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La violoniste d’Auschwitz d’Ellie MIDWOOD : COUP de COEUR !

Le résumé des éditions FAUBOURG-MARIGNY – 10 novembre 2021 : À Auschwitz, chaque jour est un combat pour survivre. Alma porte le matricule 50381. Cela ne pourrait pas être plus éloigné de sa vie d’avant. Star de l’Orchestre philarmonique de Vienne, nièce de Gustav Mahler, elle avait même fondé un orchestre de femmes.Rien de tout cela ne l’a sauvée. Jusqu’à ce qu’un chef du camp la reconnaisse et lui fasse monter un orchestre pour le bon plaisir des SS. Une position qui lui permet de soustraire des jeunes filles à la mort. Et de rencontrer Miklòs, un pianiste talentueux. Au milieu du désespoir et de la joie des répétitions, ils prient pour que le cauchemar cesse un jour. Mais à Auschwitz, l’air est contaminé par la mort, et la tragédie est la seule certitude…

Des retours très positifs : Il existe de nombreuses histoires qui ont lieu dans le camp d’Auschwitz. Celle-ci est parmi la mieux notée. Il est évident que l’émotion de ce roman est remarquable. Je n’ai pas échappé à cet engouement unanime. Les pages se sont tournées toutes seules. Je ne pouvais m’arrêter de penser à ces hommes et femmes si maltraités.
Dès les premières lignes, je percevais que ce livre serait différent. L’introduction m’a directement plongée dans l’atmosphère. J’ai fait confiance aux chroniques élogieuses que j’ai lues : c’est un formidable roman qui ne peut laisser indifférent.

Une histoire tirée de faits réels : Alma est une vraie héroïne, qui a véritablement vécu dans le camp d’Auschwitz.
Musicienne, violoniste, elle a tenu à bout de bras, jusqu’à l’épuisement, tout un groupe de femmes. A partir de petites compétences en musique pour les recrues qu’elle a pu protéger, elle a construit un orchestre admiré et adulé par des Nazis comptant dans les plus terribles. Ce fut une véritable gloire, un exploit inimaginable , une performance et une réussite reconnues…. salvatrices et merveilleuses.
Courageuse, énergique, altruiste, généreuse, protectrice, cette femme s’érigea dans ce monde atroce où l’humanité et l’humain sont piétinés. Je ne peux être qu’admirative de ce destin exceptionnel, ce combat acharné contre l’indifférence, le rejet, la haine.

Une héroïne au charisme exceptionnelle : Dans ce roman, j’ai été prise par la détermination d’Alma. Chaque avancée, chaque obstacle m’ont fascinée. J’ai été envoûtée par ce personnage. Chaque fait rapporté (factuel) s’est intégré dans la narration. L’auteure a géré l’insupportable très habilement. A la fin du livre, Ellie MIDWOOD a porté Alma vers la gloire, vers l’espérance, vers la grandeur. Je suis sortie de ce livre gonflée d’ardeur et de son courage.
Certains passages broient le cœur mais la plume de l’écrivaine est toujours appropriée, vive et libératrice. J’ai ressenti de vives émotions face à l’innommable mais il existe une juste dose entre l’horreur et l’espoir qui m’a permis d’aller jusqu’au bout de l’œuvre avec paix et sérénité malgré tout.

Mon évaluation : Ce roman est un COUP de COEUR, un COUP de FOUDRE. J’ai profondément aimé et admiré l’auteure, son histoire, Alma et ses compagnes, ce courage… Je suis admirative d’une telle réussite littéraire, touchante mais pas destructrice, émouvante et, surtout, porteuse de vie et d’amour.
Je le recommande.

Ce qu’elle a laissé derrière elle de Ellen Marie WISEMAN

Le résumé des éditions FAUBOURG MARIGNY – 09 mars 2022 :
1995.
Dix ans auparavant, la mère d’Izzy Stone a tué son mari d’un coup de fusil, alors qu’il dormait. Dévastée par la folie de sa mère, Izzy, qui a maintenant 17 ans, refuse de lui rendre visite en prison. Elle a depuis été accueillie par une famille d’accueil. Ses « parents » travaillent pour le musée local et décident d’inscrire la jeune fille dans leur groupe.
Sa mission : les aider à cataloguer les objets trouvés dans un asile abandonné depuis des années. Et au milieu de monceaux d’affaires, Izzy va découvrir des lettres jamais ouvertes, un vieux journal intime… et une fenêtre vers son propre passé.
1929.
Clara Cartwright a 18 ans. La jeune femme est prise en étau entre ses parents autoritaires et son amour pour un jeune immigrant italien. Furieux qu’elle ait rejeté un mariage arrangé, son père l’envoie dans une chic résidence pour « malades nerveux ».
Mais les Cartwright perdent leur fortune lors du krach boursier qui va suivre. Ne pouvant plus payer les soins de Clara, la jeune femme est transférée à l’asile public…
Même si Izzy fait face aux défis d’un nouveau départ, l’histoire ne cesse de l’entraîner dans le passé. Reconstituer le destin de Clara va obliger à réexaminer ses propres choix, avec des résultats… inattendus.

J’ai passé un moment tout à fait prenant avec cette double narration, la tension et mes émotions montant crescendo au fil des pages.

Ma préférence va vers Clara, cette jeune femme de 18 ans, éperdu d’amour pour Bruno Moretti, homme simple et « de catégorie sociale inférieure ». Les parents de Clara désapprouvent cette union au point d’en prévoir une autre avec James, le fils d’un ami de la famille.

Clara est une rebelle, ce qui signifie, à son époque, dans les années 1930, d’être enfermée dans un hôpital pour malades mentaux : elle refuse d’être guidée et enfermée dans un mariage qu’elle ne désire pas. Petit à petit, sans concession, Clara découvre un monde de reclus et d’exclus, un monde de brimades, de sanctions et de mauvais traitements : les pires remèdes sont inventés. Camisoles, isolements, piqûres par insuline jusqu’au coma, elle n’échappe pas à son dramatique destin. Son aventure nous est contée. J’espérais le meilleur possible pour elle…

En parallèle de ces chapitres terribles, la narration d’Isabelle Stone nous raconte les persécutions, les réflexions intimes et le harcèlement dont est victime cette jeune adolescente.

Pour moi, l’histoire, de son point de vue, est moins palpitante mais certains moments sont forts et m’émeuvent beaucoup. Divers sujets sont abordés par l’auteure, Marie Ellen WISEMAN, tels la folie (est-elle génétique et transmissible ?), la difficulté de comprendre autrui, l’adoption.
La chute de l’histoire (des deux histoires) est importante dans cet univers chaotique. Je l’ai particulièrement appréciée.

Les recherches de l’écrivaine ont dû être intéressantes et passionnantes. A la fin de l’ouvrage, j’ai eu le droit à une mini interview qui m’a ouvert le regard sur les pratiques passées, notamment cette volonté quasi divine de donner lieu à « une race » pure… et lorsque les Etats-Unis sont parties prenantes d’actes terribles, on se demande si le monde n’est pas fou… plus atteint que ces prétendus malades mentaux.

Voici donc un roman qui m’a attirée au premier regard (la couverture est sublime) avec des critiques élogieuses m’ont convaincue de me lancer dans ce double point de vue.

J’ai dévoré l’histoire en quelques heures, intriguée et curieuse de l’évolution des deux personnages. Certains points m’ont paru fort romancés, doux et timides, atténuants la violence des expériences (ce qui est bienvenu dans un tel univers…). Il est ainsi destiné à un public large, des adolescents jusqu’aux plus matures. Il n’est pas sans me rappeler le film « Le bal des folles » qui a été (pour moi) plus percutant et plus traumatisant. J’y retrouve quelques scènes.

Mon évaluation : ♥ ♥  et 1/2

La petite boutique aux poisons de Sarah PENNER

Comment suis-je arrivée jusqu’à ce livre ? J’ai découvert les Editions faubourg Marigny que je trouve fort sympathiques.
Dans la présentation de cette maison, on m’évoque la Louisiane, 10 romans publiés par an : j’ai été charmée par l’édition à taille humaine, « exotique » puisque venant de loin.
Sur la dizaine de romans présentés, les couvertures de cinq d’entre eux m’attiraient énormément. Diversifiés, des titres accrocheurs, des présentations raffinées, les romans semblent prometteurs ; je n’ai pas dit mon dernier mot et certainement, vous entendrez encore parler de cette maison d’édition et de quelques uns de ses livres et auteurs dans l’avenir.

Le résumé des éditions FAUBOURG-MARIGNY – 12 octobre 2021 :
Règle 1 : le poison ne doit jamais être utilisé pour blesser ou tuer une autre femme.
Règle 2 : le nom de la meurtrière et celui de sa victime doivent être notés dans les registres de l’apothicairerie.
Lors d’une froide soirée de février 1791, à l’arrière d’une sombre ruelle londonienne, dans sa boutique d’apothicaire, Nella attend sa prochaine cliente.
Autrefois guérisseuse respectée, Nella utilise maintenant ses connaissances dans un but beaucoup plus sombre : elle vend des poisons parfaitement « déguisés » à des femmes désespérées, qui veulent tuer les hommes qui les empêchent de vivre. Mais sa nouvelle cliente s’avère être une jeune fille de 12 ans, Eliza Fanning.
Une amitié improbable va naître entre elles, et entraîner une cascade d’événements qui risquent d’exposer toutes les femmes dont le nom est inscrit dans le registre de Nella…
De nos jours à Londres, Caroline Parcewell passe son dixième anniversaire de mariage seule, encore sous le choc de l’infidélité de son mari.
Lorsqu’elle découvre sur les bords de la Tamise une vieille fiole d’apothicaire, elle ne peut s’empêcher de faire des recherches et va découvrir une affaire qui a hanté Londres deux siècles auparavant : « L’apothicaire tueuse en série ». Et alors qu’elle poursuit ses investigations, la vie de Caroline va heurter celles de Nella et d’Eliza. Et tout le monde n’y survivra pas…

Cette double narration a été plaisante mais pas exceptionnelle malgré mon engouement pour l’apparence du livre. Le résumé est conforme au contenu du livre.

Nella et Eliza sont les voix du passé, empoisonneuses du XVIIIème siècle, complices alors que l’une est une adulte mature et la première, une fillette de 12 ans. J’ai eu quelques difficultés à savoir qui témoignait. J’étais parfois forcée de relire le début du chapitre pour me faire à la voix de l’adulte et à celle de l’enfant. Quelquefois, j’ai trouvé Eliza trop adulte et trop réfléchie… avec des réactions peu appropriées à son peu d’expérience et à son jeune âge.
Caroline est la voix du présent, une femme qui décide de s’écarter de son mari en entreprenant, seule, le voyage d’anniversaire de noces qu’ils avaient préparé.

Londres est le point de rencontre des deux histoires, plus précisément, la Tamise où Caroline fouine une fiole avec une étrange empreinte sur le verre poli. A partir de cette découverte, la femme part en quête d’un mystère historique, une histoire dans l’Histoire.
Les indices pour la reconstitution de l’énigme sont donnés un par un jusqu’à ce que les deux intrigues se répondent et se complètent.

La trame du roman est bien construite : elle alterne les époques et les points de vue, abordant des thèmes tels la place et le pouvoir de la femme, la relation amoureuse (entre trahison et fidélité) et ses répercussions.
Il faudrait pourtant que je relise ces deux histoires mêlées pour être persuadée que cette construction ne présente pas de défauts. J’avoue ne pas avoir trop cherché toute la vraisemblance des informations, de peur de trouver une faille… J’ai certainement manqué de confiance en l’auteure.

Pour mon goût personnel, il m’a manqué de l’action dans ce roman (des courses poursuites, des découvertes mystérieuses, des corps à corps, des complots à plus grande échelle… que sais-je ?). On est bien souvent plongé dans les pensées des personnages. Il y a quelques redondances et répétitions. La relation Caroline/son mari ne m’a pas permis d’apprécier le personnage féminin et, dans l’autre époque, les relations Nella/Eliza ou Nella et ses clientes manquaient aussi de dynamiques, de peps et de conflits.

Globalement, c’est une lecture en demi-teinte., ni négative (au point de l’ignorer), ni passionnante (au point que je m’en souvienne durablement). Mon évaluation : ♥ ♥ ♥

Pour moi, c’est une première entrée dans l’univers de cette maison d’édition. Je commence l’aventure parmi elle.
Voici quelques couvertures de romans que j’aimerais bien lire prochainement…