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Ceci n’est pas un fait divers de Philippe BESSON : UPPERCUTANT !

Le résumé des éditions JULLIARD – 05 janvier 2023 : ​Ils sont frère et sœur. Quand l’histoire commence, ils ont dix-neuf et treize ans.
Cette histoire tient en quelques mots, ceux que la cadette, témoin malgré elle, prononce en tremblant :  » Papa vient de tuer maman. « 
Passé la sidération, ces enfants brisés vont devoir se débrouiller avec le chagrin, la colère, la culpabilité. Et remonter le cours du temps pour tenter de comprendre la redoutable mécanique qui a conduit à cet acte.
Avec pudeur et sobriété, ce roman, inspiré de faits réels, raconte, au-delà d’un sujet de société, le long combat de deux victimes invisibles pour réapprendre à vivre.

Malheureusement oui… cette histoire est tirée d’un fait divers… un horrible drame dont on ne sait si on se relèverait, nous-mêmes. « Papa a tué maman » : quelle situation plus terrifiante peut-on imaginer pour ces deux jeunes enfants (treize ans et dix-neuf ans) ?

Philippe BESSON nous livre une réalité pour laquelle on pourrait rougir de honte. Il décortique un couple, ausculte une famille dans ses plus sombres retranchements, observe une société inerte et impuissante.

Cette histoire m’a mise à terre : uppercut en plein coeur. J’ai du mal à écrire que j’ai apprécié ma lecture et que je l’évalue comme un coup de coeur. C’est une véritable réussite. L’auteur m’a conduite là où était son point de chute. Bravo à son talent.

Les personnages sont forts et bouleversants. Le bourreau est diaboliquement commun : on peut le rencontrer d’une manière intime. C’est inquiétant.

Philippe BESSON est tellement dans la sincérité et l’intimité du ressenti que j’ai un doute : est-il un auteur qui a atteint un degré élevé de perfection ou a-t-il lui-même approché de très près ces faits ?

Plus les descriptions s’approfondissent, plus le monde noircit jusqu’à devenir inextricable et inenvisageable. La tension monte d’un cran à chaque chapitre : je croyais que le meurtre d’une épouse par son mari était l’ultime acte mais il y a pire encore dans cet enchevêtrements des vies. La destruction de leurs enfants jusqu’à l’anéantissement.

Ceci n’est pas un fait divers (sous entendu un évènement d’importance secondaire)… certes pas : j’étais prévenue.

Challenge COLD WINTER 2022 : l’heure du bilan

Fin janvier 2023 : je clos mon CHALLENGE COLD WINTER 2022 avec un sentiment de franc succès et de fierté.

J’ai largement rempli mon contrat (passé avec moi-même). C’est même la première fois que j’établis une liste de livres à lire, que je la respecte autant et que cette PAL dictée ne me procure aucun ennui. En temps normal, je déteste « l’obligation de lire » et la contrainte. Souvent, mon intérêt dévie vers d’autres lectures, d’autres horizons, si bien que je finis par abandonner.

Ce challenge m’a permis de lire des livres que je projetais de lire (un jour… lointain… plus tard…) mais qui s’étaient perdus au fin fond des oublis et de ma mémoire.
Entre deux, j’ai même trouvé des lectures nouvelles qui pouvaient être incluses dans les sous-catégories (lectures qui se sont révélées comme des COUPS de COEUR).
Il m’a donné la possibilité de varier les genres (alors que les années précédentes je visais essentiellement des romances autour de la féérie de Noël). Cette variété m’a évité de sombrer dans l’ennui, une fois les fêtes passées et la magie de Noël derrière moi.
J’ai eu des coups de coeur, (plus que je ne les aurais imaginés), des lectures très agréables. J’ai découvert un nouveau genre : la BD. J’ai ouvert une nouvelle catégorie dans le menu de mon blog (Historiques).

J’ai validé tous les menus, toutes les sous-catégories, lisant au moins un livre pour chacun et chacune. Une seule histoire sera différée : La véritable histoire de Noël, peut-être à l’année prochaine…

Voici maintenant tous les romans que j’ai découverts :
MES PREFERES :
+ Le sel de nos larmes de Ruta SEPETYS : COUP DE COEUR …     
+ Au quatre vents d’Amélie ANTOINE : COUP DE COEUR …     
+ On était des loups de Sandrine COLLETTE : COUP DE COEUR …     
+ Ta seule issue de Giles KRISTIAN : COUP DE COEUR …     
+ Oscar et la Dame Rose d’Eric EMMANUEL-SCHMITT : :   
+ Le chant de Noël, conte de Charles DICKENS :   
+ BD : Un chant de Noël, une histoire de fantômes de MUNUERA Luis José : : COUP DE COEUR …     

MES ADORES :
+ T’embrasser sous la neige d’Emily BLAINE :   
+ Fais un vœu de Nicholas SPARKS :   
+ La Malentendue de Yolaine DESTREMAU :   
+ La secrétaire de Himmler de Catherine HOKIN :    1/2
+ Les racines des ombres de François RABES :    1/2 

MES AIMES :
+ Cruels sont les rivages d’Eric LE NABOUR :    1/2 
+ Douze chiens pour Noël de Lizzie SHANE :   
+ La victoire d’Emily de Rhys BOWEN :   
+ Les perce-neiges s’éveillent sous la neige de Sophie JOMAIN :   
+ Juste à côté de moi de Sophie CARQUAIN :   
+ Le pays au-delà des mers de Christina BAKER :   

Pour ce CHALLENGE, en deux mois, j’ai donc lu 18 livres avec motivation, joie et plaisir… Ce qui fait un beau bilan hivernal.
Et vous, quelle est votre évaluation ? Quel est votre prochain défi ou challenge ?

A bientôt.

Nuit du Solstice dans un hiver sombre : La secrétaire de Himmler

Ce roman que j’ai sélectionné dans ma PAL spécialement pour le CHALLENGE COLD WINTER 2022 est une véritable mine d’informations pour les amoureux de cette période historique. Deux éclairages nous sont offert par la voix de Magda, la secrétaire d’Himmler et par la voix de sa petite fille, Nina.

Magda m’apparaît en premier comme une jeune allemande ambitieuse, sensible et hostile au fascisme-nazisme. Elle vit pendant la seconde guerre mondiale. Sa famille défend les valeurs communistes. Elle est, au début du roman, un personnage commun qui acquiert un rôle « privilégié ». puis devient le témoin du machiavélisme des Nazis et plus particulièrement de Himmler.
Chez son premier patron, celui qui la recrute et celui qui décèle en elle sa véritable appartenance, (un chef d’entreprise allemand, sous la coupe apparente du régime nazi) je retrouve la personnalité et le charisme du célèbre M. SCHINDLER (de la liste de Schindler). Cependant, le rôle du personnage altruiste et charitable est moins l’objet de ce roman : c’est à travers les yeux de Magda que nous prenons connaissance des faits et des plans d’extermination des Juifs, communistes et autres populations anéanties par le régime et par Hitler.

Nina, sa petite fille, grandit en RDA (République Démocratique d’Allemagne) à une époque où l’Allemagne n’est pas unifiée et où deux camps s’opposent (deux mondes aussi) : l’Ouest et l’Est, le capitalisme et le communisme.
Pour avoir connu, à l’âge à peu près similaire de Nina, la chute du Mur de Berlin et l’effondrement du communisme, j’avoue que ce regard sur le monde m’a beaucoup intéressée. Certes, le roman est trop court pour que cette vision soit fine et précise mais j’ai rarement lu cette expérience dans les histoires. C’est une période peu évoquée, sans doute encore un peu taboue… Berlin a un tout nouvel attrait pour moi : j’aimerais bien vagabonder dans cette capitale et observer les stigmates de cette séparation et des restes de ces deux mondes si affreusement opposés.

Revenons à Magda et Nina.
Leur histoire est passionnante. L’alternance entre les deux vies donne envie d’en savoir plus et nous oblige à dévorer le roman.
Les destinées des deux jeunes femmes sont assez similaires : j’aurais aimé plus de divergences.
Le contexte est bien retracé et décrit.
Le point de rupture entre Magda et Nina, la maison-Tour, est assez bien trouvé. J’aurais presque aimé que le titre soit davantage centré sur la maison que sur le statut unique de Magda.

L’histoire de Magda a accaparé toute mon attention et mon intérêt tout au long du roman. Celle de Nina m’a paru secondaire et moins palpitante. Les chapitres de ce roman (pas plus de 18 chapitres) sont longs, assez denses. Ils m’ont obligée à prolonger ma lecture pour rester concentrée sur le récit et pour comprendre chaque étape de la vie de la secrétaire. La plupart évoque le passé de Magda. Nina permet de clore l’histoire et de faire la lumière sur les non-dits et le secret d’une période sombre et terrible.

La problématique des responsabilités des crimes contre l’humanité – thème central évoqué par le titre – est habilement détournée. Au cours du roman, Magda est assez vite « blanchie ». Si aux yeux de sa petite-fille, la lumière sur sa vie et ses responsabilités est floue, nous, lecteurs, nous attendons le moment où Magda se déculpabilisera de ses actes et de ses décisions passées.

Le roman se clôture sur un « petit retournement » de situation (que je pressentais…) : une fin romanesque qui adoucit le côté obscur et terrifiant de cette période de guerre et de haine. Les faits historiques m’ont beaucoup plus passionnés que le devenir des personnages (un aboutissement qu’on imagine forcément éthique et positif).

Ce roman est assez remarquable, passionnant, pour les côtés historiques qu’il évoque, pour ces deux périodes qu’il décrit à travers le vécu de Nina et Magda.
Il pourrait être encore plus riche avec davantage de détails sur la police (la Stasi) de RDA, l’espionnage et les complots politiques. L’auteure, Catherine HOKIN, a choisi de traiter l’expérience unique de deux personnages féminins. Le choix est intéressant. J’ai beaucoup aimé ce regard.

Mon évaluation :     1/2

Le résumé de CITY EDITIONS – 22 juin 2022 : La vie de Magda, une jeune secrétaire allemande, bascule le jour où elle entre au service de Himmler, le chef des SS. Les journées s’enchaînent : envoyer des invitations pour des réceptions, demander des devis pour la construction de camps de concentration et obéir à un homme qu’elle méprise. Mais en secret, Magda mène une double vie. Le soir, elle entre dans la clandestinité et travaille pour la Résistance. Un jeu dangereux où la jeune femme risque la mort à chaque instant. Mais c’est le prix à payer pour protéger l’homme qu’elle aime, un résistant qui combat le nazisme… Quarante ans plus tard, sa petite-fille Nina découvre des documents troublants datant de la Seconde Guerre mondiale. Dans les ruines d’un passé que sa grand-mère a tenté d’oublier, elle lève peu à peu le voile sur les mystères de l’histoire familiale. Des secrets qui vont bouleverser sa vie à tout jamais…

BD : Orgueil et préjugés – Tome 1 : Les Cinq Filles de Mrs Bennet

C’est sur le conseil des Papiers de Mrs TURNER que j’ai acquis cette BD.

Le résumé de l’éditeur SOLEIL – 18 septembre 2019 – Illustrée par Aurore : Tout Longbourn est en émoi depuis l’arrivée du fortuné Mr Bingley ! Menacée par un testament laissant toute la fortune de la famille à un lointain cousin, Mrs Bennet espère assurer son avenir en mariant l’une de ses cinq filles à ce riche héritier.

Deux faits extraordinaires dans cette lecture et dans cette acquisition :
1°) En général (C’est l’exception qui confirme la règle… ? ) je ne lis pas de bandes dessinées.
2°) J’ai aussi trouvé plus judicieux d’acheter ce livre « en vrai », je précise : en version papier. Car, depuis une dizaine d’années, je ne lis plus que sur liseuse.

L’impression qui ressort de cette « nouvelle » expérience est inédite : j’ai eu besoin de trouver des moments dans la journée bien adaptés (luminosité et position de lecture) pour pouvoir tourner ces grandes pages colorées. Impossible de lire dans l’obscurité de ma chambre et de me « vautrer » dans mon lit !
Je me suis forcée à m’attacher aux images alors que mes yeux étaient avides de textes… Je m’y suis reprise à deux fois (plusieurs fois, même sur certaines pages) pour lire, comprendre, décrypter, savourer ce début d’histoire que je connaissais.

Le plaisir de lecture n’est pas aussi intense que lorsque j’ai découvert le roman Orgueil et préjugés de Jane AUSTEN mais ces retrouvailles sont agréables. Elles me donnent même envie de me replonger dans le récit de l’auteure (sans les images) et d’investir dans la suite de cette série.

Plus encore, une autre BD m’attire beaucoup : Le chant de Noël, adaptation en images d’une nouvelle (ou d’un conte) de Charles DICKENS que, là encore, Les Papiers de Mrs TURNER m’ont vantée : je suis sûre que cette lecture va m’enchanter.

La lecture de BD est une nouvelle expérience pour moi, sympathique mais pas aussi immersive que lorsque je lis un roman. J’ai papillonné davantage au contact de ces pages aux multiples indices. A en croire les experts de ce genre, il y a beaucoup à découvrir dans une bande dessinée et cet album demande plusieurs lectures… ce qui fera durer mon plaisir !

Il a fallu que je me familiarise avec les traits des personnages, que je les identifie, que je les mémorise. Les dessins sont agréables, pas trop caricaturaux. Ils sont jolis, enfantins : j’imagine qu’Aurore a destiné cette BD aux jeunes filles et aux adolescentes.
L’essentiel de l’histoire originelle, des ressentis des personnages, des actions de ceux-ci est présent. Je retrouve bien les principaux éléments du roman. L’album semble une version simplifiée et adaptée qui est accessible à tous et à toutes. Cela me semble être une réussite pour une première approche de l’œuvre de Jane AUSTEN, le charme de la belle prose en moins.

Mon évaluation :   

On était des loups de Sandrine COLLETTE : SUPERBE ROMAN

Pour aller dans mon CHALLENGE COLD WINTER, j’ai regretté ne pas avoir inclus On était des loups de Sandrine COLLETTE. Ce livre (couverture, résumé, auteure) m’a fait de l’oeil depuis sa sortie. J’ai trouvé que l’occasion était belle pour le découvrir .

Et QUELLE découverte ! A couper le souffle !

J’ai eu des COUPS de COEUR pour des romans : celui-ci est unique : j’ai rarement lu une histoire aussi passionnante pour le fond et pour la forme.

La narration est somptueuse, atypique, à fleur de peau, honnête, vive, brute.

Le personnage principal est tour à tour désarçonnant par son récit sans barrière : il nous livre ses pensées intimes, aussi bien celles qui pourraient déranger que les plus belles et les plus vraies. Il est aussi autant animal qu’humain. Solitaire que généreux et altruiste.
Il sent l’Autre, il flaire son âme profonde, il débusque l’honnête du menteur, l’ami du tueur.

Ce récit est époustouflant, tellement vivant et prenant que je vais l’offrir à mes proches. Ils n’échapperont pas à mon coeur de coeur.

Dans ces pages, on ne peut qu’aimer la montagne, la nature, la pureté du ciel, de l’eau et de la terre. Tout m’a accaparé (au bon sens du terme) aussi bien l’être chasseur, que le père, que l’environnement.

Quelle relation avec le fils, le petit Aru ! Il est troublant ce lien du sang filial et inévitable et ce lien de l’esprit tout en construction.

Sandrine COLLETTE analyse finement l’être humain. Je lui tire mon chapeau d’avoir pu entrer dans la peau de cet homme aussi finement et aussi intelligemment.

Quant à la fin de ce roman : je vous mets au défit de l’anticiper ! Et oui, je vous pose la question avant que vous ne plongiez dans cette histoire. Après la lecture du résumé, comment imaginez-vous la chute ? Prenez quelques instants pour l’inventer.
La fin met l’uppercut final : celui bien mérité, celui qui reste inoubliable !

Excellent roman ! Merveilleuse écrivaine ! Je reviendrai très rapidement vers Sandrine COLLETTE.

Le résumé des Éditions de l’EPEE – 24 août 2022 : Ce soir-là, quand Liam rentre des forêts montagneuses où il est parti chasser, il devine aussitôt qu’il s’est passé quelque chose.
Son petit garçon de cinq ans, Aru, ne l’attend pas devant la maison. Dans la cour, il découvre les empreintes d’un ours.
À côté, sous le corps inerte de sa femme, il trouve son fils. Vivant. Au milieu de son existence qui s’effondre, Liam a une certitude.
Ce monde sauvage n’est pas fait pour un enfant. Décidé à confier son fils à d’autres que lui, il prépare un long voyage au rythme du pas des chevaux.
Mais dans ces profondeurs, nul ne sait ce qui peut advenir. Encore moins un homme fou de rage et de douleur accompa

Le bureau d’éclaircissement des destins de Gaëlle NOHANT : COUP de COEUR

J’ai lu La Part des Flammes de Gaëlle NOHANT, un roman qui n’était pas loin de m’évoquer la série Le Bal de la charité.
Le souvenir de cette histoire reste forte et indélébile dans mon esprit et dans mon coeur. Je n’ai pu résister à ce nouveau livre de l’auteure, d’autant plus qu’il parlait des camps de concentration et des objets laissés derrière toutes ces populations décimées par les Nazis, traces qu’il fallait restituer aux descendants.

Le résumé des éditions GRASSET – 04 janvier 2023 : Au cœur de l’Allemagne, l’International Tracing Service est le plus grand centre de documentation sur les persécutions nazies. La jeune Irène y trouve un emploi en 1990 et se découvre une vocation pour le travail d’investigation. Méticuleuse, obsessionnelle, elle se laisse happer par ses dossiers, au regret de son fils qu’elle élève seule depuis son divorce d’avec son mari allemand. 
A l’automne 2016, Irène se voit confier une mission inédite : restituer les milliers d’objets dont le centre a hérité à la libération des camps. Un Pierrot de tissu terni, un médaillon, un mouchoir brodé… Chaque objet, même modeste, renferme ses secrets. Il faut retrouver la trace de son propriétaire déporté, afin de remettre à ses descendants le souvenir de leur parent. Au fil de ses enquêtes, Irène se heurte aux mystères du Centre et à son propre passé. Cherchant les disparus, elle rencontre ses contemporains qui la bouleversent et la guident, de Varsovie à Paris et Berlin, en passant par Thessalonique ou l’Argentine. Au bout du chemin, comment les vivants recevront-ils ces objets hantés ?

Si le titre du roman semble peu aisé à mémoriser du premier coup, il n’en est rien du contenu de cette histoire. L’ensemble est facilement accessible : l’auteure me résume fréquemment l’avancée des recherches d’Irène pour ne pas me perdre.

Irène est le personnage principal au croisement d’intrigues secondaires où, sans le rencontrer, le personnage du passé nous dévoile toute sa force, son charisme, ses actes et son courage. Suivre ces fils narratifs a été une très belle aventure pour moi, très différente des romans sur le même thème, passionnante et émouvante. Ne pas le lire aurait été une pure omission. il est formidable, exceptionnel et fort attachant.

L’écriture est fluide. La plume de l’auteure est remarquable et dès les premiers mots, l’ambiance est là, pesante, angoissante mais réaliste.

Les rencontres d’Irène vont l’aider à donner du sens à son parcours. C’est un superbe roman qui fera longtemps battre mon coeur. et qui a secoué mon esprit.

Ewa, Wita et Lazar sont des victimes du passé qui permettent de revenir sur les crimes des Nazis, sur l’insupportable destinée des populations juives, polonaises ou non aryennes. Ce livre permet de remémorer les horreurs subies mais, fait exceptionnel, me permet de comprendre un contexte après-guerre que je ceranis mal. Entre le désir de mémoire et la volonté de dépasser toutes ces horreurs, les Alliés ont réalisé des choix (politiques, éthiques) qui ne sont pas sans conséquences. J’ai beaucoup appris avec ce roman. Même si les enquêtes d’Irène et les personnages sont fictifs, une part de vérité est présente. Toutes ces nouvelles connaissances que Gaëlle NOHANT m’apporte m’ouvrent un regard neuf sur ce que moi j’ai vécu enfant et jeune adolescente. Mon regard sur le monde actuel ne sera jamais plus identique à celui que j’avais avant. Je pense que je relirai ce livre pour encore mieux mesurer l’impact social et historique de tous ces événements.

Je remercie NetGalley et les éditions GRASSET pour cette exceptionnelle lecture et pour ce roman si remarquable.

Mon évaluation : COUP DE COEUR       

Bonus CCW : Les perce-neige s’éveillent sous les flocons de Sophie JOMAIN

Ce roman est étonnant par son contenu. Je ne m’attendais pas à lire une sorte de conte de Noël mêlé à des sentiments forts : l’auteure aborde des thèmes poignants liés au handicap à l’acceptation de soi et d’autrui. Ces thèmes me touchent énormément et forcent mon intérêt pour ce livre.

J’ai particulièrement adoré le message de l’écrivaine. J’ai été charmée par ce petit garçon au visage ravagé, à la maîtrise de cette jeune maman, à sa patience, sa bienveillance, sa droiture dans le discours.

J’ai été moins touchée par les aventures de ce Monsieur Nicolas Claus et par les motivations de ce restaurateur atypique même s’il reste amusant de délirer dans cette féérie très à propos en décembre.

Je reconnais l’originalité de cette romance et je la vante parce qu’elle se démarque dans ce paysage romantique de lectures assez cadenassées par les clichés.

Ici, l’auteure nous plonge dans un élevage refuge de rennes (bienvenue à Perce-neige !), dans la souffrance d’un gamin différent (situation particulièrement bien décrite dans le quotidien et dans les relations sociales), dans le combat d’une mère et d’une famille pour s’élever dans le monde ordinaire (quelques péripéties romantiques…). C’est touchant, remarquable. Je suis admirative de l’imagination de Sophie JOMAIN qui sensibilise les lecteurs/lectrices avec sa plume délicate.

Donc, dans un contexte festif, avec l’idée de nous réchauffer le coeur, dans l’esprit de charité et de partage, les perce-neige s’éveillent sous les flocons est une histoire qui se démarque de toutes les petites romances classiques qui inondent notre monde en ce moment. Ce livre n’est pas seulement un condensé de chaleur, de bons sentiments et de guimauve rose bonbon, c’est aussi une lutte contre l’indifférence, un combat contre le rejet de l’autre. On entre forcément en empathie avec les personnages principaux (la mère, le fils, le grand-père… et même le père). Il y a là un message puissant et une volonté de nous amener à changer notre regard sur l’autre.

Pari presque réussi, pour ce qui me concerne.
Cette romance plaît énormément (que d’avis élogieux…). Pourtant, pour ma part, elle s’avère être très éloignée de mes attendus de lecture.
Si j’aime le thème central (la situation de handicap), je reste quelque peu éloignée du côté féérique et conteur du roman. Nicolas Claus est amusant, le restaurateur tellement différent, le grand-père juste bougon, la mère précieuse… mais l’ensemble propose un conte… qui reste un conte légèrement enfantin et facile.

L’entrée dans ce conte est surprenante. la fin est classique. Mon émotion a varié en fonction des personnages touchés. La romance est davantage un prétexte et secondaire, selon mon point de vue. J’aurais souhaité que le côté « handicap » soit plus développé : mais la promesse de l’auteure (de la couverture du livre) n’aurait pas été la même…

Mon évaluation :   

Magie de Noël : Juste à côté de moi de Sophie CARQUAIN

Le résumé des Editions CHARLESTON – 12 janvier 2022 : Quand Susie Pritt est embauchée par la famille Wagner pour peindre une fresque murale pour leur fils disparu, elle comprend vite qu’il ne s’agit pas d’une banale histoire de fugue ou d’un tragique accident. Niels a disparu dans sa chambre. Depuis un an, il ne sort plus, ne parle plus ni à ses parents ni à sa soeur, ne communique plus par aucun moyen. Il est là, juste à côté, mais il vit en dehors du monde.
Hantée par ses propres démons, Susie se donne pour mission de faire revenir le jeune homme. Alors qu’ils s’apprivoisent mutuellement, ces deux êtres blessés par la vie vont s’accompagner à leur façon sur le chemin de la guérison.

Je termine mon menu MAGIE de NOËL avec le roman de Sophie CARQUAIN que j’avais placé dans ma liste de livres à lire, il y a presque un an.

Ce roman a de nombreuses qualités. Sa couverture est aussi poétique que les mots de l’auteure.

Les personnages sont tout en souffrance, avides de se tirer des griffes de leurs démons. Susie a échappé à la tuerie du Bataclan. L’adolescent est reclus dans sa chambre sans date limite, incapable de se reconnecter au monde. Leur rencontre ouvre un espoir sur leur résilience.

Leur évolution est touchante, chacun accordant sa confiance et sa tendresse à l’autre avec sa propre appréhension de la vie. Le prisme de leurs émotions, de leur compréhension du monde, de leur vécu et de leur possible avenir est dépeint avec justesse et m’a beaucoup touchée.

Sophie CARQUAIN parle de peinture aussi simplement qu’elle décrirait un paysage. Ce fut amusant et passionnant pour moi de chercher les représentations des tableaux des peintres cités sur internet au fil de ma lecture. Tous les passages réflexifs sur les chefs d’œuvre m’ont envoutés. Les descriptions arrivaient avec pertinence dans le récit. L’art, la pensée et les sens sont à l’honneur dans cette histoire.

Si l’ensemble du roman m’a beaucoup plu, je rejoins quelques réticences quant au dénouement final de cette rencontre. J’ai trouvé dommage de donner une place secondaire, voire négligeable, à Milas qui m’a charmée au fil des pages avec ses mets culinaires aux senteurs exceptionnelles mais aussi avec sa bienveillance discrète.

Suzie s’est montrée ambivalente, juste insaisissable à un moment où j’avais besoin de poser un point final à cette histoire et non pas trois points de suspension avec des suppositions floues en tête. En définitive, la fin de ce roman m’a semblé hésitante, indéfinissable, ambigüe.

Dans l’ensemble, c’est une belle lecture que je recommande, un joli texte en prose avec de beaux personnages, un contexte artistiques riches et qui apporte beaucoup à la rencontre.

Mon évaluation :   

Calendrier de l’Avent : Surprise !

Le défi du calendrier de l’Avent ? Ouvrir une fenêtre et s’extasier de la surprise qui est derrière…

Aujourd’hui, en ce jour très spécial, c’est une lecture à l’aveugle qui m’attend : Le pays au-delà des mers, roman de Christina BAKER KLINE dont je ne connais pas le résumé (je ne m’en souviens pas…).

Pourtant, s’il figure dans ma PAL c’est que les blogs me l’ont vanté… et j’ai, un jour, lu la quatrième de couverture. Je prends souvent des indices qui m’orientent le regard et l’esprit et me fait anticiper une direction… Cap donc vers de nouvelles aventures !

En ouvrant la première page : mystère… je ne sais à quoi m’attendre précisément si ce n’est l’aventure de femmes (quatre femmes ?), en exil (je suppose – d’après le titre)… et comme j’ai consulté la table des matières, je cerne quelques grandes lignes :
Evangeline, Mathinna, Hazel, Ruby se partageront la narration (Ruby, est-ce un nom de femme ?), l’une et l’autre en prison, (puis) sur une île d’Australie, un jour, sur le port de Londres, un autre, et à bord du Medea (forcément un navire…) dans les années 1840.

Cette lecture est une jolie narration. Elle est conforme aux attentes que j’en avais. L’auteure s’est documentée et parsème son récit de détails et d’informations concernant cette époque : la condition des femmes conscrites envoyées en Australie, le traitement des populations indigènes recluses sur des îles à part au large des anciennes colonies anglaises.

Quant à l’histoire, elle se partage entre la petite Mathinna, une orpheline aborigène et la jeune anglaise, gouvernante, Evangeline. Deux récits en parallèle qui finissent par se croiser.

Cette romance est douce, conforme à la destinée que j’imaginais, centrée sur la rupture des parcours de vie et le trajet qui les mènent vers un nouveau départ.

Les rencontres sont enrichissantes et donnent à ces destinées un attrait tout particulier.
Olive (l’oubliée de mes hypothèses de lecture et qui pourtant tient un rôle non négligeable dans ces histoires) est d’apparence dure mais bienveillante : elle est bonne conseillère. Elle guide Evangeline et l’aide à affronter la réalité de cette expérience.
Hazel est une toute jeune adolescente que la vie n’a pas épargnée et qui se révèle indispensable par ses dons et ses connaissances pratiques.
Quant à Ruby, elle est en quelque sorte le fruit qui résulte de ce croisement de personnalités.

Je suis surprise de l’évolution du roman et des héroïnes. Je regrette que le récit autour de Mathinna ne soit pas plus développé. J’aurais souhaité que sa destinée soit décrite avec plus de précisions, même si elle est sombre.

Mon évaluation :    
C’est un roman qui se lit rapidement, qui apporte beaucoup sur le contexte historique et humain de cet exil forcé et de cette colonisation dramatique. J’aurais aimé plus de profondeur et un centrage unique sur Mathinna et Evangeline, moins de dispersion vers d’autres héroïnes secondaires mais je respecte les lignes directrices choisies par l’auteure : la filiation et l’héritage du passé.

Le résumé des édtions BELFOND – 08 septembre 2022 : Pour avoir naïvement cru aux promesses d’amour de son employeur, Evangeline, jeune gouvernante anglaise, a été accusée de vol et condamnée à la déportation. Sur le navire qui l’emmène en terre australe, elle pense à ce que sera sa vie dans le  » pays au-delà des mers « , qu’on dit si inhospitalier, peuplé d’indigènes et de renégats. Elle pense aussi à l’enfant qu’elle porte : saura-t-elle le protéger ? Pourra-t-elle s’appuyer sur la débrouillarde Hazel avec qui elle a noué une forte amitié lors de la traversée ?
Au même moment, sur l’île Flinders, au large de l’Australie, Mathinna, une orpheline aborigène, est elle aussi retenue prisonnière. Arrachée à sa tribu, la petite a été adoptée par le gouverneur et son épouse, qui entendent bien la civiliser à tout prix.
Ces trois femmes l’ignorent encore, mais leur sort est inextricablement lié. Sur ces terres soumises à la folie des hommes, elles auront besoin de toutes leurs forces, de tout leur courage pour survivre et se frayer un chemin vers la liberté.

Reine des Neiges : la Malentendue

Reine des neiges : trois mots.
La Malentendue est bien dans le thème… il manque une pointe de magie de Noël : je savais à quoi m’attendre avec ce roman.
1- Sorcière ?
Peut-être que son mari à cette vision de la narratrice… Un regard trouble et peu calé sur la vérité et la réalité.
2 – Femme de pouvoir ?
Cécilia ne l’est certainement pas, contrairement à ce que sa profession pourrait faire penser… et puis (petit doute)… si… finalement. Cécilia est une femme forte, elle a le dernier acte pour elle.
3 – Féminisme ?
Est-ce que défendre la cause de la femme battue est du féminisme ou est-ce simplement la volonté du respect de l’être ? Faut-il être du côté des femmes pour défendre Cécilia ?

Dans le MENU Yule, j’ai nommé La Malentendue. Si ce roman évoque bien la femme, l’histoire n’est ni festive, ni tendre… quoique… l’amour est présent dans ce récit.

Je savais que La Malentendue serait rude. C’est un peu pour cette raison – la crainte de souffrir – que je l’ai lu d’une traite. Impossible de lâcher les pages et le déroulement.
La tension est vive, omniprésente.
L’expérience est douloureuse, dérangeante avec d’innombrables détails : toutes les étapes retracent parfaitement la tombée aux enfers.

Yolaine DESTREMAU maîtrise parfaitement le sujet.
Je connaissais chaque pas conduisant à l’abîme pour avoir côtoyé plus ou moins familialement cette folie, pour avoir visionner les documentaires, pour avoir lu des livres sur le sujet.

Superbe jeu de mots que le titre !
La Malentendue : Être ignorée… Être perdue dans sa propre incompréhension du lien qui s’est tissé… Malentendu ou réalité ?
Le récit parle de l’introspection de la femme mais aussi de ses relations sociales, de son combat pour faire reconnaître sa situation, de son lien à cet homme qui l’a pourtant charmée, aimée, conquise… et qu’elle a aimé.

Ce roman est intenable. J’ai été profondément mal à l’aise avec cette violence gratuite et inexpliquée.
Ce roman est tellement proche de la réalité qu’il est prévisible.
Seuls quelques petits ajouts nous rappellent la fiction comme le pharmacien qui s’éprend d’un couple de personnes âgées…

Je reste cependant sur ma faim sur certains points de l’histoire. Sans spoiler, j’aurais souhaité davantage de transparence sur le personnage du pharmacien. J’aurais aimé davantage de contrastes et de « combats » entre la femme battue et son alter égo l’avocate. J’imaginais que la scène de départ aurait une signification encore plus particulière avec la fin du récit.

Il m’évoque un autre roman fort : La Maladroite qui, encore, se rappelle à moi parce qu’il est à mi-chemin entre le témoignage, la réalité et une œuvre de fiction. On ne ressort pas indemne et satisfait pleinement de ce genre d’histoires.

Mon évaluation :    1/2

Le résumé des éditions CHALESTON – 18 octobre 2022 : Non, je ne suis pas une femme battue. Pas moi. Je repousse cette idée avec force. Je n’ai pas le profil type, je ne suis pas née pour ça. Je refuse qu’on me mette dans cette boîte, celle des victimes. Je n’aime pas les victimes, je n’aime que les héroïnes.
Une brillante avocate s’apprête à plaider. Elle sait ce qu’elle a à faire, à dire, pour convaincre les jurés et la cour. Sa voix ne tremble pas, elle joue avec les mots et les silences. Elle est à sa place.
Une patiente est allongée sur un lit d’hôpital. Multiples fractures, côtes fêlées, coupures. Sous morphine, elle est incapable de se rappeler ce qui lui est arrivé. Son mari prétend qu’elle est tombée sur une table basse.
Ces deux portraits sont celui d’une même femme, Cécilia, oscillant entre déni, peur et détresse… Comment échapper au cycle de la violence ? C’est peut-être l’inconnue croisée dans un café, qui l’écoute alors que la police ne l’a pas fait, ou le nouveau client qu’elle doit défendre et qui semble comprendre ce qu’elle ne dit pas, qui l’y aideront.