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La chasseresse : mon premier coup de coeur de 2022

Le résumé des éditions HAUTEVILLE – 07 avril 2021 : 1944. L’Union Soviétique est le seul pays possédant une escadrille de femmes bombardiers. L’intrépide Nina Markova et ses compagnes, les « Sorcières de la Nuit », défendent le ciel contre les nazis. Mais quand Nina s’écrase en territoire ennemi et se trouve confrontée à une impitoyable meurtrière, sa vie ne tient qu’à un fil.
Hanté par les horreurs de la guerre, le journaliste anglais Ian Graham se lance dans la traque des criminels de guerre nazis. Une dangereuse cible persiste néanmoins à l’esquiver. Une tueuse connue sous le nom de « La Chasseresse » – et seule Nina, une des rares à avoir réussi à lui échapper, peut servir d’appât.
Dans le Boston d’après-guerre, Jordan McBride accueille sa nouvelle belle-mère. Or, en se plongeant dans le passé de cette femme mystérieuse, elle y découvre une multitude de sombres secrets. Et un danger manifeste.

Encore un coup de coeur pour l’oeuvre de Kate QUINN ! Je félicite l’auteure pour être aussi productive, pour la succession d’histoires qui émergent de son esprit, qui me charment à chaque fois alors qu’ils traitent de tant de sujets variés, pour ses personnages toujours différents et intéressants.

Ses romans denses ne cessent de m’envoûter. J’adore la période historique couverte par La Chasseresse : la fin de la seconde guerre mondiale, les procès de Nuremberg, la traque des Nazis. J’admire les recherches historiques qui ont dû être menées pour réaliser une telle galerie de portraits et pour bâtir de telles intrigues dans des contextes aussi passionnants qu’intrigants.

Le roman est à l’image de ses premières lignes (cliquez ICI pour les découvrir et vous faire une idée) : impitoyables, sournoises, intéressantes. Trois femmes se partagent la narration : Jordan, la photographe amatrice américaine, Nina la courageuse aviatrice soviétique et la Chasseresse, déguisée, non identifiée, traquée. Elles vivent sur trois rivages différents, sont liées par des lacs et sa créature maléfique, la Roussalka.

Kate QUINN nous emmène loin : dans le Boston des années 1950, en U.R.S.S. et en Pologne de la guerre, de la profonde Sibérie, à l’Ouest de l’Europe, jusqu’en Amérique du Nord.

C’est extraordinaire, cette richesse des lieux et d’épreuves, d’expériences et de vies entravées. Le récit est palpitant. J’en ai rêvé la nuit, j’étais empressée de poursuivre les aventures, me questionnant sur les identités et le devenir de ces personnages.

Je me suis profondément attachée à Nina, je l’ai découverte antipathique pour apprendre à aimer sa personnalité, sa détermination et sa bravoure. A la fin de ce livre, elle, comme ses soeurs, ont toute mon estime. Chapeau bas à leur courage et à leur engagement !

D’emblée, j’ai été séduite par la naïveté de Jordan, sa quête d’autonomie et de liberté.

La Chasseresse m’a autant inquiétée qu’elle m’a déconcertée. Avec les autres figures de l’histoire, j’ai interrogé son identité, le pourquoi de ses actes.

La fin du roman est à l’image de la réalité d’une telle traque : dramatiquement incomplète. Comment pouvait-on rendre justice à toutes ces victimes ? Mais dans un tel désir de renouveau et de reconstruction, le monde d’après guerre faisait son deuil ; il tentait d’oublier ces innommables actes de barbaries. L’épilogue et les apports historiques de l’auteure ont été les bienvenus, réconfortants malgré tout, une morale qui soulage un peu tous ces terribles maux : ne jamais oublier.

J’ai beaucoup apprécié ce roman, comme les précédents de Kate QINN. Quelle que soit la période historique, cette écrivaine m’enchante et me charme. Je ne pourrais passer à côté de son prochain roman. Ses histoires sont loin d’être superficielles, elles me convainquent, elles m’émeuvent et me passionnent. Ses personnages sont aussi riches et complexes que ces gens que nous rencontrons dans la vraie vie. Ses livres sont parfaits et très richement travaillés et construits.

Mon évaluation : COUP de COEUR  ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ sans hésitation !

Vous pouvez retrouver mes chroniques et mes avis sur les romans de Kate QUINN (cliquez sur les images…). Bonnes découvertes !

PREMIÈRES LIGNES : Quel est ce roman ?

Je profite de citer le blog de Ma lecturothèque et de son célèbre rendez-vous « Premières lignes » pour introduire ce livre qui m’a bien surprise dès les premiers paragraphes.

Quel est ce roman ? Aimeriez-vous entrer dans ce contexte historique ? J’avoue que je suis étonnée d’être confrontée à un tel personnage dès les premières lignes. Je m’attendais à une victime plutôt qu’un bourreau… Je vous laisse découvrir :

Automne 1945
Altaussee, Autriche

Elle n’avait pas l’habitude d’être traquée.
Les mains posées sur ses genoux, la femme contemplait le lac bleu ardoise qui scintillait sous ses yeux. Sur le banc, à côté d’elle, un journal était plié. Les gros titres proclamaient des arrestations, des morts, des procès à venir qui, apparemment, se tiendraient à Nuremberg. Elle n’était jamais allée à Nuremberg mais elle connaissait les hommes qui allaient y être jugés. Certains, juste de noms. Mais d’autres avaient trinqué au champagne avec elle en signe d’amitié. Ils étaient tous condamnés. Pour leurs crimes contre la paix. Contre l’humanité. Leurs crimes de guerre.
En vertu de quelle loi ? Elle avait envie de hurler, de frapper cette injustice de ses poings. De quel droit ? Mais la guerre était finie et les vainqueurs avaient gagné celui de décider ce qui était un crime et ce qui ne l’était pas. Ce qui était humain et ce qui ne l’était pas.
Ce que j’ai fait était humain, songea-t-elle. J’ai eu pitié. Mais jamais les vainqueurs ne l’accepteraient. À Nuremberg, ils rendraient leurs jugements irrévocables, décidant de condamner à la pendaison un homme ou une femme pour des actes qui, dans le passé, avaient été commis en toute légalité.
Elle porta une main à sa gorge.
Fuis ! S’ils te trouvent ou s’ils apprennent ce que tu as fait, ils te passeront la corde au cou.
Mais où pouvait-elle aller dans ce monde qui lui avait pris tout ce qu’elle aimait ? Ce monde de loups en chasse ? Elle qui avait été la chasseresse était aujourd’hui la proie.
Alors cache-toi. Fais-toi discrète et échappe-leur.
Elle se leva et marcha au hasard le long du lac. Il lui évoquait le souvenir douloureux d’un autre lac, le lac Rusalka, son havre en Pologne, aujourd’hui dévasté, perdu à jamais. Elle devait se faire violence pour mettre un pied devant l’autre. Elle n’avait pas la moindre idée de sa destination. Mais elle refusait de rester ici, recroquevillée, paralysée par la peur, pour finir sur un plateau de la balance de leur fausse justice. Un pas après l’autre, sa détermination s’intensifia.
Fuis.
Cache-toi.
Ou meurs.

Avril 1946

Six coups de feu.
Sur la rive du lac Rusalka, elle avait tiré six coups, sans essayer de dissimuler son crime. À quoi bon ? Le rêve d’empire de Hitler ne s’était pas encore écroulé, la forçant à fuir et à disparaître. Ce soir-là, sous un clair de lune en Pologne, elle était libre de ses actes et elle avait abattu six personnes de sang-froid. Six coups de feu, six balles, six corps tombant dans les eaux sombres du lac. Tremblant, les yeux écarquillés par la peur, ils avaient trouvé refuge sur la berge. Des Juifs, échappés de l’un des trains vers l’est, peut-être, ou des survivants, fuyant l’une des purges périodiques de la région.
La femme brune les avait trouvés, réconfortés, rassurés en leur affirmant qu’ils étaient en sécurité. Elle les avait emmenés chez elle, dans sa maison sur le lac, et, souriante, les avait invités à se restaurer. Puis elle les avait reconduits à l’extérieur et les avait tués. Peut-être s’était-elle attardée à admirer les reflets de la lune sur l’eau, à respirer l’odeur de la poudre. Mais l’exécution nocturne de ces six enfants, au plus fort de la guerre, n’était pas son premier crime. (…)

Saisissant, non ?

A la lecture de ces deux parties du prologue, ma première question a été : « Pourrais-je avoir des liens ou une certaine empathie avec ce personnage ? ».

Jamais je n’ai commencé une histoire en entrant par l’antagoniste… et quel antagoniste ! Ma deuxième question fut la suivante : « Pourrais-je comprendre les actes d’un tel personnage ? ». Cette tueuse porte en elle tout ce qui m’est intolérable : la froideur de son geste, le calcul de ses actes, le rejet de l’autre, l’abomination de l’être. Comment peut-on nourrir des enfants et les tuer de sang-froid ? C’est perturbée mais curieuse que j’ai fait confiance à l’auteure. Je suis entrée dans ce roman. Je savais qu’il serait fort en émotion. Malgré la brutalité des personnages, ce récit me plairait, assurément…

En relisant cette introduction, après avoir parcouru les cinq premiers chapitres, je me suis posée multiples questions : l’auteure ne me manipulait-elle pas ? Après tout, qui était ce monstre ? Est-il vraiment celui que j’imaginais ou pire encore ?

Ces deux extraits vous donnent-ils, comme moi, envie d’entrer et de lire ce roman ? L’avez-vous lu ? Que sucite-t-il en vous : rejet ou attrait ? intérêt et répulsion ?

J’aime les livres historiques, surtout cette période et ce conflit mondial que je ne m’explique pas : cette haine de l’autre au point de vouloir son extermination.

Kate QUINN choisit trois personnages pour nous transporter dans le monde de l’après seconde guerre mondiale : Jordan, une jeune américaine dont le principal hobby est la photographie, Ian, un ancien reporter de guerre qui traque les nazis qui ont réchappé à la terrible vengeance populaire et Nina, une polonaise victime des horreurs de la guerre. Chaque chapitre a son lot de révélations… Les dix premiers sont riches en questionnements et en interrogations : pourquoi ces trois personnages si différents ? Quels liens les attachent l’un à l’autre ? Pourquoi ce décalage dans le temps : Jordan en 1946, Ian et Nina en 1950, quelques années après ? Comment allaient-ils se rencontrer ?

Bientôt, je vous écrirai mon avis et vous offrirai le titre de ce roman… sauf si vous avez déjà découvert de quel livre il s’agit… Maintenant, je me lance dans la lecture de ces histoires. A très prochainement pour ma chronique…

À la lumière de nos jours de Clarisse SABARD

Le résumé des éditions CHARLESTON – 20 avril 2021 :
2013. Après de longues années d’absence, Julia débarque dans sa famille paternelle, en plein coeur de la Touraine. Fraîchement renvoyée du célèbre concours de pâtisserie pour lequel elle travaillait, dévastée par le récent décès de sa mère, la jeune femme est complètement perdue.
Mais les dernières volontés de sa mère sont claires : Julia doit renouer avec son père, retrouver ses proches et partir en quête de son héritage.
Accueillie à bras ouverts par sa grand-mère Suzette, qui rêve de la voir reprendre la pâtisserie familiale, la jeune femme se retrouve rapidement plongée au coeur de l’histoire des trois générations de femmes qui l’ont précédée.

Des faubourgs parisiens des années 1920 en passant par les heures les plus sombres de l’Occupation, les secrets d’une famille, mais aussi de tout un village, éclatent l’un après l’autre. Et c’est peut-être à ce prix, une fois les blessures du passé guéries, que Julia pourra avancer dans la lumière.

J’ai un faible pour les doubles narrations. J’aime les romans qui se partagent une voix du passé et une autre du présent.

Je commence ce récit avec l’histoire de Julia : elle a perdu sa mère et son envie de pâtisser. Elle est en quête d’elle-même et doit renouer avec son père et le village de son enfance. Les épreuves sont nombreuses lors de son retour en Touraine : affronter la colère de son cousin, avoir une relation cordiale avec son amour d’enfance… déterrer les secrets familiaux.

Clarisse SABARD nous offre une vision d’une région rurale que je connais peu et que j’ai rarement traversée. J’adore retrouver la France profonde, la nature, l’authenticité d’un village.
Je ne sors pas de quelques clichés : des habitants curieux, bavards, aux aguets… Cependant, j’aime la chaleur des petites communautés, l’entraide et cette tendance à se mêler de tout dans la bienveillance. C’est le monde que Julia retrouve en 2013.

Le passé est représenté par deux voix principales et une voix secondaires : celle d’Eugénie, en 1920. La jeune fille nous relate son expérience difficile dans la « zone » de Malakoff (Paris).
Puis, vient une partie de la vie de Suzette, une jeune chanteuse lyrique au début de la 2ème guerre mondiale et sous l’occupation nazie.
Enfin, pour clore l’histoire familiale et percer à jour tous les mystères, l’auteure choisit de divulguer la fin des secrets par une courte période de vie, celle de Méline, en 1963.

J’ai adoré suivre la destinée de Julia, sa réconciliation avec les figures importantes de son passé. C’est elle qui m’a tirée dans la narration et qui m’a fait tourner les pages. Ses problématiques sont intéressantes. Elle se questionne professionnellement, sur sa famille et le passé, sur sa vie personnelle. Les personnages qui gravitent autour d’elle sont intéressants et ont, eux aussi, des problèmes divers : une relation de couple qui bat de l’aile, un échec professionnel, une addiction à surmonter.

Quant aux voix du passé, j’ai trouvé que les faits étaient racontés, quelque peu survolés. Cela m’a gênée et ne m’a pas permis de m’attacher pleinement aux figures féminines. Il m’a manqué une pointe d’émotion dans les épreuves qu’elles traversent, même si l’ensemble de l’histoire est touchante. L’accumulation des secrets vient entraver l’équilibre d’ensemble. Les épreuves sont si nombreuses que la crédibilité des secrets est légèrement ébranlée.

C’est dans l’ensemble, un roman agréable mais qui ne ma laissera pas un souvenir impérissable. Dans cette tranche historique, j’ai lu des romans plus passionnant.

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥

Les tortues ne fêtent pas Noël sous la neige de Sophie JOMAIN : JOYEUX NOËL à tous !

Le résumé des éditions CHARLESTON – 19 octobre 2021 : Rosalie Ernst est formelle, les tortues ne fêtent pas Noël sous la neige. Adieu marrons chauds, bredele et paysages enneigés, ici c’est cocotiers, sable fin et riches propriétaires blasés. Saint-Barthélemy c’est 24 km2 perdus au milieu des Caraïbes, l’île de tous les possibles et des rencontres les plus inattendues.

J’en sais peu sur l’histoire, la problématique de l’héroïne, le contenu de l’histoire. Pourtant, ce sont les yeux fermés que je me plonge dans ce romans de Noël. Avec Sophie JOMAIN, j’ai peu de chance d’être déçue. Cette auteure fait partie de mes chouchous. Je suis prête pour vibrer, pour vivre des émotions… mes copines blogueuses ont été convaincues, je peux leur faire confiance.

Chapitre 1 : Rosalie Ernst n’est plus en Alsace. Elle vit sur l’île de Saint Barthélémy. Donc, pas de chocolat chaud, pas de neige, pas de jolies décorations, encore moins un épicéa ! Ce n’est pas le bagne, quand même mais… le défi pour Sophie JOMAIN ? Nous apportez magie, bonheur et impression de vivre un moment unique… à Noël.

Quelques chapitres plus tard : Rosalie a rencontré Santa Claus, ses lutins et mère Noël… impossible ! Vraiment ? C’est avec humour et un clin d’œil particulièrement amusé que l’auteure nous emmène dans son monde. Sophie JOMAIN nous fabrique une histoire de renaissance loin de la métropole avec des personnages hauts en couleurs, charmants. Et les miracles de Noël, me demandez-vous ? Ils sont aussi présents ; je les ai acceptés sans une once de scepticisme… car… tout le monde le sait : à Noël, tout est possible, y compris les vœux les plus fous.

L’histoire pétille, les personnages sont dynamiques, le cadre est conforme à mes représentations. Je revois des paysages que j’ai croisés : ils remuent des souvenirs. La romance est toute mignonne, conforme à ce que j’attendais, ni plus, ni moins. Le livre se lit presque d’une traite. A la fin, je ne peux que m’exclamer « JOYEUX NOÊL ! » et que la fête soit réussie pour chacun(e) de vous. Que vos rêves se réalisent ! Que ces moments vous apportent le bonheur et la paix ! Profitez bien…

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥

Rendez-vous au chalet des coeurs oubliés d’Emily BLAINE

Le lien avec le roman précédent (Rendez-moi Noël de Juliette BONTE) ? La neige… Noël… et la chocolaterie.

Pourtant le commerce n’a pas la même place dans l’histoire. Il ne s’agit pas d’un commerce familial… Au contraire, Louise doit résoudre ses problèmes personnels et familiaux (Elle fuit sa famille comme on fuirait la peste…). Quant à Nicolas, cette rock star aux apparences imbuvables doit se remettre d’un deuil qui l’affecte particulièrement et qui touche aussi son groupe musical. J’entre dans un récit où les deux personnages principaux sont aussi différents qu’isolés et solitaires… un poil malheureux et mal dans leur existence.

Leur rencontre est fortuite, risible : une coïncidence qui chamboule les coeurs. Une vague histoire de cornichons… Contre l’indifférence et l’ennui, Nic affronte la spontanéité et la bonne humeur (quelques passage sont loufoques)… et un amour fou de Noël. Louise est bien décidée à répandre son amour des décorations, du sapin, de la magie de la fin d’année. C’est amusant, frais, distrayant… séduisant. A chaque page, Emily BLAINE nous offre du charme, de l’attrait, de l’amour, des tirades et des dialogues (vive la bonne humeur et le sourire !). De la première page à la dernière, on baigne dans la romance, un jeu d’attirances et de plaisirs partagés… Le destin est conclu d’avance : on sait que ces deux-là sont irrésistiblement fait pour s’entendre. Le chemin qu’ils poursuivent pour s’aimer est alambiqué, classique et amusant.

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥. Une romance agréable pour Noël : rigolote et toute fraîche, un poil convenue et vite parcourue. Ce n’est pas la meilleure romance d’Emily BLAINE mais je l’aime quand même !

Le résumé des éditions HARLEQUIN – 06 octobre 2021 : La première fois que Nicolas a rencontré Louise, il l’a prise pour une folle furieuse qui essayait de voler les bocaux de cornichons dans son Caddie.
La deuxième fois que Nicolas a vu Louise, il venait de défoncer la porte des toilettes pour hommes dans lesquelles elle était enfermée. 
Clairement, Louise n’a rien à voir avec les femmes qu’il fréquente habituellement,  lorsqu’il profite de son aura de célèbre guitariste de rock pour tromper la solitude de ses nuits. Éternelle optimiste, gourmande propriétaire d’une chocolaterie, elle est aussi une passionnée  –  limite obsessionnelle  –  de Noël. Sauf que lui  déteste  Noël. Et qu’il s’est laissé embarquer dans le rôle du faux petit ami de Louise pour faire enrager l’ex de cette dernière. Dès lors, Nicolas n’a qu’une seule certitude : ces vacances de fin d’année à la montagne promettent d’être tout sauf reposantes…

Je remercie les éditions HARLEQUIN et l’auteure, Emily BLAINE, ainsi que NetGalley, pour ce service de presse. Ce fut une jolie expérience, un agréable moment dans une romance plaisante.

Rendez-moi Noël de Juliette BONTE : J’AI ADORé !

COUP de COEUR pour ce roman de Noël.
Pourquoi ?
Pour sa fraîcheur, pour cette préparation de fête au coeur des Highlands, pour ce chocolat qui nous titille les papilles à chaque page, pour cette enquête à laquelle je ne m’attendais pas, pour ces deux personnages très joliment dépeints, touchants, différents, poignants dans leur simplicité.

Le résumé des éditions HARLEQUIN – 06 octobre 2021 : Trop c’est trop  ! Robyn Ferguson n’est pas du genre rancunier mais là, ça va trop loin. Comme si ça ne suffisait pas que les Burns volent l’organisation des festivités de Noël que sa famille gère depuis des décennies, voilà que ces aristocrates hautains les accusent d’avoir dérobé de précieuses lettres dans leur château  ! Envisager que les Ferguson, qui alimentent toute la ville de Wick en douceurs chocolatées depuis des générations d’Écossais, pourraient s’abaisser à un tel acte est une injure. Alors, c’est décidé  : elle va retrouver ces fichues lettres et elle prouvera ainsi à Walter Burns, ce petit pétoncle prétentieux, qu’il s’est trompé sur toute la ligne. Pour cela, elle va juste devoir éviter de l’étrangler immédiatement  : il pourrait lui être précieux pour son enquête… et pour empêcher que l’affrontement entre les Burns et les Ferguson dégénère en guerre nucléaire.

Je m’attends souvent à lire des trames identiques d’une année sur l’autre. Durant la période post-Noël, je prends ma cure de romances : elles sont souvent bâties sur le même schéma. Rendez-moi Noël dénote dans cette tradition.

Noël se passera dans les Highlands… c’est assez rare… il fera froid (je vous rassure, il neigera aussi), deux familles s’affronteront. Pourtant, nous ne sommes pas dans un remake de Roméo et Juliette, loin de là. Un château sera au centre de ce récit (un grand manoir, au bord de mer, inaccessible, appartenant à une famille riche, les Burns…). Walter appartient à cette famille et à cette propriété. Quant à Robyn, elle est, à part entière, membre d’une famille soudée qui œuvre dans le chocolat. Tous deux se rencontrent…

J’adore les Cosy Mysteries. Cela tombe bien. Rendez-moi Noël pourrait appartenir à ce genre. Walter et Robyn enquêtent autour d’un vol (je sais tenir ma langue ! Je n’en dirai pas davantage…). Chaque personnage est passé au détecteur de culpabilité.

On apprend autant des diverses personnalités qu’on entre dans leur coeur et dans leur humanité. Je suis surprise de la profondeur de la plume de Juliette BONTE dans ce livre distrayant, teinté d’humour et de légèreté. L’auteure nous parle de différences, de personnalités, de bonheur, de traditions… des thèmes de Noël, de famille, chers à cette période de l’année. Son écriture est parsemée de poésie, une note élégante et raffinée qui m’émeut et me touche. J’ai relevé de jolies phrases, comme des citations que je ne veux pas oublier, justes et vraies.

J’ai avancé dans ce livre ne sachant jamais vraiment où il allait me mener. Le chemin est très agréable, la fin est savoureuse, jusqu’au goût de ces savoureux chocolats, jusqu’au plaisir du baiser. Robyn et Walter ont une relation tendre qui se construit pas à pas, émouvante.

Je recommande ce livre. Mon évaluation ne peut être qu’enchantée et positive. ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Je remercie les éditions HARLEQUIN, l’auteure Juliette BONTE (Quelle tendre dédicace !), ainsi que NetGalley pour ce roman que j’ai particulièrement apprécié.

Noël surprise dans les Highlands de Sarah MORGAN : c’est parti pour les romances toutes douces de Noël !

Le résumé des éditions HARLEQUIN – 6 octobre 2021 : Dans ce manoir isolé au cœur des Highlands, Gayle se sent perdue. Si elle a proposé à ses filles de passer Noël en Écosse, c’était dans une tentative désespérée de ressouder sa famille. Seulement, ces lieux ravivent en elle la mémoire de son premier amour, des souvenirs dont ses filles ignorent tout, et que Gayle préférerait garder secrets…
Ella ne sait plus sur quel pied danser. Sa mère, cette business woman redoutable, qu’elle pensait dépourvue de sentiments, a soudain insisté pour qu’elles passent les fêtes ensemble… après cinq ans sans nouvelles  ! Aujourd’hui maman à son tour, Ella s’inquiète  : Gayle-sans-cœur a-t-elle vraiment changé ou risque-t-elle d’être une grand-mère décevante pour sa petite Tab  ?
Quant à Samantha, elle meurt d’envie d’associer son agence de voyage à ce magnifique manoir.  Mais comment rester professionnelle face à Brodie, le propriétaire, qui la perturbe tant ? Cet Écossais si séduisant n’a qu’à la regarder pour lui faire perdre tous ses moyens…

Un point de départ fracassant : Gayle, en pleine interview, perd de sa superbe (chute, étourdissement, prise de conscience…). Alors qu’elle est au summum de sa réussite professionnelle (elle est écrivaine et donneuse de leçons à travers deux livres que le public s’arrache), son monde s’effondre autour d’elle (qui est-elle ? qui voit-on en elle ?). Un simple accident va remettre en cause ce qu’elle a construit : y compris la relation inexistante qui la lie à ses deux filles absentes : Samantha et Ella. Ces deux jeunes femmes sont averties de la personnalité ferme et sans concession de leur mère. Elles ont pris le large… non sans une pointe de désir que ce lien maternel resurgisse un jour.

Toutes les trois se sont éloignées au point de ne plus se donner de nouvelles pendant cinq ans. Ella s’est mariée et est devenue mère. Samantha a construit sa carrière dans une direction inverse de celle de sa génitrice (enfin, c’est ce qu’elle croit…). Passé le moment surnaturel et gêné de leurs retrouvailles, elles se retrouvent loin de New York et de leur discorde dans une contrée pleine de rêves et de magie : les Highlands.

La première partie du roman est une agréable surprise pour moi. Le portrait de Gayle est bien décrit. Je suis aussi choquée qu’elle de cette nouvelle relation qui s’offre à elle. Gayle a envie de renouer le contact avec ses filles, prenant conscience peu à peu qu’elle manque beaucoup de moments, ainsi éloignée de ses enfants. En quelques instants, elle s’aspire à redevenir maman et elle se découvre grand-mère de Tab, une gamine pleine de vie, la langue bien acérée d’une petite fille innocente du haut de ses quatre ans. C’est subit, grisant : un vrai challenge comme elle les aime, dans un domaine qu’elle doit reconquérir : sa vie personnelle et familiale.

Samantha est le personnage qui me fait le plus rêver : c’est à travers elle que la romance s’installe dans une relation avec le mystérieux écossais des Highlands. Qui est-il ? Va-t-il vraiment taire son sentiment envers cette talentueuse « fabriquante de vacances inoubliables » ? L’art de Sarah MORGAN est de nous brosser, dans ce paysage de rêves, une famille comme on en rêve avec des heurts, de l’humour et de l’auto-dérision, des sentiments débordants. Je trouve cette romance bien réussie. Les liens familiaux sont à l’honneur : cela tombe pile dans l’image que j’ai de Noël, un moment de paillettes et de magie, de réconciliation, de don de soi et d’indulgence comme de bienveillance.

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥

Le Tournesol suit toujours la lumière du soleil de Martha Hall Kelly

Le résumé des éditions CHARLESTON – 19 mai 2021 : Au printemps 1861, les États-Unis sont au bord de la guerre civile. En ces temps troubles où chacun joue sa liberté dans un pays sur le point de s’effondrer, les destins de trois femmes que tout oppose se croisent et se rejoignent.
À New York, Georgeanna Woolsey va à l’encontre de toutes les attentes de la société mondaine et s’engage comme infirmière sur les champs de bataille.
Jemma, jeune esclave d’une propriété du Maryland, se retrouve face à un choix cruel : saisir l’occasion inespérée de s’échapper ou demeurer auprès des siens.
Quant à Anne-May, qui mène d’une main de fer la plantation familiale depuis que les hommes ont rejoint les troupes confédérées, son ambition dévorante ne tarde pas à l’exposer à un sort terrible…

Honte à moi : je n’ai lu aucun livre de Martha HALL KELLY alors que ces deux précédents me font de l’oeil depuis de longs mois sans que je me décide à entrer dans ces univers.
Pourtant, la seconde guerre mondiale est vraiment un contexte que j’apprécie retrouver. C’est le cas dans son premier roman, Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux. Qu’est-ce que j’attends, alors ?
Partout où je passe, virtuellement ou physiquement, il pleut des éloges sur sa saga  LES FEMMES FERRIDAY : impossible maintenant pour moi d’ignorer ce dernier tome où la guerre de Sécession fait rage. Je me lance dans Le Tournesol suit toujours la lumière du soleil.
Je sais que je vais adorer chacun des trois opus, aussi différents soient-ils. Les couvertures sont magnifiques, j’adore les titres, même s’ils sont longs : ils sont peu classiques… Ce dernier ne fait pas exception.
Au jugé, je pressens une lecture fort appréciable… voire un coup de coeur (très certainement). Alors est-ce la peur d’être déçue qui me tenaille ? Ai-je développé trop d’attentes envers cette auteure ? La barre est haute en effet… Tout se joue rapidement en entrant dans un livre. Je tente celui-ci et je vous donne mon avis et mes impressions.

Je me jette… à l’eau ! Voilà, c’est fait… c’est lu.

Inutile de tourner autour du pot, ce roman me tient en haleine. L’alternance des trois points de vue donne du rythme et accentue le suspense : les chapitres se terminent au moment le plus intense. Impossible de ne pas poursuivre l’aventure.

Nous suivons trois destinées : celle de Mary-Jane, une propriétaire d’esclaves ; celle de Jemma, l’une de ses esclaves et celle de Georgy, une nordiste abolitionniste. Dans la première partie du livre, elles vivent en parallèle. Dans la deuxième partie, deux d’entre elles se rencontrent… Dans la troisième partie, c’est la confrontation !
La trame est bien construite. Je ne me suis pas ennuyée avec ces 750 pages.

Forcément, je retrouve dans ce livre des thèmes et des moments d’Autant en emporte le vent. A l’adolescence, j’ai lu et relu l’histoire de Scarlett, alternant le film avec les deux gros tomes dont je connaissais certains passages par coeur. L’intensité est moindre dans Le Tournesol suit toujours la lumière du soleil. Cependant, les trois points de vue nous offre un regard différent et plus humain.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture. Il faudra vraiment que je trouve le temps pour lire les deux autres livres des LES FEMMES FERRIDAY. J’ai lu que Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux était excellent… Est-ce votre avis ? Parmi les trois, lequel est votre préféré ?
1) Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux
2) Un parfum de rose et d’oubli
3) Le Tournesol suit toujours la lumière du soleil

Merci pour vos commentaires. Bien livresquement.

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥

La toute petite reine d’Agnès LEDIG : un nouveau COUP de COEUR

Le résumé des éditions FLAMMARION – 20 octobre 2021 : Un matin, Adrien, maître-chien, est appelé pour un colis suspect en gare de Strasbourg. Bloom, son chien hypersensible, va sentir le premier que les larmes de Capucine, venue récupérer sa valise oubliée, cachent en réalité une bombe prête à exploser dans son cœur. Hasard ou coup de pouce du destin, ils se retrouvent quelques jours plus tard dans la salle d’attente d’un couple de psychiatres. Dès lors, Adrien n’a de cesse de découvrir l’histoire que porte la jeune femme.
Dénouant les fils de leurs existences, cette rencontre pourrait bien prendre une tournure inattendue et leur permettre de faire la paix avec leurs passés afin d’imaginer à nouveau l’avenir.

Après avoir boudé son dernier roman (j’ai différé ma lecture…), je renoue avec Agnès LEDIG. J’adore cette auteure et j’ai vraiment eu un coup de coeur pour Dans le murmure des feuilles qui dansent et pour son album Le cimetière des mots doux. Je suis ses parutions avec attention. Je ne compte plus le nombre de romans de cette écrivaine que j’ai fortement appréciés. Je les ai presque tous lus… presque.

Lorsque j’ai appris l’édition de la toute petite reine, je l’ai d’office placée dans ma liste d’envie. Me voici donc face à cette nouvelle histoire.

Ce roman est très abouti. Les personnages principaux comme les personnages secondaires ont un message à passer. Ils ont tous leur problématique, chaque thème traité est enrichissant pour le lecteur et émouvant. Ainsi Agnès LEDIG aborde des sujets forts et plus anodins que je vous laisse découvrir.

La narration est aussi très bien construite. Il y a la voix d’Adrien, maître-chien de la gendarmerie qui subit un traumatisme post Mali, suite à une attaque d’hélicoptère, celle de Bertrand, l’oncle un peu paumé et faible, la narration à la troisième personne qui avance sur les pas de Capucine, au bord du burn-out puis celle des psychiatres, un couple qui a aussi son intimité, ses questionnements et ses tracas. Une voix inconnue nous suit tout au long du roman, discrète, qui interroge le lecteur, celle d’un vieil homme, solitaire, qui observe la maison délabrée d’en face et qui guette le moment où elle sera vendue. Son inquiétude ? Trouver des propriétaires dignes du passé de la maison. Un personnage est aussi touchant dans ce récit, c’est Bloom, le chien. Chaque voix nous emmène dans un thème cher à l’auteure. J’ai adoré les suivre.

A la fin de l’histoire de Capucine et d’Adrien, j’ai fermé le livre avec émotion, touchée. Agnès LEDIG a bouclé le roman d’une plume de maître. Chaque acte a trouvé son sens, porté son lot de sentiments, enrichit nos opinions. Le mystère de l’accident est résolu avec brio.

Ce roman n’est pas commun. Il est juste, poétique, questionnant, passionnant et tellement beau… Je le recommande. sincèrement. Il a résonné en moi. Ses multiples facettes prouvent la maîtrise et le grand art d’Agnès LEDIG.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡ COUP de COEUR.

Chercheur d’or de SULIVANE Nathalie

Le résumé des éditions HUGO POCHE – 14 octobre 2021 :
Lorsque Lia monte dans l’avion qui va lui permettre de survoler les montagnes d’Alaska, avec des clients à la recherche d’un site idéal pour leur projet touristique, elle ne se doute pas qu’elle ne rentrera pas à Miami aussitôt après.
Un problème météorologique inattendu entraîne le crash du petit appareil et la laisse, seule et blessée, dans la neige de cette contrée extrême.
Stanford vit reclus dans un chalet perché dans les montagnes, avec pour seule compagnie, Alpha, son loup apprivoisé. Pendant l’été, il est chercheur d’or et il vit coupé du monde le reste de l’année. Il est le seul à pouvoir porter secours à Lia, l’unique survivante de l’accident. Il la recueille chez lui. Pour l’hiver… Car il n’a aucun moyen de contacter les secours ni de reconduire la jeune femme vers la civilisation avant la belle saison. Lia commence sa convalescence, partagée entre le traumatisme de l’accident et la beauté sauvage de la nature qui l’entoure… et va apprendre à connaître cet homme mystérieux, solitaire ainsi que son compagnon, Alpha…

Voici une petite romance sans prétention qui a le mérite de me distraire. Il n’y a pas de surprise dans cette rencontre, tout est convenu : l’agacement de l’héroïne à se trouver piégée au coeur de l’Alaska enneigée, l’embarras de cet homme solitaire, bienveillant et fort agréable, l’isolement et le rapprochement qui s’en suit. Nous suivons les aventures de Lia qui découvre les dangers et les plaisirs de cet isolement forcé.

Pourtant, que ce récit soit classique, j’en redemande… J’apprécie ce moment de paix et d’insouciance qu’il m’offre. La période automnale est propice à ce type de lecture : temps gris et tristounet, froid qui impose le confinement… Bref, un bon téléfilm ou un instant fleur bleue, je suis douillettement installée et prête à accueillir cette histoire romancée.

L’Alaska et ses montagnes rocheuses toutes blanches sont dépeintes sous de multiples facettes. Je visualise les sommets, le ciel bleu, les nuages épais, la neige tourbillonnante, les sapins… le lac gelé. Les images défilent. L’impression générale du cadre est assez bien mêlée à l’action. Ce contexte m’aide à m’immerger dans le récit.

Tantôt Stanislas prend les rênes de la narration, tantôt on découvre le point de vue de Lia. L’ensemble est doux, sans scène érotique. La relation entre nos deux protagonistes reste pudique et respectueuse de l’autre. Un bon point pour ce roman (de mon point de vue).

L’ensemble est distrayant.

Je remercie le blog NetGalley, l’auteure et les éditions HUGO POCHE pour ce service presse.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡