Archives pour la catégorie J’ai lu… J’ai donné mon avis

Le Tournesol suit toujours la lumière du soleil de Martha Hall Kelly

Le résumé des éditions CHARLESTON – 19 mai 2021 : Au printemps 1861, les États-Unis sont au bord de la guerre civile. En ces temps troubles où chacun joue sa liberté dans un pays sur le point de s’effondrer, les destins de trois femmes que tout oppose se croisent et se rejoignent.
À New York, Georgeanna Woolsey va à l’encontre de toutes les attentes de la société mondaine et s’engage comme infirmière sur les champs de bataille.
Jemma, jeune esclave d’une propriété du Maryland, se retrouve face à un choix cruel : saisir l’occasion inespérée de s’échapper ou demeurer auprès des siens.
Quant à Anne-May, qui mène d’une main de fer la plantation familiale depuis que les hommes ont rejoint les troupes confédérées, son ambition dévorante ne tarde pas à l’exposer à un sort terrible…

Honte à moi : je n’ai lu aucun livre de Martha HALL KELLY alors que ces deux précédents me font de l’oeil depuis de longs mois sans que je me décide à entrer dans ces univers.
Pourtant, la seconde guerre mondiale est vraiment un contexte que j’apprécie retrouver. C’est le cas dans son premier roman, Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux. Qu’est-ce que j’attends, alors ?
Partout où je passe, virtuellement ou physiquement, il pleut des éloges sur sa saga  LES FEMMES FERRIDAY : impossible maintenant pour moi d’ignorer ce dernier tome où la guerre de Sécession fait rage. Je me lance dans Le Tournesol suit toujours la lumière du soleil.
Je sais que je vais adorer chacun des trois opus, aussi différents soient-ils. Les couvertures sont magnifiques, j’adore les titres, même s’ils sont longs : ils sont peu classiques… Ce dernier ne fait pas exception.
Au jugé, je pressens une lecture fort appréciable… voire un coup de coeur (très certainement). Alors est-ce la peur d’être déçue qui me tenaille ? Ai-je développé trop d’attentes envers cette auteure ? La barre est haute en effet… Tout se joue rapidement en entrant dans un livre. Je tente celui-ci et je vous donne mon avis et mes impressions.

Je me jette… à l’eau ! Voilà, c’est fait… c’est lu.

Inutile de tourner autour du pot, ce roman me tient en haleine. L’alternance des trois points de vue donne du rythme et accentue le suspense : les chapitres se terminent au moment le plus intense. Impossible de ne pas poursuivre l’aventure.

Nous suivons trois destinées : celle de Mary-Jane, une propriétaire d’esclaves ; celle de Jemma, l’une de ses esclaves et celle de Georgy, une nordiste abolitionniste. Dans la première partie du livre, elles vivent en parallèle. Dans la deuxième partie, deux d’entre elles se rencontrent… Dans la troisième partie, c’est la confrontation !
La trame est bien construite. Je ne me suis pas ennuyée avec ces 750 pages.

Forcément, je retrouve dans ce livre des thèmes et des moments d’Autant en emporte le vent. A l’adolescence, j’ai lu et relu l’histoire de Scarlett, alternant le film avec les deux gros tomes dont je connaissais certains passages par coeur. L’intensité est moindre dans Le Tournesol suit toujours la lumière du soleil. Cependant, les trois points de vue nous offre un regard différent et plus humain.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture. Il faudra vraiment que je trouve le temps pour lire les deux autres livres des LES FEMMES FERRIDAY. J’ai lu que Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux était excellent… Est-ce votre avis ? Parmi les trois, lequel est votre préféré ?
1) Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux
2) Un parfum de rose et d’oubli
3) Le Tournesol suit toujours la lumière du soleil

Merci pour vos commentaires. Bien livresquement.

Mon évaluation : ♥ ♥ ♥

Blizzard de Marie VINGTRAS : COUP de COEUR

Le résumé des éditions de L’OLIVIER – 26 août 2021 : Au coeur de la tempête, un jeune garçon disparaît. Il n’aura fallu que quelques secondes, le temps de refaire ses lacets, pour que Bess lâche la main de l’enfant et le perde de vue. Elle se lance à sa recherche, suivie de près par les rares habitants de ce bout du monde. Une course effrénée contre la mort s’engage alors, où la destinée de chacun, face aux éléments, se dévoile.

Ma découverte : le hasard des rencontres :
Sur une célèbre radio française, en courant (je fais aussi quelquefois des footings… mais la lecture n’est jamais loin…), j’ai été sensible à la promotion de ce livre. Je ne connais ni l’auteure, ni la maison d’édition. Le résumé a piqué ma curiosité. Je ne sais si l’histoire est psychologique ou à la limite du thriller, peu m’importe, j’ai envie d’entrer dans ce huis clos, dans ce froid polaire. Je frémis d’avance alors que les heures de ce petit garçon sont comptées.

Ce que j’en attends :
Sur la couverture, ce petit être que le climat condamne n’est pas nommé. Il est presque insignifiant. Par contre, nous connaissons déjà Bess. Est-elle quelqu’un de proche : sa mère ? sa nourrice ? Je sais seulement qu’elle lui tenait la main. Seul ce lien, presque insignifiant, est à ma portée : cet enfant est-il consentant ? Traîné de force ? Une kyrielle de questions s’impose et me conduise vers ce récit. Est-il à la hauteur de mes attentes de lecture ?

Mon avis, après la lecture :
J’espérais lire un thriller : j’ai obtenu satisfaction.
Trois voix se partagent ce huis clos glacial : Bess, une jeune femme du Nevada, bien peu adaptée aux coutumes de cette région d’Alaska ; Cole, un alcoolique fort antipathique et Freeman, un ancien militaire noir qui porte un nom bien contradictoire avec la vie qu’il a vécues.

Les chapitres sont courts et percutants. Chaque parcours est retracé. L’auteure nous offre les détails et les principaux virages de chaque existence. Un peu moins de 200 pages nous sont offertes. Je ne perds pas le fil des histoires et cherche le point commun à ces trois destinées. Thomas est central. Mais qui est Thomas disparu ?

L’intrigue (les intrigues) sont parfaitement organisées et ficelées. Pas une pointe d’ennui ne vient m’interrompre, c’est même le contraire, j’ai hâte de continuer ma lecture : elle m’obnubile, elle me passionne. Je suis béate d’admiration devant ce suspense maîtrisé. J’ai adoré les portraits psychologiques, cette alternance de points de vue qui s’entrecroisent avec la disparition du petit garçon et de Bess. Chasse à l’homme ou sauvetage… de qui ? de quoi ?… J’avoue être conquise par ce roman qui mérite la découverte et l’intérêt.

Mon évaluation : COUP de COEUR ♡ ♡ ♡ ♡ ♡

La toute petite reine d’Agnès LEDIG : un nouveau COUP de COEUR

Le résumé des éditions FLAMMARION – 20 octobre 2021 : Un matin, Adrien, maître-chien, est appelé pour un colis suspect en gare de Strasbourg. Bloom, son chien hypersensible, va sentir le premier que les larmes de Capucine, venue récupérer sa valise oubliée, cachent en réalité une bombe prête à exploser dans son cœur. Hasard ou coup de pouce du destin, ils se retrouvent quelques jours plus tard dans la salle d’attente d’un couple de psychiatres. Dès lors, Adrien n’a de cesse de découvrir l’histoire que porte la jeune femme.
Dénouant les fils de leurs existences, cette rencontre pourrait bien prendre une tournure inattendue et leur permettre de faire la paix avec leurs passés afin d’imaginer à nouveau l’avenir.

Après avoir boudé son dernier roman (j’ai différé ma lecture…), je renoue avec Agnès LEDIG. J’adore cette auteure et j’ai vraiment eu un coup de coeur pour Dans le murmure des feuilles qui dansent et pour son album Le cimetière des mots doux. Je suis ses parutions avec attention. Je ne compte plus le nombre de romans de cette écrivaine que j’ai fortement appréciés. Je les ai presque tous lus… presque.

Lorsque j’ai appris l’édition de la toute petite reine, je l’ai d’office placée dans ma liste d’envie. Me voici donc face à cette nouvelle histoire.

Ce roman est très abouti. Les personnages principaux comme les personnages secondaires ont un message à passer. Ils ont tous leur problématique, chaque thème traité est enrichissant pour le lecteur et émouvant. Ainsi Agnès LEDIG aborde des sujets forts et plus anodins que je vous laisse découvrir.

La narration est aussi très bien construite. Il y a la voix d’Adrien, maître-chien de la gendarmerie qui subit un traumatisme post Mali, suite à une attaque d’hélicoptère, celle de Bertrand, l’oncle un peu paumé et faible, la narration à la troisième personne qui avance sur les pas de Capucine, au bord du burn-out puis celle des psychiatres, un couple qui a aussi son intimité, ses questionnements et ses tracas. Une voix inconnue nous suit tout au long du roman, discrète, qui interroge le lecteur, celle d’un vieil homme, solitaire, qui observe la maison délabrée d’en face et qui guette le moment où elle sera vendue. Son inquiétude ? Trouver des propriétaires dignes du passé de la maison. Un personnage est aussi touchant dans ce récit, c’est Bloom, le chien. Chaque voix nous emmène dans un thème cher à l’auteure. J’ai adoré les suivre.

A la fin de l’histoire de Capucine et d’Adrien, j’ai fermé le livre avec émotion, touchée. Agnès LEDIG a bouclé le roman d’une plume de maître. Chaque acte a trouvé son sens, porté son lot de sentiments, enrichit nos opinions. Le mystère de l’accident est résolu avec brio.

Ce roman n’est pas commun. Il est juste, poétique, questionnant, passionnant et tellement beau… Je le recommande. sincèrement. Il a résonné en moi. Ses multiples facettes prouvent la maîtrise et le grand art d’Agnès LEDIG.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ ♡ COUP de COEUR.

Chercheur d’or de SULIVANE Nathalie

Le résumé des éditions HUGO POCHE – 14 octobre 2021 :
Lorsque Lia monte dans l’avion qui va lui permettre de survoler les montagnes d’Alaska, avec des clients à la recherche d’un site idéal pour leur projet touristique, elle ne se doute pas qu’elle ne rentrera pas à Miami aussitôt après.
Un problème météorologique inattendu entraîne le crash du petit appareil et la laisse, seule et blessée, dans la neige de cette contrée extrême.
Stanford vit reclus dans un chalet perché dans les montagnes, avec pour seule compagnie, Alpha, son loup apprivoisé. Pendant l’été, il est chercheur d’or et il vit coupé du monde le reste de l’année. Il est le seul à pouvoir porter secours à Lia, l’unique survivante de l’accident. Il la recueille chez lui. Pour l’hiver… Car il n’a aucun moyen de contacter les secours ni de reconduire la jeune femme vers la civilisation avant la belle saison. Lia commence sa convalescence, partagée entre le traumatisme de l’accident et la beauté sauvage de la nature qui l’entoure… et va apprendre à connaître cet homme mystérieux, solitaire ainsi que son compagnon, Alpha…

Voici une petite romance sans prétention qui a le mérite de me distraire. Il n’y a pas de surprise dans cette rencontre, tout est convenu : l’agacement de l’héroïne à se trouver piégée au coeur de l’Alaska enneigée, l’embarras de cet homme solitaire, bienveillant et fort agréable, l’isolement et le rapprochement qui s’en suit. Nous suivons les aventures de Lia qui découvre les dangers et les plaisirs de cet isolement forcé.

Pourtant, que ce récit soit classique, j’en redemande… J’apprécie ce moment de paix et d’insouciance qu’il m’offre. La période automnale est propice à ce type de lecture : temps gris et tristounet, froid qui impose le confinement… Bref, un bon téléfilm ou un instant fleur bleue, je suis douillettement installée et prête à accueillir cette histoire romancée.

L’Alaska et ses montagnes rocheuses toutes blanches sont dépeintes sous de multiples facettes. Je visualise les sommets, le ciel bleu, les nuages épais, la neige tourbillonnante, les sapins… le lac gelé. Les images défilent. L’impression générale du cadre est assez bien mêlée à l’action. Ce contexte m’aide à m’immerger dans le récit.

Tantôt Stanislas prend les rênes de la narration, tantôt on découvre le point de vue de Lia. L’ensemble est doux, sans scène érotique. La relation entre nos deux protagonistes reste pudique et respectueuse de l’autre. Un bon point pour ce roman (de mon point de vue).

L’ensemble est distrayant.

Je remercie le blog NetGalley, l’auteure et les éditions HUGO POCHE pour ce service presse.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡

Le coeur des fileuses d’Aurélie HADERLE

Le résumé des éditions PRESSES de la CITE – 14 octobre 2021 :
Le portrait d’une femme de cœur, engagée au début du XXe siècle pour améliorer le sort d’ouvrières de filature de soie dans les Cévennes.
1910, au coeur des Cévennes. Eulalie devient, après le décès de son père, l’unique héritière d’une prospère filature de soie. Désormais patronne, elle découvre que son usine est un véritable bagne féminin. Révoltée par les conditions de travail de ses ouvrières, elle décide, malgré de nombreux détracteurs, de bouleverser l’ordre social.
Bientôt la guerre éclate et le pays se vide de ses hommes. Eulalie réalise alors son vœu le plus cher : transformer son entreprise en communauté de femmes fondée sur l’entraide et la solidarité. Des amitiés se nouent, des amours se tissent. Mais Eulalie saura-t-elle s’affranchir d’un mariage malheureux et affronter les fantômes du passé ?

Ce livre a toutes les caractéristiques de son apparence. Eulalie est une femme bien née, douce, dévouée, respectueuse, naïve. Elle est bonne, elle est bienveillante et bien davantage… Elle est au coeur de l’entreprise familiale puisque son père est décédé. Elle deviendra fileuse… pour elle et un peu malgré elle.

Dans sa prime jeunesse, elle se laisse influencer par ses pairs : son père, les notables du village, la pression sociale. Puis, au fil des pages, elle change son regard sur la vie, sur les conditions d’exploitation des ouvrières, sur ces hommes qui ont soif de pouvoir et qui la manipulent.

Il s’agit bien d’une métamorphose, d’un combat, d’une révolution. Eulalie expérimente différents rôles et statuts pour trouver sa voie et sa voix. Contre son éducation, elle devient patronne, femme mariée et soumise, puis socialiste, révolutionnaire et émancipée. L’auteure, Aurélie HADERLE, et le destin ne sont pas doux avec l’héroïne. Toutes les épreuves l’attendent de l’enfance à cet âge adulte (encore si jeune) où elle ouvre les yeux sur ses proches et les siens. Eulalie, enthousiaste et énergique mène des combats pour acquérir sa place sur la propriété familiale, dans son village, dans ce pays chamboulé par la guerre.

Je reste sur ma faim avec ce roman. J’étais persuadée qu’un second tome allait s’offrir à moi. Certes, l’auteure nous apporte des réponses. Les premiers chapitres interrogent les intentions des parents : pourquoi le père exclue-t-il ses deux filles de sa vie, pourquoi déshérite-t-il sa fille aînée, pourquoi la mère écrit-elle cette lettre qu’elle glisse au coeur de la valise d’Eulalie ? Quel est son message profond ? Quel changement veut-elle initier pour sa fille ?

Aurélie HADERLE remplit son contrat : les réponses sont là… Cependant, je me suis intéressée à la destinée de l’héroïne et j’aurais voulu qu’elle sorte de cette prédestination au malheur. La première guerre mondiale n’est pas terminée, d’autres épreuves attendent cette femme… Eulalie perd ce qu’elle a de plus précieux au monde : va-t-elle survivre dans ce monde où elle n’a plus ses fidèles ami(s) ? Qu’adviendra-t-il d’elle dans les années futures ? La simple dissipation du secret familial peut-il garantir son avenir et peut-il nous satisfaire, nous, lecteurs et lectrices ? On dit que… (je ne vais pas spoiler la fin du roman, non !)… On dit que… J’aurais voulu lire cette suite… jusqu’à sa vraie réussite : personnelle et sociale.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ 1/2 ♡

Je remercie le blog NetGalley, l’auteure et les éditions PRESSES de la CITE pour ce service presse.

Le fracas et le silence de Cory ANDERSON

Un livre jeunesse ? Destiné à un jeune public ? Ah oui… vraiment ?

Le résumé de FLEUVE éditions – 07 octobre 2021 : Pour éviter de devoir confier son frère à un orphelinat, Jack doit apprendre à survivre. A tout prix.

Je remercie l’éditeur et l’auteur pour cette lecture. Merci aussi à NetGalley pour ces découvertes.

Je pensais découvrir un livre jeunesse : le ton et l’ambiance sont davantage destinés à des lecteurs plus avertis. Certaines scènes et situations pourraient choquer les plus jeunes.

Ca commence fort ! Jack découvre le corps de sa mère dans la maison familiale : elle s’est suicidée, pendue. Il enfouit ses sentiments au plus profond de lui-même. Il réagit illico : pour échapper aux services sociaux, il se lance dans une course contre la montre contre la précarité. Son principal objectif : préserver son frère cadet, Matty, et lui assurer une vie décente…

Les scènes sont dynamiques. Les chapitres sont courts. Le roman défile rapidement. Chaque partie commence par une voix dont on ne connaît que la teneur mélancolique et dramatique : celle d’une inconnue qui intervient dans l’histoire. C’est une jeune adolescente qui se dévoilera seulement dans la deuxième partie de l’intrigue. Les trois personnages principaux sont liés par le passé de leur père : des gangsters avides de ce qu’ils n’ont pas eu l’occasion de profiter : une somme d’argent qui a disparu.

Jack se comporte comme un adulte mature. Il a l’expérience de la vie même s’il est jeune et adolescent. Il prend des risques, il se questionne, il agit. Nul ennui dans ce roman. J’ai été surprise par ce récit : je m’attendais à une histoire moins violente et plus feutrée.

Je suis assez intéressée par la trame, l’écriture de l’auteur, l’action qui ne tarit pas : un film défile sous mes yeux. Les scènes s’enchaînent. Elles m’emmènent sur des chemins que je n’avais pas prévus. Ce roman est haletant dans sa structure, par les péripéties qu’il fait subir à notre héros. L’attachement de Jack à son frère Matty est la raison de mon attention sur ce roman. Ces deux garçons sont attachants. Nul doute que Jack peut se sacrifier pour son cadet, il l’aime plus que tout.

La fin est digne d’un film américain : confrontation et justice sont les maîtres mots : les mauvais meurent (peut-être…), l’équilibre est rétabli. Je reste sur ma faim pour le dénouement, pas certaine d’avoir tout saisi : la voix des débuts de chapitre est-elle justifiée ou pas ? réelle ? possible ? Je me questionne sur les temps de narration : passé et présent… L’auteur boucle le récit : une boucle bouclée, vraiment ? Quelques interrogations subsistent et me laisse pensive…

Mon évaluation : ♡ ♡ 1/2 ♡

Les fiancés de l’été de Christian LABORIE

Le résumé des éditions PRESSES de la CITE – 21 août 2021 :
Entre la Lozère et Paris. Famille, amour, talent, tout est promesse dans la vie d’Ariane. Mais la guerre puis l’Occupation sonnent le glas des jours heureux et dessinent d’autres lendemains. Du pire… au meilleur…
Eté 1939, en Lozère. Tout sourit à Ariane et Raphaël… Leur jeunesse, l’amour qui les unit, un horizon plein de promesses. Il sera architecte, elle se rêve créatrice de modèles de chaussures dans l’entreprise florissante de son père. Le bonheur est là, à portée de main.
Mais, deux mois après leurs fiançailles, Raphaël apprend sa mobilisation. Des vies suspendues à la guerre. Lui, enrôlé dans la Résistance, est bientôt fait prisonnier. Elle, est prête à tout pour le sauver, en dépit des dangers. Son geste – fou, inconscient, courageux ? – va faire vaciller tout ce en quoi elle croyait. Ariane ne sera plus jamais la même. Son destin non plus… Pour le pire et le meilleur.

La narration de ce roman est classique : troisième personne du singulier, un narrateur qui relate les évènements avec un certain détachement sans entrer trop en avant dans les pensées des personnages. La distance créée est assez surprenante : j’ai pris l’habitude de lire des histoires où l’auteur m’impliquait dans les pensées de son personnage principal, visitant ses intimes réflexions. Il m’a fallu appréhender ce récit. Durant la première moitié du livre, ce ne fut pas des plus agréables pour moi.

Les fiancés de l’été est le premier opus de la vie d’Ariane.

La veille de la deuxième guerre mondiale, elle est une jeune fille de bonne famille. Son père tient une fabrique de chaussures dans laquelle est travaille durant l’occupation allemande. Le conflit éclate alors qu’elle connaît son premier amour avec Raphaël. Les événements chamboulent leur bonheur et pousse le jeune amoureux à devenir soldat. Ils se promettent un amour éternel : c’est sans compter sur le destin et le terrible conflit qui les séparent.

La narration est calquée sur l’Histoire. Le récit n’apporte aucune surprise : les apports historiques sont ceux que l’on apprend au collège, justes mais sans profondeur. L’auteur évoque sans s’appesantir la Résistance, la collaboration, l’extermination des Juifs, oubliant les personnages de son roman pour leur infliger des actions que j’ai lues et relues. Il manque l’émotion de la vie, le suspense des situations, les sentiments tantôt enflammés, tantôt bridés, les dilemmes les plus sournois, les ambiguïtés des rôles, les conflits qui devraient les amener à évoluer. J’avoue n’avoir pris que peu de plaisir à parcourir les pages jusqu’au moment des règlements de compte de la fin de guerre.

A ce moment, Ariane prend son envol, elle est face à des choix, de vraies questions existentielles : elle doit prendre des décisions. Le récit devient moins attendu et froid pour se concentrer sur la nouvelle existence de la jeune femme. La deuxième partie est bien plus intéressante même si elle aurait gagné en intérêt en s’attardant sur des situations et des pensées.

Je me demande ce que vont devenir certains personnages… Le livre n’a pas pris la tournure que j’imaginais. Les rencontres que j’ai faites, au travers d’Ariane, vont-elles ressurgir dans le deuxième tome ? Il faudra attendre la suite pour avoir l’histoire complète d’Ariane et pour que je me prononce sur l’oeuvre entière. A ce stade, mon avis est mitigé, voire un peu négatif mais je laisse une chance à l’auteur pour me conquérir avec la suite des aventures des fiancés de l’été

Mon évaluation : ♡ ♡ 1/2 ♡

Je remercie les éditions PRESSES de la CITE et NEYGALLEY pour ce service de presse. Voilà une belle occasion de découvrir un roman relatant notre passé et une des plus belles régions du centre de la France, quelques événements de notre passé et la découverte du monde de la mode.

Les Samaritains du Bayou de Lisa SANDLIN

Merci aux éditions BELFOND pour cette lecture. Ce fut pour moi la découverte d’une plume riche et poétique qui offre une atmosphère particulière à ce roman policier avec deux partenaires aussi improbables qu’attachants. Je recommande…

Les Samaritains du Bayou

Une auteure que je vais prendre plaisir à suivre pour son écriture poétique et acerbe. J’ai particulièrement aimé les atmosphères, la mise en action des personnages où les actes valent toutes les descriptions psychologiques…

NetGalley

Mon partenaire lecture : un grand merci pour toutes les lectures que vous me proposez.

Tous mes remerciements aussi aux éditeurs qui me font confiance.

Le résumé des éditions BELFOND – 02 septembre 2021 : Puisant dans l’atmosphère envoûtante du Vieux Sud, Lisa Sandlin tisse un premier roman noir tendu, poétique, habité de personnages aussi complexes qu’émouvants. Une pépite récompensée par le Dashiell Hammett Prize et le Shamus Award, les plus hautes distinctions de la littérature suspense américaine.
Après quatorze ans passés derrière les barreaux pour avoir mis en pièces l’un de ses deux violeurs, Delpha Wade retrouve enfin le chemin de la liberté. Mais rien ni personne n’attend une ex-taularde, a fortiori en 1973, dans une petite ville du fin fond du Texas.
Le bureau du privé Tom Phelan, un Cajun débonnaire en reconversion professionnelle, est un point de chute inespéré pour Delpha. Avec sa discrétion et son sérieux, la jeune femme devient vite une secrétaire indispensable au détective néophyte.
Ensemble, ils parcourent le bayou pour traquer les fugueurs, les menteurs, les maris infidèles, réparer les âmes cabossées, soigner les laissés-pour-compte. Un duo de choc, détonnant et pourtant complémentaire.

Mais sous la carapace, un feu gronde en Delpha, le besoin dévorant de se venger de son second violeur qui court toujours. Un homme dont elle est convaincue qu’il est là, tout proche. Et qu’il la guette…

Personnages : Qui sont-ils? Delpha et Phelan ne sont pas des figures classiques même si, dans les bons policiers, polars et thrillers, plus elles sont particulières, plus elles participent à l’accroche de l’histoire. Ces deux-là sont vraiment particuliers : une ex-taularde, sage comme une image, et un futur détective qui a besoin d’une secrétaire pour être à la hauteur de l’image de son projet.

Delpha sort de prison après avoir pris quatorze ans suite à un meurtre. Elle se fond dans une image qui l’aidera à s’insérer dans cette société qui n’a pas su la protéger des actes violents. Les premiers chapitres la dépeignent telle qu’elle devrait être pour réussir son insertion : modérée et désireuse de se faire oublier pour réussir sa future existence. Petit à petit, au fil des pages et de sa plongée dans la liberté, elle prend sa forme et sa substance : tantôt secrétaire pleine d’esprit, philosophe et réfléchie, observatrice et coéquipière indispensable, tantôt garde-malade d’une vieille femme en fin de vie, tantôt femme amoureuse : tous ses portraits la révèlent. J’ai beaucoup accroché avec cette personnalité.

Phelan est un ancien infirmier militaire qui ouvre sa boîte : il est une espèce de détective qui n’a pas encore beaucoup œuvré. Tel qu’on l’imagine, il est intelligent, attiré par les détails, silencieux, l’œil aux aguets, bienveillant. Il accorde presque aveuglément sa confiance au petit bout de femme qu’on lui « impose ». Le duo est charmant et promet des aventures exceptionnelles.

Leur rencontre est improbable. Elle invite au questionnement. L’association promet un lien riche et fructueux.

L’affaire… Les affaires ? Dans ce roman, plusieurs enquêtes sont confiées à Phelan (mari infidèle, un adolescent disparu, un chien empoisonné… on est loin des faits grotesques : tout est traité avec sérieux).

Les intrigues s’imposent et s’entrecroisent. Elles donnent naissance à un fil conducteur (la quête d’un coupable), à des personnages principaux et secondaires d’une consistance psychologique telle qu’on se croirait dans un film ou dans la réalité, à un contexte social et historique réels.

Lisa SANDLIN mêle les évènements sociétaux du passé et sa propre représentation du Texas / Louisiane des années 1950/60. Cela donne une atmosphère particulière et étonnante, une épaisseur au roman comme je les aime. C’est anodin, léger, sérieux et oppressant : tout à la fois. Les scènes s’égrainent apportant surprise et intensité à ce monde assez sombre.

Bilan ?

J’ai aimé ce roman pour l’écriture de l’auteure, pour ces personnages différents, pour la profondeur donnée à ces êtres humains, pour le contexte et l’atmosphère glauques et chauds. J’ai eu envie de sourire par moment, emplie d’espoirs pour ces deux héros, frémissant quant au sort que la vie leur impose (et leur a imposé). J’attends la suite avec impatience….

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡

Evergreen Island de Heidi PERKS

Le résumé des éditions PRELUDES – 6 octobre 2021 :
Une île. 
Une femme. 
Des secrets enfouis. 
Au large des côtes de l’Angleterre, Evergreen Island abrite une petite communauté qui vit isolée du reste du monde. Lorsqu’un corps est déterré dans le jardin de la maison d’enfance de Stella Harvey, la jeune femme est bouleversée. Surtout que vingt-cinq ans auparavant, un soir de tempête, sa famille a mystérieusement fui les lieux…
Déterminée à découvrir la vérité, Stella retourne sur l’île, mais elle s’aperçoit rapidement que les insulaires ne sont pas aussi accueillants que dans ses souvenirs, et qu’ils sont prêts à tout pour protéger leurs secrets.

Ce roman à suspense est tout à fait à mon goût. Je remercie les éditions PRELUDES pour ce service de presse.

L’alternance des temps, présent et passé, est bien orchestrée. Stella est la voix contemporaine. Le récit est partagée entre différents points de vue qui apportent un éclairage particulier à ce passé trouble.

La coïncidence entre la découverte du cadavre déterré et la fuite de la famille de Stella en pleine tempête, des années auparavant, sème le doute dans l’esprit de la jeune femme comme dans la nôtre.

Ses frère et sœur ont aussi leur part d’ombre : un garçon différent et une aînée qui ne semble n’avoir jamais trouvé sa place dans la famille. Viennent aussi les figures passées/présentes des voisins, témoins muets et inquiets d’évènements difficilement explicables.

S’ajoute le huis clos d’une vie sur l’île d’Evergreen. A la bonne saison, le ferry, conduit par le père de Stella, transporte quelques touristes. Ils ne restent jamais longtemps. Les habitants n’ont pas changé depuis des décennies. Alors quand le corps est découvert, Stella se demande qui est cet(te) inconnu(e) et comment il est possible que personne n’est remarqué son absence… J’ai adoré cette ambiance « petit village » où tout le monde connaît les actes, l’existence des petits secrets de l’autre, sans jamais les révéler aux étrangers.

Stella est aussi mystérieuse que ses anciens compagnons de vie. Le lecteur ne sait quelle vérité elle détient sur l’évènement, sur son frère, sur sa sœur, sur la relation entre ses parents.

Avec adresse et une plume fluide, Heidi PERKS mène la narration comme une experte du suspense. Les récits sont intéressants, amènent leurs lots d’indices, de troubles et de questionnements.

J’ai passé un agréable moment, sans m’ennuyer une seule seconde. Evergreen Island est donc un roman que je recommande pour les adeptes des romans psychologiques à mystère, mêlant secrets enfouis et double temporalité.

Mon évaluation : ♡ ♡ ♡ ♡ 

Si la lune éclaire nos pas de Nadia HASHIMI

Le résumé des éditions HAUTEVILLE – 21 octobre 2016 : Fereiba sait aller de l’avant, depuis toujours. Elle a appris cela dès sa plus tendre enfance. Elle n’a pas choisi son mari, mais découvre finalement en lui son hamsar, son alter ego. De leur mariage naissent Salim, Samira et Aziz. Hélas, son époux n’assistera pas à la naissance du dernier : les talibans se chargent de faire disparaître cet ingénieur considéré comme un ennemi du régime. Alors que l’étau se resserre autour de sa famille, Fereiba décide de rejoindre sa sœur à Londres. Sans autre ressources que son courage et sa détermination sans faille, elle espère pouvoir compter sur le soutien de ceux qu’elle croisera sur les chemins de l’exil. Mais la route est longue et semée d’embûches avant d’attendre cette Europe qui leur promet des lendemains meilleurs…

Les évènements actuels m’ont amenée à ouvrir ce roman. Enfin ! me direz-vous… il était temps. Cinq ans après sa parution…

La lune éclaire les pas de Fereiba… Nadia HASHIMI éclaire notre vision du monde avec ses romans sur l’Afghanistan et sur l’Orient. Je ne suis jamais sortie tout à fait la même après la Coquille et la perle ( et cliquez encore ici …) ou après ces beaux récits remplis d’espoirs. J’aime les histoires de femmes fortes ou qui s’affirment au gré des évènements. Ce roman appartient à cette catégorie. Nul doute qu’il était fait pour me plaire. Il fallait que j’attende le bon moment pour l’ouvrir.

L’auteure nous présente le tableau de l’existence de Fereiba, en Afghanistan, enfant et jeune fille avant l’arrivée des Talibans au pouvoir. C’est une enfance terrible où les rêves sont encore possibles. A force de persévérance, il semblerait que Fereiba aurait pu être heureuse. Elle aurait pu avoir une vie d’enseignante.

Puis, Nadia HASHIMI nous narre le périple de cette femme pour fuir le joug des Talibans, protégeant ses enfants. Par force et par contrainte, elle quitte son pays natal, traverse multiples pays et épreuves pour atteindre son but : l’Europe. Les épreuves attendent cette famille orpheline d’un père (et d’un mari), séparent mère et fils. Deux points de vue s’imposent alors et rythment la deuxième partie du roman : celui de Fereiba et celle de son fils aîné. Nous accompagnons ces deux voix dans le dur périple de l’immigration et de la clandestinité.

J’ai mis de longs jours à lire cette aventure (le mois de septembre est toujours un mois compliqué pour moi). Soirée après soirée, chapitres après chapitres, accompagnée de l’actualité, j’ai vécu cette inquiétude et cet espoir fou d’un renouveau. La fin me laisse un peu sur ma faim. Il m’a manqué une ouverture sur cette nouvelle vie tant attendue. Dans l’ensemble, ce voyage a été clément. Chaque point de chute a apporté son lot de bienveillance et d’espérance. On espère ne jamais vivre cette solitude et ce rejet.

Mon évaluation : L’enfance de Fereiba (la première partie du livre) m’a vraiment beaucoup plu.
C’est un roman touchant, moins troublant que d’autres (Les hirondelles de KaboulLes cerfs-volants de Kaboul) mais intéressant et d’actualité. A lire, à méditer… ♡ ♡ ♡