Challenge COLD WINTER 2022-2023 : Cette fois, ma PAL pour le menu « YULE »

J’ai deux buts : participer au challenge COLD WINTER et essayer de vider ma PAL.

Je profite du MENU YULE pour sélectionner les livres qui ont attiré, un jour, mon attention au point que je les inscrive dans ma liste de livres à lire et les croiser avec ceux qui pourraient correspondent aux différentes sous-catégories de ce menu.

Voici donc ma petite sélection :

Parce que je n’ai jamais lu La véritable histoire de Noël de Marko LEINO, je l’inscris dans mes projets de lecture.

J’ai aussi très envie de profiter de cette période de traditions pour revenir vers des classiques et des auteurs que j’ai lus lorsque j’étais adolescente. Je pense savoir que la maturité change le regard sur les œuvres. Alors ?
J’avais adoré Guy de MAUPASSANT, dans le Horla (en classe de 3ème). Je n’ai jamais lu Charles DICKENS.
C’est peut-être l’occasion de ne pas mourir idiote et ignorante des écrivains de notre passé, si célèbres et si (fortement) conseillés par l’Education Nationale pour forger ma culture littéraire…
Je ne lirai sans doute pas tous les contes des 24 contes de Noël, un roman de l’Avent (un par jour) mais je me focaliserai sur ceux que j’ai découverts dans mon enfance ou ceux que je ne peux contourner, aujourd’hui…

Dans la sous-catégorie « rêves », j’ai noté Oscar et la dame rose. Je n’ai pas vu le film avec Michèle LAROQUE (une actrice que j’aime beaucoup)… en attendant de lire l’œuvre d’Eric-Emmanuel SCHMITT. C’est la période idéale pour combler ce manque.

Pour la sous-catégorie « Mystère, secret et secret de famille », je choisirai un roman d’Eric LE NABOUR. C’est sûr !
Par hasard, je suis retombée sur une chronique autour d’un des livres de cet auteur : que d’éloges ! Je me suis souvenue alors de mon coup de cœur pour « les promesses de l’innocence« . J’avais décidé de découvrir son univers qui cadre souvent avec les secrets du passé.
J’hésite avec son dernier roman, Cruels sont les rivages (que je n’ai pas encore acquis) ou un ancien comme A l’ombre de nos larmes (qui est dans ma bibliothèque)…
Dilemme…

Dans un registre dramatique, j’aimerais découvrir Yolaine DESTREMAU. Une femme de pouvoir, vraiment ? Un roman féministe ?
La malentendue est un roman à deux voix : il promet une réflexion sur la femme cachée derrière l’avocate : une femme maltraitée ?

Bon CHALLENGE COLD WINTER !

Là encore, je suis curieuse de vos sélections et du ton de vos lectures choisies pour ce menu YULE. Je compte beaucoup sur nos échanges et sur vos commentaires. N’hésitez pas à me laisser un petit mot, une question, vos choix.

Challenge COLD WINTER 2022-2023 : Ma Pile de Livres à lire… MENU « Marcher dans la neige »

Je vais profiter du Challenge COLD WINTER 2022-2023 pour vider ma PAL. Si bien que j’ai dû aller fouiller dans ma bibliothèque, mon carnet de titres à lire et ma liseuse pour ressortir des romans qui pourraient coller dans ce menu vagabond « MARCHER dans la NEIGE« …

Le plus dur a été de trouver un livre qui entrerait dans la sous-catégorie « Patin à glace ». Alors à la place d’un « personnage athlétique » j’ai biaisé, je l’ai remplacé par un personnage célèbre (une rockstar…) : je sais que ce n’est pas pareil mais je n’ai pu faire mieux. Vos propositions et vos idées lumineuses seraient les bienvenues pour m’éclairer et m’orienter davantage vers le thème.

Le Sel de nos Larmes de Ruta SEPETYS :
J’adore vraiment les deux romans que j’ai lus de cette auteure : L’hôtel Castellana qui est l’un de mes derniers coups de coeur et Ce qu’ils nous pas pu nous prendre, une lecture inoubliable que j’ai toujours en tête.
Ses livres sont destinés à la jeunesse mais, à chaque fois, ils se sont adressés à moi avec une tonalité particulière car ils touchent mes centres d’intérêt et mes réflexions d’adulte (mûre).
Je pense que ce roman entre bien dans la sous-catégorie « Vive le vent », non pas pour le ton enjoué de la chanson de Noël mais pour le terrible hiver, ce voyage forcé de quatre adolescents et ce navire promesse de meilleur…
Je doute siffloter tranquillement pendant ma lecture. Je m’apprête au contraire à vider ma boîte de mouchoirs… mais j’ai très envie de me plonger dans ce contexte qui provoque en moi de vives émotions.

Douze chiens pour Noël de Lizzie SHANE :
Je ne connais pas l’auteure, Je remercie néanmoins NETGALLEY, les éditions L’ARCHIPEL pour ce service de presse qu’ils viennent de m’offrir contre une chronique présentant mon avis.
Je ne suis pas super enjouée par le lieu de l’action (un refuge de chiens) mais le résumé m’a plutôt emballée. Se donner corps et âme pour une cause animalière : pourquoi pas ? J’avoue que ce roman me questionne pour l’originalité de son pitch.
Dans un style doux et romantique (que le roman précédent), je m’apprête donc à suivre l’héroïne dont la précieuse mission sera de placer douze chiens auprès de familles, avant la fermeture définitive de l’établissement.
De bons sentiments, pour une noble cause, m’attendent… Ce sera parfait pour faire baisser les pressions du quotidien, non ?

T’embrasser sous le neige d’Emily BLAINE :
Là encore, j’opte pour le romantisme et l’amour. Emily BLAINE est capable de me donner des palpitations. Un vrai bonheur !
J’abandonne donc le personnage athlétique, l’aventure dangereuse… je supprime tous les adjectifs et ma sous-catégorie devient donc :  » Sport, personnage, aventure… ». Si vous avez mieux, je suis preneuse !

Bon challenge COLD WINTER ! Au plaisir d’échanger avec vous…

Aux quatre vents d’Amélie ANTOINE : Je pressentais que ça allait me plaire !

Le résumé des Etidions XO – 13 octobre 2022 : On dit que chaque famille a ses secrets. C’est encore plus vrai en temps de guerre…
1985, Sabran-sur-la-Lys. Un paisible petit village du nord de la France où tout le monde se connaît, depuis toujours. Un petit village où tout se sait. Et où, surtout, rien ne s’oublie.
Après avoir fait l’acquisition du château, un mystérieux personnage achète maison sur maison. De lui, on ne connaît que le nom : Clément de Clercq. Un matin, les villageois découvrent avec effroi que les portes et les fenêtres de toutes ces demeures ont été retirées. Les habitations sont ouvertes aux quatre vents, abandonnées, défigurées.
Bouleversée, une jeune femme, Léa, décide de tout faire pour sauver le village de son enfance. Il lui faudra alors fouiller dans les mémoires jusqu’à plonger au cœur d’un passé qu’aucun habitant n’a envie de revivre…

Voici une drôle d’histoire ! Drôle parce que sa naissance n’est pas commune et parce qu’elle m’a intriguée.
Voici ce qui a attisé ma curiosité : l’origine de l’écriture… Je vous recopie une partie des paroles d’Amélie ANTOINE :

« … par le plus grand des hasards entrée en collision avec la fascination de quelqu’un d’autre, quelqu’un que j’aime beaucoup et dont j’admire le travail : un illustrateur avec lequel j’ai déjà travaillé sur un album pour enfants. Il s’appelle Jack Koch. Un samedi de décembre 2019, au fil d’une conversation, il en vient à me confier en quelques phrases le scénario d’une histoire qu’il porte en lui depuis des années, mais qu’il n’écrira jamais, car il n’imagine pas prendre un jour la plume. Jack me parle de cet homme (qui n’était alors pas châtelain) qui décide de racheter des maisons au sein d’un village et d’en retirer toutes les portes et les fenêtres, transformant ainsi peu à peu un petit village de carte postale en village-fantôme où tout le monde se méfie de tout le monde.
Je me souviens de cet instant comme si c’était hier. Quand Jack m’a parlé, il s’est passé quelque chose en moi. J’ai vu les images, j’ai imaginé les scènes de désolation, et j’ai aussitôt eu l’intime conviction que cette histoire, qui me donnait déjà la chair de poule, devait exister.
C’est à partir de ce point de départ que j’ai commencé à imaginer et à écrire Aux quatre vents

La double temporalité, années 1980 et année 1944, n’était présente que pour me plaire !
J’adore les secrets, surtout s’ils sont bien enfouis et si les détenteurs se démènent pour bien les mettre sous le tapis…
Je me passionne pour les héroïnes qui mettent les pieds dans le plat et qui déterrent la boîte de Pandore. Je nomme sur le podium, Léa, la quarantaine, mère d’un jeune garçon asthmatique.
Je jubile dans les atmosphères restreintes, les régions rurales, les petits villages avec des habitants superbement caractérisés… Là, il s’agit de Sabran-sur-la-Lys.
Que dire d’un personnage désagréable (M. Vernay), d’un inconnu détestable (le fameux châtelain sans visage) ? Je me questionne sur le facteur, l’institutrice, le bon et le méchant… le collabo et le résistant… le sauveur et le traitre.

Ce roman est jouissif : Amélie ANTOINE nous conduit sur de multiples pistes. Mon flair est mis à rude épreuve. Ce roman est comme un grand jeu pour moi. Impossible de lâcher les chapitres, surtout ceux qui témoignent du passé (la seconde guerre mondiale). J’ai tant envie de savoir le destin de Ludmilla et de son mari, juifs, traqués… quel lien avec le village et surtout le pourquoi de ces maisons éventrées, déshabillées, dépouillées. Une vengeance se cache derrière tout cela… Démêler le vrai du faux, mes hypothèses de l’imagination de l’auteure est un vrai plaisir.

La plume de l’écrivaine ne manque pas de qualité. Elle est très plaisante : elle suscite en moi des tableaux qui nourrissent la narration. C’est très chouette ! Quelle passionnante découverte littéraire !

Mon évaluation : PETIT COUP DE COEUR avec 5 énormes cœurs…     
Un point de départ novateur… une histoire captivante, des personnalités vivantes, un mystère, un secret (des secrets), un village hanté : voici les ingrédients pour une lecture grand plaisir. Je recommande ! J’aime la plume de l’auteure, j’aime l’originalité de l’histoire, j’aime l’ambiance confinée. A découvrir inévitablement.

Pour que chantent les montagnes de Nguyen Phan Que Mai

Le résumé des Editions CHARLESTON – 24 août 2022 :
Việt Nam, 1972.
Depuis leur refuge dans les montagnes, la petite Hương et sa grandmère Diệu Lan regardent Hà Nội brûler sous le feu des bombardiers américains. Une semaine plus tard, Hương découvre les décombres qui ont remplacé sa maison : la guerre, l’ombre qui a emmené ses parents et ses oncles dans les forêts du Sud, vient de faire une entrée brutale dans sa vie.
Pourtant, malgré la destruction, le quotidien reprend son cours dans la capitale.
Des colonnes de fumée s’élèvent tous les soirs des abris de fortune, les éclats de rire des enfants résonnent et, peu à peu, les vétérans reviennent du front.
Mais, derrière la joie des retrouvailles, Hương entrevoit déjà les sombres souvenirs qui pourraient déchirer sa famille comme les souffrances déchirent sa patrie depuis des décennies…

Je ressentais le titre de ce roman comme un présage de poésie, de douceur (malgré les terribles guerres) et de méditation. Quelle douce phrase que celle que l’auteure a choisie pour parler de sa famille, de ses origines, des combats qui ont opposé le Vietnam et divers pays : Pour que chantent les montagnes

Le roman n’est pas doux.
Il est dramatique et tragique. Il témoignent d’époques dévastatrices, inhumaines, à la limite de l’acceptable. Je retiens une image de cette Histoire : un agent chimique orange pulvérisé sur la forêt détruisant la végétation (pour mettre à découvert les combattants), les animaux et les humains… une guerre aveugle, immonde où toutes les armes sont permises, y compris la bêtise, l’excès de zèle, la soumission irréfléchie, l’enrôlement et l’anéantissement du jugement.

Pourtant, les narratrices principales Huong et sa grand-mère résistent à tous les obstacles, les surmontent, les dépassent pour se construire et se reconstruire. Elles fuient, s’exilent, bâtissent, sont contrées, chassées, piétinées mais, jamais, elles ne baissent les bras.

L’espoir est dans ce récit, puissant, vibrant, captivant.
J’ai frémi parce que ces récits sont basés sur des faits réels. Je suis touchée parce que chaque chapitre présente une facette de la guerre.

La narration est centrée sur Huong et Diệu Lan mais c’est l’histoire de tout un peuple qui défile sous mes yeux : il est blessé et meurtri. Pareil à la noblesse d’esprit de Dieu Lan, la grand-mère, le Vietnam se réunit et dépasse ses blessures. Il prend un nouveau souffle dans la voix de Huong.
La métaphore est remplie d’espérances et d’espoirs…

C’est joli, poétique, doux (aujourd’hui…) mais la mémoire ne faillit pas, elle garde en elle ce traumatisme dont je me souviens lorsque j’étais petite.
Lorsque j’étais à l’école et plus tard aussi, j’avais des camarades originaires du Vietnam. Je me rappelle les peaux tachetées de cicatrices. Les bouches étaient discrètes et parfois closes mais j’ai de vagues souvenirs de jeunes adolescents adoptés qui se révélaient aussi être traumatisés par une horrible guerre dont on ne parlait pas.

Mon évaluation :   
Un roman qui marque… un roman qu’on n’oublie pas… un roman qu’on respecte et qui remplit sa mission : Se souvenir sans haine.

La violoniste d’Auschwitz d’Ellie MIDWOOD : COUP de COEUR !

Le résumé des éditions FAUBOURG-MARIGNY – 10 novembre 2021 : À Auschwitz, chaque jour est un combat pour survivre. Alma porte le matricule 50381. Cela ne pourrait pas être plus éloigné de sa vie d’avant. Star de l’Orchestre philarmonique de Vienne, nièce de Gustav Mahler, elle avait même fondé un orchestre de femmes.Rien de tout cela ne l’a sauvée. Jusqu’à ce qu’un chef du camp la reconnaisse et lui fasse monter un orchestre pour le bon plaisir des SS. Une position qui lui permet de soustraire des jeunes filles à la mort. Et de rencontrer Miklòs, un pianiste talentueux. Au milieu du désespoir et de la joie des répétitions, ils prient pour que le cauchemar cesse un jour. Mais à Auschwitz, l’air est contaminé par la mort, et la tragédie est la seule certitude…

Des retours très positifs : Il existe de nombreuses histoires qui ont lieu dans le camp d’Auschwitz. Celle-ci est parmi la mieux notée. Il est évident que l’émotion de ce roman est remarquable. Je n’ai pas échappé à cet engouement unanime. Les pages se sont tournées toutes seules. Je ne pouvais m’arrêter de penser à ces hommes et femmes si maltraités.
Dès les premières lignes, je percevais que ce livre serait différent. L’introduction m’a directement plongée dans l’atmosphère. J’ai fait confiance aux chroniques élogieuses que j’ai lues : c’est un formidable roman qui ne peut laisser indifférent.

Une histoire tirée de faits réels : Alma est une vraie héroïne, qui a véritablement vécu dans le camp d’Auschwitz.
Musicienne, violoniste, elle a tenu à bout de bras, jusqu’à l’épuisement, tout un groupe de femmes. A partir de petites compétences en musique pour les recrues qu’elle a pu protéger, elle a construit un orchestre admiré et adulé par des Nazis comptant dans les plus terribles. Ce fut une véritable gloire, un exploit inimaginable , une performance et une réussite reconnues…. salvatrices et merveilleuses.
Courageuse, énergique, altruiste, généreuse, protectrice, cette femme s’érigea dans ce monde atroce où l’humanité et l’humain sont piétinés. Je ne peux être qu’admirative de ce destin exceptionnel, ce combat acharné contre l’indifférence, le rejet, la haine.

Une héroïne au charisme exceptionnelle : Dans ce roman, j’ai été prise par la détermination d’Alma. Chaque avancée, chaque obstacle m’ont fascinée. J’ai été envoûtée par ce personnage. Chaque fait rapporté (factuel) s’est intégré dans la narration. L’auteure a géré l’insupportable très habilement. A la fin du livre, Ellie MIDWOOD a porté Alma vers la gloire, vers l’espérance, vers la grandeur. Je suis sortie de ce livre gonflée d’ardeur et de son courage.
Certains passages broient le cœur mais la plume de l’écrivaine est toujours appropriée, vive et libératrice. J’ai ressenti de vives émotions face à l’innommable mais il existe une juste dose entre l’horreur et l’espoir qui m’a permis d’aller jusqu’au bout de l’œuvre avec paix et sérénité malgré tout.

Mon évaluation : Ce roman est un COUP de COEUR, un COUP de FOUDRE. J’ai profondément aimé et admiré l’auteure, son histoire, Alma et ses compagnes, ce courage… Je suis admirative d’une telle réussite littéraire, touchante mais pas destructrice, émouvante et, surtout, porteuse de vie et d’amour.
Je le recommande.

L’amour de ma vie de Rosie WALSH : un presque COUP de COEUR !

 Le résumé des escales éditions – 06 octobre 2022 : Emma, biologiste marine reconnue et médiatisée, adore son métier, son mari Leo, leur fille Ruby et leur chien John Keats. En apparence, tout est parfait. Sauf qu’Emma sort d’une longue maladie et attend les résultats de ses derniers examens. Alors Leo, journaliste spécialisé dans les nécrologies de célébrités, trompe son angoisse grâce à ce qu’il sait faire de mieux : enquêter sur la vie des autres.
En rédigeant la nécrologie de sa femme, Leo relève des incohérences dans son passé. Incrédule, il tente de dénouer le vrai du faux. Mais il doit rapidement se rendre à l’évidence : la personne qu’il pensait le mieux connaître au monde est une étrangère.
À mesure que Leo dévoile ses secrets, Emma n’a d’autre choix que de lui prouver que, malgré ses mensonges, elle est bien la femme dont il est tombé amoureux. Mais d’abord, elle doit lui parler de l’autre amour de sa vie…

Cette lecture est passée à un doigt du coup de cœur.
Alors que je suis dans une période où je peine à me concentrer, où la fatigue prend le pas sur ma motivation, où je mets un temps infini à lire des romans de la première page à la dernière page, oubliant le peu de lignes que j’ai déjà lues, L’amour de ma vie m’a redonné un sursaut de plaisir.

Ce récit commence comme un roman d’amour : Emma et Léo vivent une histoire à part. Elle est biologiste marine, à la recherche d’un crabe particulier, atteinte d’un cancer… Lui écrit des nécrologies lorsqu’un décès est imminent ou lorsque la célébrité a disparu. Ils sont parfaitement différents. Leur couple est improbable, si particulier que notre attention est focalisée sur ce qui pourrait éventuellement les séparer. Oui, qu’est-ce qui pourrait perturber cette si belle union si ce n’est un secret savamment enfoui dans le passé ?

Notre imagination (mon imagination) invente un adultère… Cela semble commode. Trop facile et sans doute trop cliché… Voyons ailleurs… Léo enquête (finalement…), trouve des incohérences, tombe dans le piège de la suspicion.
De la facilité des faits jusqu’à la complexité de la psychologie, Rosie WALSH se montre plus inventive et plus fine. J’étais loin de construire ce scénario. La deuxième partie du roman m’a embarquée dans les méandres des fonctionnements humains : j’ai adoré cette facette du roman.

Ce roman est le roman d’un amour mais aussi le versant glissant du suspense, de la quête d’une vérité quelle qu’elle soit.

La question est désormais : Léo et Emma vont-ils rester liés et attachés, amoureux et compréhensifs ou vont-ils se délier, se déliter, se fracturer, se déconstruire ?
Les personnalités se dévoilent, gagnent en force et s’épanouissent jusqu’à se révéler. Le roman grandit en sincérité, croit en puissance et devient humain. Les indices parsemés depuis le début deviennent pièces d’un tableau bien construit. J’ai beaucoup aimé cette lecture pour la surprise qu’elle apporte, pour son unicité, pour ce travail profond sur les personnalités.

S’il n’y avait quelques erreurs dans le texte (oubli de déterminants, mots pour un autre et quelques guillemets qui m’auraient permis de différencier la parole des personnages de leurs pensées), j’aurais inséré cette histoire dans mes coups de cœur. Il reste néanmoins une lecture passionnante, questionnante et émouvante que je conseille grandement.

Mon évaluation :    

Un tourbillon de sable et de cendre d’Amy HARMON – ♥ ♥  

Editions CHALESTON – 27 septembre 2022 : Florence, début des années 1940.
Dans la belle villa aux dalles roses des Rosselli, Angelo Bianco, bien qu’orphelin, a grandi comme un membre à part entière de la famille. Eva, la fille de la maison de deux ans sa cadette, lui jouait du violon, dansait pour lui et pataugeait dans la fontaine pour l’amuser. Inséparables, ils se disputaient pour des broutilles et s’avouaient leurs secrets les plus profonds. Et pourtant, ils ne se sont plus revus depuis qu’il est devenu prêtre : elle ne lui a jamais pardonné de l’avoir abandonnée pour entrer dans les ordres.
Mais quand les nazis arrivent en Italie, les querelles du passé n’ont plus d’importance. En tant que juive, Eva risque la déportation et Angelo est le seul à pouvoir la sauver.
Engagé dans les réseaux de résistance catholiques, il cache et exfiltre les réfugiés des pays occupés.
Il est prêt à tout sacrifier pour elle, mais face aux heures sombres qui s’annoncent, cela sera-t- il suffisant ?

Cette auteure est une plume que j’apprécie énormément et qui me passionne à chacun de ses romans. J’ai lu deux livres d’elle : Ce que murmure le vent et celui-ci, Un tourbillon de sable et de cendre. Pour chacun, j’ai vécu une vive émotion alors qu’ils sont issus de deux contextes différents. Ma première expérience se passait en pleine insurrection irlandaise au début du 20ème siècle et ce dernier se déroule pendant la seconde guerre mondiale, en Italie. Deux époques, deux lieux… des héros inoubliables d’un charme émouvant. J’apprécie beaucoup l’immersion historique, les épreuves que nos personnages surmontent, la psychologie des êtres rencontrés, l’entrelacs de romantisme et de réalité.

Un tourbillon de sable et de cendre présente l’amour impossible d’une jeune Juive et d’un prêtre catholique, américain. A la manière Des oiseaux se cachent pour mourir, tous deux luttent contre leurs principes et la ligne de vie dans laquelle ils se sont projetés.

Je ne connaissais pas vraiment la politique sociale et interne de l’Italie sous Mussolini, ni la position précise des Florentins, des Romains, du Vatican face aux rafles. J’ai découvert un univers rempli de tensions, de bravoure, d’espoirs et d’incompréhension.

Si la fin de ce roman est édulcorée, teintée d’optimisme et de bonheur, le déroulement des chapitres est réaliste. Amy HARMON a choisi d’incorporer des événements terribles et tragiques, des faits réels dont nous connaissons l’existence à force de lectures. J’apprécie les notes de fin de livre à ce propos, ce lien avec le passé, ce rappel des faits.

C’est un beau roman que cette auteure nous offre, un témoignage d’une époque pas si éloignée. Elle mêle une romance douce, amère, qui nous pousse au cœur d’une époque cruelle, adoucissant l’horreur par des moments uniques d’espoirs et de rêves.

J’ai un attrait particulier pour cette période historique qui m’a toujours passionnée. Entre incrédulité, curiosité, désir de comprendre et refus de ces immondicités, j’éprouve le plaisir de me plonger dans ce genre littéraire. Je conseille l’auteure autant que ce contexte à tous ceux et toutes celles qui sont charmés par les amours impossibles et par l’apport historique d’une Europe qui s’est effondrée.

Mon évaluation :    

La Lady au parapluie noir de Mary BALOGH

Le résumé des éditions J’AI LU – 1er septembre 2021 : De passage dans une auberge malfamée, le vicomte Kincade est attaqué par des malandrins. Mais le drame vire au burlesque quand une espèce de furie en chemise de nuit met les voleurs en déroute à grands coups de parapluie. Le vicomte est mortifié. Quoi de plus humiliant pour un gentleman que d’être défendu par une faible femme ? Il va être la risée du Tout-Londres quand l’histoire se saura ! Et le pire reste à venir, car en guise de remerciement la pétulante Daisy lui demande de lui ouvrir les portes de la bonne société. Impossible de refuser sans passer pour un goujat. Voilà donc notre vicomte coincé avec cette femme exaspérante… horripilante… et adorable.

Cette fois, ce sont mes partenaires de lecture (les blogs que je suis) qui m’ont inspiré cette lecture.

J’avoue avoir un faible pour cette collection où les personnages sont dessinés avec une pointe d’humour et un trait de drôlerie que je trouve fort à propos.

L’héroïne de cette romance est intéressante car sa naïveté et sa façon d’interpréter le monde la rendent sympathique et singulière. Elle est intelligente à sa manière, sensible et bienveillante jusqu’à s’oublier, ouverte sur le monde avec toute l’innocence et l’incrédulité des personnages naïfs mais attachants que l’on chérit parce qu’on ne les rencontre que peu souvent. Elle est un peu Candide… elle a un brin de Forest… elle est mignonne, séduisante, gauche et maladroite, pertinente dans sa vision simple des choses. L’auteure a bien réussi son portrait.

Côté romance, l’histoire est classique, sans surprise. Mary BALOGH joue avec l’irritation, la surprise, le quiproquo. Je ne me suis pas tordue de rire mais les scènes sortent un peu de l’ordinaire. Je mets au défi quiconque lira ce livre de prévoir l’originalité des aventures. Daisy s’empare de toutes les situations impossibles et inimaginables pour plonger notre Vicomte dans l’embarras… tout cela, malgré elle, sans prendre conscience une seconde de ses actes et de leurs conséquences.

Le lecteur (la lectrice) s’amuse… peut-être pas autant que l’imaginaire de l’auteure… Voici une romance qui change de l’habituel sérieux des histoires comme celles-ci. J’ai passé un sympathique moment.

Mon évaluation :  ♥ ♥

L’institutrice d’Emerson Pass de Tess THOMPSON

Le résumé en autoédition – 06 janvier 2022 : Une toute jeune enseignante. Un richissime bienfaiteur. Lorsque leur attirance l’un pour l’autre devient indéniable, seront-ils capables d’ouvrir leur cœur ?
Colorado, 1910. Quinn Cooper a l’estomac noué. Mais ce poste d’institutrice dans une minuscule ville de pionnier était le seul moyen de sauver sa famille, restée à Boston, de la famine. Son sang-froid est d’autant plus mis à l’épreuve quand des coups de feu effrayent les chevaux qui tiraient son traineau et qu’elle est projetée dans la neige… mais elle est secourue par un bel étranger.
Lord Alexander Barnes sait bien que cette jeune et jolie jeune fille ne se portera jamais volontaire pour devenir la mère de ces cinq enfants. Pourtant, le veuf esseulé ne peut résister au charme de la nouvelle venue qui s’entend à merveille avec ses enfants. Après le départ précipité de sa nurse renfrognée, il est ému de la voir si joyeusement prendre sa place.
Décidée à faire ses preuves, dans la classe comme dans son rôle de gouvernante, Quinn craint que son statut social ne fasse obstacle à toute relation amoureuse avec cet homme aisé venu d’Angleterre. Et face à leur différence d’âge et aux violences qui agitent la ville, Lord Barnes est persuadé que cette deuxième chance d’être heureux n’est pas pour lui.
Leur amour restera-t-il enfoui, ou leur persévérance sera-t-elle récompensée par une passion éternelle ?

Appâtée par une publicité sur les réseaux sociaux, charmées par les couvertures de cette série, je me suis laissée tenter par ce premier tome. L’auteure me promettait une aventure parmi des pionniers, une réflexion sur la condition humaine, un amour contrarié… une rencontre avec des enfants. L’institutrice d’Emerson Pass me semblait une bonne idée de lecture pour digérer l’émotion de mon précédent roman, une transition toute en douceur vers d’autres univers.

Je ne peux pas dire que ce roman soit une bonne idée car il est assez neutre et plutôt plat. Le récit pose des idées de thèmes qui auraient pu être intéressants s’ils avaient été creusés et développés. Or, à peine énoncés, la nouveauté d’une expérience, la découverte d’un nouveau monde, le racisme, l’exclusion, l’aridité du climat, le dépaysement, le meurtre sont vite dépassés. Dans cette histoire de déracinement et d’expatriation, il manque la tension, l’adversaire, le plan machiavélique des ennemis, le combat du héros qui s’écroule et se relève malgré tout. L’héroïne ne rencontre que peu d’obstacles, ceux-ci sont rapidement surmontés sans grand effort. Ainsi, elle s’accommode d’un climat glacial, d’une vie solitaire très loin de ses proches, s’habitue à la vie d’un patron hors norme, d’une classe unique avec des enfants maltraités, différents, aux statuts sociaux multiples. Le « côté tout-va-bien-dans-le-meilleur-des mondes » donne à l’aventure un goût sans saveur, sans piquant, presque insipide.

Certes, ce premier livre se lit sans difficulté mais il me laisse sur ma faim. J’ai l’impression d’avoir survoler une réalité qui n’a rien de paradisiaque, de merveilleux et de tranquille dans le Colorado du début du XXème siècle. Pourtant, c’est ce que vit Quinn, sans encombre, sans difficulté, sans peine. Elle atteint son objectif sans qu’aucune peur ne m’assaille pour elle. Je survole donc vite les chapitres jusqu’à tourner la dernière page.

Que vais-je tirer de ce récit ? Ni passion, ni réalisme, ni Histoire, ni intérêt. Je passe donc mon tour pour la suite des livres qui, malgré ma chronique, m’attirent comme des aimants… Mon évaluation : ♥ ♥

Le code rose de Kate QUINN

Le résumé des éditions HAUTEVILLE – 17 août 2022 :
Pendant la guerre, Bletchley Park abritait un traître qui vendait des informations. J’ignore son nom mais je sais ce qu’ils ont fait. Vous devez me haïr mais vous avez fait le même serment que moi : protéger Bletchley Park et la Grande-Bretagne. Ce serment nous dépassait tous.
Aidez-moi à démasquer le traître. Vous avez une dette envers moi.
1940. Alors que l’Angleterre se prépare à combattre les nazis, trois femmes très différentes répondent à l’appel d’un mystérieux domaine, Bletchley Park, où les cerveaux les plus brillants de Grande-Bretagne sont formés à casser les codes de l’armée allemande.
La pétulante et belle débutante, Osla ; l’impérieuse et autodidacte Mab, et enfin, la vieille fille du village, Beth. Mais la guerre, le deuil et une sombre trahison sépareront les trois amies désormais ennemies… jusqu’à ce qu’elles soient de nouveau réunies, quelques années plus tard, par une mystérieuse lettre codée. Un traître émerge des ombres de leur passé, forçant les trois jeunes femmes à renouer leur vieille alliance pour casser un dernier code.
Mais chaque pétale qu’elles effeuillent du Code Rose les rapproche du danger et de leur véritable ennemi…

Si je ne devais dire qu’une seule qualité pour ce roman, ce serait la remarquable documentation historique.
Les lieux existent, de ce bâtiment de « fous », à ce point de vue sur le paysage que deux de nos personnages contemplent et savourent… la ville détruite, Londres sous les bombes.
Les personnages ont réellement vécu ; l’auteure met un point d’honneur à les connaître, à nous les présenter et à les faire vivre (à nouveau), sans omettre leur bravoure, leur patriotisme, leur intelligence à décrypter les codes ennemis.
L’Histoire est présente dans ce roman, de l’idylle amoureuse aux événements majeurs (que j’ignorais parfois) qui ponctuent cette guerre d’espionnage.
Ce récit m’offre tout un pan de la 2ème guerre mondiale que j’ignorais. Les livres, aujourd’hui, se succèdent pour nous apporter, à nous lecteurs, de l’authenticité, de la distraction mais aussi du réel, du concret, de vrais combats relatés que la plupart (y compris moi) ne suspecte pas.

Ce roman est un pavé de 700 pages qui nécessite un temps d’accroche et d’apporche pour saisir le contexte, un temps de rencontre avec les personnages (nos trois héroïnes). Je n’ai pas ressenti d’ennui, pas un seul instant. Par contre, il m’a fallu comprendre les rouages de toute cette logique de codes cassés, de machines à décrypter et le rôle de chacun dans cette monumentale traque aux informations.

Parfois, je me demandais où allait me mener cette aventure mais, à chaque moment, je saisissais, à travers les personnages et l’alternance du temps de guerre et ce tout petit moment précédant le mariage royal, que l’auteure savait où me conduire. Kate QUINN ne m’a jamais perdue. Habilement, elle a posé le cadre et a tiré les ficelles de son intrigue pour me les livrer. Quelle explosion de plaisirs lorsque j’ai obtenu les tenants et les aboutissants de l’existence de ce fameux traitre ! La deuxième moitié du livre s’est enchaînée sans que je la lâche, captivée et envoûtée par ces missions et cet acharnement d’hommes et de femmes. L’histoire m’a conduite dans une intrigue que je n’imaginais pas. Je ne m’attendais pas à une telle narration. Elle m’a conduite dans un univers inconnu, différent, intéressant et fascinant.

Les trois héroïnes, Beth, Osla, Mad, sont, chacune à leur manière, attachantes. Quelle que soit la personnalité, elles sont passionnantes de bout en bout. Elles vivent, elles trébuchent et elles se relèvent. Ce fut merveilleux de les suivre, de les rencontrer et de les laisser partir vers leur destinée. Elles m’ont marquée et, là encore, je retrouve tout le talent de cette auteure qui a franchi un nouveau palier de compétences dans son écriture. Chaque récit est une découverte, une aventure incontestable, un univers unique. Je recommande vraiment ses livres… et je ne pourrais snober son prochain roman car j’ai une confiance totale en son imagination et en ses œuvres.

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥ ♥ 

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