Archives du mot-clé Thrillers et policiers

La nuit des anges d’Anna TOMMASI

Je remercie les éditons PRELUDES, ainsi que l’auteure et NetGalley pour cette lecture découverte.

Le résumé des éditions PRELUDES – 2 mars 2022 : Alice, jeune mère divorcée, décide après dix ans d’absence de revenir à Perros Guirec, la ville de son enfance. Elle espère en profiter pour retrouver sa famille,  des paysages familiers, et laisser derrière elle un passé douloureux. Mais dans ce coin de Bretagne chargé de souvenirs, l’angoisse s’installe rapidement : ses parents sont devenus des étrangers, son amour de jeunesse  est obsédé par l’enlèvement de sa sœur, qui a eu lieu vingt-cinq ans plus tôt, et les visages jadis connus  ne sont plus que des fantômes. Bientôt, c’est toute la ville qui est secouée d’un vent  de panique avec la disparition d’une fillette. Le début  du cauchemar pour Alice, embarquée malgré elle dans une enquête à double vitesse, entre le passé et le présent…

J’ai choisi ce livre dans le catalogue NetGalley pour sa couverture et son titre. J’aime ce mystère qui se dégage, cette sobriété dans le paysage et cette inquiétude que l’on devine. De ce fait, je pensais lire un roman purement policier ou thriller. En fait, ce récit se situe à mi chemin entre différents genres : la romance et le policier, le récit de vie.

Alice est le personnage qui mène l’intrigue : elle recueille les indices du présent qu’elle noue au passé pour livrer le secret de la disparition de Victoire, son amie d’enfance.
Elle est accompagnée de son garçon, un enfant en situation de handicap, atteint d’un trouble du spectre autistique. Cette figure est réaliste et donne de la profondeur et de l’intérêt à cette histoire : il a retenu mon attention.
Alice retourne dans son village natal et retrouve des personnes de son passé dont ses parents, Teddy (l’amour de jeunesse) et des camarades et leur famille.

L’auteure a voulu nous offrir des souvenirs du passé, images floues et tronquées, que, nous, lecteurs, on soupèse. On évalue avec le personnage principal, Alice, la part de vérité dans chacun des protagonistes et la transformation de ces enfants (anges ou démons ?) devenus adultes. L’idée est bonne. J’aime fouiner dans les évènements du passé, faire le tri avec le personnage, du vrai du faux, du ressenti de la réalité… C’est un style de roman qui m’intéresse toujours et que je recherche. Mais, dans La nuit des anges, la trame bâtie ne m’a pas séduite.

J’ai trouvé Teddy troublant et déroutant, pas forcément attachant : séducteur mais virulent parfois (désagréable, aussi).
La première partie m’a semblé longue avec une mise en place difficile : s’y installent plutôt la romance et le récit de vie pour, en deuxième partie, s’axer sur les indices, l’intrigue principale, la recherche du coupable.
Je n’abandonne pas mes lectures mais je me suis posée la question pour celle-ci. J’avais pris un engagement, j’ai poursuivi ma découverte.
Ce qui m’a déçue : le dénouement qui présente un coupable machiavélique et assez caricatural.

Ce n’est pas une lecture que j’ai appréciée. Mes attentes n’ont pas été satisfaites : manque d’actions ? de tension ? de consistance dans les personnages ? Cette histoire n’a pas suscité d’émotions chez moi. C’est dommage mais cela arrive…
Mon évaluation : ♥ ♥

Dans les brumes de Capelans d’Olivier NOREK

Le résumé des éditions Michel LAFON – 07 avril 2022 : Une île de l’Atlantique, battue par les vents, le brouillard et la neige…
Un flic qui a disparu depuis six ans et dont les nouvelles missions sont classées secret défense…
Sa résidence surveillée, forteresse imprenable protégée par des vitres pare-balles…
La jeune femme qu’il y garde enfermée…
Et le monstre qui les traque.

Olivier NOREK est un auteur que j’aime beaucoup : ses enquêtes ont toujours su me convaincre. Nul doute que les Brumes de Capelans allait atterrir dans ma pile de livres à lire. J’ai profité de la nouveauté pour découvrir le dernier roman de cet auteur. Une belle découverte en Outre-Mer, sur une île où j’aimerais poser le pied… un jour.

Comme pour tous ses livres, le rythme est omni présent. Les chapitres défilent, courts et percutants, tels des scènes de cinéma. En quelques mots, l’auteur plante le décor, il donne le ton et l’ambiance, il va droit au but. L’enquête avance sans une once d’ennui ou de répit.

Avec les Brumes de Capelans, je suis dans une intrigue classique : un prédateur, des victimes, un enquêteur (pour les fans, c’est le retour du célèbre Victor Coste). Olivier NOREK mise sur le côté psychologique et profiler des personnages. L’action est présente, inconditionnelle et nécessaire. Mais…

Mais… (et oui, pour moi, il y a un « mais »)… le thème de l’histoire est moins profond et moins engagé…. presque manquant (à mon goût) pour garder la force des précédents romans.
L’écriture est éloignée de l’actualité de Entre deux mondes (la jungle de Calais), de l’état d’agressivité des premiers romans Code 93, Territoires, Surtensions, romans qui m’avaient littéralement charmée par le réalisme et bouleversée par la violence des personnages au centre des banlieues parisiennes, au même titre que Bac Nord, le film français co-écrit et réalisé par Cédric Jimenez, sorti en 2020.
D’où mon idée d’intrigue policière « plus classique »… et moins engagée.

J’aime quand même ce livre et je le recommande. Il m’a fait passé un bon moment. Il n’est pas celui que je placerai en haut de ma liste de mes préférés. Il a l’avantage de nous plonger dans un cadre différent : Saint-Pierre (de St-Pierre-et-Miquelon) et auprès de personnages particuliers et à multiples facettes : victime-prédateur ou prédateur-victime, le roman est bien construit avec une structure attendue (un prologue intéressant et 4 parties) et un épilogue bien pensé, progressif : une version officielle et une version off.

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥ 1/2 ♥

Farleigh Field de Rhys BOWEN

Ce livre est difficile à ranger : à mi-chemin du roman historique, de guerre ou d’espionnage, roman à suspense, romance… J’aime assez ce mélange des genres.

Le résumé AUTO-EDITION / AMAZON CROSSING – 15 mai 2018 : Lorsqu’un parachutiste trouve la mort sur le domaine ancestral de Farleigh Place, Lord Westerham et ses cinq filles, jusque-là épargnés, sont soudain touchés par la Seconde Guerre mondiale. L’inconnu est-il un espion allemand ? Agent du MI5 et ami de la famille, Ben Cresswell est chargé de mener secrètement l’enquête. Cette mission lui offre l’occasion de se rapprocher de Pamela, la troisième fille de Lord Westerham, dont il est amoureux. Mais elle aussi cache un secret : son travail au centre de décryptage de codes de Blechtley Park.
Au fil d’une enquête où se croisent traîtres et espions et qui le ramène inexorablement à Farleigh Place, Ben découvre l’existence d’individus dont les projets, s’ils réussissent, pourraient bien altérer le cours de l’Histoire.

Rhys BOWEN nous plonge en pleine deuxième guerre mondiale, à quelques kilomètres de Londres qui subit les bombardements et en France, à Paris, sous la menace de la Gestapo.

L’ambiance me rappelle Downtown Abbey : j’y retrouve la campagne, les coutumes et traditions de vie, des propriétaires comme des domestiques. Nous suivons la famille de Lord Westerham, les filles et leurs connaissances.

Ben Cresswell, ami de la famille, est missionné, incognito, pour enquêter sur la mort d’un parachutiste qui a atterri sur le domaine. Jérémy, aviateur prisonnier des Allemands, blessé, rejoint Pamela sur sa terre natale pour un séjour de récupération. Pamela bénéficie d’une permission, elle tait son rôle de décrypteuse de messages secrets dans des bureaux de Londres. Margot est sous le joug des Allemands, amoureuse d’un Résistant français. Phoebe est en mal d’activités et certainement de reconnaissance tandis que Diana pleure la première saison qu’elle n’a pas eue.

Rhys BOWEN construit une intrigue à multifacettes qui mêle les aventures indépendantes des filles Westerham. Je me plais à suivre leur destin qui s’imbrique au-delà du sang. Dans cette ambiance de guerre, les événements prennent vie et réalité au-delà de la fiction et de l’imagination. Ce livre résonne en moi, appelle des émotions et des angoisses, active la réflexion quant au courage et aux choix que chacun réalise.

J’aime l’écriture de cette auteure que j’ai découverte avec Son espionne royale mais que j’ai particulièrement appréciée avec l’enfant toscan. Ce roman est plus ancien que ceux cités, intéressant mais peut-être moins captivant que ma dernière lecture. Les nombreuses directions que prend ce roman ne sont pas forcément abouties : celle des domestiques (par exemple). Les personnages sont traités avec sympathie et leurs mauvais pas sont rapidement dépassés. Il manque certainement un peu de terreur dans ce monde de guerre mais je ne reproche pas à la fiction d’enjoliver cette période de conflits.

Mon évaluation : ♥ ♥  1/2

Un long, si long après-midi de Inga VESPER

Le résumé des éditions MARTINIERES BL – 04 mars 2022 : Dans sa cuisine baignée de soleil californien, Joyce rêve à sa fenêtre. Elle est blanche, elle est riche. Son horizon de femme au foyer, pourtant, s’arrête aux haies bien taillées de son jardin.
Ruby, elle, travaille comme femme de ménage chez Joyce et rêve de changer de vie. Mais en 1959, la société américaine n’a rien à offrir à une jeune fille noire et pauvre.
Quand Joyce disparaît, le vernis des faux-semblants du rêve américain se craquelle. La lutte pour l’égalité des femmes et des afro-américains n’en est qu’à ses débuts, mais ces deux héroïnes bouleversantes font déjà entendre leur cri. Celui d’un espoir brûlant de liberté.

Mes attentes :
C’est avec beaucoup d’attentes et d’espoir que j’entre dans cette histoire. Le résumé est prometteur. Je rêve d’avoir entre les mains un chef d’œuvre, un texte qui me fera ressentir beaucoup d’émotions, tel la couleur des sentiments.

Après la lecture :
Je ne suis pas déçue. Le contexte est dans la lignée de ce que j’imaginais : lutte des classes, combat de femmes, quête de droits. Ce livre pourrait davantage être comparé à Alabama, 1963 que j’ai bien aimé : un flic et l’association improbable d’une « insignifiante » femme de couleur, unis dans la quête de vérité et de justice, improbablement liés contre une société qui cherche à s’épanouir mais qui reste prisonnière des préjugés et de la bêtise humaine.

Quel combat ?
Deux combats : celui de Joyce, femme au foyer blanche, enfermée dans un rôle qui n’est pas celui dans lequel elle s’épanouit. Celui de Ruby, une femme de ménage, noire, à son service, qui n’est pas non plus dans un statut qui lui offre épanouissement et liberté.
Le combat est classique et déjà traité dans de nombreux romans, mais je ne me lasse pas, d’autant plus que je remarque l’auteure. Inga VESPER a de véritables compétences syntaxiques que j’aurais plaisir à retrouver plus tard, si elle nous offre un second roman (traduit).

Quel cadre ?
1959, une époque charnière, dans la société américaine, où la promesse d’égalité est encore un idéal : les droits sont acquis mais les mentalités sont profondément attachées au passé, aux habitudes, aux préjugés archaïques.

Quelle condition féminine ?
Joyce disparaît : mort, fugue, séquestration ? Son absence suscite un intérêt particulier sur la condition féminine. Sa disparition met le feu aux poudres. Je suis, à travers les deux voix, le destin de femmes tellement différent : soumission, rébellion, lutte, acceptation ?
Chaque facette cache un masque ; chaque masque dissimule une vie et un espoir, souvent vain. J’aime beaucoup ces multiples visages qui parlent tous de la condition féminine et des choix de chacune : Mme CANE est le personnage qui m’a le plus surprise. Mon empathie est allée vers l’épouse de Mick. Le personnage central et celui qui a le plus de dilemmes me semble être celui de Ruby.

Ce que j’en pense…
J’ai aimé ce livre et cette enquête : l’atmosphère est bien créée. L’ambiance est scénique grâce aux chapitres dynamiques et courts passant d’une voix à l’autre. Les personnages sont riches, divers, portant une éthique et des points de vue qui se confrontent. C’est l’association de Ruby et de Mick qui est au centre de cette intrigue mais les satellites d’opinions tout autour d’eux sont intéressants, rendant la description de la société plus complexe et riche. Jusqu’à la dernière page, le sort de Joyce nous interpelle, comme dans Ma chérie.

Mon évaluation :  ♥ ♥ ♥ ♥. Un bon livre que je recommande.
Une intrigue prenante qui nous emmène facilement jusqu’au bout.
Une écriture juste et recherchée que j’ai appréciée.
Une équipe comme je les aime : discordante mais complice dans le respect de l’autre et le choix de la justice. A lire…

Que son règne vienne de Gilles MILO-VACERI

Le résumé des éditions du 38 – 06 mai 2019 :
Décembre 2012, Bretagne.
Un nouveau meurtrier sévit au pays des contes et des sombres légendes, des vents qui malmènent les cœurs et de la brume qui étouffe les âmes. Un meurtrier sans pitié, un meurtrier sacrilège. Un meurtrier qui s’en prend à la source même de la vie : les femmes enceintes. Quatre ont été retrouvées éventrées, le fœtus arraché à leurs entrailles et porté disparu.
Réquisitionné pour diriger cette sordide enquête, le commandant Gabriel Gerfaut de la Brigade Criminelle de Paris se rend à Guingamp pour tenter d’élucider ces crimes. Des crimes odieux qui le mènent bientôt sur la piste d’une mystérieuse confrérie extrêmement puissante qui, murmure-t-on, serait au service du grand Maître de l’Enfer : le Diable lui-même…

Cet auteur me fait de l’œil depuis de nombreuses années. Je tente aujourd’hui le premier tome de sa série Les enquêtes du Commandant GERFAUT avec motivation et envie. C’est quitte ou double : les lecteurs qui l’apprécient sont élogieux au possible et dévorent une à une ses intrigues, les trouvant passionnantes. Ceux qui sont moins adeptes sont assez tranchants quant à la qualité de ses personnages.

Ma première impression est assez favorable : les chapitres sont courts et dynamiques. Je suis entrée facilement dans le contexte et auprès du commandant et de sa partenaire Adriana. Il n’y a pas de longues descriptions pour mettre en route l’histoire. Je suis au coeur de l’action et des situations. Côtés personnages, là encore, je suis dans le concret. Il n’y a pas d’étalage du passé, c’est concis : c’est dans l’action que je vais apprendre à les connaître. Cela me convient.

Adriana est une belle personne. Elle est jeune, épanouie, énergique. Elle est dans l’ombre de son commandant. Dans ce tome, elle est peu mise en valeur (selon mon goût) autre que pour ses qualités sociales et physiques. Elle fait un peu « potiche », dans les pas et dans l’ombre de son supérieur. Elle pose les questions que le lecteur lui souffle ou que l’auteur juge nécessaire pour la bonne compréhension des stratégies du policier.

Quant à Gabriel Gerfaut, il est, comme dans les avis que j’ai parcourus, assez perspicace (trop ?), intelligent (trop ?), performant : trop pour être vrai ? C’est un peu l’effet qu’il me fait : il est « trop » trop souvent. Il se plonge dans un état semi-rêveur, il est dans « sa bulle » pourrait-on dire, il laisse agir le temps (Tout lui vient assez rapidement, ma foi !) et il obtient les réponses aux questions qu’il se pose. C’est assez artificiel mais ce n’est pas pénible à lire, une fois qu’on a compris le « style » de l’auteur.

Et l’enquête, me demanderez-vous ?
Gilles Milo-Vacéri me plonge dans le mystique. Ce n’est pas forcément le thème ou le sujet qui me plait le plus. J’aime avoir les pieds sur terre : la religion et les questions religieuses, les croyances, ne sont pas dans mes centres d’intérêt en lecture. Alors, quand les personnages invoquent le « Grand Maître », le diable ou les disciples, j’avoue que je reste à distance.

Pour résumer, cette première enquête est sympa, même si je ne suis pas « love » des personnages, même si le contexte n’est pas mon préféré. J’étais plutôt attirée par la Bretagne, son atmosphère. J’avais envie de lire comment l’auteur allait intégrer cette région magnifique à son roman.
Mon évaluation : ♥ ♥ ♥.
J’ai tendance à penser (aujourd’hui) que je ne lirai pas toutes les enquêtes du commandant Gerfaut mais je ne peux jurer que ses enquêtes ne me tenteront pas plus tard. La lecture, c’est souvent selon les humeurs. D’ailleurs, dans le même genre, n’avais-je pas aimé Da Vinci Code ?

Les Thés meurtriers d’Oxford – Livre 1 – Chou à la crim’ de H.Y. HANNA

Qui l’eut cru ? J’ai trouvé une nouvelle série… une série qui pourrait me plaire. Le titre a d’abord attiré mon attention : joli jeu de mots, vous ne trouvez pas ? Après des recherches, j’ai découvert H.Y. HANNA. Me voilà admirative de la réputation de l’auteure… Ni une, ni deux, je me plonge dans Les Thés meurtriers d’Oxford… tome 1… Chou à la Crim’...

Le résumé de l’auteure (AUTO-EDITION) – 18 septembre 2021 : Lorsqu’un touriste américain meurt, étouffé par un scone, dans son salon de thé anglais pittoresque, Gemma se retrouve plongée au cœur d’une mystérieuse affaire. La jeune diplômée d’Oxford se met en tête de résoudre ce crime, aidée par les vieilles commères de son village et une petite chatte espiègle prénommée Muesli. Mais entre sa mère autoritaire qui joue les entremetteuses et le retour de son ancien amour d’université, qui n’est autre que le séduisant inspecteur chargé de l’enquête, Gemma ne sait plus où donner de la tête… Et les choses ne s’arrangent pas lorsque son salon de thé commence à avoir mauvaise presse ! Une affaire de meurtre n’est jamais bonne pour les affaires, surtout quand les clients se mettent à penser que vos scones sont mortels. Le nombre de victimes augmente, et le salon de thé de Gemma risque bien de faire faillite. Parviendra-t-elle à trouver le tueur avant que les choses ne tournent sérieusement au vinaigre ?

Pour la première fois de ma vie, je lis un livre qui a pour environnement Oxford. J’avoue que les descriptions que nous offre H.Y. HANNA forcent ma curiosité. J’avais une image assez confuse du lieu. Avec ce livre et cette enquête au coeur des collèges (et oui, il n’y a pas qu’un seul college…), les tableaux sont plus précis. Ce contexte ne manque pas de charme : un mélange de présent et de passé, un environnement qui a des airs d’Harry Potter.

Gemma Rose , l’héroïne de la série, a quitté l’Australie pour revenir aux sources. Ancienne étudiante d’Oxford, elle a décidé de tirer un trait sur une vie qui ne lui convient pas et d’ouvrir un salon de thé dans son village natal. Ses clients sont une galerie de portraits intéressants, source de bavardages, de souvenirs et de potentiels suspects que je me plais à découvrir et à suivre. Multiples incidents surviennent : un chat qui se balade là où il ne devrait pas, un client américain qui provoque tout le monde… un inspecteur, Delvin, que l’on découvre mais qui n’est pas inconnu à Gemma. Pas un instant de répit, la narration est dense et riche.
La vie pourrait s’écouler tranquillement dans cette atmosphère bon enfant… mais ce serait sans compter sur la découvert du cadavre de l’Américain étouffé par un scone.
Par curiosité, par défi ou parce que le touriste a menti, Gemma se lance dans sa propre enquête… Ses découvertes sont palpitantes. Les événements s’enchainent. Un pur bonheur de se jeter dans une intrigue cosy mystery avec un cadre aussi flatteur et inédit !
J’aime que se mêlent les émotions personnelles, la recherche d’un coupable, les commérages et l’œil suspicieux des habitants. J’adore cette opposition douce amère de Gemma contre Delvin. Je sais d’avance que ces deux personnages vont se rapprocher.
Cette première entrée dans la série est tout à fait satisfaisante. Je suis sûre que je lirai le livre 2, que je vais suivre ces personnages avec intérêt. Je suis très heureuse d’avoir dégoté cette série…
Si vous aimez la série de Julia CHAPMAN et ses fameux Rendez-vous avec… les détectives du Yorkshire ou Hannah DENNISON avec Les mystères de Honeychurch, je pense que comme moi, vous adorerez découvrir cette série.
Mon évaluation : ♥ ♥ ♥ ♥ 

Rendez-vous avec la menace de Julia CHAPMAN… encore un COUP de COEUR !

Quelle traque !


J’ai passé un moment intense de lecture : Julia CHAPMAN nous offre quelques heures dans la vie de Samson et Delilah sans aucun répit, le souffle coupé, les nerfs à fleur de peau. J’ai A-DO-Ré.

Le résumé des éditions ROBERT LAFFONT – 25 novembre 2021 : Après un enlèvement qui l’a terrifiée, Delilah Metcalfe tente de retrouver ses esprits. Or les ennuis ne font que commencer : elle a découvert qu’une menace pesait aussi sur son coéquipier et prétendant Samson O’Brien. Pour le protéger d’une mort certaine, elle va devoir prendre ses distances avec lui alors même qu’elle vient de propulser les émotions de son partenaire à des sommets étourdissants… Et convaincre les habitants de Bruncliffe de l’aider ! Hélas, nombreux sont celles et ceux qui ont des griefs envers Samson. Car qui fait du tort à un seul en menace beaucoup…

Trois cents pages pour vingt-quatre heures de vie… Ce roman est prometteur ; le pari est gagné ! Quelle épreuve ! Quel suspense !
Delilah va devoir tout mettre en œuvre pour échapper au danger qui la menace et qui rend si vulnérable son partenaire.

Ce nouvel opus rend tous les habitants de Bruncliffe acteurs et chacun a son rôle pour déjouer les dangers. Le livre est rempli d’humour : on ne pense pas si simple de sauver les célèbres détectives du Yorkshire.

J’ai vraiment adhéré à cette plume addictive, perspicace et joyeuse. La célèbre romancière anglaise, Julia CHAPMAN, met tout son talent pour rythmer cet épisode en rendant si attachants tous ces personnages typiques. C’est entraînant, amusant, bien construit.

Je sens que nous arrivons vers une fin proche… j’imagine un dernier tome et je crois que nos deux héros tireront leur révérence. Je suis déjà triste de les quitter…

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ COUP de COEUR.

J’adore vraiment cette série. Je la recommande : elle monte en intensité. Chaque livre remplit son contrat : clore une enquête que l’écrivaine a très bien structurée mais chaque livre est aussi l’occasion de se fixer un nouveau rendez-vous. Un fil conducteur relie chaque épisode, rendant cette suite intéressante et impossible à ne pas suivre. Vivement la suite !

Blizzard de Marie VINGTRAS : COUP de COEUR

Le résumé des éditions de L’OLIVIER – 26 août 2021 : Au coeur de la tempête, un jeune garçon disparaît. Il n’aura fallu que quelques secondes, le temps de refaire ses lacets, pour que Bess lâche la main de l’enfant et le perde de vue. Elle se lance à sa recherche, suivie de près par les rares habitants de ce bout du monde. Une course effrénée contre la mort s’engage alors, où la destinée de chacun, face aux éléments, se dévoile.

Ma découverte : le hasard des rencontres :
Sur une célèbre radio française, en courant (je fais aussi quelquefois des footings… mais la lecture n’est jamais loin…), j’ai été sensible à la promotion de ce livre. Je ne connais ni l’auteure, ni la maison d’édition. Le résumé a piqué ma curiosité. Je ne sais si l’histoire est psychologique ou à la limite du thriller, peu m’importe, j’ai envie d’entrer dans ce huis clos, dans ce froid polaire. Je frémis d’avance alors que les heures de ce petit garçon sont comptées.

Ce que j’en attends :
Sur la couverture, ce petit être que le climat condamne n’est pas nommé. Il est presque insignifiant. Par contre, nous connaissons déjà Bess. Est-elle quelqu’un de proche : sa mère ? sa nourrice ? Je sais seulement qu’elle lui tenait la main. Seul ce lien, presque insignifiant, est à ma portée : cet enfant est-il consentant ? Traîné de force ? Une kyrielle de questions s’impose et me conduise vers ce récit. Est-il à la hauteur de mes attentes de lecture ?

Mon avis, après la lecture :
J’espérais lire un thriller : j’ai obtenu satisfaction.
Trois voix se partagent ce huis clos glacial : Bess, une jeune femme du Nevada, bien peu adaptée aux coutumes de cette région d’Alaska ; Cole, un alcoolique fort antipathique et Freeman, un ancien militaire noir qui porte un nom bien contradictoire avec la vie qu’il a vécues.

Les chapitres sont courts et percutants. Chaque parcours est retracé. L’auteure nous offre les détails et les principaux virages de chaque existence. Un peu moins de 200 pages nous sont offertes. Je ne perds pas le fil des histoires et cherche le point commun à ces trois destinées. Thomas est central. Mais qui est Thomas disparu ?

L’intrigue (les intrigues) sont parfaitement organisées et ficelées. Pas une pointe d’ennui ne vient m’interrompre, c’est même le contraire, j’ai hâte de continuer ma lecture : elle m’obnubile, elle me passionne. Je suis béate d’admiration devant ce suspense maîtrisé. J’ai adoré les portraits psychologiques, cette alternance de points de vue qui s’entrecroisent avec la disparition du petit garçon et de Bess. Chasse à l’homme ou sauvetage… de qui ? de quoi ?… J’avoue être conquise par ce roman qui mérite la découverte et l’intérêt.

Mon évaluation : COUP de COEUR ♡ ♡ ♡ ♡ ♡

Le fracas et le silence de Cory ANDERSON

Un livre jeunesse ? Destiné à un jeune public ? Ah oui… vraiment ?

Le résumé de FLEUVE éditions – 07 octobre 2021 : Pour éviter de devoir confier son frère à un orphelinat, Jack doit apprendre à survivre. A tout prix.

Je remercie l’éditeur et l’auteur pour cette lecture. Merci aussi à NetGalley pour ces découvertes.

Je pensais découvrir un livre jeunesse : le ton et l’ambiance sont davantage destinés à des lecteurs plus avertis. Certaines scènes et situations pourraient choquer les plus jeunes.

Ca commence fort ! Jack découvre le corps de sa mère dans la maison familiale : elle s’est suicidée, pendue. Il enfouit ses sentiments au plus profond de lui-même. Il réagit illico : pour échapper aux services sociaux, il se lance dans une course contre la montre contre la précarité. Son principal objectif : préserver son frère cadet, Matty, et lui assurer une vie décente…

Les scènes sont dynamiques. Les chapitres sont courts. Le roman défile rapidement. Chaque partie commence par une voix dont on ne connaît que la teneur mélancolique et dramatique : celle d’une inconnue qui intervient dans l’histoire. C’est une jeune adolescente qui se dévoilera seulement dans la deuxième partie de l’intrigue. Les trois personnages principaux sont liés par le passé de leur père : des gangsters avides de ce qu’ils n’ont pas eu l’occasion de profiter : une somme d’argent qui a disparu.

Jack se comporte comme un adulte mature. Il a l’expérience de la vie même s’il est jeune et adolescent. Il prend des risques, il se questionne, il agit. Nul ennui dans ce roman. J’ai été surprise par ce récit : je m’attendais à une histoire moins violente et plus feutrée.

Je suis assez intéressée par la trame, l’écriture de l’auteur, l’action qui ne tarit pas : un film défile sous mes yeux. Les scènes s’enchaînent. Elles m’emmènent sur des chemins que je n’avais pas prévus. Ce roman est haletant dans sa structure, par les péripéties qu’il fait subir à notre héros. L’attachement de Jack à son frère Matty est la raison de mon attention sur ce roman. Ces deux garçons sont attachants. Nul doute que Jack peut se sacrifier pour son cadet, il l’aime plus que tout.

La fin est digne d’un film américain : confrontation et justice sont les maîtres mots : les mauvais meurent (peut-être…), l’équilibre est rétabli. Je reste sur ma faim pour le dénouement, pas certaine d’avoir tout saisi : la voix des débuts de chapitre est-elle justifiée ou pas ? réelle ? possible ? Je me questionne sur les temps de narration : passé et présent… L’auteur boucle le récit : une boucle bouclée, vraiment ? Quelques interrogations subsistent et me laisse pensive…

Mon évaluation : ♡ ♡ 1/2 ♡

Les Samaritains du Bayou de Lisa SANDLIN

Merci aux éditions BELFOND pour cette lecture. Ce fut pour moi la découverte d’une plume riche et poétique qui offre une atmosphère particulière à ce roman policier avec deux partenaires aussi improbables qu’attachants. Je recommande…

Les Samaritains du Bayou

Une auteure que je vais prendre plaisir à suivre pour son écriture poétique et acerbe. J’ai particulièrement aimé les atmosphères, la mise en action des personnages où les actes valent toutes les descriptions psychologiques…

NetGalley

Mon partenaire lecture : un grand merci pour toutes les lectures que vous me proposez.

Tous mes remerciements aussi aux éditeurs qui me font confiance.

Le résumé des éditions BELFOND – 02 septembre 2021 : Puisant dans l’atmosphère envoûtante du Vieux Sud, Lisa Sandlin tisse un premier roman noir tendu, poétique, habité de personnages aussi complexes qu’émouvants. Une pépite récompensée par le Dashiell Hammett Prize et le Shamus Award, les plus hautes distinctions de la littérature suspense américaine.
Après quatorze ans passés derrière les barreaux pour avoir mis en pièces l’un de ses deux violeurs, Delpha Wade retrouve enfin le chemin de la liberté. Mais rien ni personne n’attend une ex-taularde, a fortiori en 1973, dans une petite ville du fin fond du Texas.
Le bureau du privé Tom Phelan, un Cajun débonnaire en reconversion professionnelle, est un point de chute inespéré pour Delpha. Avec sa discrétion et son sérieux, la jeune femme devient vite une secrétaire indispensable au détective néophyte.
Ensemble, ils parcourent le bayou pour traquer les fugueurs, les menteurs, les maris infidèles, réparer les âmes cabossées, soigner les laissés-pour-compte. Un duo de choc, détonnant et pourtant complémentaire.

Mais sous la carapace, un feu gronde en Delpha, le besoin dévorant de se venger de son second violeur qui court toujours. Un homme dont elle est convaincue qu’il est là, tout proche. Et qu’il la guette…

Personnages : Qui sont-ils? Delpha et Phelan ne sont pas des figures classiques même si, dans les bons policiers, polars et thrillers, plus elles sont particulières, plus elles participent à l’accroche de l’histoire. Ces deux-là sont vraiment particuliers : une ex-taularde, sage comme une image, et un futur détective qui a besoin d’une secrétaire pour être à la hauteur de l’image de son projet.

Delpha sort de prison après avoir pris quatorze ans suite à un meurtre. Elle se fond dans une image qui l’aidera à s’insérer dans cette société qui n’a pas su la protéger des actes violents. Les premiers chapitres la dépeignent telle qu’elle devrait être pour réussir son insertion : modérée et désireuse de se faire oublier pour réussir sa future existence. Petit à petit, au fil des pages et de sa plongée dans la liberté, elle prend sa forme et sa substance : tantôt secrétaire pleine d’esprit, philosophe et réfléchie, observatrice et coéquipière indispensable, tantôt garde-malade d’une vieille femme en fin de vie, tantôt femme amoureuse : tous ses portraits la révèlent. J’ai beaucoup accroché avec cette personnalité.

Phelan est un ancien infirmier militaire qui ouvre sa boîte : il est une espèce de détective qui n’a pas encore beaucoup œuvré. Tel qu’on l’imagine, il est intelligent, attiré par les détails, silencieux, l’œil aux aguets, bienveillant. Il accorde presque aveuglément sa confiance au petit bout de femme qu’on lui « impose ». Le duo est charmant et promet des aventures exceptionnelles.

Leur rencontre est improbable. Elle invite au questionnement. L’association promet un lien riche et fructueux.

L’affaire… Les affaires ? Dans ce roman, plusieurs enquêtes sont confiées à Phelan (mari infidèle, un adolescent disparu, un chien empoisonné… on est loin des faits grotesques : tout est traité avec sérieux).

Les intrigues s’imposent et s’entrecroisent. Elles donnent naissance à un fil conducteur (la quête d’un coupable), à des personnages principaux et secondaires d’une consistance psychologique telle qu’on se croirait dans un film ou dans la réalité, à un contexte social et historique réels.

Lisa SANDLIN mêle les évènements sociétaux du passé et sa propre représentation du Texas / Louisiane des années 1950/60. Cela donne une atmosphère particulière et étonnante, une épaisseur au roman comme je les aime. C’est anodin, léger, sérieux et oppressant : tout à la fois. Les scènes s’égrainent apportant surprise et intensité à ce monde assez sombre.

Bilan ?

J’ai aimé ce roman pour l’écriture de l’auteure, pour ces personnages différents, pour la profondeur donnée à ces êtres humains, pour le contexte et l’atmosphère glauques et chauds. J’ai eu envie de sourire par moment, emplie d’espoirs pour ces deux héros, frémissant quant au sort que la vie leur impose (et leur a imposé). J’attends la suite avec impatience….

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡