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Ce qu’elle a laissé derrière elle de Ellen Marie WISEMAN

Le résumé des éditions FAUBOURG MARIGNY – 09 mars 2022 :
1995.
Dix ans auparavant, la mère d’Izzy Stone a tué son mari d’un coup de fusil, alors qu’il dormait. Dévastée par la folie de sa mère, Izzy, qui a maintenant 17 ans, refuse de lui rendre visite en prison. Elle a depuis été accueillie par une famille d’accueil. Ses « parents » travaillent pour le musée local et décident d’inscrire la jeune fille dans leur groupe.
Sa mission : les aider à cataloguer les objets trouvés dans un asile abandonné depuis des années. Et au milieu de monceaux d’affaires, Izzy va découvrir des lettres jamais ouvertes, un vieux journal intime… et une fenêtre vers son propre passé.
1929.
Clara Cartwright a 18 ans. La jeune femme est prise en étau entre ses parents autoritaires et son amour pour un jeune immigrant italien. Furieux qu’elle ait rejeté un mariage arrangé, son père l’envoie dans une chic résidence pour « malades nerveux ».
Mais les Cartwright perdent leur fortune lors du krach boursier qui va suivre. Ne pouvant plus payer les soins de Clara, la jeune femme est transférée à l’asile public…
Même si Izzy fait face aux défis d’un nouveau départ, l’histoire ne cesse de l’entraîner dans le passé. Reconstituer le destin de Clara va obliger à réexaminer ses propres choix, avec des résultats… inattendus.

J’ai passé un moment tout à fait prenant avec cette double narration, la tension et mes émotions montant crescendo au fil des pages.

Ma préférence va vers Clara, cette jeune femme de 18 ans, éperdu d’amour pour Bruno Moretti, homme simple et « de catégorie sociale inférieure ». Les parents de Clara désapprouvent cette union au point d’en prévoir une autre avec James, le fils d’un ami de la famille.

Clara est une rebelle, ce qui signifie, à son époque, dans les années 1930, d’être enfermée dans un hôpital pour malades mentaux : elle refuse d’être guidée et enfermée dans un mariage qu’elle ne désire pas. Petit à petit, sans concession, Clara découvre un monde de reclus et d’exclus, un monde de brimades, de sanctions et de mauvais traitements : les pires remèdes sont inventés. Camisoles, isolements, piqûres par insuline jusqu’au coma, elle n’échappe pas à son dramatique destin. Son aventure nous est contée. J’espérais le meilleur possible pour elle…

En parallèle de ces chapitres terribles, la narration d’Isabelle Stone nous raconte les persécutions, les réflexions intimes et le harcèlement dont est victime cette jeune adolescente.

Pour moi, l’histoire, de son point de vue, est moins palpitante mais certains moments sont forts et m’émeuvent beaucoup. Divers sujets sont abordés par l’auteure, Marie Ellen WISEMAN, tels la folie (est-elle génétique et transmissible ?), la difficulté de comprendre autrui, l’adoption.
La chute de l’histoire (des deux histoires) est importante dans cet univers chaotique. Je l’ai particulièrement appréciée.

Les recherches de l’écrivaine ont dû être intéressantes et passionnantes. A la fin de l’ouvrage, j’ai eu le droit à une mini interview qui m’a ouvert le regard sur les pratiques passées, notamment cette volonté quasi divine de donner lieu à « une race » pure… et lorsque les Etats-Unis sont parties prenantes d’actes terribles, on se demande si le monde n’est pas fou… plus atteint que ces prétendus malades mentaux.

Voici donc un roman qui m’a attirée au premier regard (la couverture est sublime) avec des critiques élogieuses m’ont convaincue de me lancer dans ce double point de vue.

J’ai dévoré l’histoire en quelques heures, intriguée et curieuse de l’évolution des deux personnages. Certains points m’ont paru fort romancés, doux et timides, atténuants la violence des expériences (ce qui est bienvenu dans un tel univers…). Il est ainsi destiné à un public large, des adolescents jusqu’aux plus matures. Il n’est pas sans me rappeler le film « Le bal des folles » qui a été (pour moi) plus percutant et plus traumatisant. J’y retrouve quelques scènes.

Mon évaluation : ♥ ♥  et 1/2