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Jury des lecteurs LIBRINOVA : La femme en déshabillé rouge de Claire VOVELLE

L’objectif du prix des lecteurs est de lire et d’évaluer des livres d’auteurs auto-édités, de passer outre (si possible, selon les capacités et l’indulgence du lecteur) les erreurs d’un livre qui n’a bénéficié d’aucune correction de la part d’un professionnel.

Ainsi, je reçois, par mois, deux livres. La femme est déshabillé rouge est l’un d’eux pour le mois de mai 2020.

Le résumé des éditions LIBRINOVA (auto-édition)28 avril 2020 : Une mère de famille est trouvée sans connaissance par deux de ses enfants dans sa maison de campagne à Saint-Jean dans le sud de la France. Tout porte à croire qu’il ne s’agit pas d’un accident domestique, mais qu’Antoinette Sylvain a été attaquée. Il y a un tisonnier à côté d’elle. S’agit-il d’un rendez-vous galant ayant mal tourné, ce que semblerait vouloir indiquer le déshabillé rouge qui la recouvre en partie ? Juliette Wendling qui est depuis quelques mois à la tête de la brigade de proximité de Barjac, va mener l’enquête, non sans mal car dans ce genre d’affaires, on se laisse souvent fourvoyer par des conventions et des préjugés. Le mari est le premier mis en cause, rapidement libéré d’ailleurs. Puis on déclenche une chasse aux sorcières contre Charlotte Forestier, la sœur de la victime. Quel intérêt pouvait-elle avoir à tuer sa sœur ? Très vite, les langues se délient dans ce petit village où tout le monde se connaît depuis des générations ce qui ne va pas faciliter la tâche des enquêteurs. Cette affaire permet aussi de lever le voile sur la façon dont les familles s’acharnent parfois sur ceux qui refusent de se plier à leurs diktats. Elle nous apprend également qu’il n’est pas impossible d’entrer en résistance et d’échapper à cette violence si sournoise. La soif de vie et de plaisirs dont fait preuve Charlotte témoigne, en dépit de tout, de cet état d’esprit.

Vous le remarquerez, je n’ai pas publié de chroniques sur les livres du mois d’avril. Je n’ai pas réussi à lire les livres jusqu’à la dernière page, ce qui, selon moi, ne me donne pas le droit de donner un avis constructif. Pour la femme en déshabillé rouge, je suis allée jusqu’à la dernière page, la dernière ligne et le dernier mot : ouf ! Je me suis forcée à passer les 10 premiers chapitres… Voilà donc mon analyse qui, bien sûr, m’appartient et est subjective.

Ce roman qui se veut être policier et à suspense mériterait d’être débroussaillé, d’être élagué. J’entends par là qu’il met en avant des vies, des expériences et des détails qui entravent la lecture et qui ne font pas évoluer l’intrigue. Tous ces paragraphes que je juge « inutiles » devraient être enlevés.

Deuxième point qui me laisse perplexe est la question du personnage principal : qui est-il ? Est-il cette mère de famille, Antoinette Sylvain, la victime attaquée (qui meurt vers le chapitre 8) ou est-ce Charlotte, la sœur, qui paraît davantage se transformer en une « héroïne », vers la fin du roman, comme le suggère la couverture ? Est-ce Juliette, l’enquêtrice (qui n’apparaît qu’après le chapitre 10) ? J’ai l’impression que l’auteure nous a proposé des portraits de personnages selon les différents moments de son histoire. Elle a tenté de stimuler notre empathie envers l’un ou l’autre, à « emmêler » les fils de son intrigue pour nous « empêcher » de démasquer le coupable.

Troisième point : qui est le coupable ? J’avoue que je suis perplexe. Je n’ai pas trouvé la réponse dans le roman. Je me suis sans doute perdue dans le dénouement du livre. Il reste aussi la question du déshabillé rouge. D’où vient-il ? Que fait-il là, sur la scène de crime ? A quoi servait-il ? Là encore, je ne le sais pas.

Quatrième remarque : la stratégie du coupable. De nombreuses séries comme de nombreux livres utilisent une stratégie (que je n’affectionne pas particulièrement) qui consiste à apporter au lecteur (au spectateur) les indices pour inculper un personnage puis pour le disculper afin de pointer du doigt un nouveau coupable… ainsi de suite. Ce livre fonctionne de cette façon.

Or, certains coupables présumés n’ont pas été évoqués alors que le début du livre nous a informés de leur présence : qu’est devenu le plombier ? Pourquoi n’a-t-il pas témoigné ?

Dernière observation : J’ai été gênée par le mélange des dialogues et de la narration, ainsi que les différents points de vue de la narration qui se mélangent avec le précédent. Il manque dans ce livre des séparations, des sauts de lignes, des guillemets, des tirets… Ceci complexifie la lecture mais la correction de cette présentation est aisée.

Avec des corrections, une relecture et quelques améliorations, je pense que l’auteure peut améliorer son histoire et son intrigue. Je supprimerai aussi l’épilogue qui pose le narrateur (et l’auteur) en moralisateur. J’utiliserai une stratégie implicite en impliquant mes personnages pour exprimer le thème moral de mon histoire.

Mon évaluation : ♡ ♡

Jury des lecteurs Librinova : L'homme du train de Laure GOMBAULT

Le résumé des éditions Librinova (auto-édition) – 20 décembre 2019 : Tania partage sa vie avec Romain et leur petit garçon à Dunkerque. Elle exerce la profession de conseillère conjugale et lutte au quotidien contre les violences faites aux femmes. Chaque jour, elle prend le train pour se rendre à Paris au travail. Depuis quelques temps, dans son wagon, elle est troublée par un homme qui la regarde avec insistance. Alors qu’elle lutte contre la violence de son désir pour lui, elle ne sait pas encore qu’une menace plus inquiétante fragilisera ses idéaux.
Dans ce roman, Laure Gombault nous offre un récit poignant au travers d’une quête où se mêle le combat d’une femme contre un réseau de prostitution et par dessus tout, contre elle-même.

Voici le troisième roman que j’évalue dans le cadre du Jury des lecteurs Libronova.

C’est une agréable découverte. Le résumé est attrayant, la couverture comme le titre sont attractifs. Les premiers pas dans le livre sont prometteurs et je ne suis pas déçue par ma lecture. Une seule journée m’a suffi pour en venir à bout. J’étais bien curieuse de lire la destinée de Tania.

L’héroïne est une jeune femme, mariée et aimante, mère d’un petit garçon Hugo. Elle a construit sa vie après une enfance bouleversée par un père violent envers son épouse, sa maman. Afin de protéger la gente féminine, Tania se dévoue au « sexe faible » et aide ses prochaines à s’affranchir de la maltraitance conjugale.

Elle rencontre l’homme du train, un homme mystérieux qui lui glisse des œillades aguichantes et prometteuses auxquelles Tania succombe aveuglément. A partir de cet instant, sa vie est déséquilibrée. Pire, elle succombe au magnétisme et à l’autorité de cet inconnu, glissant dans la peau de la femme victime.

Laure GOMBAULT a une plume efficace. Aucun chapitre ne cloisonne les évènements. Je passe d’une scène à l’autre grâce à des sauts de ligne. Cela ne m’a pas dérangée.

Le personnage de Tania est assez bien caractérisé. Celui de Romain, personnage secondaire, est aussi esquissé avec efficacité. Quant à l’homme du train, le premier abord est séduisant mais il cache son vrai visage… Au cours de l’aventure, il se dévoile. J’aurais aimé plus de nuances et un parcours moins connu. Ce personnage, nous l’avons tous déjà rencontré avec ses spectres classiques. J’imagine que l’auteure aurait pu le rendre unique avec des actes et des actions au coeur même du roman. J’ai eu l’impression qu’il subissait son passé et que le présent lui était fatal.

Sarah M. est un personnage ambivalent, de part sa situation familiale et sa vie de couple. Elle est victime de son mari violent. Elle évolue et devient forte et conquérante. Par contre, je l’ai trouvé non aboutie dans son désir, en tant que femme, surtout dans la dernière partie de l’histoire. Ses motivations se sont un peu floutées. Son compagnon (et ami) a échappé à ma compréhension : si l’histoire se poursuivait, quel choix aurait-il effectué concernant Sarah ? Qu’attendait Sarah de lui sur le long terme ?

La chute du roman est la continuité attendue, positive pour ces femmes. Un dernier retournement aurait-il été possible pour notre plus grand plaisir de lecture l’histoire de nous surprendre ?

Conclusion : Ce roman est intrigant et intéressant. Il est abouti. L’auteure mène efficacement ses personnages là où elle le souhaite. L’homme du train mérite d’être remarqué pour être amélioré, encore, sur de petits détails, aboutissement qui pourrait le propulser vers un lectorat plus convaincu et plus nombreux.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡

Jury de lecteurs Librinova : Le jour où les flammes embrasèrent Notre-Dame de Paris de Jo BELLAUD

Février, Librinova a choisi deux livres pour moi, dont ce recueil de nouvelles de Jo BELLAUD, Le jour où les flammes embrasèrent Notre-Dame de Paris.

Le résumé des éditions LIBRINOVA – 30 janvier 2020 (auto-édition) : Tout le mystère réside dans la personnalité de Nathan Ormeteau : son nom, son présent, son passé tantôt garant de la sécurité du nucléaire, tantôt écolo déterminé, qui est victime du vol d’un de ses dossiers et qui ne comprend pas la disparition de sa nouvelle compagne. Manipulations ou hasards du destin, une équipe de gendarmes s’attelle à ce mystère et à de curieux accidents. Les tempêtes de 1999 sont-elles les seules responsables de ces morts ou un complot plus vaste est-il à l’origine de Aux Temps cachés ?

Dès la première nouvelle de ce recueil, j’ai su que ce livre ne me correspondait pas, que ma lecture serait difficile. J’ai quand même lu tous les récits.
Les premières histoires ont débuté selon un schéma comparable : un contexte socio-culturel, un personnage, un nom. Une relation commune : la cathédrale de Notre-Dame qui brûle, sous les yeux ahuris du monde. Un choc bouleversant qui mérite quelques fictions et même un témoignage personnel de la part de l’auteure (la dernière nouvelle). L’idée est intéressante.
Pourtant, j’ai été déçue par des narrations non abouties qui me laissaient sur ma faim. Dès que la problématique arrivait, la nouvelle se terminait. J’aurais souhaité que la chute n’apparaisse pas si tôt et qu’une certaine « ironie » ou un certain « clin d’oeil’ clôture ces nouvelles… Facile à dire !
Pour les « Observers » et d’autres situations, Jo BELLAUD a choisi son camp dans les actualités chaudes nationales. Un exemple : les gilets jaunes, Macron… Bref, ce rappel de la réalité brûlante dans un de mes temps de loisirs et de plaisirs n’a pas été de bon augure dans ma lecture. J’ai envie de m’évader de ces tristes constats, je ne tiens pas à ces thèmes que les informations nous rappellent souvent.
Conclusion : Ce recueil m’a laissée indifférente, légèrement agacée, pressée d’en finir. Ce n’est que mon avis personnel. Je respecte la qualité de ce recueil, de l’écriture et de l’auteure qui a mis son coeur à l’ouvrage. Bravo à elle d’être allée aussi loin avec son écrit.

Mon évaluation : ♡ ♡

Jury de lecteurs Librinova : Aux temps cachés de Damien Clémend

Sélectionnée pour donner mon avis sur de nouveaux romans tout frais, tout chauds, j’ai le plaisir de vous annoncer que je suis membre du Jury des lecteurs LIBRINOVA.

La maison Librinova a choisi pour moi deux romans : Aux temps cachés de Damien CLEMEND et Le jour où les flammes embrasèrent Notre-Dame de Paris de Jo BELLAUD pour le mois de février. Aujourd’hui, j’ai la joie de vous parler du roman policier à suspense de Damien CLEMEND, une histoire qui mérite mon intérêt et peut-être le vôtre… Je vous laisse en juger.

Le résumé des éditions LIBRINOVA (auto-édition) – le 13 décembre 2020 : Le  26 décembre 1999, la tempête Lothar assaille la Loire. Le 27 décembre 1999, la tempête Martin balaie la Gironde.
Campagnes inondées, forêts dévastées, centrales nucléaires menacées. Un champ de ruines.
Deux cyclones à douze heures d’intervalle, deux bombes dans la vie de Nathan.
Sa compagne a disparu. On s’introduit chez lui. On l’envoie à un faux enterrement.
Appelés par Nathan, les gendarmes d’Orléans tentent d’y voir plus clair mais chaque découverte ne fera qu’obscurcir un peu plus le tableau. Disparitions ? Faux-semblants ? Manipulations ?
Une même question revient, entêtante : qui est qui ?
Et quand un professeur de thèse leur explique que le Temps n’est pas ce qu’il semble être, les enquêteurs devront une nouvelle fois, revoir toutes leurs conclusions, pour revenir à l’énigme initiale : qui est Nathan Ormeteau ?

Voici un roman policier à suspense qui mérite d’être lu par un grand nombre d’amateurs du genre.

J’ai apprécié la structure du livre, des chapitres équilibrés, des mystères qui s’étoffent, des personnages bien caractérisés et une écriture maîtrisée et précise.
Le thème, le nucléaire, est bien développé et enrichi de recherches non négligeables de la part de l’auteur. J’ai aimé la richesse des détails qui n’entravent aucunement le plaisir de la lecture. On sent que l’écrivain maîtrise les sujets abordés.

Tout le mystère réside dans la personnalité de Nathan Ormeteau : son nom, son présent, son passé tantôt garant de la sécurité du nucléaire, tantôt écolo déterminé, qui est victime du vol d’un de ses dossiers et qui ne comprend pas la disparition de sa nouvelle compagne.

Manipulations ou hasards du destin, une équipe de gendarmes s’attelle à ce mystère et à de curieux accidents. Les tempêtes de 1999 sont-elles les seules responsables de ces morts ou un complot plus vaste est-il à l’origine de Aux Temps cachés ?

Jusqu’à la dernière ligne, le tueur et l’Adversaire sont bien cachés. L’ensemble de l’intrigue se tient, la construction est fine et chaque information a sa valeur et son utilité.
Une relecture de la part d’un éditeur serait de bon augure pour parfaire ce livre. Quelques erreurs ont échappé à l’auteur. L’ensemble est cependant de qualité et intéressant.

Les personnages sont uniques et leur problématique assez différente des autres récits que j’ai rencontrés.

Aux temps cachés est un roman original et intéressant. Je pense qu’il appartiendra aux romans remarqués et remarquables de ce prix du jury de Lecteurs Librinova. Je vais suivre les critiques qui l’entoureront avec intérêt.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ 1/2 ♡