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Les lendemains de Mélissa DA COSTA

Le résumé des éditions ALBIN-MICHEL – 26 février 2020 : Amande ne pensait pas que l’on pouvait avoir si mal. En se réfugiant dans une maison isolée en Auvergne pour vivre pleinement son chagrin, elle tombe par hasard sur les calendriers horticoles de l’ancienne propriétaire des lieux. Guidée par les annotations manuscrites de Madame Hugues, Amande s’attelle à redonner vie au vieux jardin abandonné. Au fil des saisons, elle va puiser dans ce contact avec la terre la force de renaître et de s’ouvrir à des rencontres uniques. Et chaque lendemain redevient une promesse d’avenir.

Impossible de patienter, après Tout le bleu du ciel, il a fallu que je me lance dans Les lendemains de Mélissa DA COSTA. Je n’ai pas ressenti ce bouleversement du premier roman mais j’ai vécu des émotions fortes avec cette histoire de résilience et de résurrection.

Amande a subi le deuil. Elle est touchée au plus profond de son être. Il va falloir qu’elle sorte le nez de ce gouffre. Elle choisit de s’isoler dans une vieille maison dans la profonde Auvergne. Elle quitte Lyon, sa famille, son emploi, ses repères. Elle en construit des nouveaux aux plus proches de la nature et des saisons.

Mélissa DA COSTA nous livre encore une écriture sensible et touchante. L’histoire n’est pas extraordinaire : il n’y a ni action exceptionnelle, ni intrigue particulière. On assiste à de minuscules petits pas vers une nouvelle existence, vers la vie. On est plongé dans le quotidien et la recherche d’un équilibre précaire. Mais, là où réside tout le talent de l’auteure, est de me subjuguer avec ces petits détails de l’existence, cette contemplation de rien et le bonheur qui petit à petit surgit de pas grand-chose.

J’ai encore adoré. En cette période d’isolement et de confinement, ces histoires tombent à pic pour m’émouvoir et me ramener à l’essentiel. Je rêve aujourd’hui de cette sérénité, de ce petit bout de verdure, de patience et de mélancolie, de plaisirs simples mais merveilleux. D’un coin où je trouverai refuge, un arbre qui pourra m’épauler… Quelle jolie littérature !

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡

Tout le bleu du ciel de Mélissa DA COSTA

Le résumé du LIVRE de POCHE (12 février 2020) : Petitesannonces.fr : Jeune homme de 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.
Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, devant le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme coiffée d’un grand chapeau noir qui a pour seul bagage un sac à dos, et qui ne donne aucune explication sur sa présence.
Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naissent, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

J’ai reçu une grande gifle en pleine figure. Je ne m’y attendais pas. Ca fait très mal !

Je pourrais vous dire que ce livre est le plus gros coup de coeur que j’ai eu dans ma vie de lectrice mais ce roman est tellement poignant et tellement douloureux que cet avis est insuffisant et tellement incomplet face à mon ressenti.

Au vu du résumé de la quatrième de couverture, je sais que Emile est atteint d’un Alzheimer précoce. Je me prépare à sa condamnation. Elle est imminente. Au maximum, les docteurs lui ont donné un pronostic de deux ans. J’ai donc 804 pages pour faire sa connaissance, connaître sa problématique et apprécier sa rencontre avec Joanne. J’ai eu le temps… assez de temps… trop peu de temps… La chute est brutale même si je l’ai anticipée mentalement. Mes tripes se tordent… Ca fait vraiment très mal !

Le récit d’Emile et Joanne est magnifique. Poétique. Romantique dans le sens du courant littéraire du XVIIIème siècle. On découvre en premier ce jeune homme de 26 ans, ses amis, sa famille. Elle l’étouffe bien malgré elle. Emile a peur de perdre leur estime. Il fuit, sans se retourner. Pas un adieu… Il va vivre chaque instant du présent à sa juste valeur et parfois plus intensément avec l’épée Damoclès, dressée au-dessus de sa tête.

Joanne se dévoile à son tour. C’est un petit bout de femme fragile, silencieuse. Son histoire n’est pas moins douloureuse. Elle aussi a quitté son passé et sa Bretagne natale. Elle a quelques mois pour se reconstruire…

Tous deux voyagent. C’est la fin d’un périple mais aussi le début de ballades et de marches sans but réel (autre que le bonheur de vivre) dans les Pyrénées, en bord de mer, dans la nature et auprès de personnes comme jamais on n’en rencontre. Des figures humaines, profondes, loin des clichés, merveilleuses et pleines d’espoirs et de promesses. C’est magique… Les paysages et leurs expériences sont époustouflantes, remplis d’amitiés et de bienveillance. J’ai adoré.

Mais la chute est plus cruelle lorsqu’on a pleinement vécu cette histoire. Jamais un roman ne m’a autant bouleversée. Un hoquet de douleur est sorti de mon coeur lorsque j’ai tourné la dernière page me renvoyant à mes propres incertitudes, mes pauvres angoisses, à ma réalité de mère et à ma vie d’être humain.

Si j’ai attendu aujourd’hui, cette semaine, pour découvrir le monde de Mélissa Da Costa, ce livre est arrivé à un moment charnière de ma vie, un point clé de mon existence. Lui et moi, on se rencontre : Un hasard ? Un clin d’oeil ? Quelqu’un qui m’envoie un signe ? En échange, j’ai des promesses plein la tête, des envies de pleine conscience, des espoirs simples. Quel merveilleux roman !

En bref : un livre de toute beauté. Un très grand COUP de COEUR.

Tous les remerciements aux Editions LIVRE DE POCHE, à l’auteure, via le blog NetGalley, pour cet extraordinaire moment.