apprécié ma lecture et que je l’évalue comme un coup de coeur. C’est une véritable réussite. L’auteur m’a conduite là où était son point de chute. Bravo à son talent.

Les personnages sont forts et bouleversants. Le bourreau est diaboliquement commun : on peut le rencontrer d’une manière intime. C’est inquiétant.

Philippe BESSON est tellement dans la sincérité et l’intimité du ressenti que j’ai un doute : est-il un auteur qui a atteint un degré élevé de perfection ou a-t-il lui-même approché de très près ces faits ?

Plus les descriptions s’approfondissent, plus le monde noircit jusqu’à devenir inextricable et inenvisageable. La tension monte d’un cran à chaque chapitre : je croyais que le meurtre d’une épouse par son mari était l’ultime acte mais il y a pire encore dans cet enchevêtrements des vies. La destruction de leurs enfants jusqu’à l’anéantissement.

Ceci n’est pas un fait divers (sous entendu un évènement d’importance secondaire)… certes pas : j’étais prévenue.

Ta seule issue de Giles KRISTIAN : Encore UN COUP de COEUR

Pour finir mon CHALLENGE COLD WINTER 2022, je termine sur un COUP DE COEUR.
Celui-ci était loin d’être acquis : j’avais postulé pour la MASSE CRITIQUE sur BABELIO. Ma candidature n’a pas été sélectionnée… si bien que ce roman a été le dernier de ma liste et celui que j’aurais pu ne pas découvrir. J’ai bien fait de ne pas renoncer !

Ce thriller enneigé est immersif, haletant, palpitant… L’auteur maîtrise l’art et la manière pour me tenir éveillée et faire monter l’adrénaline dans mon corps. Impossible de me séparer des personnages, de penser à autre chose qu’à cette traque jusqu’à la mort. Certains passages sont à couper le souffle, la violence est parfois très présente, les personnages sont malmenés jusqu’à l’extrême… Aucun répit pour le lecteur et cela du 2ème chapitre jusqu’à la chute.

Cela faisait longtemps que je n’avais vécu une telle emprise des mots sur ma vie. Je dois vous avouer que mon pire cauchemar est la traque… dans mes pires délires, je suis poursuivie. L’immersion ici est totale et l’empathie pour ce père et sa fille coule dans mes veines.

Au-delà de l’action, des combats, de la fuite, ce roman est un appel à la réflexion. L’auteur, Giles KRISTIAN, dans sa note, nous parle admirablement des thèmes qu’il développe (filiation, mort, quête d’autonomie), une analyse fine de son œuvre que j’ai fort appréciée.

Moi qui lit peu de romans guerriers et historiques, je serais presque tentée de découvrir sa série sur la guerre de Sécession… ou sur ses Vikings (Sont-ils traduits en français ?). L’écriture de cet auteur m’a beaucoup plu. Sa sensibilité aussi. Ses messages m’ont emportée.

Un roman passionnant de bout en bout. COUP de COEUR.

Le résumé des EDITIONS HARPERCOLLINS – 04 janvier 2023 : Les ténèbres à perte de vue. Une tempête pour tout horizon. La mort qui rôde. Comment en sont-ils arrivés là ? Erik et sa fille avaient pourtant prévu un simple trek dans les montagnes norvégiennes. Un moyen de se retrouver, après le drame qui a brisé leur famille. Mais à cause d’un accident, leur voyage tourne au cauchemar. Alors qu’ils ont trouvé refuge dans une maison isolée, ils sont témoins d’un crime atroce. Le père et la fille doivent fuir à tout prix. Fuir pour survivre. C’est le début d’une traque sans merci à travers des étendues hostiles…

Mon premier COUP de COEUR BD : Un chant de Noël, une histoire de fantômes de MUNUERA José Luis

Le résumé des éditions DARGAUD – 10 novembre 2022 : Londres, 1843. Tous les habitants, les mieux lotis comme les plus démunis, s’apprêtent à fêter Noël. Tous, à l’exception de Scrooge. Aux yeux de cette riche commerçante, insensible au malheur des autres comme à l’atmosphère de liesse qui baigne la cité, seuls le travail et l’argent ont de l’importance. On la dit radine, égoïste et mesquine. Elle préfère considérer qu’elle a l’esprit pratique. Et tandis que les festivités illuminent la ville et le coeur de ses habitants, Scrooge rumine sa misanthropie… Une nuit, des esprits viennent lui rendre visite. Ils l’emmènent avec eux, à la rencontre de la jeune fille qu’elle était, quelques années plus tôt, lorsque la cupidité n’avait pas encore rongé son coeur. Mais aussi à la découverte de celle qu’elle aurait pu devenir si elle avait choisi la voie de la bonté… Après le Bartleby d’Herman Melville, José Luis Munuera adapte librement un autre classique de la littérature anglo-saxonne : Un chant de Noël, de Charles Dickens. Munuera s’empare ainsi d’un des chefs-d’oeuvre de l’écrivain anglais, paru en 1843, et féminise le personnage de Scrooge. Une relecture délicieuse, à savourer pour les fêtes !

Quel magnifique album !

Me voici intriguée par les bandes dessinées et avide de découvrir en images des récits et des aventures. Pour l’instant, je reste dans ma zone de confort : je lis des histoires que je connais…

Celle-ci est découverte dans le cadre du CHALLENGE COLD WINTER : elle s’inscrit dans le menu YULE, au coin du feu (enroulée dans un plaid !).

Quel plaisir de parcourir la version féminine de Scrooge. Je trouve le personnage particulièrement réussi : beau (physiquement), hautain, à la langue aiguisée, intelligent et combatif.

Les bulles sont faciles à suivre, les images sont somptueuses. Les esprits sont admirablement représentés. Je suis vraiment convaincue par cette nouvelle version du conte de Charles DICKENS. L’auteur est brillant et son humour piquant et juste à propos.

Une très belle découverte ! COUP de COEUR       

On était des loups de Sandrine COLLETTE : SUPERBE ROMAN

Pour aller dans mon CHALLENGE COLD WINTER, j’ai regretté ne pas avoir inclus On était des loups de Sandrine COLLETTE. Ce livre (couverture, résumé, auteure) m’a fait de l’oeil depuis sa sortie. J’ai trouvé que l’occasion était belle pour le découvrir .

Et QUELLE découverte ! A couper le souffle !

J’ai eu des COUPS de COEUR pour des romans : celui-ci est unique : j’ai rarement lu une histoire aussi passionnante pour le fond et pour la forme.

La narration est somptueuse, atypique, à fleur de peau, honnête, vive, brute.

Le personnage principal est tour à tour désarçonnant par son récit sans barrière : il nous livre ses pensées intimes, aussi bien celles qui pourraient déranger que les plus belles et les plus vraies. Il est aussi autant animal qu’humain. Solitaire que généreux et altruiste.
Il sent l’Autre, il flaire son âme profonde, il débusque l’honnête du menteur, l’ami du tueur.

Ce récit est époustouflant, tellement vivant et prenant que je vais l’offrir à mes proches. Ils n’échapperont pas à mon coeur de coeur.

Dans ces pages, on ne peut qu’aimer la montagne, la nature, la pureté du ciel, de l’eau et de la terre. Tout m’a accaparé (au bon sens du terme) aussi bien l’être chasseur, que le père, que l’environnement.

Quelle relation avec le fils, le petit Aru ! Il est troublant ce lien du sang filial et inévitable et ce lien de l’esprit tout en construction.

Sandrine COLLETTE analyse finement l’être humain. Je lui tire mon chapeau d’avoir pu entrer dans la peau de cet homme aussi finement et aussi intelligemment.

Quant à la fin de ce roman : je vous mets au défit de l’anticiper ! Et oui, je vous pose la question avant que vous ne plongiez dans cette histoire. Après la lecture du résumé, comment imaginez-vous la chute ? Prenez quelques instants pour l’inventer.
La fin met l’uppercut final : celui bien mérité, celui qui reste inoubliable !

Excellent roman ! Merveilleuse écrivaine ! Je reviendrai très rapidement vers Sandrine COLLETTE.

Le résumé des Éditions de l’EPEE – 24 août 2022 : Ce soir-là, quand Liam rentre des forêts montagneuses où il est parti chasser, il devine aussitôt qu’il s’est passé quelque chose.
Son petit garçon de cinq ans, Aru, ne l’attend pas devant la maison. Dans la cour, il découvre les empreintes d’un ours.
À côté, sous le corps inerte de sa femme, il trouve son fils. Vivant. Au milieu de son existence qui s’effondre, Liam a une certitude.
Ce monde sauvage n’est pas fait pour un enfant. Décidé à confier son fils à d’autres que lui, il prépare un long voyage au rythme du pas des chevaux.
Mais dans ces profondeurs, nul ne sait ce qui peut advenir. Encore moins un homme fou de rage et de douleur accompa

Le bureau d’éclaircissement des destins de Gaëlle NOHANT : COUP de COEUR

J’ai lu La Part des Flammes de Gaëlle NOHANT, un roman qui n’était pas loin de m’évoquer la série Le Bal de la charité.
Le souvenir de cette histoire reste forte et indélébile dans mon esprit et dans mon coeur. Je n’ai pu résister à ce nouveau livre de l’auteure, d’autant plus qu’il parlait des camps de concentration et des objets laissés derrière toutes ces populations décimées par les Nazis, traces qu’il fallait restituer aux descendants.

Le résumé des éditions GRASSET – 04 janvier 2023 : Au cœur de l’Allemagne, l’International Tracing Service est le plus grand centre de documentation sur les persécutions nazies. La jeune Irène y trouve un emploi en 1990 et se découvre une vocation pour le travail d’investigation. Méticuleuse, obsessionnelle, elle se laisse happer par ses dossiers, au regret de son fils qu’elle élève seule depuis son divorce d’avec son mari allemand. 
A l’automne 2016, Irène se voit confier une mission inédite : restituer les milliers d’objets dont le centre a hérité à la libération des camps. Un Pierrot de tissu terni, un médaillon, un mouchoir brodé… Chaque objet, même modeste, renferme ses secrets. Il faut retrouver la trace de son propriétaire déporté, afin de remettre à ses descendants le souvenir de leur parent. Au fil de ses enquêtes, Irène se heurte aux mystères du Centre et à son propre passé. Cherchant les disparus, elle rencontre ses contemporains qui la bouleversent et la guident, de Varsovie à Paris et Berlin, en passant par Thessalonique ou l’Argentine. Au bout du chemin, comment les vivants recevront-ils ces objets hantés ?

Si le titre du roman semble peu aisé à mémoriser du premier coup, il n’en est rien du contenu de cette histoire. L’ensemble est facilement accessible : l’auteure me résume fréquemment l’avancée des recherches d’Irène pour ne pas me perdre.

Irène est le personnage principal au croisement d’intrigues secondaires où, sans le rencontrer, le personnage du passé nous dévoile toute sa force, son charisme, ses actes et son courage. Suivre ces fils narratifs a été une très belle aventure pour moi, très différente des romans sur le même thème, passionnante et émouvante. Ne pas le lire aurait été une pure omission. il est formidable, exceptionnel et fort attachant.

L’écriture est fluide. La plume de l’auteure est remarquable et dès les premiers mots, l’ambiance est là, pesante, angoissante mais réaliste.

Les rencontres d’Irène vont l’aider à donner du sens à son parcours. C’est un superbe roman qui fera longtemps battre mon coeur. et qui a secoué mon esprit.

Ewa, Wita et Lazar sont des victimes du passé qui permettent de revenir sur les crimes des Nazis, sur l’insupportable destinée des populations juives, polonaises ou non aryennes. Ce livre permet de remémorer les horreurs subies mais, fait exceptionnel, me permet de comprendre un contexte après-guerre que je ceranis mal. Entre le désir de mémoire et la volonté de dépasser toutes ces horreurs, les Alliés ont réalisé des choix (politiques, éthiques) qui ne sont pas sans conséquences. J’ai beaucoup appris avec ce roman. Même si les enquêtes d’Irène et les personnages sont fictifs, une part de vérité est présente. Toutes ces nouvelles connaissances que Gaëlle NOHANT m’apporte m’ouvrent un regard neuf sur ce que moi j’ai vécu enfant et jeune adolescente. Mon regard sur le monde actuel ne sera jamais plus identique à celui que j’avais avant. Je pense que je relirai ce livre pour encore mieux mesurer l’impact social et historique de tous ces événements.

Je remercie NetGalley et les éditions GRASSET pour cette exceptionnelle lecture et pour ce roman si remarquable.

Mon évaluation : COUP DE COEUR       

Le sel de nos larmes de Ruta SEPETYS

Ce livre s’inscrit dans le cadre du CHALLENGE COLD WINTER 2022 et de ma volonté à croiser ce défi avec une action « vide PAL ».

Cela faisait des années que j’avais sélectionné ce roman, suite à ma lecture de Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre de la même auteure.
A l’époque, je n’avais pu enchaîner les deux romans autour du thème de la guerre, de l’exclusion, de l’anéantissement. J’avais différé sa découverte jusqu’à l’oublier complètement.
Il y a quelque temps, je suis re-rentrée dans l’univers de Ruta SEPETYS. Conquise, émerveillée, amoureuse de l’histoire Hôtel Castellana, il fallait que je revienne vers elle. C’est donc avec plaisir que je vous écris que j’adore cette écrivaine, qu’il va falloir que je sois plus attentive au moment de ses parutions, que Le sel de nos larmes est un nouveau coup de coeur pour moi.

MARCHER dans LA NEIGE est toute l’histoire de ce roman. Trois adolescents affrontent le froid, l’exode, la persécution pour atteindre le navire qui leur offrira une liberté tant espérée.
Polonaise, Lituanienne, Allemand ou Prussien, chacun de ces jeunes gens a sa raison pour vouloir fuir l’Allemagne déchue, s’exiler pour ne pas être la proie des Russes, s’extraire pour ne plus subir l’oppression nazie. Les trois personnages transportent leur passé, leurs regrets, leurs espoirs.

Le quatrième personnage, Alfred, est un être étrange, naïf, rêveur. C’est celui qui m’a le plus dérangée. La lecture de ses lettres imaginaires et de ses délires m’a secoué au point où je ne le tolérai plus. Mais son rôle dans cette fuite est intéressante. Il ne pouvait y avoir que sa personnalité et son aveuglement pour diriger le trio vers cette destinée.

J’ai aimé l’alternance des chapitres, ce rythme très rapide entre les points de vue. Elle nous fait progresser dans le voyage, nous laissant que peu de répit pour s’apaiser. Les questionnements de chacun sont personnels, intimes. J’ai eu plaisir à varier les regards et à me poser différemment dans chaque esprit.

Les personnages secondaires, comme dans Hôtel Castellana, sont importants, aussi riches et finement travaillés psychologiquement et humainement. Le cordonnier, comme l’Enfant Perdu, comme la jeune fille aveugle ou Eva, viennent donner de la profondeur au récit et à l’aventure.

Le sel de nos larmes est donc, dans ce MENU MARCHER dans la NEIGE, l’entrée parfaite vers le voyage, l’hiver, les pays froids. Il est étrangement piquant et délicieux. Il laisse un goût de crainte, une saveur amère qui me ramène à la situation actuelle en Ukraine. C’est un très beau roman.

Mon évaluation : COUP DE COEUR     

Le résumé des éditions ‏ : ‎ GALLIMARD JEUNESSE – 4 janvier 2018 : Hiver 1945. Quatre adolescents, chacun né dans un pays différent, chacun hanté par sa propre guerre. Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied, le destin les a réunis pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes… et embarquer sur le « Wilhem Gustloff », un navire promesse de liberté.

Challenge COLD WINTER 2022-2023 : Qu’y a-t-il au menu « Hiver sombre » ?

Voilà… j’ai fait quelques choix dans la liste de mes livres à lire… pour le menu HIVER SOMBRE du Challenge Cold Winter 2022.

J’ai été interpelée par la MASSE CRITIQUE de BABELIO pour lire Ta seule issue de Giles KRISTIAN. Le pacte est : une lecture contre une chronique. De suite, je me suis inscrite pour être sélectionnée (Je croise les doigts).
Ce roman nous conte une traque à travers des milieux hostiles (nature, neige, froid, tueurs…), n’est-ce pas le récit frisson idéal pour combler la sous-catégorie NAKATOMI TOWER ?

J’ai été attirée par un nouveau titre de Rhys BOWEN, auteure que j’aime beaucoup pour ces one-shot : La victoire d’Emily. Je l’ai sélectionné pour la sous-catégorie FANTÔMES des NOELS PASSES.
L’incipit donne le ton : « La clé de son avenir se trouve dans le journal intime d’une femme d’autrefois.« 

Si je n’avais pas déjà lu Aux Quatre Vents d’Amélie ANTOINE, je l’aurais placé ici… Je vous invite à découvrir ce superbe roman : pour moi, ce fut un COUP de COEUR. Question fantômes, maisons hantées, jeux avec les époques, nous sommes en plein dans le thème.

Et pour garder mon objectif premier en tête, j’ai cherché un livre dans la longue liste de livres que je voudrai lire. Pour la sous-catégorie NUIT du SOLSTICE : angoisse, horreur et créatures de la nuit, j’ai tout de suite pensé à deux livres :

Les racines des ombres de François RABES que j’ai sollicité sur NetGalley. Je n’ai toujours pas lu ce service de presse : c’est l’occasion !

La secrétaire de Himmler de Catherine HOKIN.
La période de la seconde guerre mondiale me semble tomber pile dans les thèmes : horreur et créatures de la nuit.
Quoi de plus terrible que la traque d’hommes et de femmes pour évoquer l’horreur ? Quant aux créatures de la nuit, ne peut-on pas penser aux Résistants et aux Justes qui œuvraient en catimini ? à ces Juifs sous-estimés qui se révélaient être des héros ? à ces femmes et hommes méconnus et « insignifiants » qui ont prouvé leur courage et leur témérité dans la peur et l’insoutenable ?

Qu’en pensez-vous ? D’autres idées ?

Aux quatre vents d’Amélie ANTOINE : Je pressentais que ça allait me plaire !

Le résumé des Etidions XO – 13 octobre 2022 : On dit que chaque famille a ses secrets. C’est encore plus vrai en temps de guerre…
1985, Sabran-sur-la-Lys. Un paisible petit village du nord de la France où tout le monde se connaît, depuis toujours. Un petit village où tout se sait. Et où, surtout, rien ne s’oublie.
Après avoir fait l’acquisition du château, un mystérieux personnage achète maison sur maison. De lui, on ne connaît que le nom : Clément de Clercq. Un matin, les villageois découvrent avec effroi que les portes et les fenêtres de toutes ces demeures ont été retirées. Les habitations sont ouvertes aux quatre vents, abandonnées, défigurées.
Bouleversée, une jeune femme, Léa, décide de tout faire pour sauver le village de son enfance. Il lui faudra alors fouiller dans les mémoires jusqu’à plonger au cœur d’un passé qu’aucun habitant n’a envie de revivre…

Voici une drôle d’histoire ! Drôle parce que sa naissance n’est pas commune et parce qu’elle m’a intriguée.
Voici ce qui a attisé ma curiosité : l’origine de l’écriture… Je vous recopie une partie des paroles d’Amélie ANTOINE :

« … par le plus grand des hasards entrée en collision avec la fascination de quelqu’un d’autre, quelqu’un que j’aime beaucoup et dont j’admire le travail : un illustrateur avec lequel j’ai déjà travaillé sur un album pour enfants. Il s’appelle Jack Koch. Un samedi de décembre 2019, au fil d’une conversation, il en vient à me confier en quelques phrases le scénario d’une histoire qu’il porte en lui depuis des années, mais qu’il n’écrira jamais, car il n’imagine pas prendre un jour la plume. Jack me parle de cet homme (qui n’était alors pas châtelain) qui décide de racheter des maisons au sein d’un village et d’en retirer toutes les portes et les fenêtres, transformant ainsi peu à peu un petit village de carte postale en village-fantôme où tout le monde se méfie de tout le monde.
Je me souviens de cet instant comme si c’était hier. Quand Jack m’a parlé, il s’est passé quelque chose en moi. J’ai vu les images, j’ai imaginé les scènes de désolation, et j’ai aussitôt eu l’intime conviction que cette histoire, qui me donnait déjà la chair de poule, devait exister.
C’est à partir de ce point de départ que j’ai commencé à imaginer et à écrire Aux quatre vents

La double temporalité, années 1980 et année 1944, n’était présente que pour me plaire !
J’adore les secrets, surtout s’ils sont bien enfouis et si les détenteurs se démènent pour bien les mettre sous le tapis…
Je me passionne pour les héroïnes qui mettent les pieds dans le plat et qui déterrent la boîte de Pandore. Je nomme sur le podium, Léa, la quarantaine, mère d’un jeune garçon asthmatique.
Je jubile dans les atmosphères restreintes, les régions rurales, les petits villages avec des habitants superbement caractérisés… Là, il s’agit de Sabran-sur-la-Lys.
Que dire d’un personnage désagréable (M. Vernay), d’un inconnu détestable (le fameux châtelain sans visage) ? Je me questionne sur le facteur, l’institutrice, le bon et le méchant… le collabo et le résistant… le sauveur et le traitre.

Ce roman est jouissif : Amélie ANTOINE nous conduit sur de multiples pistes. Mon flair est mis à rude épreuve. Ce roman est comme un grand jeu pour moi. Impossible de lâcher les chapitres, surtout ceux qui témoignent du passé (la seconde guerre mondiale). J’ai tant envie de savoir le destin de Ludmilla et de son mari, juifs, traqués… quel lien avec le village et surtout le pourquoi de ces maisons éventrées, déshabillées, dépouillées. Une vengeance se cache derrière tout cela… Démêler le vrai du faux, mes hypothèses de l’imagination de l’auteure est un vrai plaisir.

La plume de l’écrivaine ne manque pas de qualité. Elle est très plaisante : elle suscite en moi des tableaux qui nourrissent la narration. C’est très chouette ! Quelle passionnante découverte littéraire !

Mon évaluation : PETIT COUP DE COEUR avec 5 énormes cœurs…     
Un point de départ novateur… une histoire captivante, des personnalités vivantes, un mystère, un secret (des secrets), un village hanté : voici les ingrédients pour une lecture grand plaisir. Je recommande ! J’aime la plume de l’auteure, j’aime l’originalité de l’histoire, j’aime l’ambiance confinée. A découvrir inévitablement.

La violoniste d’Auschwitz d’Ellie MIDWOOD : COUP de COEUR !

Le résumé des éditions FAUBOURG-MARIGNY – 10 novembre 2021 : À Auschwitz, chaque jour est un combat pour survivre. Alma porte le matricule 50381. Cela ne pourrait pas être plus éloigné de sa vie d’avant. Star de l’Orchestre philarmonique de Vienne, nièce de Gustav Mahler, elle avait même fondé un orchestre de femmes.Rien de tout cela ne l’a sauvée. Jusqu’à ce qu’un chef du camp la reconnaisse et lui fasse monter un orchestre pour le bon plaisir des SS. Une position qui lui permet de soustraire des jeunes filles à la mort. Et de rencontrer Miklòs, un pianiste talentueux. Au milieu du désespoir et de la joie des répétitions, ils prient pour que le cauchemar cesse un jour. Mais à Auschwitz, l’air est contaminé par la mort, et la tragédie est la seule certitude…

Des retours très positifs : Il existe de nombreuses histoires qui ont lieu dans le camp d’Auschwitz. Celle-ci est parmi la mieux notée. Il est évident que l’émotion de ce roman est remarquable. Je n’ai pas échappé à cet engouement unanime. Les pages se sont tournées toutes seules. Je ne pouvais m’arrêter de penser à ces hommes et femmes si maltraités.
Dès les premières lignes, je percevais que ce livre serait différent. L’introduction m’a directement plongée dans l’atmosphère. J’ai fait confiance aux chroniques élogieuses que j’ai lues : c’est un formidable roman qui ne peut laisser indifférent.

Une histoire tirée de faits réels : Alma est une vraie héroïne, qui a véritablement vécu dans le camp d’Auschwitz.
Musicienne, violoniste, elle a tenu à bout de bras, jusqu’à l’épuisement, tout un groupe de femmes. A partir de petites compétences en musique pour les recrues qu’elle a pu protéger, elle a construit un orchestre admiré et adulé par des Nazis comptant dans les plus terribles. Ce fut une véritable gloire, un exploit inimaginable , une performance et une réussite reconnues…. salvatrices et merveilleuses.
Courageuse, énergique, altruiste, généreuse, protectrice, cette femme s’érigea dans ce monde atroce où l’humanité et l’humain sont piétinés. Je ne peux être qu’admirative de ce destin exceptionnel, ce combat acharné contre l’indifférence, le rejet, la haine.

Une héroïne au charisme exceptionnelle : Dans ce roman, j’ai été prise par la détermination d’Alma. Chaque avancée, chaque obstacle m’ont fascinée. J’ai été envoûtée par ce personnage. Chaque fait rapporté (factuel) s’est intégré dans la narration. L’auteure a géré l’insupportable très habilement. A la fin du livre, Ellie MIDWOOD a porté Alma vers la gloire, vers l’espérance, vers la grandeur. Je suis sortie de ce livre gonflée d’ardeur et de son courage.
Certains passages broient le cœur mais la plume de l’écrivaine est toujours appropriée, vive et libératrice. J’ai ressenti de vives émotions face à l’innommable mais il existe une juste dose entre l’horreur et l’espoir qui m’a permis d’aller jusqu’au bout de l’œuvre avec paix et sérénité malgré tout.

Mon évaluation : Ce roman est un COUP de COEUR, un COUP de FOUDRE. J’ai profondément aimé et admiré l’auteure, son histoire, Alma et ses compagnes, ce courage… Je suis admirative d’une telle réussite littéraire, touchante mais pas destructrice, émouvante et, surtout, porteuse de vie et d’amour.
Je le recommande.

L’amour de ma vie de Rosie WALSH : un presque COUP de COEUR !

 Le résumé des escales éditions – 06 octobre 2022 : Emma, biologiste marine reconnue et médiatisée, adore son métier, son mari Leo, leur fille Ruby et leur chien John Keats. En apparence, tout est parfait. Sauf qu’Emma sort d’une longue maladie et attend les résultats de ses derniers examens. Alors Leo, journaliste spécialisé dans les nécrologies de célébrités, trompe son angoisse grâce à ce qu’il sait faire de mieux : enquêter sur la vie des autres.
En rédigeant la nécrologie de sa femme, Leo relève des incohérences dans son passé. Incrédule, il tente de dénouer le vrai du faux. Mais il doit rapidement se rendre à l’évidence : la personne qu’il pensait le mieux connaître au monde est une étrangère.
À mesure que Leo dévoile ses secrets, Emma n’a d’autre choix que de lui prouver que, malgré ses mensonges, elle est bien la femme dont il est tombé amoureux. Mais d’abord, elle doit lui parler de l’autre amour de sa vie…

Cette lecture est passée à un doigt du coup de cœur.
Alors que je suis dans une période où je peine à me concentrer, où la fatigue prend le pas sur ma motivation, où je mets un temps infini à lire des romans de la première page à la dernière page, oubliant le peu de lignes que j’ai déjà lues, L’amour de ma vie m’a redonné un sursaut de plaisir.

Ce récit commence comme un roman d’amour : Emma et Léo vivent une histoire à part. Elle est biologiste marine, à la recherche d’un crabe particulier, atteinte d’un cancer… Lui écrit des nécrologies lorsqu’un décès est imminent ou lorsque la célébrité a disparu. Ils sont parfaitement différents. Leur couple est improbable, si particulier que notre attention est focalisée sur ce qui pourrait éventuellement les séparer. Oui, qu’est-ce qui pourrait perturber cette si belle union si ce n’est un secret savamment enfoui dans le passé ?

Notre imagination (mon imagination) invente un adultère… Cela semble commode. Trop facile et sans doute trop cliché… Voyons ailleurs… Léo enquête (finalement…), trouve des incohérences, tombe dans le piège de la suspicion.
De la facilité des faits jusqu’à la complexité de la psychologie, Rosie WALSH se montre plus inventive et plus fine. J’étais loin de construire ce scénario. La deuxième partie du roman m’a embarquée dans les méandres des fonctionnements humains : j’ai adoré cette facette du roman.

Ce roman est le roman d’un amour mais aussi le versant glissant du suspense, de la quête d’une vérité quelle qu’elle soit.

La question est désormais : Léo et Emma vont-ils rester liés et attachés, amoureux et compréhensifs ou vont-ils se délier, se déliter, se fracturer, se déconstruire ?
Les personnalités se dévoilent, gagnent en force et s’épanouissent jusqu’à se révéler. Le roman grandit en sincérité, croit en puissance et devient humain. Les indices parsemés depuis le début deviennent pièces d’un tableau bien construit. J’ai beaucoup aimé cette lecture pour la surprise qu’elle apporte, pour son unicité, pour ce travail profond sur les personnalités.

S’il n’y avait quelques erreurs dans le texte (oubli de déterminants, mots pour un autre et quelques guillemets qui m’auraient permis de différencier la parole des personnages de leurs pensées), j’aurais inséré cette histoire dans mes coups de cœur. Il reste néanmoins une lecture passionnante, questionnante et émouvante que je conseille grandement.

Mon évaluation :