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La rançon du désir de Pénélope WILLIAMSON

Lecture prometteuse qui n’a pas porté les fruits que j’escomptais. En clair, j’ai davantage perçu les défauts de cette lecture plutôt que les qualités du roman. C’est fort dommage pour moi, car, après L’homme qui venait de nulle part et Au coeur de l’Ouest, des COUPS de COEUR, j’avais envie de romance mais aussi de grands espaces et d’Amérique sauvage et grandiose.

Le résumé des éditions J’AI LU – 25 avril 2018 : Être servante dans une auberge du port de Boston n’offre guère de perspectives d’avenir. Mais Angie est pauvre et doit trouver un moyen pour survivre. Aussi décide-t-elle de saisir sa chance lorsqu’elle tombe sur une annonce : dans le Maine, un père de deux enfants cherche une épouse. L’occasion parfaite pour fuir Boston. Par ailleurs, Jason Savitch, l’homme qui la reçoit, est très séduisant. Serait-ce un rêve éveillé ? Malheureusement oui, car bien que Jason ait passé l’annonce, ce n’était pas tout à fait pour lui…

L’écriture de l’auteure m’a paru brouillonne, comme s’il s’agissait là d’un premier jet : l’histoire a une base qu’il aurait fallu travailler davantage et rendre solide et intrigante.

Certains personnages sont énoncés mais n’ont pas d’avenir. L’héroïne les perd en chemin. Ils n’ont qu’un petit rôle qui permet à l’intrigue d’avancer, ils sont vite contournés et oubliés.

Le Docteur, Jason Savitch, est aussi une figure pas toujours admirable. A notre époque, nous attendons une relation moins autoritaire et plus respectueuse des désirs de la femme. Il est ambigu, tantôt sauvage et rétrograde, tantôt gentleman et courtois, plein d’avenir.

L’héroïne, quant à elle, Angie, est naïve mais attachante par sa vivacité et sa franchise.

Les Indiens ont un rôle mineur dans cette histoire. Ils n’agissent que dans le dénouement du roman. Je ne pourrais vraiment décrire leur but, sinon qu’ils servent au destin de nos deux amoureux.

Certains éléments et personnalités de ce livre sont de qualité mais l’auteure, à mon goût, n’a pas exploité tout leur potentiel. Quelques événements sont caricaturaux, presque trop au service des protagonistes. J’aurais aimé quelques nuances et davantage de profondeur dans les pensées et les sentiments.

Ce n’est pas le livre que je recommanderai parmi ceux écrits par Pénélope WILLIAMSON. Sans hésitation, je garde en mémoire L’homme qui venait de nulle part et Au coeur de l’Ouest qui sont vraiment mes préférés.

Mon évaluation : ♥ ♥ 1/2

L’homme qui venait de nulle part : COUP de COEUR

Le résumé des éditions BELFONT – 03 juillet 2008 : Quand l’arrivée d’un étranger sème le trouble dans la vie et les cœurs d’une petite communauté amish… Un roman bouleversant, porté par une héroïne inoubliable et un souffle romanesque exceptionnel, avec en toile de fond les décors somptueux de l’Ouest américain à la fin du XIXe siècle.
Veuve depuis peu, la jeune et belle Rachel lutte pour élever seule son fils tout en respectant les règles de la communauté des Justes. Une vie simple et austère, qui suit le rythme immuable et exigeant de la nature selon l’ordre voulu par Dieu.
Mais la jeune femme ne se sent pas encore prête à se remarier, comme le lui impose la loi de son clan. Encore sous le choc de la barbarie de ces  » étrangers  » qui ont assassiné son époux, Rachel essaie simplement de reprendre le cours de sa vie.
Un matin d’hiver, un homme survient, qui va bouleverser son destin… Un meurtrier, un hors-la-loi issu du monde de violence et de haine que les Justes rejettent. À l’encontre de toute règle, Rachel va porter secours à cet étranger, au risque de se voir bannie des siens…

Avec ce seconde roman de Penelope WILLIAMSON, je me suis encore régalée. J’ai profité du contexte d’Au coeur de l’Ouest, que j’ai lu précédemment. Cette nouvelle aventure se déroule aussi dans le Montana. Les descriptions et le décor ne sont pas plantés d’une manière aussi riche que lors de ma première lecture mais j’ai l’impression de me retrouver au même endroit avec des héros différents et une problématique nouvelle.

Rachel appartient à la communauté des Justes. Elle est guidée par sa foi. Elle agit selon les principes de ses frères. Elle est « formatée » pour sauver son âme du diable. Elle réfléchit à travers les préceptes édictés. La rencontre avec Caïn, l’Etranger, est un chamboulement pour son corps et pour sa conscience. Sa famille et ses voisins ne voient pas d’un œil bienveillant sa rencontre et son attachement.

Si vous connaissez le film Witness, vous reconnaîtrez la thématique du livre à la différence près que le récit du livre se déroule dans les années 1 800 et qu’il n’est pas question d’un témoin gênant. John Caïn est arrivé dans la communauté, traqué et mourant. Il doit sa vie à Rachel, il doit son évolution et le salut de son âme à cette femme pure et admirable.

Witness avec Harrison FORD et Kelly McGILLIS : un étranger dans la communauté des Justes

A côté de cet amour naissant, comme pour Au coeur de l’Ouest, la galerie des personnages secondaires a toute son importance. Noah, le prétendant de Rachel (veuf), son fils (adolescent), et le fils de Rachel, Benjo, ont eux-mêmes leur problématique. L’intrigue principal se complexifie avec leur intrigue personnelle, toute en relation avec la quête de l’amour et la quête de leur identité. J’ai vraiment apprécié la construction des personnalités et leur destinée, leurs pensées internes, leurs démons, leurs doutes…

En bref : Ce roman est douceur, romantisme et contexte historique mêlés. Il est superbement écrit. Il est émouvant et tellement envoûtant. Je ne sais si les autres romans de Penelope WILLIAMSON sont aussi sensibles et aussi réussis mais j’ai adoré ces deux-là.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡ COUP de COEUR.

Au coeur de l’Ouest de Penelope WILLIAMSON… COUP de COEUR

Le résumé des éditions J’AI LU : À dix-sept ans, Clémentine s’ennuie dans la bonne société de Boston et rêve d’un vrai cow-boy qui l’emmènerait au loin. Le jour où elle croise le regard de Gus McQueen, un séduisant éleveur, elle n’hésite pas à s’enfuir avec lui au cœur du Montana.
Mais l’Ouest sauvage, avec son blizzard, ses loups affamés et ses voleurs de bétail, est bien peu hospitalier pour une jeune fille raffinée et inexpérimentée. C’est pourtant dans cette nature hostile et grandiose qu’elle va devoir apprendre à vivre auprès de celui qui est devenu son époux.
Mais, surtout, c’est là qu’elle va connaître cette folle passion dont elle rêve depuis toujours pour un homme majestueux et solitaire, à l’image du Montana. Un homme qui n’est autre que le frère de son mari…

Si vous n’avez pas peur des 700 pages qui s’annoncent, vous pouvez vous lancer dans cette histoire exceptionnelle. J’ai rarement lu des romances historiques qui remplissent autant le contrat et qui tiennent les promesses du genre. L’Histoire est bien au coeur de ces pages, vibrant de réalisme, indispensable à la crédibilité des événements. Trois femmes sont décrites, l’auteure nous dresse le portrait de ces citoyennes du passé.

Le Montana y est décrit dans ses côtés les plus exotiques et les plus sauvages, à travers ses paysages, à toutes les saisons, hostiles et passionnants.

Le Cowboy n’est pas une légende dans ce récit, c’est un vrai personnage avec, certes, son lasso, sa carabine winchester, sans oublier son fameux chapeau, le Stetson. Il est aussi et surtout l’homme fier, celui qui incarne la puissance, celui qui cache son âme puisqu’il est avant tout une image qu’il donne, qu’on impose et qu’on respecte ainsi. Il véhicule les idéaux de l’époque. Quoi de plus motivant que de posséder un troupeau où l’on compte les têtes par centaines, que l’on garde farouchement contre l’assaillant indien et le voleur ? Que ne feraient pas ces garçons de vaches pour agrandir leurs terres fertiles et conserver leur ranch, avoir une femme robuste et se réjouir de la richesse d’une mine ? Tour à tour, ces rêves sont les leitmotiv et les obstacles. Que de passions pour survivre ! Quel enchantement d’être plongé(e)s dans cette atmosphère !

Clémentine est aussi une vraie lady de Boston. Comme dans l’homme de la Sierra, c’est une jeune fille qui quittera ses crinolines pour la poussière et la dure vie des fermières pionnières. A la différence du roman de Pauline LIBERSART qui m’a beaucoup plu, cette femme est encore plus magnifique dans sa carapace de créature précieuse et fragile (qu’on lui impose) puis dans son rôle de figure respectée. Sa personnalité est remarquable, tellement forte et respectable dans son humanité. Le récit de sa bravoure et de sa résistance semble incontournable comme une figure emblématique de ce monde même si l’ensemble n’est que fiction et sorti de l’imagination de l’auteure. Sa transformation et son charisme sont précis et creusés, construits pour mon plus grand plaisir. Toutes ces pages relatent les changements qui s’opèrent en elle, tous les événements qu’elle traversera, ses douleurs et ses bonheurs.

L’auteure, Penelope WILLIAMSON n’est pas avare de descriptions et de scènes d’action se déroulant dans le ranch, dans les prairies ou dans cette ville inhospitalière typique du Far West. Ces cadres ne sont pas que des décors ou des prétextes. Le contexte vit et grandit avec les protagonistes. Nous avons les odeurs, la poussière qui nous emplit les narines, le bruit des roues des chariots et les jets de salive. La ville est perdue dans l’immensité, s’agrandit, se structure, se détériore. Je n’ai aucune peine à me plonger dans les tableaux.

Quatre parties composent ce roman. La première partie est la plus idyllique : c’est la naissance des rêves, de l’amour de notre jeune héroïne de dix-sept ans. La tension s’invite avec cet obstacle perturbant : Rafferty, le frère de Gus, exerce un profond attrait sur Clémentine. Ce bouleversement aurait pu être résolu illicitement ou grâce à un coup du sort. Ce n’est pas le choix de l’auteure. Elle décide de prolonger notre lecture, au diable le déshonneur ! Chaque chapitre va nous faire vibrer de passion, d’espoirs et d’embûches, de réalisme et d’honnêteté.

En parallèle de cette expérience tellement intrigante, vient celle d’Hannah, une ancienne prostituée qui a fait fortune. Hannah est un personnage secondaire qui parfois devient bien plus. C’est une autre femme qui lutte contre le pouvoir de l’Homme et tient à trouver et marquer sa place dans ce monde. Elle est magnifique de dilemmes et de courage. Jusqu’à la sept centième page, son destin m’accrochera. J’ai été merveilleusement touchée par son caractère, ses faiblesses et l’amitié qui la lie à Clémentine, entre autres.

La deuxième partie du livre fait intervenir Lily. A travers ses yeux, on découvre sa culture, ses traditions, son langage et ses croyances. Penelope WILLIAMSON dresse un portrait fin de ces expatriés chinois qui n’ont aucune reconnaissance, ni place dans la société américaine de l’époque. Achetées, brimées, rejetées, ces populations ont pourtant joué un rôle important dans l’évolution et le développement du commerce d’alors.

Trois destins de femmes qui s’enlacent, se croisent, résonnent l’un contre l’autre, l’un avec l’autre. Trois femmes, différentes de culture et d’origine sociale, qui pourtant vont agir ensemble et grandir chacune de leur côté.

Je pourrais qualifier les romances historiques de récits légers et superficiels. La plupart l’est. Celle-ci, pourtant, est bien plus : elle est travaillée et étoffée avec précision, elle est bâtie sur une réalité passée, elle exprime des combats, des mentalités que j’ai eus plaisir à découvrir. J’ai admiré l’ambiance, les détails et la restitution des faits de société. Le fil conducteur demeure la passion mais avec cette richesse de l’Histoire, il est merveilleux à lire.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡ COUP de COEUR du FAR WEST