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Blizzard de Marie VINGTRAS : COUP de COEUR

Le résumé des éditions de L’OLIVIER – 26 août 2021 : Au coeur de la tempête, un jeune garçon disparaît. Il n’aura fallu que quelques secondes, le temps de refaire ses lacets, pour que Bess lâche la main de l’enfant et le perde de vue. Elle se lance à sa recherche, suivie de près par les rares habitants de ce bout du monde. Une course effrénée contre la mort s’engage alors, où la destinée de chacun, face aux éléments, se dévoile.

Ma découverte : le hasard des rencontres :
Sur une célèbre radio française, en courant (je fais aussi quelquefois des footings… mais la lecture n’est jamais loin…), j’ai été sensible à la promotion de ce livre. Je ne connais ni l’auteure, ni la maison d’édition. Le résumé a piqué ma curiosité. Je ne sais si l’histoire est psychologique ou à la limite du thriller, peu m’importe, j’ai envie d’entrer dans ce huis clos, dans ce froid polaire. Je frémis d’avance alors que les heures de ce petit garçon sont comptées.

Ce que j’en attends :
Sur la couverture, ce petit être que le climat condamne n’est pas nommé. Il est presque insignifiant. Par contre, nous connaissons déjà Bess. Est-elle quelqu’un de proche : sa mère ? sa nourrice ? Je sais seulement qu’elle lui tenait la main. Seul ce lien, presque insignifiant, est à ma portée : cet enfant est-il consentant ? Traîné de force ? Une kyrielle de questions s’impose et me conduise vers ce récit. Est-il à la hauteur de mes attentes de lecture ?

Mon avis, après la lecture :
J’espérais lire un thriller : j’ai obtenu satisfaction.
Trois voix se partagent ce huis clos glacial : Bess, une jeune femme du Nevada, bien peu adaptée aux coutumes de cette région d’Alaska ; Cole, un alcoolique fort antipathique et Freeman, un ancien militaire noir qui porte un nom bien contradictoire avec la vie qu’il a vécues.

Les chapitres sont courts et percutants. Chaque parcours est retracé. L’auteure nous offre les détails et les principaux virages de chaque existence. Un peu moins de 200 pages nous sont offertes. Je ne perds pas le fil des histoires et cherche le point commun à ces trois destinées. Thomas est central. Mais qui est Thomas disparu ?

L’intrigue (les intrigues) sont parfaitement organisées et ficelées. Pas une pointe d’ennui ne vient m’interrompre, c’est même le contraire, j’ai hâte de continuer ma lecture : elle m’obnubile, elle me passionne. Je suis béate d’admiration devant ce suspense maîtrisé. J’ai adoré les portraits psychologiques, cette alternance de points de vue qui s’entrecroisent avec la disparition du petit garçon et de Bess. Chasse à l’homme ou sauvetage… de qui ? de quoi ?… J’avoue être conquise par ce roman qui mérite la découverte et l’intérêt.

Mon évaluation : COUP de COEUR ♡ ♡ ♡ ♡ ♡

Ce que murmure le vent d’Amy HARMON

C’est une magnifique romance que nous offre Amy HARMON. Une porte s’ouvre sur le passé : Anna Gallagher s’y engouffre bien malgré elle. Sa hantise : quitter l’Irlande des années 1921 et tout ceux qu’elle a appris à aimer. Plus l’aventure avance, plus je me demandais quelle serait la chute de cette histoire…

Un Outlander irlandais

Le résumé des éditions CHARLESTON – 21 septembre 2021 :
New York, 2001. Pour respecter les dernières volontés de son grand-père adoré, Anne Gallagher fait le voyage de Brooklyn jusqu’en Irlande afin de disperser les cendres de son aïeul sur sa terre natale. Un voyage qui, au cours d’une étrange nuit, va la ramener quatre-vingt ans en arrière…
Quand la jeune femme se réveille, elle est en 1921, dans le domaine de ses ancêtres. Tous pensent qu’elle est son arrière-grand-mère : Anne, disparue lors de la sanglante Insurrection de 1915. Perdue dans une époque où son grand-père n’est qu’un enfant de six ans, la jeune femme du XXIe siècle doit tout réapprendre.

Un Outlander irlandais ? Ce roman en a toutes les caractéristiques et tous les atouts.

Anna Gallagher tombe malgré elle dans une faille temporelle. Elle se retrouve dans un monde qu’elle a longuement fouillé dans le cadre de ses recherches d’écrivaine : l’Irlande combative des années 1920 bien réelle, un peuple fort d’espoir d’indépendance et de vengeances… Voilà le tableau qui s’offre à elle.

Deux voix se partagent ce roman : le point de vue d’Anna et la voix de Thomas Smith, dans son journal intime. Anna amène le lecteur sur les pas de son aventure fantastique et extraordinaire. Thomas est davantage la voix historique, celle qui suit les terribles évènements qui ont opposé les Irlandais aux Anglais, les Irlandais anti-pacte et ceux qui sont pour le pacte. Petit à petit, le lecteur entre dans la vie intime de Thomas, ses pensées, son amour pour Anna. J’ai beaucoup aimé cette double narration, l’une davantage centré sur le contexte social et politique et l’autre sur le personnel.

Les éléments extraordinaires, voire fantastiques, ont été bien travaillés par l’auteure, Amy HARMON. Nous savons tous que le passé influe sur le présent : si on change les événements, on transforme l’actualité. Anna connaît l’Histoire, elle a le don de prévoyance. La logique causes/conséquences est bien construite et fort séduisante… surtout convaincante.

Son histoire personnelle m’a beaucoup séduite : la relation et l’attachement à son grand-père est émouvante, la réciprocité des sentiments s’explique comme un lien sacré : j’ai adoré, émue et touchée.

Quant à l’écriture de l’auteure… je suis sous le charme. En cours de lecture, je suis partie en quête d’autres livres de l’écrivaine. Je suis certaine de revenir vers elle et vers ses romans, les yeux fermés.

Bilan : Un très bon moment de lecture, passionnant et émouvant.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡

Comme dans un roman d’été d’Emily HENRY : COUP de COEUR « roman été »

Le résumé aux éditions CHERCHE MIDI – 03 juin 2021 : Augustus Everett est un écrivain  » sérieux « , considéré comme le nouveau génie des lettres américaines. January Andrews ne compte plus les bestsellers publiés, mais dans un tout autre registre : la comédie romantique. Si elle multiplie les happy endings, Augustus réserve à ses personnages des destins épouvantables.
Aux antipodes l’un de l’autre, ils vont néanmoins se croiser et se lancer un défi. Elle passera l’été à écrire un grand roman littéraire, lui s’essayera à une comédie sentimentale. Afin de trouver l’inspiration, January organise pour Augustus des excursions romantiques, et lui l’emmène à la rencontre de personnes à l’existence brisée.
Chacun devra achever son roman avant la rentrée et, bien évidemment, aucun des deux n’imagine tomber amoureux. Bien évidemment.

Ni l’illustration de couverture, ni le titre ne m’enchantaient au premier abord. Erreur : ce livre est une trouvaille, une romance qu’il ne faut surtout pas ignorer, cet été. J’ai été agréablement surprise, au point de le noter et de ranger Comme dans un roman d’été parmi mes COUPS de COEUR. Le roman d’Emily HENRY est très plaisant. Je garde son nom dans mes favoris : j’ai hâte de retrouver sa plume dans un prochain récit.

Le défi des deux écrivains m’a aidée à entrer dans le livre. Pas commun ! Inviter Gus à écrire une happy-end et January à rédiger un roman plus « ouvert » sur le monde et ses tragédies, avouez que la difficulté pour ces deux auteurs est majeure ! Augustus Everett est un écrivain sérieux qui cherche à cerner les problèmes des autres, January est plutôt fleur bleue, une grande romantique qui construit sa vie en poursuivant ses idéaux. Seulement, l’un et l’autre trimballent suffisamment de casseroles pour que la mécanique s’enraille. Je ne vais pas vous décrire ces passés qui les rongent, vous les découvrirez par vous-mêmes. C’est un grand plaisir de sonder leurs fantômes et de découvrir ce qui les brise.

Emily HENRY a bien travaillé ses personnages, c’est remarquable dans cette romance que je jugeais, au prime abord, bien trop légère pour que je lui accorde mon intérêt. Mes préjugés avaient tort : January, comme Gus, sont savamment décrits, avec leurs souvenirs (pas trop prégnants dans la narration), leurs émotions (qui ne dépassent pas les actions), leur rencontre (dont les descriptions sont hors de la norme, séductrices et intéressantes). J’ai trouvé cette histoire riche, étoffée et bien orchestrée. Je pense qu’elle mérite qu’on la découvre.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡ COUP de COEUR. Joli roman d’été !

Le cerf-volant de Laetitia COLOMBANI

Le résumé des éditions GRASSET – 09 juin 2021 : Après le drame qui a fait basculer sa vie, Léna décide de tout quitter. Elle entreprend un voyage en Inde, au bord du Golfe du Bengale, pour tenter de se reconstruire. Hantée par les fantômes du passé, elle ne connait de répit qu’à l’aube, lorsqu’elle descend nager dans l’océan indien. Sur la plage encore déserte, elle aperçoit chaque matin une petite fille, seule, qui joue au cerf-volant. Un jour, emportée par le courant, Léna manque de se noyer. La voyant sombrer, la fillette donne l’alerte. Léna est miraculeusement secourue par la Red Brigade, un groupe d’autodéfense féminine, qui s’entraînait tout près. Léna veut remercier l’enfant. Elle découvre que la petite travaille sans relâche dans le restaurant d’un cousin, qui l’a recueillie et l’exploite. Elle n’a jamais été à l’école et s’est murée dans un mutisme complet. Que cache donc son silence ? Et quelle est son histoire  ? … Aidée de Preeti, la jeune cheffe de brigade au caractère explosif, Léna va tenter de percer son secret. Jadis enseignante, elle se met en tête de lui apprendre à lire et à écrire. Au cœur de ce monde dont elle ignore tout, commence alors une incroyable aventure où se mêlent l’espoir et la colère, la volonté face aux traditions, et le rêve de changer la vie par l’éducation… La rencontre inoubliable et réparatrice entre une femme, une jeune fille et une enfant au milieu d’une Inde tourmentée.

Je me souviens de l’excellent roman de Laëtitia COLOMBANI, La tresse, de ces destins de femmes, magnifiques et cruels.

Pour Le cerf-volant, l’Inde est de nouveau le décor. J’y retrouve des thèmes qui me sont chers pour les avoir vécus : l’expatriation (où vit-on ?), la découverte de l’Autre (nous sommes tellement différents…), la confrontation des cultures (Pouvons-nous comprendre les autres ?). Ce récit est parsemé d’exemples et de détails que j’ai réellement rencontrés. C’est sans doute pour cette raison que ce livre me plait tant.

Dans ce roman, la narratrice, Léna, a perdu son mari. Elle part, le temps de se retrouver, dans ce vaste pays. Il est un rêve… mais il est aussi une sombre réalité qu’elle peine à se représenter et à accepter. Il peut se dévoiler moderne et dynamique mais aussi traditionnel et baigné de concepts que nous jugeons, nous occidentaux, rétrogrades et dépassés. Lena est confrontée à la pauvreté, à la corruption, aux rêves anéantis avant qu’avoir existé, à la coutume, aux différentes castes et aux limites qu’elles imposent. On se croirait dans un autre temps, tellement éloignés de nos préoccupations. Nombres de pays sont loin de nos repères et de nos vies. Ils existent. Des enfants, des femmes et quelques hommes évoluent et se battent pour acquérir certains droits que nous possédons. Ce roman est dépaysant.

J’aime les messages que l’auteure nous livre, sa noblesse d’esprit à travers son héroïne, ses compagnons de route et ceux contre lesquels elle lutte pour éduquer, instruire, dépasser les traditions. Comme dans La tresse , on retrouve trois portraits féminins, trois destinées, trois problématiques. C’est la rencontre de ces personnages qui rend le roman si puissant.

Laëtitia COLOMBANI a une plume agréable. Elle sait conter les histoires. Elle émeut, elle persuade, elle questionne tout en finesse. C’est un récit réussi.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡ COUP de COEUR

Une toute petite minute de Laurence PEYRIN : COUP de COEUR

Le résumé des éditions de l’EPEE – 21 avril 2021 : C’était une nuit de 1995, elle avait 17 ans et fêtait la nouvelle année. Que s’est-il passé dans cette salle de bains où elle s’était enfermée avec sa meilleure amie ?
Vingt ans après, Madeline sort de prison. Personne n’a jamais su la vérité sur le drame de cette fameuse nuit. Elle a effectué sa peine jusqu’au dernier jour.
Comment reprendre le cours de cette vie interrompue ?
Parler à des gens qui ne savent pas de quoi on est coupable ?
Renouer avec une petite sœur qu’on n’a pas vue devenir adulte ?
Vivre et y trouver un sens ?

Mad va chercher le bon chemin, pas après pas, dans les dunes des Hamptons, dans les jardins des belles maisons qui l’embauchent, dans les précieux gestes d’entraide.
Et grâce à sa mère, au-delà de ses mystères, grâce aussi à Ezra, le cuisinier qui ressemble à un pirate, peut-être Madeline acceptera-t-elle un jour qu’on puisse l’aimer quand mêm
e…

J’ai un véritable COUP de COEUR pour cette auteure et pour ce roman. J’ai lu ces derniers romans : Les jours brûlants, L’aile des Vierges. Tous les deux m’ont touchée à leur manière… vraiment !
Petit aparté : Je m’aperçois en rédigeant cette chronique que j’ai raté Ma chérie…. Oups !

Laurence PEYRIN est une auteure qui sait écrire les histoires, entre passé et présent, avec cette pointe de suspense qui nous emmène jusqu’à la dernière ligne. Ses personnages, principaux comme secondaires, sont bien travaillés. Ce roman, particulièrement, donne cet effet… de finesse, de détails dans la psychologie, de réalisme dans les rencontres et les relations.

Mad, Madeline, est splendide ! Le cadre de cette histoire est la repentance, de la prison aux Hamptons : le transport de la culpabilité, la conscience qui tenaille et la peine (la sanction ou la punition) que le crime impose. A dix-sept ans, Mad a tué sa meilleure amie ; elle se doit de purger 20 années de prison et de traîner cet acte jusqu’au bout de sa vie. Elle y tient, elle ne changera pas de motivation.

Tout au long du roman, une question est posée : pourquoi a-t-elle égorgé Estrella ? Elle est coupable, nous le savons, l’auteure nous le dit, Mad et Madeline ne cessent de se battre pour ne pas minimiser cet acte effroyable.

La lectrice que je suis refuse de tenir ce jugement pour acquis. Je lutte pour trouver dans cette coupable l’espoir qu’elle possède des circonstances atténuantes (c’est mon côté naïf et romantique qui ressort…). Je dévore cette histoire. Elle est magnifique !

Je vous conseille vivement d’entrer dans l’un des livres de Laurence PEYRIN. Choisissez le thème qui vous touche le plus, laissez-vous porter par sa plume, son imagination, son intrigue… Elle va vous enchanter. Du moins, je vous assure qu’elle m’a convaincue de la suivre et de lire ces tragédies de vie.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡ COUP de COEUR.

Les promesses de l’innocence d’Eric Le Nabour

COUP de COEUR pour cette histoire et pour cette découverte ! Je ne connaissais pas l’auteur, maintenant je rêve de parcourir tous ses livres. Merci aux éditions PRESSES de la CITE, à l’auteur et à NetGalley pour ce service de presse.

Le résumé des éditions PRESSES de la CITE – 20 mai 2021 : Alger, 1954. Elles sont trois amies en pleine jeunesse, si différentes, si proches, que la guerre va séparer. A jamais ?
Un roman choral sur la force de l’amitié et les choix courageux de femmes, engagées, pour accomplir leur destin.

Novembre 1954. Sous le soleil intranquille d’Alger, trois amies célèbrent leurs vingt ans le même jour. Dans cette Algérie aux beautés enchanteresses, chacune vit sa jeunesse traversée par des doutes et des espoirs. Entre ses parents et l’officier auquel on veut la marier, Clotilde sent le contrôle de sa vie lui échapper. Naïma a dû renoncer à devenir infirmière pour veiller sur son père malade et ses frères. Judith, étouffant dans le cocon familial traditionnel, vit une passion
secrète avec son amant arabe.
Trois destins que tout, en apparence et dans la précipitation des événements, doit vouer à la rupture sinon à l’affrontement. Et pourtant…
Un roman choral sur la force sacrée de l’amitié et les choix courageux de trois femmes qui ne cesseront de se chercher, de part et d’autre de la Méditerranée.

J’ai tout aimé dans ce livre et je ne note aucun détail qui me tiraillerait dans mon avis.

L’ambiance qui se dégage du livre est en adéquation avec les films qui évoquent cette époque : les senteurs, le soleil, les reflets de la mer, la paresse et les moments de tension liés à la guerre et au stress des attentats.

Les personnages sont très bien caractérisés, de l’apparence, à la psychologie, aux objectifs qu’ils poursuivent. Ils existent pour eux-mêmes avec leur états d’âme et selon des motivations plus existentielles, liées à leur place dans la société. Ainsi, le contexte décrit passe de l’Européenne, Pieds-noirs, à la femme juive riche et adulée par ses parents, à la jeune Algérienne, enfermée dans sa famille entre un père mourant et ses frères rêvant d’indépendance . Secondaires ou principales, je ne décèle aucune faille dans ces personnes. Toutes vivent, évoluent et trouvent leur place dans cet univers.

Les chapitres passent de Clothilde, à Judith, à Naïma, Clothilde étant au coeur de cette aventure, le monde tournant autour d’elle et de ses évolutions. L’intrigue nous plonge en pleine guerre d’Algérie. Elle m’éclaircit un peu sur cette atmosphère terrorisante où les camps ne sont pas toujours définis. L’auteur choisit de nous donner un point de vue où le profit est de mise, l’homme retournant sa veste au gré des échecs et du pouvoir… une crise mal gérée ou ingérable, les narrateurs sont là pour nous l’affirmer. Néanmoins, j’ai apprécié avoir un point de vue (parmi d’autres) et même si celui-ci est « pour » les pieds-noirs, il donne une vision qui a bien existé.

J’ai donc vécu un coup de coeur pour ce roman et un coup de foudre pour cet auteur. Il me tarde de découvrir ses autres récits : Cécile et les Beaujour ou Retour à Glenmoran ou A l’ombre de nos larmes. Je suis ouverte à tous vos conseils et toutes vos suggestions…

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡ COUP de COEUR

Les possibles de Virginie GRIMALDI

Je remercie les éditions FAYARD, l’auteure, Virginie GRIMALDI et NETGALLEY pour cette formidable lecture. J’ai la chance de la découvrir dès sa sortie, en service presse et de passer un charmant moment plein de sincérité et d’émotion. Merci infiniment…

Le résumé des éditions FAYARD – 12 mai 2021 : Juliane n’aime pas les surprises. Quand son père fantasque vient s’installer chez elle, à la suite de l’incendie de sa maison, son quotidien parfaitement huilé  connaît quelques turbulences.
Jean dépense sa retraite au téléachat, écoute  du hard rock à fond, tapisse les murs de posters d’Indiens, égare ses affaires, cherche son chemin.
Juliane veut croire que l’originalité de son père s’est épanouie avec l’âge, mais elle doit se rendre à l’évidence  : il déraille.
Face aux lendemains qui s’évaporent, elle va apprendre à découvrir l’homme sous le costume de père, ses valeurs, ses failles, et surtout ses rêves.
Tant que la partie n’est pas finie, il est encore l’heure de tous les possibles.

On ne présente plus Virginie GRIMALDI. Cette auteure française possède à son palmarès des livres à succès, tous différents qui évoluent vers des sujets toujours graves, traités avec humour et douceur. Chacun de ses récits a son ton et son thème. Je crois que l’auteure aborde beaucoup d’elle-même dans ce nouveau roman, ce qui rend cette histoire touchante et émouvante.

Sa plume m’enchante. Dans de courts chapitres, elle sait en quelques mots et quelques phrases aborder une problématique qui ne peut me laisser indifférente. Je dévore ses chapitres et ses parties avec plus d’intensité. Pour l’histoire de Julianne et de son père, Jean, le rire se mêle aux larmes et aux pincements dans le coeur. Je ne peux lire son expérience sans penser à la mienne, au futur inévitable… La maladie de l’esprit, qu’elle soit Alzheimer ou d’un autre nom, est traitée ici avec beaucoup d’humour mais je ne perds pas le sens et l’appel désespéré de cette femme qui se sent tellement démunie face à la réalité.

Pourtant, Julianne, sa sœur, son mari aussi, sont forts, très forts, se soudant au fil des pages, s’armant d’amour et de courage pour affronter l’impossible dégénérescence de l’esprit. Ce livre est une belle leçon d’amour et de tendresse. Quand la science échoue encore à sauver le patient, c’est à coups de rire et d’ironie que la vie reprend le pas sur l’inévitable. Julianne se sacrifie et affronte la maladie de son père en le respectant et en respectant ce qu’il a toujours voulu être : un homme, libre et autonome, un père enjoué et vivant, un être émouvant et merveilleux qui a tant donné à ses filles, à sa manière.

J’ai adoré ce livre pour sa justesse, pour sa volonté de nous faire garder le sourire quand il est si facile de pleurer et de s’effondrer, pour les agréables moments qui se figent en souvenirs, pour valoriser ces moments présents, anodins et tellement beaux…

Virginie GRIMALDI semble avoir mis toutes ses tripes dans ses lignes. Elle m’a fait vibrer. Elle m’a empoignée le ventre jusqu’à me faire pousser des larmes dans les yeux. L’histoire est fictive, bien sûr (heureusement) mais tellement de gens se reconnaîtront dans ce combat perdu d’avance, dans la solitude, dans cette route sans issue… Je suis certaine qu’ils sont heureux de puiser, comme Julianne, des détails du passé pour faire revivre un peu de cette personne chère qui n’est plus tout à fait comme on l’a connue. Car, dans le vécu de Julianne et de Jean, il y a forcément une anecdote qui nous rappelle notre propre expérience.

Elle est forte, cette auteure ! Efficace, émouvante… Les possibles vaut un GROS COUP de COEUR. Bravo l’artiste ! Bravo pour cette belle leçon de vie et d’amour.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡

L’homme qui venait de nulle part : COUP de COEUR

Le résumé des éditions BELFONT – 03 juillet 2008 : Quand l’arrivée d’un étranger sème le trouble dans la vie et les cœurs d’une petite communauté amish… Un roman bouleversant, porté par une héroïne inoubliable et un souffle romanesque exceptionnel, avec en toile de fond les décors somptueux de l’Ouest américain à la fin du XIXe siècle.
Veuve depuis peu, la jeune et belle Rachel lutte pour élever seule son fils tout en respectant les règles de la communauté des Justes. Une vie simple et austère, qui suit le rythme immuable et exigeant de la nature selon l’ordre voulu par Dieu.
Mais la jeune femme ne se sent pas encore prête à se remarier, comme le lui impose la loi de son clan. Encore sous le choc de la barbarie de ces  » étrangers  » qui ont assassiné son époux, Rachel essaie simplement de reprendre le cours de sa vie.
Un matin d’hiver, un homme survient, qui va bouleverser son destin… Un meurtrier, un hors-la-loi issu du monde de violence et de haine que les Justes rejettent. À l’encontre de toute règle, Rachel va porter secours à cet étranger, au risque de se voir bannie des siens…

Avec ce seconde roman de Penelope WILLIAMSON, je me suis encore régalée. J’ai profité du contexte d’Au coeur de l’Ouest, que j’ai lu précédemment. Cette nouvelle aventure se déroule aussi dans le Montana. Les descriptions et le décor ne sont pas plantés d’une manière aussi riche que lors de ma première lecture mais j’ai l’impression de me retrouver au même endroit avec des héros différents et une problématique nouvelle.

Rachel appartient à la communauté des Justes. Elle est guidée par sa foi. Elle agit selon les principes de ses frères. Elle est « formatée » pour sauver son âme du diable. Elle réfléchit à travers les préceptes édictés. La rencontre avec Caïn, l’Etranger, est un chamboulement pour son corps et pour sa conscience. Sa famille et ses voisins ne voient pas d’un œil bienveillant sa rencontre et son attachement.

Si vous connaissez le film Witness, vous reconnaîtrez la thématique du livre à la différence près que le récit du livre se déroule dans les années 1 800 et qu’il n’est pas question d’un témoin gênant. John Caïn est arrivé dans la communauté, traqué et mourant. Il doit sa vie à Rachel, il doit son évolution et le salut de son âme à cette femme pure et admirable.

Witness avec Harrison FORD et Kelly McGILLIS : un étranger dans la communauté des Justes

A côté de cet amour naissant, comme pour Au coeur de l’Ouest, la galerie des personnages secondaires a toute son importance. Noah, le prétendant de Rachel (veuf), son fils (adolescent), et le fils de Rachel, Benjo, ont eux-mêmes leur problématique. L’intrigue principal se complexifie avec leur intrigue personnelle, toute en relation avec la quête de l’amour et la quête de leur identité. J’ai vraiment apprécié la construction des personnalités et leur destinée, leurs pensées internes, leurs démons, leurs doutes…

En bref : Ce roman est douceur, romantisme et contexte historique mêlés. Il est superbement écrit. Il est émouvant et tellement envoûtant. Je ne sais si les autres romans de Penelope WILLIAMSON sont aussi sensibles et aussi réussis mais j’ai adoré ces deux-là.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡ COUP de COEUR.

Femmes en colère : Roman coup de poing ! Coup de coeur pour Mathieu MENEGAUX et sa plume acérée

Un roman qui entre en communication avec le lecteur… Nous n’assistons pas au procès, nous participons aux délibérations. Nous sommes jurés. Nous découvrons petit à petit la personnalité de l’accusée et les circonstances de ses actes. Répondre aux questions est à priori évident… mais la justice est complexe et notre raison apporte des réponses étonnantes.

Le résumé des éditions GRASSET – 3 mars 2021 : Cour d’assises de Rennes, juin 2020, fin des débats  : le président invite les jurés à se retirer pour rejoindre la salle des délibérations. Ils tiennent entre leurs mains le sort d’une femme, Mathilde Collignon. Elle est accusée d’un crime barbare, qu’elle a avoué, et pourtant c’est elle qui réclame justice. Dans cette affaire de vengeance, médiatisée à outrance, trois magistrats et six jurés populaires sont appelés à trancher  : avoir été victime justifie-t-il de devenir bourreau  ?
Neuf hommes et femmes en colère doivent choisir entre punition et pardon.
Au cœur des questions de société contemporaines, un suspense haletant porté par une écriture au scalpel.

Je remercie l’auteur, les éditions GRASSET et NEGALLEY pour ce roman offert à ma lecture. J’espérais vraiment ce service de presse, je ne serais pas passée à côté de cette nouvelle publication (je l’avoue).

C’est toujours une chance de découvrir un roman de Mathieu MENEGAUX. J’ai lu chacun de ses livres. Ils sont puissants. Ils me questionnent beaucoup. Je ne peux plus les oublier, j’y repense souvent, je les cite. Cet auteur est à découvrir.

Maintenant que je connais sa plume, je frémis d’avance en ouvrant les pages. Je sais qu’il va me bouleverser. Il écrit sur la justice, toujours en nous relatant une situation poignante et terrible. Femmes en colère ne démérite pas. Ici, nous sommes au coeur d’une cour d’assise, en plein procès, dans les entrailles du jugement. Qui juge ? Comment juge-t-on ? Qui ne s’est pas imaginé convoqué pour juger ?

L’ambiance est parfaite, tant par le cadre, les positions des différentes parties, les questions, les arguments et les opinions diverses et variées. Là encore, la galerie de portraits est intéressante. L’auteur nous dévoile l’essentiel, juste ce qu’il faut dans cette situation précise : les apparences, le langage verbal approprié aux personnalités. Seule l’accusée nous livre davantage d’elle-même. Elle se questionne, nous interroge donc, teste nos préjugés, les réfute et les conforte, c’est selon le lecteur.

Le roman est construit avec un scénario qui nous délivre juste ce qu’il faut de détails pour que notre intérêt monte d’une manière croissante, jusqu’à la curiosité, jusqu’à ne plus pouvoir lâcher cette histoire. Le coup de théâtre final (bien sûr !) est vraiment la touche parfaite de cet écrivain percutant. Je l’attendais, je l’espérais… Il existe un côté machiavélique et manipulateur chez cet auteur qui est assez jubilatoire.

D’abord neutre, j’ai écouté la plainte de l’accusée. Puis est venue la voix des jurés. Les deux s’appelaient et se répondaient. Je ne sais pas quel est votre point de vue sur cette affaire mais le combat de ces femmes en colère a été le mien. J’étais le 8ème juré de cette justice, celui qu’on ne voit pas, mais qui examine sa conscience et sa raison, qui se débat avec ses émotions pour répondre aux questions de la justice, pour juger, pour affliger une peine…

Wahou ! Magnifique ! J’ai adoré ce court roman coup de poing, à la plume acérée, « une plume au scalpel », oui, c’est bien cela dont il s’agit…

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡ COUP de COEUR pour l’auteur, pour son écriture, pour ce nouveau roman.

Au coeur de l’Ouest de Penelope WILLIAMSON… COUP de COEUR

Le résumé des éditions J’AI LU : À dix-sept ans, Clémentine s’ennuie dans la bonne société de Boston et rêve d’un vrai cow-boy qui l’emmènerait au loin. Le jour où elle croise le regard de Gus McQueen, un séduisant éleveur, elle n’hésite pas à s’enfuir avec lui au cœur du Montana.
Mais l’Ouest sauvage, avec son blizzard, ses loups affamés et ses voleurs de bétail, est bien peu hospitalier pour une jeune fille raffinée et inexpérimentée. C’est pourtant dans cette nature hostile et grandiose qu’elle va devoir apprendre à vivre auprès de celui qui est devenu son époux.
Mais, surtout, c’est là qu’elle va connaître cette folle passion dont elle rêve depuis toujours pour un homme majestueux et solitaire, à l’image du Montana. Un homme qui n’est autre que le frère de son mari…

Si vous n’avez pas peur des 700 pages qui s’annoncent, vous pouvez vous lancer dans cette histoire exceptionnelle. J’ai rarement lu des romances historiques qui remplissent autant le contrat et qui tiennent les promesses du genre. L’Histoire est bien au coeur de ces pages, vibrant de réalisme, indispensable à la crédibilité des événements. Trois femmes sont décrites, l’auteure nous dresse le portrait de ces citoyennes du passé.

Le Montana y est décrit dans ses côtés les plus exotiques et les plus sauvages, à travers ses paysages, à toutes les saisons, hostiles et passionnants.

Le Cowboy n’est pas une légende dans ce récit, c’est un vrai personnage avec, certes, son lasso, sa carabine winchester, sans oublier son fameux chapeau, le Stetson. Il est aussi et surtout l’homme fier, celui qui incarne la puissance, celui qui cache son âme puisqu’il est avant tout une image qu’il donne, qu’on impose et qu’on respecte ainsi. Il véhicule les idéaux de l’époque. Quoi de plus motivant que de posséder un troupeau où l’on compte les têtes par centaines, que l’on garde farouchement contre l’assaillant indien et le voleur ? Que ne feraient pas ces garçons de vaches pour agrandir leurs terres fertiles et conserver leur ranch, avoir une femme robuste et se réjouir de la richesse d’une mine ? Tour à tour, ces rêves sont les leitmotiv et les obstacles. Que de passions pour survivre ! Quel enchantement d’être plongé(e)s dans cette atmosphère !

Clémentine est aussi une vraie lady de Boston. Comme dans l’homme de la Sierra, c’est une jeune fille qui quittera ses crinolines pour la poussière et la dure vie des fermières pionnières. A la différence du roman de Pauline LIBERSART qui m’a beaucoup plu, cette femme est encore plus magnifique dans sa carapace de créature précieuse et fragile (qu’on lui impose) puis dans son rôle de figure respectée. Sa personnalité est remarquable, tellement forte et respectable dans son humanité. Le récit de sa bravoure et de sa résistance semble incontournable comme une figure emblématique de ce monde même si l’ensemble n’est que fiction et sorti de l’imagination de l’auteure. Sa transformation et son charisme sont précis et creusés, construits pour mon plus grand plaisir. Toutes ces pages relatent les changements qui s’opèrent en elle, tous les événements qu’elle traversera, ses douleurs et ses bonheurs.

L’auteure, Penelope WILLIAMSON n’est pas avare de descriptions et de scènes d’action se déroulant dans le ranch, dans les prairies ou dans cette ville inhospitalière typique du Far West. Ces cadres ne sont pas que des décors ou des prétextes. Le contexte vit et grandit avec les protagonistes. Nous avons les odeurs, la poussière qui nous emplit les narines, le bruit des roues des chariots et les jets de salive. La ville est perdue dans l’immensité, s’agrandit, se structure, se détériore. Je n’ai aucune peine à me plonger dans les tableaux.

Quatre parties composent ce roman. La première partie est la plus idyllique : c’est la naissance des rêves, de l’amour de notre jeune héroïne de dix-sept ans. La tension s’invite avec cet obstacle perturbant : Rafferty, le frère de Gus, exerce un profond attrait sur Clémentine. Ce bouleversement aurait pu être résolu illicitement ou grâce à un coup du sort. Ce n’est pas le choix de l’auteure. Elle décide de prolonger notre lecture, au diable le déshonneur ! Chaque chapitre va nous faire vibrer de passion, d’espoirs et d’embûches, de réalisme et d’honnêteté.

En parallèle de cette expérience tellement intrigante, vient celle d’Hannah, une ancienne prostituée qui a fait fortune. Hannah est un personnage secondaire qui parfois devient bien plus. C’est une autre femme qui lutte contre le pouvoir de l’Homme et tient à trouver et marquer sa place dans ce monde. Elle est magnifique de dilemmes et de courage. Jusqu’à la sept centième page, son destin m’accrochera. J’ai été merveilleusement touchée par son caractère, ses faiblesses et l’amitié qui la lie à Clémentine, entre autres.

La deuxième partie du livre fait intervenir Lily. A travers ses yeux, on découvre sa culture, ses traditions, son langage et ses croyances. Penelope WILLIAMSON dresse un portrait fin de ces expatriés chinois qui n’ont aucune reconnaissance, ni place dans la société américaine de l’époque. Achetées, brimées, rejetées, ces populations ont pourtant joué un rôle important dans l’évolution et le développement du commerce d’alors.

Trois destins de femmes qui s’enlacent, se croisent, résonnent l’un contre l’autre, l’un avec l’autre. Trois femmes, différentes de culture et d’origine sociale, qui pourtant vont agir ensemble et grandir chacune de leur côté.

Je pourrais qualifier les romances historiques de récits légers et superficiels. La plupart l’est. Celle-ci, pourtant, est bien plus : elle est travaillée et étoffée avec précision, elle est bâtie sur une réalité passée, elle exprime des combats, des mentalités que j’ai eus plaisir à découvrir. J’ai admiré l’ambiance, les détails et la restitution des faits de société. Le fil conducteur demeure la passion mais avec cette richesse de l’Histoire, il est merveilleux à lire.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡ COUP de COEUR du FAR WEST